La dose d'un même médicament est répétée
(1) L^auteur place ici une longue noie que nous supprimons, |)arce que nous Tavons reproduite en entier dans le premier volume de noire Traduclion du Traité de matière médicale pure, Paris, 1834. {Prolégomènes j t. I, p. 87, sur la répétition d*un médicament homoeopathique,) {Note du traducteur.)
à plusieurs reprises en raison des circonstances. Mais on ne la réitère que jusqu'à la guérison, ou jusqu'à ce quC; le remède cessant de produire aucuiie amélioration, le reste de la maladie ofifre un groupe dififérent de symptômes, qui réclame le choix d'un autre remède homœopathique .
249. Tout médicament prescrit pour un cas de maladie qui, dans le cours de son action, provoque dés symptômes nouveaux, non inhérents à l'affection qu'on veut guérir et graves, n'est point habile à procurer une véritable guérison (1). On ne peut pas le regarder comme homœopathique. En pareil cas^ il faut, si l'aggravation est considérable, s'empresser de recourir à l'antidote, pour l'éteindre en partie, avant de choisir un médicament dont les symptômes ressemblent davantage à ceux de la maladie, ou si les accidents ne sont pas trop graves, donner de suite un autre remède qui ait plus de conformité avec Tétat actuel du mal.
250. Cette conduite sera prescrite plus impérieusement encore si, dans un cas pressant, le médecin ob-
(i) L'expérience ayant prouvé qu'il est presque impossible d'alténuer assez la dose d'un remède parfaitement homœopathique pour qu'elle ne sufOse point à produire une amélioration prononcée dans la maladie contre laquelle on ladirige {f^. §§ i 61 , 4 79), ce serait agir en sens inverse du but qu'on se propose, et vouloir nuire au malade, que d'imiter la médecine vulgaire, qui, lorsqu'elle n'obtient pas d'amendement, ou voit même les choses empirer, répète le même médicament, en redouble même la dose, dans la persuasion où elle est qu'il n'a pu servir parce qu'on l'avait donné en trop petite quantité. Si le malade n'a commis au* cun écart, soit au physique, soit au moral, toute augmentation qui 8'annonce par de nouveaux symptômes atteste seulement que le remède dont on a fait choix n'était point adapté au cas, mais elle ne prouve jamais que la dose en ait été trop faible.
servateur, qui épie avec soin les événements, s'aperçoit, au bout de six, huit ou douze heures, qu'il s'est trompé dans le choix du dernier remède, parce que l'état du malade empire un peu d'heure en heure et qu'il se manifeste de nouveaux symptômes. En pareille occurrence, il lui est permis, il est même de son devoir de réparer la faute qu'il a faite, en choisissant un autre remède homœopathique qui ne convienne pas seulement d'une manière passable à l'état présent de lamaladie, mais qui y soit aussi appropriéque possible {V. 161).
251.11 est quelques médicaments, par exemple la fève Saint-Ignace, le sumac vénéneux, et peut-être aussi la bryone, dont la faculté de modifier Tétat de l'homme consiste principalement en effets alternants, sorte do symptômes d'action primitive qui sont en partie opposés les uns aux autres. Si, après avoir prescrit une de ces substances, en conséquence d'un choix rigoureusement homœopathique, le médecin ne voyait survenir aucune amélioration, une seconde dose, tout aussi exiguë que la première, et qu'il pourrait faire prendre au bout de quelques heures déjà, si la maladie était aiguë, le conduirait promptement au but, dans la plupart des cas (1).
252. Mais si, en ce qui concerne les autres médicaments, on voyait, dans une maladie chronique (psorique), le remède le mieux homœopathique (antipsorique), administré à la dose convenable (la plus petite possible), ne pas procurer d'amélioration, ce serait un signe certain que la cause qui entretient la maladie
(1) Comme je Tai développé dans les Prolégomènes de rarlicle consacré à la fèye Saint-Ignace. [Traité de matière médicale pure, Paris, 1834, un, p. 378.)
Ï)E Là DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE. 253
subsiste encore^ et qu'il y a, dans le genre de vie du malade, ou dans ce qui l'entoure, quelque circonstance qu'on doit commencer par écarter, si Ton veut rendre la guérison durable.
235. Parmi les signes qui, dans toutes les maladies, celles surtout dont le caractère est aigu, annoncent un léger commencement d'amélioration ou d'augmentation que tout le monde n'a pas le talent d'apercevoir, les plus manifestes et les plus sûrs se tirent de l'humeur du malade et de la manière dont il se comporte en tous points. Si le mal commence à s'amender, quelque peu que ce soit, le malade se sent plus à son aise, il est plus tranquille, il a plus de liberté d'esprit, le courage renaît en lui, et toutes ses manières deviennent pour ainsi dire plus naturelles. Le contraire a lieu si la maladie empire, même très-légèrement ; on aperçoit dans l'humeur et l'esprit du malade, dans toutes ses actions, dans tous ses gestes, dans toutes les positions qu'il prend, quelque chose d'insolite qui n'échappe point à un observateur attentif, mais qu'on éprouve beaucoup de peine à décrire (1).