LÀ MODESTIE CHRÉTIENNE ET LES LIVRES
SOMMAIRE
Au premier laiig des fléaux de Tordre spiriluel, il faut placer lïiileinpéraiiee qui fait publier et répandre de pernicieux écrits. L'Eglise prend des mesures contre les mauvais livres. Action de saint Paul contre les ouvrages frivoles des habitants dEphèse. Nécessité' de ces précautions. Proportions inquiétantes du mal aujourdliui. Les auteurs sont trop rares qui offrent aux âmes un aliment sain et substantiel; trop nombreux au contraire sont les hommes dont la plume nhésite devant aucune impiété ni aucune licence. Catholiques qui ne tiennent, qu'il s'agisse d'écrire ou de lire, aucun compte des instructions de l'Eglise. Lois auxquelles sont astreints d'abord les auteurs, ensuite les lecteurs, p. 99-101.
La liberté d'écrire n'est pas absolue. « 11 faut, en écrivant, faire entendre de belles choses. > Les choses les plus belles parce qu'elles sont les plus vraies, les plus utiles, les plus pures, sont les choses divines révélées soit par la raison, soit parla foi.
1. Elles sont à la hase de la vie présente et de la vie future.
a) Les individus sanctifiés ici-bas et heureux dans l'éternité parceshautes vérités. Biens que cesvéritéspi'ocurent aux peuples. Récompense, allégresse, sentiment de sécurité, surcroît de béatitude réservés à ceux qui contribuent par leurs écrits au triomphe de ces vérités, p. 101-102.
6) En revanche, combattre la saine philosophie et la foi, en employant pour cela la dialectique, l'élégance du style, le charme des mots, c'est intempérance orgueilleuse, criminelle, insensée. Orgueilleuse, car juger Dieu est une extravagance; criminelle, car c'est enlever aux hommes le seul moyen qu'ils aient de se sauver; insensée, car rien de plus déraisonnalile que de vouloir effacer le nom de la Réalité suprême; p. 1<'2-103.
r) Degrés de cette intempérance. Manière directe de ceux qui accumulent les arguments pour prouver que Dieu n'est pas. Manière insidieuse des hérétiques. Manière perfide d'un Voltaire.
Manière frivole des p<ièles. romanciers, chroniqueurs. Eu ces matières, il est facile d'en imposer à un public naïf et ignorant, d'autant plus facile que dans un livre on a le loisir d'en appeler à l'appareil dune science frelatée et dune rhétorique fallacieuse. Etendue des maux causés par les mauvais livres qui atteignent une nation, pervertissent un siècle et passent de génération en génération, p. I(i3-10;j.
(h L'écrivain, quand il Irai le de matière sacrée, doit adopter une forme pleine de dignité et imiter les maîtres de la doctrine reUgieuse. Majesté de la phrase en ces maîtres : saint Jean, Bossue!. etc., p. 105-106.
2. 11 faut se préoccuper non seulement de la foi. mais encore des mœurs.
o\ Il n'est jamais permis aux écrivains de plaider en faveur (lu mal ni de l'autoriser. Crime de ceux qui agissent autrement. Enumération des mérités que lécrivain consciencieux et chrétien doit respecter. Belle conduite, à notre époque, des auteurs les plus renommés et les plus populaires, qui ne voient de salut que dans le retour à l'Evangile. Ohligatiou de ne pas laisser s?" refroidir ce zèle et de lutter contre la bande noire qui se sert des plumes d'or et de diamant pour corrompre les cœurs, p. 106-108.
h) 11 n"est jamais permis à un écrivain de laisser croire qu'il est impossible dobserver les commandements de Dieu. Paroles de Bossuet. Erreur funeste des hérétiques et des savants qui considèrent nos chutes comme fatales et qui. dans leurs livres, propagent leur doctrine, p. 109-110.
n Les auteurs doivent éviter ce qui est susceptible de trou^; bler la pensée, démouvoir le cœur dune façon dangereuse. On ne corrompt pas seulement par des idées, mais encore par la forme licencieuse qui les enveloppe. Immensité du mal en cet ordre. Petit nombre des auteurs qui observent la réserve voulue, surtout en fait de chasteté. La plupart s'attribuent le droit de tout dire et de tout raconter. Réalisme brutal des uns, mysticisme déliquescent, langueur sensuelle des autres. Abus, chez beaucoup, des expressions sacrées, des confessions publiques, des peintures où l'on représente les luttes charnelles. Passion déréglée chez plusieurs de plaire à une foule dépravée, p . 110-111.
