‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 54 sur 73 · A l'égard des fièvres intermittentes (l)qui rè · texte numérisé non relu

A l'égard des fièvres intermittentes (l)qui rè

(i) Jusqu'à présent la pathologie, qui n'est point encore soriie de Tétai d'enfance , ne connaît qu'une seule fièvre intermittente , qu'elle appelle aussi fièvre froide. Elle n'admet non plus d'autre dliférence que celle du temps dans lequel reviennent les accès, et c'est là-dessus que sont fondées les dénominations de fièvre quotidienne, fièvre tierce , fièvre quarte, etc. Mais, outre la diversité qu'elles offrent relativement à leurs époques de retour, les fièvres intermittentes présentent encore d'autres différences plus importantes. Parmi ces fièvres, il en est une foule auxquelles on ne peut'donner le nom de froides, parceque leurs accèsconsistent uniquement en chaleur; d'autres ne sont caractérisées que par du froid, suivi ou non de sueur; d'autres encore glacent tout le corps du malade, et lui font cependant éprouver une sensation de cha-

gnent d'une manière sporadique ou épidémique, et non de celles qui sont endémiques dans les contrées marécageuses, nous trouvons souvent que chacun de leurs accès ou paroxysmes est également composé de deux états alternants contraires, froid et chaleur, ou chaleur et froid ; mais le plus fréquemment il Test de

leur, ou bien excitent en lui la sensation dii froid, quoique son corps paraisse très-chaud à la main qui y touche; dans plusieurs, Tun des paroxysmes se borne à des frissons, ou à du froid, que remplace immédiatement le bien-être, et celui qui yient après ne consiste qu^en chaleur, suivie ou non de sueur ; là, c'est la chaleur qui parait d^abord, et le froid se déclare ensuite ; ici, le froid et la chaleur font place à une apyrexie complète, tandis que le paroxysme suivant, qui n'a souvent lieu qu'au bout de plusieurs heures, est marqué uniquement par des sueurs; dans certains cas, on n'observe aucune trace de sueur; dans certains autres, Tacc^s se compose uniquement de sueur, sans froid ou sans chaleur, ou de sueur coulant seulement pendant la chaleur. Il existe de même une infinité de différences relatives surtout auxsympK^mes accessoires, au caractère particulier du mal de tête, au mauvais goût dans la boucdiie, au mal de cœur, au vomissement, à la diarrhée, à Tabsence ou au degré de la soif, au genre des douleurs qui se font sentir dans le corps et les membres, au sommeil, au délire, aux altérations de l'humeur, aux spasmes, etc., qui se manifestent pendant ou après le froid, pendant ou * aptes la chaleur, pendant ou après la sueur, sanscompter une multitude d'autres diversités encore. Ce sont là assurément des fièvres intermittentes bien différentes les unes des autres, dont diacune réclame naturellement un mode de traitement horaœopathique qui lui soit propre. Il est vrai, on doit l'avouer, que presque toutes elles peuvent être supprimées (ce qui arrive souvent) par de grandes, par d'énormes doses de quinquina ou de sulfate de quinine, c'est-à-dire que ces substances empêchent leur retour périodique et détruisent leur type ; mais quand le médicament a été mis en usage contre les fièvres intermittentes auxquelles il ne convenait point, le malade n'est point guéri parce qu'on a éteint le type de son affection , il est malade d'une autre manière, et souvent il l'est beaucoup plus qu'auparavant; il est en proie à une maladie quinique spéciale etchronique, que la véritable médecine a souvent bien de la peine à guérir dans un court espace de temps. Et c'e$t lace qu'on voudrai t appeler guérir !

trois, froid, chaleur et sueur. C^ëst pourquoi aussi il faut que le remède qu'on choisit contre elles, et qu'on prend en général dans la classe des apsoriques éprouvés, puisse également, ce qui est le plus sûr, exciter, chez les personnes en santé, deux (ou trois) états alternants semblables, ou du moins qu'il ait la faculté de provoquer par lui-même, avec tous ses symptômes accessoires, celui de ces deux ou trois états alternants, froid, chaleur et sueur, qui est le plus fort et le plus prononcé. Cependant c'est principalement d'après les symptômes de l'état du malade pendant l'apyrexie qu'on doit se guider pour choisir le médicament liomœopathique(l).

236. La méthode qui convient le mieux et qui est la plus utile dans ces maladies, consiste à donner le re*mède immédiatement ou du moins très-peu de temps après la fin de l'accès. Administré de cette manière, il a le temps de produire dans l'organisme tous les effets qui dépendent de lui pour rétablir la santé sans violence et sans orage ; tandis que, si on le faisait, prendre immédiatement avant le paroxysme, fût-il môme homœopathique ou spécifique au plus haut degré, son effet coïnciderait avec le renouvellement naturel de la maladie, et provoquerait dans l'organisme un tel combat, une réaction si vive, que le malade perdrait au moins beaucoup de ses forces, et que sa vie pouiTaît

(i ) M. de Bœnninghausen a le premier disculé ce sujet si vasle, el facililé par SCS rechercliesle choix du médicament qui convient dans les diverses épidémies de fièvres intermillenles. (Essai d'une thérapie ho* niœopathique des fièvres iniermit lentes, Paris, 1853, iû-8.)

