‹ Exposition de la doctrine médicale homeopathiqueChapitre 64 sur 73 · PRÉSERVATIF DE LA SCARLATINE (I · texte numérisé non relu

PRÉSERVATIF DE LA SCARLATINE (I

Quelqno parfait qu'ait pu être le traitement médical d'une fièvre scarlatine de mauvais caractère, le danger de la mort est tel encore, et la somme des souffrances du malade souvent si considérable, qu'un philanthrope doit désirer qu'on découvre un moyen de mettre les personnes bien portantes à Tabri de cette maladie meurtrière, d'autant plus qu'elle possède au plus haut degré la funeste propriété de se communiquer.

J'ai été assez heureux pour découvrir ce moyen de • rendre les personnes qui se portent bien inattaquables par les miasmes de la fièvre scarlatine. J'ai trouvé aussi que ce moyeç, mis en usage à la première apparition des symptômes , étouffe la fièvre dès sa , naissance, et qu'il a plus d'efficacité qu'aucun autre pour mettre un terme à la plupart des affections se- * condaires qu'on voit si fréquemment se déclarer après que la maladie a suivi son cours natui'el.

Voici comment je suis arrivé-à la découverte de ce préservatif.

Une femme, mère de nombreux enfants, s'était fait

(1) Extrait d'une brochure publiée eu 4801, sur les nioyens de traiter et de prévenir la fièvre scarlatine.

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faire, pendant le cours d'une épidémie meurtrière de fièvre scarlatine, une nouvelle couverture de laine, par une voisine, dont, sans qu'elle en eût rien appris, l'enfant venait d'être guéri de la maladie. Ayant bien examiné cette couverture, pour s'assurer qu'elle ne-por- . tait aucune mauvaise odeur qui rendit nécessaire de l'exposer à l'air, elle la plaça près d'elle sur un sofa, qui lui servit, quelques heures après, à se reposer. D n'en fallut pas davantage pour lui communiquer le gorme de la maladie, car elle n'avait aucune relation avec les familles dans lesquelles l'épidémie exerçait ses ravages. Au bout de huit jours, elle fut prise, tout à coup d'une grave angine, avec les douleurs piquantes caractéristiques dans la gorge, dont on ne put triompher qu'après quatre jours de symptômes menaçants. Quelques jours après, dans la soirée, sa fille, âgée de dix ans, ressentit une forte pression dans le bas-ventre, avec prurit brûlant au corps et à la lêle, fi*oid aux bras et roideur des articulations. L'enfant eut, pendant la nuit, un sommeil très-agité, avec rêves effrayants, et sueur par tout le corps, la tête exceptée. Je la trouvai, le malin, se plaignant de céphalalgie : les yétix troubles, la langue chargée, une légère saliovation, les glandes sous-maxillaires gonflées, dures et ^ douloureuses au toucher, des douleurs lancinantes dans la gorge, en avalant et même sans exercer les mouvements de la déglutition. Il n'y avait pas de soif; pouls vif et petit, respiration ,courte et anxieuse, face trèspâle, mais cependant déjà un pw ^chaude, quoique k malade se plaignît d'y ressentir du froid, ainsi qu'au cuir chevelu ; elle était assise le corps un peu penché en avant four éviter les élancements dans^le ventre, qui

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devenaient très-vifs lorsqu'elle étendait te tronc, ou se renversait en arrière : elle accusait beaucoup de roideur dans les articulations, et d'ailleurs évitait de parler ; il lui semblait, disait-elle, qu'elle ne pût parler qu'en elle-même* Son regard était abattu, et cependant fixe : elle ouvrait largement les yeux.

Je savais trop bien que les moyens généraux, dans la scarlatine comme dans une foule de cas, ne font tout au plus que laisser les choses absolument dans le même état. C'est pourquoi je résolus de ne pas agir, dans cette fièvre qui venait précisément d'éclater, comme on a coutume de le faire, c'est-à-dire d'attaquer les symptômes chacun à part, mais de chercher s'il n'était pas possible de trouver, d'après mon nouveau principe de synthèse , un médicament qui , par son mode particulier d'action, fût capable de faire naître, chez un individu bien portant, la plupart des symptômes que je voyais réunis. Ma mémoire et mes notes ne m'en suggérèrent aucun qui remplit mieux cette indication que la belladone.

La belladone seule pouvait satisfaire à la plupart des indications de cette maladie, puisqu'elle-même détermine, parmi ses effets primitifs , un abattement morne, un regard terne, et fixe, un grand écartement des paupières, l'obscurcissement de la vue, le froid et la pâleur de la foce, l'absence de la soif, la petitesse extrême et la fréquence du pouls, l'impossibilité de remuer les membres, qui sont comme frappés de paralysie, la difficulté d'avaler, avec élancements dans les , * pai'otides et céphalalgie compi^essive, des douleurs constrictives dans le bas-ventre, qui deviennent into- -

lérables quand on cesse de se tenir le corps ployé en . 1

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