‹ Exposition de la morale catholique (volume 4)Chapitre 14 sur 41 · ATTITUDE DE UÉGTJSE YIS-Â-VIS DES HÉRÉTIQUES · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE UÉGTJSE YIS-Â-VIS DES HÉRÉTIQUES

SOMMAIRE

L'Eglise a sur les hérétiques des droits qu'elle n'a pas sur les autres infidèles. 11 ne s'agit pas ici des hérétiques nés et vivant dans l'erreur sans qu'il y ait de leur faute, il s'agit de ceux, qui par un péché personnel, ont rompu avec la foi.

Quelle a été l'attitude de l'Eglise vis-à-vis de ces hommes?

Dans ses rapports «avec eux, l'Eglise a-t-elle outrepassé ses droits? p. 145-146.

1. L'Eglise use d'abord de miséricorde avec les hérétiques. Démarches qu'elle fait ou qu'elle autorise pour les ramener. Pardon qu'elle leuracccorde s'ils se repentent. Avertissements généraux qu'elle leur donne, s'ils persévèrent dans le mensonge, p. 146-148.

2. Elle use ensuite de justice et frappe les dissidents de peines spirituelles après les avoir sommés plusieurs fois de se convertir. Diverses mesures employées contre l'hérétique : privation des sacrements et de la juridiction, excommunication, censure, etc. Comment l'Eglise mêle la miséricorde à ces rigueurs, et comment elle veille sur la brebis égarée. D'ordinaire, elle ne va pas plus loin dans ses châtiments, p. 148-150.

3. Cependant, à diverses reprises, elle a permis aux Etats chrétiens de réprimer les hérétiques par des peines temporelles, sans jamais prononcer elle-même des sentences de mort, sans jamais verser le sang, p. 151.

a) Quels qu'aient été les faits qu'on nous reproche à ce sujet, faits que nous réprouvons quand ils ont été abusifs, il ne convient pas aux juifs, aux protestants, aux révolutionnaires, aux législateurs du temps présent d'accuser trop haut nos pères. Les partis et les sociétés auxquels sont imputables les cruautés des juifs à l'égard des chrétiens, les meurtres d'enfants, les rigueurs des protestants à Genève, en Irlande, les souffrances de la Pologne et les lois de fer du Kulturkampf, les abominations de la Terreur et de la Commune, l'injustice et

la dureté de certaines législations actuelles, n'ont guère le droit de nous reprocher des excès que nous condamnons et qui viennent non de nos principes, mais d'une mauvaise application de ces principes, p. i52-lo3.

b] Ces excès sont moins nombreux et moins graves qu'on ne le prétend. Trois griefs contre l'Inquisition. Premier grief: le prévenu aurait été sans garantie et sans défense. Injustice de cette première accusation. Extraordinaires précautions que prenait l'Eglise en vue de protéger le prévenu, p. 154. Second grief : L'Inquisition aurait sans cesse appliqué aux hérétiques des peines atroces. Réponse : l'Inquisition a été le plus doux des tribunaux du temps. D'ordinaire elle n'infligeait que des pénitences canoniques. Quand elle prononçait des sentences plus sévères, très souvent elle les atténuait dans l'exécution, p. 155. Troisième grief : l'Inquisition a condamné â mort des hérétiques sans nombre . Fausseté de cette nouvelle affirmation, nombre relativement très restreint des victimes, même dans le midi de la France; même en Espagne, p. 156. Qu'étaient ces condamnés? En dehors de l'hérésie que l'Inquisition poursuivait en eux, ils étaient presque toujours des ennemis redoutables de l'ordre public, p. 156-158.

Dans la répression de l'hérésie, l'Eglise a-t-elle outrepassé ses droits?

1. L'Eglise a le droit de traiter les hérétiques avec miséricorde. Place de la miséricorde dans l'Evangile. Efficacité qu'a souvent l'indulgence au point de vue du bien public et du bien du coupable, sagesse qui consiste à s'abtenir parfois de toute répression, p. 158-159.

2. L'Eglise a le droit de punir les hérétiques de peines spirituelles. Elle affirme ce droit au Concile de Latran, par exemple, et elle affirme qu'elle ne le tient pas des princes. Ce droit découle de celui de régir : l'Eglise l'a reçu du Christ et des apôtres qui l'ont exercé avant elle. Impossibilité pour l'Eglise de gouverner les âmes sans punir au moins spirituellement les hérétiques. Nécessité de respecter son pouvoir spirituel, le seul auquel, aujourd'hui, elle demande des armes pour défendre le dépôt de la doctrine, p. 159-161.

3. A-t-elle le droit, en vertu d^ son pouvoir indirect sur les

choses temporelles, de faire appel aux états chétiens en vue d'obtenir la répression des hérétiques par des peines temporelles qui peuvent aller jusqu'à la mort ? Oui, et renseignement contraire entraîne une erreur, p. 162.

Preuves, a) Autorité de la pratique de l'Eglise parmi les chrétiens. Or l'Eglise a souvent permis aux princes de réprimer les hérétiques. Il est impossible de croire qu'elle se soit si longtemps trompée. Vanité de l'objection qu'on prétend tirer des procédés de l'Eglise primitive, p. 162-163.

6) L'Eglise a affirmé son droit de répression. Textes de Boniface VIII, du troisième Concile de Latran, de Léon X, de Pie IX, de Léon XUI, p. 164.

c) On s'élève contre cette thèse au nom de l'Evangile, au nom des traditions primitives et des saints Pères, au nom des maximes de liberté qui régissent notre temps. L'Evangile ne contient rien qui contredise notre thèse. Rigueurs de Jésus contre les faux docteurs, les vendeurs chassés du temple, le iiguier stérile, sens de la parabole du bon grain et de l'ivraie. Nécessité de prendre le Christ tout entier, p. 165-167. Enseignementdes Saints Pères, saintMartin, saint Ambroise, saint Jean- Chrysostôme, saint François-de-Sales. Accord en cette matière des peuples païens et des peuples chrétiens. La lutte proaris et focis, p. 16H. Valeur de l'objection tirée des principes de liberté moderne. Existence du délit d'opinion dans notre société. Gravité de ce délit. Répression de ce délit. L'Eglise ne fait qu'adopter les maximes mises en pratique par les autres sociétés, p. 169-170.

d) Dans la répression des hérétiques, l'Eglise n'a pas pour but de les forcer à croire, mais de protéger ses fidèles contre l'erreur, p. 170.

Devoir des chrétiens d'étudier les faits, non auprès des hommes aveuglés par leurs préjugés, mais auprès des historiens sincères. On trouvera dans cette étude la justification de la conduite de lEglisc. Devoir pour les chrétiens de réfléchir en fiartant des principes, (^ettc réflexion leur montrera que la foi étant le principe de la vie éternelle, l'Eglise a le droit de la défendre, tout en restant libre d'user de son pouvoir, j). 171-172.

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