:}. Prétextes que l'on invoque pour justifier ce laxisme pratique.
a) On [irétend avoir le droit de peindre le corps humain, de décrire les phénomènes dont il est le théàti'e et les extases qui
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le ravissent. Quiconque s'en scandalise esl déjà perverti, car tout est pur pour ceux qui sont purs. Erreur de cette affirmation : les éléments de la nature ne sont pas essentiellement mauvais, comme Tout dit les Manicliéens ; mais dire que l'homme est bon comme s'il n'avait pas élé atteint par le péché originel, c'est 1 hérésie des Pélagiens et de Rousseau. Application de cette pensée. Texte du Père Lacordairc et de saint Paul, p. i1i-H2.
h) On réclame aussi au nom de l'art, car, dit-on, pour que la beauté de la lutte entre la conscience et la passion apparaisse d'une façon saisissante, il faut qu'on entende et la voix de la sagesse et les accents de l'animal impatient de jouir. Inutile de réfuter ces théories : les faits les réfutent suffisamment. Perfection artistique d'Angelico, de Bossuet, de Racine dans Eslhf.r et Allialie, bien qu'on ne trouve en ces maîtres aucun sensualisme
L'art est sujet de la religion et doit s'y soumettre. Obj(>ctibn : En art et en littérature, notre liberté est incomplète. Oui : elle doit accepter les limites fixées par la morale et par l'Evangile, p. tl^-113.
LiÙm que l'on doit respecter dans les léclures.
1 . La lecture des boas livres est pour 1 homme un des grands moyens de s'instruire et de se sanctifier.
a) Par la bonne lecture on acqa ert et on complète la science générale qui est nécessaire à tous et la science spéciale qui est nécessaire à chacun suivant son état. Les bonnes lectures éclairent l'intelligence, dissipent les erreurs et les préjugés, rappellent les principes qu'on avait oubliés, invitent à la réflexion, au travail personnel, affermissent les convictions, détachent du schisme, de l'hérésie, du raiionalisme,etc.,p. 13-1 14.
/;) La ItîCture agit sur le cœur, lui c )m nunique des sentiments dhonnêtcté, de foi, de repentir, de charité, etc. Saint Antoine converti par un passage de l'Evangile, saint Augustin el Alipius convertis par un mot de saint Paul. Les psaumes de David enllamment la ferveur de saint Augustin, p. llii- 16.
c) Le bon livre offre un aliment à la prière, à l'oraison. La dévotion s'y retrempe. Effets bienfaisants des Morales de saint Grégoire, des traités de sainte Catherine de Sienne,, de saint Vincent Ferrir-r. de sainte Thérèse, etc., p. ItO.
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d) Le hou livre nous apaise en uous arracliant à nos inquiétudes, en nous suggérant des pensées de mansuétude, de patience, de résignation; il nous console en charmant nos douleurs, en nous distrayant de nos chagrins, etc. ; il nous délasse : le soir, après nos travaux et nos fatigues, nous nous reposons en le feuilletant, p. 116-117.
2. Les lois qui nous interdisent cerlaines lectures émanent les unes du droit positif, les autre? du droit naturel.
a II est interdit d'abord de lire les œuvres que V/iule.r. ]eSaitil- Office., le Saint-Siège, les Evèques. ont nommément proscrites. Autoritéà ce sujet des Congrégations romaines, p. H7-I18.
b) Il est interdit ensuite de lire les livres qui. en vertu d'instruclions générales, tombent sous les coups de la censure. Ces livres se rapportent les uns à la foi. Enumération des livres qui propagent l'erreur, sont ennemis de la vraie religion, attaquent un dogme, défendent des idées réprouA'ées par le Saint-Siège, enseignent la superstition, la divination, etc. Sévérité de l'Eglise à l'égard des Bibles répandues par les protestants et les incrédules,
c) D'autres livres se rapportent aux mœurs. L'Eglise interdit les livres qui affirment la légitirailé du duel, du suicide, du divorce, de la franc-maçonnerie. Ses anathèmes contre les livres systématiquement obscènes, ses rigue.rs contre les livres où sont peintes des scènes sensuelles, p. ( 18-120.
5. Le droit naturel et chrétien supplée à l'impuissance de toutes les lois positives. Ce droit nous oblige à fermer le livre qui nous fait du mal. Il appartient à la prudence de juger de ce qui convient à chacun suivant l'âge, le lempérameut, le moment, en un mot, suivant les circonstances de toutes sortes, p. 120.
Nécessité pour nous d'obéir à ces lois, de ne pas toucher les livres dangereux, de les bannir de nos bibliothèques cl de nos maisons. Il faut aussi lutter contre la diffusion des mauvais livres. En ces derniers temps, la critique a été souvent d'une indulgence excessive en ce qui concerne des œuvres impies ou obcènes. 11 faut enfin répandre la bonne presse et les bons livres, p. 121-122.