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pourquoi l'Eglise et les Souverains Pontifes se sont toujours élevés avec tant de force contre l'enseignement neutre, et, ont exhorté d'une façon si instante les parents et les gouvernements à donner au Catéchisme la première place dans les écoles. Le 1"' mai 189i, Léon XIII, écrivait aux évèques d'Autriche : « Rien n'est pire, rien n'est plus funeste au bien commun que l'idée de vouloir séparer lEglise et l'Etat qui doivent au contraire, rester étroitement unis.
« Cette vérité s'applique tout spécialement à l'éducation de la jeunesse, de telle sorte que le pouvoir temporel, en inculquant à la jeunesse les sciences et les connaissances nécessaires au bien général doit se proposer également son éducation morale et religieuse et cela, par le ministère et sous la direction de l'Eglise. » 'Traduction de la lionne Presse.)
Pie X, le 15 avril 1905, disait dans son Encyclique Acerbo nimis : « Pour nous, ... sans nier les autres causes, Nous nous rangeons de préférence à l'avis de ceux qui voient dans l'ignorance des choses divines la principale cause de la dépression actuelle, de la débilité des âmes et des maux très graves qui s'ensuivent. Ce sentiment s'accorde pleinement avec les paroles que Dieu lui même met dans la bouche du prophète Osée : Et la science de Dieu n'est plus sur la terre. Le blasphème, le mensonge, l'homicide, le vol, l'adultère ont débordé et le sang a touché le sang. Aussi la terre pleurera, et tout homme qui l'habite sera sans force (1). » (Traduction de la lionne Presse.)
Contre le mal qu'il constate douloureusement, le bon et doux Pie X ne voit qu'un remède : l'enseignement du Catéchisme.
\onj ?, p. so.
La société moderne est livrée à l'anarchie. Elle ne sait pas mettre les hommes à la place qui leur convient. Elle appelle des médecins quand il faudrait appeler des avocats et réciproquement. On n'a pas le droit de s'engager dans une vocation si l'on n'en connaît pas les devoirs, si l'on est
(1) Osée, IV, 1, ss.
dans l'impossibilité d'eu remplir les obligations. Pour être forgeron il faut savoir forger, pour être ministre des Affaires Etrangères il faut les connaître. En un mot, si vous êtes incompétent sur une question, il vous est interdit de la traiter et encore plus de la résoudre. En ces temps on à parlé du « règne de l'incompétence », le règne de Tincompétence est le règne de l'ignorance.
NOTE 3, p. 89.
Il est malheureusement vrai que les ouvriers de l'intelligence sont traités durement. Des journalistes et des écrivains pleins de mérite reçoivent des honoraires dérisoires ; les moindres manœuvres sont mieux rétribués. Il convient de plaider la cause des « prolétaires de Tintelligence », sans rien enlever de leurs droits à ceux qui travaillent la matière.
AOTE 4, p. S8.
Léon XIII, au sujet de l'Ecriture Sainte, nous prévient contre diverses curiosités. Il nous met spécialement en garde contre la manie qui consiste à chercher la vérité dans les auteurs profanes ou hérétiques. « Ce qui ne convient pas, dit-il, c'est qu'ignorant ou méprisant les excellents ouvrages que les nôtres nous ont laissés en grand nombre, l'interprète leur préfèreles livres des hétérodoxes; qu'au grand péril de la saine doctrine et trop souvent au détriment de la foi, il y cherche l'explication au sujet desquels les catholiques ont excellemmeut et depuis longtemps exercé leur talent, multiplié les travaux.
Quoique, en effet, les études des hétérodoxes, sagement utilisées, puissent parfois aider l'interprète catholique, cependant il importe à celui-ci de se souvenir que, d'après des preuves nombreuses empruntées aux anciens, le sens non défiguré des Sainte Lettres ne se trouve nulle part en dehors de l'Eglise et ne peut être donné par ceux qui, privés de la vraie foi, ne parviennent pas jusqu'à la moelle des Ecritures, mais en rongent seulement lécorce. » (Eue yc . Proviclen lissim us . )
Al'l'EiNDlCES ;i03
NOTE j, p. 89.
Aux époques de trouble et de décadence, la magie el les sciences occultes excercent sur les esprits un grand attrait. Lorsque saint Paul évangélisa Ephèse, les habitants de cette vill(^ se livraient « aux plus folles pratiques, aux incantations, aux évocations de morts, d'ombres, de génies infernaux. Les formules éphésiennes à Taide desquelles on opérait ces sorcelleries étaient connues du monde entier. Bien que formées de mots inintelligibles, leur ensemble constituait un art qui avait ses professeurs, une méthode, des procédés décrits minutieusement et consignés dans des recueils. Ces livres magiques étaient fort lus et recherchés : quelques-uns même, contenant des recettes mystérieuses, ne s'obtenaient qu'à grand jjrix. » (Fouard — »S. Paul, Ses nn'ssoiis — 4^ Edition, p. 292.)
