LA BELLADONE , PRÉSERVATIF DE LA SCARLATINE
deux, du froid et de la chaleur dans certaines parties, à Fexclusion des autres, par exemple, à la tête, aux bras.
S'il s'agissait réellement chez la malade, comme je le pensais, d'une fièvre scarlatine débutante, les eflFets consécutifs propres à la belladone (sa propriété de provoquer une synoque, avec taches érysipélateuses à la peau, chaleur et bouffissure de la face), ne pouvaient non plus être que très-appropriés aux symptômes de la scarlatine en plein développement.
Je prescrivis donc 4»^ôô de grain d'extrait de belladone, dose qui, d'après mes observations subséquentes , paraît être trop forte. La malade resta toute la journée assise tranquillement, sans se coucher ; la chaleur était moins sensible; elle buvait peu; aucun des autres symptômes ne s'accrut ce jour-là, et il n en apparut pas de nouveaux ; elle eut un sommeil assez calme pendant la nuit, et le lendemain matin, vingt heures après la prise, la plupart des accidents avaient disparu sans crise : il ne restait plus que le mal de gorge, mais moins fort, qui persista jusqu'au soir, et finit par disparaître aussi. Le jour suivant, la malade fut tout à fait remise ; elle mangeait et jouait comme • de coutume, et ne se plaignait plus de rien. Je lui % prendre une seconde dose, et elle conserva une santé parfaite, pendant que, deux de ses frères ayant été atteints de la scarlatine maligne sans qu'on m'en informât, je ne pus leur administrer que des secours généraux. La malade continua tous les trois ou quatre jours de prendre une petite dose de belladone.
Il restait, dans cette famille, cinq enfants que je souhaitais vivement de mettre à l'abri de Tinfectioiu