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même courir des dangers (1). Mais quand on donne le médicament aussitôt après la fin de l'accès, et avant que le paroxysme prochain se prépare, même de loin, à paraître, l'organisme est dans la meilleure disposition possible pour se laisser tranquillement modifier par le remède et ramener ainçi à l'état de santé,

237. Si le temps de l'apyrexie est très-court, comme dans quelques fièvres graves, ou s'il est marqué par des accidents qui se rattachent au paroxysme précédent, alors il faut administrer le remède homœopathique dès que la sueur ou les autres symptômes indiquant la fin de l'accès commencent à diminuer.

238. Ce n'est que quand lemédicamentconvenable a, par une seule dose , anéanti plusieurs paroxysmes et ramené manifestement la santé, mais que cependant on voit reparaître au bout de quelque temps des indices d'un nouvel accès, qu'on peut et qu'on doit répéter le même remède, pourvu que la totalité des symptômes soit encore là même. Mais ce retour de la même fièvre, après un intervalle de santé, n'est possible que quand la cause qui a provoqué la maladie pour la première fois continue encore à exercer son influence sur le sujet, comme il arrive dans les contrées marécageuses. En pareil cas, on ne parvient souvent à obtenir une guérison durable qu'en éloignant le sujet de cette cause occasionnelle ; par exemple , en lui conseillant d'aller habiter un pays montagneux, si la fièvre dont il était atteint a été produite par des effluves de marais.

(i) On en a la preuve dans les cas, malheureusement trop peu rares, où une dose modérée d'opium, administrée pendant le froid de la fièvre, a causé d^une manière prompte la mort du malade.

259. &)mine presque tous les médicaments, dans rexercice de leur action pure, excitent une fièvre particulière, et même une sorte de fièvre intermittente, qui diffère de toutes les fièvres provoquées par d'autres médicaments, l'immense liste des substances médicinales nous offre les moyens de combattre homœopathîquemcnt toutes les fièvres intermittentes naturelles. Déjà môme nous en trouvons d'efficaces contre une foule de ces affections dans le petit nombre de médicaments qui ont été essayés jusqu'à présentsurdespersonncsbicnportanlcs.

240.. Lorsque l'on a reconnu qu'un remède est homœopathique ou spécifique dans une épidémie régnante de fièvres intermittentes, qu'on rencontre cependant un malade qui ne guérit pas d'une manière complclc, et que ce n'est pas l'infliioncc d'une contrée marécageuse qui s'oppose à la guérison, l'obstacle vient constamment alors d'un miasme psorique occulte, et l'on doit par conséquent mettre les médicaments anlîpsoriques en usage jusqu'à ce que la santé soit parfaitement rétablie.

241. Les fièvres intermittentes qui se déclarent épidémiquement dans des contrées où d'ailleurs elles ne sont point endémiques, sont des maladies chroniques composées d'accès aigus isolés. Chaque épidémie spéciale a son caractère propre, commun à tous les individus qu'elle attaque, et qui, lorsqu'on l'a reconnu d'après l'ensemble des symptômes communs à tous les malades, indique le remède homœopathique ou spécifique convenable aussi dans la totalité des cas. En effet, ce remède guérit presque généralement les malades qui, avant l'épidémie, jouissaient d'une santé suppor-

table, c'est-à-dire n'étaient point atteints d'une affection chronique due au développement de la psore.

242. Mais si, dans une épidémie de fièvres intermittentes, on a laissé passer les premiers accès sans les guérir, ou si les malades ont été affaiblis par de faux traitements allopathiques, alors la psore, qui malbeureusement existe chez un si grand nombre d'individus, quoiqu'à l'état de sommeil, se développe, revêt ici le type intermittent, et joue en apparence le rôle de la fièvre intermittente épidémîque, de sorte que le médicament qui aurait été salutaire dans les premiers paroxysmes, et qui rarement appartient à la classe des antipsoriques, cesse de convenir, et ne peut plus être d'aucun secours. Dès lors on n'a plus sous les yeux qu'une fièvre intermittente psoriquc, dont op triomphe ordinairement avec une très-petite dose de soufi'e ou de foie de soufre, qu'on est rarement obligé de répéter.

2i5. Dans les fièvres intermittentes, souvent fort graves, qui affectent un individu isolé, hors de toute influence des émanations marécageuses, on doit bien, comme dans les maladies aiguës en général, dont elles se rapprochent sous le point de vue de leur origine psorique, commencer par essayer, pendant quelques jours, un remède non antipsorique, homœopathique au cas qui^ se présente ; mais, si la guérison se fait attendre, on saura qu'il s'agit d'une psore qui est au moment de se développer, et que les antipsoriques sont dès lors les seuls moyens donton puisse attendre secours efficace.