Notre temps donne dans les mêmes superstitions et dans les mêmes erreurs. On ne saurait trop se défier de toutes ces pratiques qui détraquent le système nerveux, et, en même temps, troublent la foi et ébranlent l'équilibre moral.
NOTE L p. 99.
Je transcris ici le texte des lois que Léon XIII et Pie X ont édictées contre les mauvais livres.
Constitution Apostolique de Léon XIII sur l'interdiction et la censure des livres.
«Des devoirs et des charges dont le soin religieux incombe à Notre dignité Apostolique, le principal qui les résume tous, est de veiller assidûment et d'ordonner tous
^'Oi I.A VERTU DE TEMPÉRANCE
Nos effort?, à ce que la foi et les mœurs n'aieut rieu à souffrir dans leur intégrité. Si cette Aigilance a jamais été nécessaire, c'est surtout à notre époque, où au milieu d'une licence effrénée des esprits et des cœurs, presque toutes les doctrines dont Jésus-Christ le Sauveur des hommes a confié la garde à son Eglise pour le salut du genre humain sont tous les jours attaquées et mises en péril. Dans ce combat, les habiletés de nos ennemis et leurs moyens de nuii'e sont certes variés et innombrables, au premier rang est une dangereuse intempérance qui fait publieret répandre dans les masses de pernicieux écrits. On ne peut, en effet, rien concevoir de plus funeste ni de plus corrupteur pour les esprits que ce mépris public de la religion et cet exposé des nombreux appâts du vice. Aussi, dans la crainte d'un si grand mal, l'Eglise gardienne vigilante delà foi et des mœurs a vite senti qu'il fallait prendre des mesures contre un tel fléau : c'est pourquoi sa constante préoccupation a été de détourner les hommes autant ([u'elle le pouvait de ce terrible poison ({u'est la lecture (les mauvais livres. Les premiers âges du Christianisme furent témoins du zèle ardent de saint Paul sur ce point ; et les siècles suivants purent constater la vigilance des Saints-Pères, les décisions des Evèques, les décrets des Conciles tendant au même but.
« L'histoire atteste le soin et le zèle vigilant des Pontifes romains à empêcher la libre diffusion des ouvrages hérétiques, véritable calamité publique. L'antiquité chrétienne est pleine de ces exemples. Anastase I" condamna rigoureusement les écrits dangereux d'Origène ; Innocent I" ceux de Pelage, et Léon le Grand tous ceux des manichéens. On connaît aussi les Décrétales, publiées si à propos par Gélase sur l'acceptation et la prohibition des livres. De même dans le cours des siècles, des sentences du Siège Apostolique ont frappé les livres funestes des monothéistes, d'Abélard, de Marsile de Padoue, de Wicleff et de Huss.
« Au XV* siècle, après l'invention de l'imprimerie, non seulement on s'occupa des mauvais écrits déjà parus, mais on commença à prendre des mesures pour empêcher dans la suite la publication d'ouvrages de ce genre. Ces précautions étaient nécessitées, non par des motifs sans impor-
tance, mais par le besoin absohi de protéger Ihonnèteté publique et d'assurer le salut de la société ; en effet, cet art excellent en soi, fécond en grands avantages, propre à favoriser la civilisation chrétienne des nations, avait été promptement transformé, par un trop grand nombre, en un puissant instrument de ruines. Les funestes effets des mauvais écrits étaient aggravés et précipités par la rapidité de leur diffusion. C'est donc très sagement qu'Alexandre VI et Léon X, nos prédécesseurs, établirent des lois précises fort appropriées au temps et aux mœurs de l'époque, pour maintenir les libraires dans le devoir.
« Bientôt s'éleva une tempête plus redoutable, et il fallut s'opposer avec une vigilance et une énergie croissantes à la contagion des hérésies. C'est pourquoi le même Léon X, puis Clément X, interdirent sous les peines les plus graves de lire ou de conserver les livres de Luther. Mais les malheurs des temps ayant grossi le flot impur des mauvais livres qui envahissait tous les pays, une répression plus étendue et plus efficace parut s'imposer. C'est ce remède que sut appliquer le premier, Paul lY.en dressant le catalogue des écrits et livres interdits aux fidèles. Peu de temps après, les Pères du concile de Trente mirent un nouveau frein à la licence croissante des écrits et des lectures. Sur leur ordre, des prélats et des théologiens désignés pour cela augmentèrent et perfectionnèrent l'Index édité par Paul IV et établirent les règles à suivre dans l'édition, la lecture et l'usage des livres ; Pie ï\ confirma ces règles de son autorité apostolique.
