VENDREDI SAINT
PRÊTRE ET HOSTIE PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR
SOMxMAIRE
Le sacrifice est l'acte le plus significatif de la religion Aucun sacrifice n'est coinpara!)Ie à celui du Calvaire. Tous les autres y puisent leur vertu. Le monde, depuis le commencement, vit de la croix; il en vivra jusqu'à la fin. La croix est notre unique espérance.»
Dans le sacrifice de la croix, Jésus est Prêtre et Hostie, p. 245-246.
Il est prêtre.
i. Jésus Christ est prêtre. Appelé par son Père, il a reçu l'onction sacerdotale, il a été 1 intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il est le prêtre universel, il est le Pontife suprême, le Pontife éternel, le flambeau de la sainte cité, p. 246-247.
2. Il est donc sacrificateur. Puisque lui-même est l'unique victime dans la vraie religion, il faut qu'il s'immole lui-même et qu'ainsi ildevieime sacrificateur. Objection. Le Christ n'est pas sacrificateur, car il ne s'est pas immolé lui-même. Les sacrificateurs de Jésus sont tous ceux qui ont contribué à le faire souffrir et à le faire mourir : Judas, les Apôtres, le Sanhédrin, les faux témoins, les valets, les soldats, Pilate, Hérode, le peuple, le genre humain.
Réponse : tous ces agents sont des criminels, non des sacrificateurs. Leurs actes ne sont point des actes religieux, mais des actes coupables, impies, meurtriers. Un seul sacrificateur : Jésus-Christ. C'est l'enseignement de l'Eglise. Indirecte ment, mais réellement, le Christ s'est sacrifié lui-même p. 247-249. •
3. Il s'est indirectement immolé, car il s'est offert volontairement. Il dépendait de lui, en effet, d'empêcher ses ennemis de lui nuire. 11 pouvait changer leur disposition, les réduire à l'impuissance, se rendre inaccessible. Il montre son pouvoir ou il en parle au Jardin des Oliviers, au prétoire, au Calvaire. Il avait répété que personne ne lui ravirait sa vie, que lui seul la donnerait et la reprendrait comme il le voudrait. Il n'a
LA JUSTICE ENVERS DlliU
pas voulu échapper à la souffrance, ni à la mort, p. 249-'251. 4. Il interdit à ses amis d'intervenir. Il n'oppose aucune résistance à' ses ennemis. 11 s'abandonne lui-même devant les juges et les faux témoins. Il ne demande pasqu'on l'aide quand il tombe sous sa croix. Il endure sans se plaindre tous les outrages et toutes les tortures du Calvaire. Il pouvait se sauver, il ne l'a pas fait. Il est juste de dire qu'il s'est immolé lui-même; que, durant sa Passion, il est prêtre et sacrificateur, p. 251-254.
H est aussi Hostie. Certains hérétique» refusaient d'admettre la réalité de l'Incarnation et du Crucifiement. L Eglise les a condrimnés.
Jésus-Christ est victime, car il est, dans la Passion, soumis au changement que nous exigeons dans l'objet du sacrifice.
1. .lésus est changé dans l'esprit de tous ceux qui l'ont connu, aimé ou haï.
a) Changé dans l'esprit de ses apôtres, qui, après avoir promis de mourir avec lui et pour lui, l'abandonnent, le renient, désespèrent de lui, p. 254-255.
h) Changé dans l'esprit du peuple, qui, après avoir voulu le proclamer roi, demande avec fureur qu'il soit crucifié, p. 255-256.
c) Changé dans l'esprit de ses. ennemis, qui le craignaient hier, qui le traitent aujourd'hui sans aucun ménagement, p. 256-258.
d) On pourrait presque dire qu'il n'a plus la même place dans le cœur de son Père. Celui-ci, en effet, disait autrefois : (< Voici mon Fils bien-aimé. » Durant la Passion, il se tait et semble délaisser Jésus, p. 258.