On doit cependant remarquer qu'il y a une
(1) Ce qu'il y a de mieux k JEaire pour cela, c'est d'employer de petites dragées en sucre, de la grosseur d'une graine de pavot. Une de ces dragées, imbibée du médicament et introduite dans le véhicule, for* me une dose qui contient environ la trois centième partie d'une goutte, car trois cents dragées de la sorte sont suffidamment imbibées par une goutte d^alcool. En mettant une semblable dragée sur la langue, sans rien boire ensuite , on diminue considérablement la dose. Mais si , Je malade étant très-sensible , on éprouve le besoin d'employer la plus faible dose possible , et cependant dVriver au résultat le plus prompt y on se contente d'une simple et unique inspiration.
(i) Le Tîn et l'alcool, les plus simples de tous les excitants, soni les seuls dont reffei échauffant et inébriant diminue quand on les étend de beaucoup d'eau.
grande diflSérence entre mêler imparfaitement la substance médicinale avec une certaine quantité de liquide, et opérer ce mélange d'une manière si intime (1), que les moindres fractions de la liqueur contiennent une quantité de médicament proportionnellement égale à celle qui existe dans toutes les autres. En effet, le mélange a bien plus de puissance médicinale dans le second cas que dans le premier. On pourra déduire de là les règles à suivre dans l'aménagement des doses , quand il sera nécessaire d'affaiblir autant que possible l'effet des remèdes, pour les rendre supportables aux malades les plus sensibles (2).
(i) Quand je me sers du mot intime, je veux dire qu'en secouant une fois la goutte de liquide médicinal avec cent gouttes d'alcool , c*est-kdire qu'en prenant dans la main le Ûacon qui le contient tout, et le faisant mouvoir avec rapidité en ramenant une seule fois le bras de haut en bas avec force, j'obtiendrai déjà un mélange exact, mais que deux , trois ou dix mouvements pareils rendront le mélange plus intime encore^ c'est-à-dire développeront davantage la vertu médicinale, déploieront en quelque sorte la puissance du médicament, et en rendront l'action sur les nerfs beaucoup plus pénétrante. Lors donc qu'on procède à la dilution des substances médicinales, on fait bien de ne donner que deux secousses à chacun des vingt ou trente flacons successifs , quand on veut ne développer que modérément la puissance active. Il sera bon aussi , en étendant les poudres , de ne pas trop insister sur le broiement dans le mortier : ainsi ^ quand il faudra mêler un grain du médicament entier avec les premiers cent grains de sucre de lait, on ne broiera avec force que pendant une heure, laps de temps qui ne sera pas non plus dépassé dans les atténuations subséquentes, afin que le développement de la force du remède n'aille pas au delà de toutes bornes.
(2) Plus on porte loin la dilution , en ayant soin de lui imprimer chaque fois deux secousses /plus l'actioQ médicinale que la préparation exerce sur la force vitale en Tétat du sujet parait acquérir de rapidité et devenir pénétrante. Sa force ne diminue que très-peu par là , même lorsqu'on pous^ la dilution très-loin, et qu'au lieu de s'ar-
288. L'action des médicaments liquides (1) sur nous est si pénétrante, elle se propage avec tant de rapidité, et d'une manière si générale, du point irritable et sensible qui a reçu le premier l'impression de la substance médicinale, à toutes les autres parties du corps, qu'on serait presque tenté de l'appeler un effet spirituel, dynamique ou virtuel.
289. Toute partie de notre corps qui possède le sens du toucher est également susceptible de recevoir l'impression des médicaments, et de la propager aux autres parties (2).
290. Après l'estomac , la langue et la bouche sont les parties du corps les plus susceptibles de recevoir les influences médicinales. Cependant l'intérieur du nez, le rectum, les organes génitaux et toutes les parties douées d'une grande sensibilité , ont presque autant d'aptitude à ressentir l'action des médicaments. La même cause fait que ces derniers s'introduisent dans le corps par la surface des plaies et des ulcères avec presque autant de facilité que par la bouche ou les voies aériennes.