« Le souci du bien public, qui avait inspiré au début les règles du concile de Trente, commanda également d'y apporter quelques modifications dans le cours des siècles. Aussi les Pontifes Romains, notamment Clément VIII, Alexandre VII, Benoît XIV, connaissant les besoins de leur époque et tenant compte des lois de la prudence, publièrent les décrets expliquant ces règles et les appropriant aux circonstances.
« Tous ces faits prouvent clairement que les Pontifes Romains se sont constamment préoccupés de prémunir la société contre les erreurs de l'esprit et la corruption des mœurs ; cette double cause de ruine et de honte pour les
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Etats, engendrée et multipliée par les mauvais livres. Le résultat ne trompa point leurs efforts aussi longtemps que la loi éternelle présida aux ordres et aux interdictions dans le gouvernement des peuples, et que les chefs d'Etat agirent cFun commun accord avec l'autorité religieuse.
« On sait ce qui arriva dans la suite. Les hommes et les circonstances s'étant sensiblement modifiés, l'Eglise avec sa prudence accoutumée, prenant en considération les besoins de l'époque, fit ce f[ui parut plus utile et plus avantageux. Quelques prescriptions de l'Index, qui avaient perdu (le leur opportunité, furent rapportées par décret, ou bien l'Eglise les laissa, avec bienveillance et sagesse, tomber en désuétude. Plus récemment, par des lettres adressées aux archevêques et évèques. Pie IX, en vertu de son autorité apostolique, adoucit en grande partie la règle X. En outre, peu avant le concile du Vatican, il confia à des savants, chargés de préparer les questions à traiter, le soin d'examiner, d'apprécier toutes les règles de l'Index, et de juger quelles décisions il serait bon de prendre. Tous furent d'avis de les modifier. La plupart des Pères déclaraient ouvertement cfu'ils acceptaient ces modifications et même les désiraient. Il existe à ce sujet une lettre des évêques français, proclamant la nécessité d'établir sans retard ces règles et tout ce qui concerne r Index sur de nouvel/es bases, mieux adaptées à notre siècle, les rendant ainsi plus faciles à observer. Ce fut aussi à cette époque l'aA^s des évêques d'Allemagne, qui demandaient nettement une révision et une rédaction nouvelle des règles de T Index. Nombre d'évèques d'Italie et d'ailleurs partageaient ce sentiment.
« Si on tient compte de l'époque, de la constitution actuelle et des mœurs des peuples, la demande de tous ces évêques n'avait rien que de légitime et de conforme à la maternelle charité de l'Eglise. En effet, étant donné la marche si rapide des esprits, il n'est aucun point du vaste champ des sciences où les écrivains ne fassent de trop libres incursions, de là ce flot c|uodidien de livres néfastes. Et ce qui est plus grave, c'est non seulement la complicité des lois civiles pour un si grand mal, mais la liberté sans bornes qu'on leur accorde. Il en résulte, d'une part, que beaucoup
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d'esprits abandonnent la religion; d'autre part qu'on peut impunément lire tout ce qu'on veut.
« Pour remédier à ces maux, Nous avons pris deux décisions propres à tous sur ce point, une ligne de conduite précise et bien déterminée : la revision consciencieuse de l'Index et sa publication. Quant aux règles elles-mêmes, Nous leur avons donné un nouveau caractère, et tout en respectant leur nature. Nous les avons adoucies, de sorte qu'il ne soit ni difficile, ni pénible de s'y conformer pour tout homme bien disposé. En cela, Nous suivons l'exemple de nos prédécesseurs et Nous imitons la maternelle sollicitude de l'Eglise; celle-ci ne désire rien tant que de se montrer bienveillante, elle a toujours su, elle a toujours à cœur d'entourer de soins zélés et affectueux la faiblesse de ses fils souffrants.
'< Aussi après un mûr examen et avoir pris conseil des cardinaux de la Sacrée Congrégation de l'Index, Nous avons publié les Décrets (jéitérait.r reproduits ci-dessous et joints à cette Constitution, décrets que cette même Congrégation devra appliquer uniquement dans la suite, et auxquels devront se conformer exactement les catholiques de l'univers entier. Nous voulons qu'ils aient seuls force de loi, abrogeant les Règles du Saint Concile de Trente, les O/jserva/iotis, Instructions, Décrets, Arertisseineiits et décisions de tous Nos prédécesseurs en cette matière, à l'exception de la seule Constitution de Benoît XIV Sollicita et Provida que Nous voulons demeurer en vigueur dans l'avenir comme elle l'a été jusqu'à ce jour. »
Décrets Généraux sur la Prohibition et la Censure des Livres.