244. Les fièvres intermittentes endémiques dans les contrées marécageuses et dans les pays sujets aux inondations, embarrassent beaucoup les médecins de l'école

régnante. Cependant un homme peut s' accoutumer dans sa jeunesse à l'influence d'un pays couvert de marais, et y vivre en santé, pourvu qu'il s'astreigne à un genre de vie régulier, et qu'il ne soit pas assailli par la misère, les fatigues ou des passions destructives. Les fièvres intermittentes endémiques l'attaqueront tout au plus à son arrivée dans le pays ; mais une ou deux petites doses de quinquina préparé selon la méthode homœopathique suffiront pour l'en délivrer promptement, si, du reste, il ne s'écarte point delà régularité dans sa manière de vivre. Mais quand un homme qui prend as* sez d'exercice et qui suit un régime convenable dans tout ce qui a rapport à l'esprit et au corps, ne guérit pointd'une fièvre intermittente des maraispar l'influence de ce seul moyen, on doit être certain qu'il existe chez lui une psore sur le point de se développer, et que sa fièvre intermittente ne cédera qu'à un traitement antipsorique (1). Il arrive quelquefois, si cet homme quitte sans délai la contrée marécageuse pour en aller habiter une autre sèche et montueuse, qu'il semble renaître à la santé, que la fièvre l'abandonne, quand elle n'avait pas encore jeté de profondes racines, c'.est-à-dire que la psore repasse à l'état latent, parce qu'elle n'était point encore arrivée à son dernier degré de développement ; mais jamais il ne guérit, jamais il ne jouit d'une santé parfaite, s'il ne se soumet à l'usage des remèdes antipsoriques.

245, Après avoir vu quel égard on doit avoir, dans

(1) Des doses considérables et souvent répétées dequinquina, et le sulfate de quinine, peuvent bien délivrer le malade des accès typiques de la fièvre intermittente des marais, mais il n^en demeure pas moins malade d'une autre manière, tant qu*on ne lui administre pas de remèdes antipsoriques.

les traitements homœopathiques, aux diversités principales des maladies et aux circonstances particuliers qu'elles peuvent ofirir, nous passons aux remèdes eux- . mêmes, à la manière de s'en servir, .et au geni-e de vie que le malade doit observer pendant qu'il est soumisà leur action.

Toute amélioration, dans les maladies aiguës ou chroniques, qui se dessine franchement, et fait des progrès continuels, est un état qui, aussi longtemps qu'il dure, interdit formellement la répétition d'un médicament quelcont^e, parce que celui dont le n continue encore à produire le bien qu Toute nouvelle dose d'im remède q de celui qui a été donné en dernier 1 ce moment s'est montré salutaire, n'aboutirait alors qu'à troubler l'œuvre delà guérison.

34G. Il arrive bien quelquefois, quand la dose du médicament homœopathique est très-exiguë, que, si rien ne trouble ce remède dans son action, il continue lentement à améliorer l'état du malade, et accomplit, en quarante, cinquante, cent jours, tout le bien qu'on peut attendre de lui dans la circonstance où on l'emploie. Mais, d'un côté, ce cas est rare, et, de l'autre, il importe beaucoup au médecin comme au malade que cette longue période soit raccourcie de moitié, des trois ^arts ou même plus, si faire se peut, aBu d'obtenir une guérison beaucoup plus prompte. Des observations &ites depuis peu, et répétées un grand nombre de fois, nous ont apprisqu'on peut arriver à ce résultat, sous trois conditions cependant : d'abord que le choix du médicament ait été parfaitement homœopatbique à tous

^ards ; en second lieu, qu on le donne à la dose la plus exiguë, celle qui est le moins susceptible de révolter la force vitale, tout en conservant assez d'énergie pour la modifier convenablement ; enfin que cette faible mais efficace dose du médicament choisi avec un soin scrupuleux soit répétée aux intervalles (1) que l'expérience enseigne convenir le mieux pour accélérer autant que possible la guérison, sans que néanmoins la force vitale, qui doit créer par là une affection médicinale analogue-à la maladie naturelle, puisse se sentir poussée à des réactions contraires au but qu'on veut atteindre.

247. Sous ces conditions, les doses minimes d'un remède parfaitement homœopathique peuvent être répétées, avec un succès marqué, souvent incroyable, à des dislances de quatorze, douze, dix, huit et sept jours. On peut môme les rapprocher davantage dans les maladies chroniques qui difïèrcnt peu des affections aiguës et qui demandent qu'on se hâte. Les intervalles peuvent diminuer encore dans les maladies aiguës, et se réduire à vingt-quatre, douze, huit et quatre heures. Enfin ils peuvent être d'une heure et môme de cinq minutes seulement dans les aflTections extrêmement aiguës. Le tout est réglé d'après la rapidité plus ou moms grande du cours de la maladie et de l'action du médicament qu'on emploie.

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