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RELATIONS ENTRE LES CROYANTS ET LES INCROYANTS DANS LES ŒUVRES

Instaurare omnia in Chrislo, quse in caelis et quae in terra sunt.

i-ia volonté de Dieu est de tout restaurer dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre.

{Ephes., 1,10.)

Messieurs,

L'homme qui croit doit agir conformément à ce qu'il croit. La foi vive opère par la charité et rend au monde des services aussi nombreux qu'imporlanls. Elle suppose dans l'esprit une lumière qui éclaire nos pas, dans la volonté une ardeur qui nous pousse à faire le bien et qui tend à prouver la supériorité de notre sentiment religieux par la supériorité des œuvres qu'il inspire. Luther proclame les œuvres inutiles parce que Jésus, ayant accompli

toute la loi, il n'est pas nécessaire de l'accomplir désormais, il les déclare dangereuses sous prétexte qu'elles engendrent l'orgueil et la vanité. Il feint de ne pas comprendre que nous puissions arriver par nos travaux et par nos peines à la paix de la conscience et au mérite, et il pense que la mort du Christ nous dispense de tout effort. Nous affirmons au contraire que le chrétien est tenu d'imiter son Maître, et comme lui, d'être au milieu de ses frères un être bienfaisant, toujours disposé à se dépenser en vue de transformer les choses en lui et autour de lui. Le Sauveur a voulu tout restaurer au souffle de l Esprit qui le conduisait, nous sommes devenus par notre baptême les membres de son corps mystique et ses coopérateurs.

Mais quel est le caractère qui doit marquer les œuvres du catholique? Celui-ci peut-il, en vue d'une action commune, s'associer à ceux qui vivent en dehors de l'Eglise en faisant abstraction des points qui le séparent d'eux ? Examinons ces deux questions .

En principe toutes nos œuvres doivent porter le sceau de notre foi, en être une affirmation et une conséquence. Notre vie ne peut pas se diviser et se consacrer pour une moitié aux choses divines et pour une autre moitié aux choses profanes. Nous avons été transformés par la religion, il faut

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que cette transformation apparaisse dans toutes les manifestations de notre activité. Il en résuite que nous devons nous montrer croyants dans nos œuvres.

Ce qui me fait parler ainsi, c'est d'abord le mot d'ordre que nous avons reçu de nos chefs. Dans le Nouveau-Monde s'était formée sous le nom de Chevaliers du travail une vaste association oii entraient des éléments appartenant aux diverses confessions. Léon XIII, consulté, ne crut pas pouvoir l'encourager et, tout en la tolérant pour quelque temps, il ne cacha pas son dé^ir de voir les catholiques se grouper entre eux à la lumière de principes qui affirmeraient leur volonté de faire entrer leur religion dans toutes leurs entreprises. Pie X n'a pas cessé, depuis son élévation à la dignité pontificale, de montrer son dessein de tout restaurer dans le Christ, et d'imprimer aux institutions qui dépendent de lui un caractère nettement religieux afin que le Christ soit tout et en tout. Il a rappelé à ses sujets l'obligation, où ils sont placés par leur baptême et par leur vocation, de marquer leur action du sceau de leur foi. Il a défendu aux membres du clergé de donner leur nom, sous prétexte de s'assurer un ministère plus large, aux sociétés qui ne dépendent pas des év^*ques, de s'inscrire dans des ligues que n'aurait pas approuvées l'autorité religieuse. II leur a ordonné, suivant la doctrine de son prédécesseur, de con-

server intact, même au milieu du peuple, leur caractère auguste de ministres de Dieu. Il a déclaré que toute manière de s'occuper du peuple au détriment de la dignité sacerdotale, des devoirs et de la discipline ecclésiastiques ne pourrait être que hautement réprouvée. Il ne veut pas que l'on parle parmi nous de nouvelles orientations de la vie chrétienne, de nouvelles directions de l'Eglise, de nouvelles aspirations de l'âme moderne, d'une nouvelle vocation sociale du clergé, d'une nouvelle civilisation chrétienne, mots en réalité assez vides qui ne peuvent servir qu'à égarer le zèle (4). lia formulé des préceptes analogues pour les simples fidèles, en leur défendant d'entrer dans les institutions neutres, qui ont un but principal autre que celui de procurer aux individus et aux familles le vrai bien moral et économique (2;. La presse a reçu la même direction, et il n'est pas permis de nous illusionner sur les formelles intentions de Celui qui, spécialement assisté par Dieu, préside aujourd'hui aux destinées et au gouvernement de l'Eglise.

Cette attitude est dictée par une sagesse que la raison éclaire et que les faits justifient.

Les œuvres nettement et foncièrement chrétiennes,

(1) Cf. Lettre aux Evêques d'Italie, 28 juillet 1906.

(2) Bref à M. le comte Medolago Albani, 19 mars 1904.

seront toujours supérieures aux autres, en se déployant, même dans l'ordre des choses humaines. La vraie religion, en effet, restaure d'abord la nature, puis elle l'élève au-dessus d'elle-même en augmentant ses énergies. Par conséquent l'homme qu'elle aura transfiguré sera d'abord plus intégralement homme que ses semblables, ses œuvres se ressentiront nécessairement de cette excellence, et en s'unissant à ses frères, en agissant avec eux sous l'empire de la force qui lui est propre, il agira mieux et plus puissamment. Mais la religion surnaturelle opère une seconde merveille : elle nous élève au dessus de nous-mêmes, elle éveille en nous des vertus que Isc nature même dans son intégrité n'aurait pu acquérir. Ces vertus sont le principe d'une activité surhumaine qui du dedans déborde au dehors et pénètre tout ce que nous faisons d'une perfection à laquelle n'atteignent pas l'esprit et la volonté abandonnés à eux-mêmes. « Pliil à Dieu, disait Léon XIII, que ces vertus fussent pra tiquées aujourd'hui par un plus grand nombre avec la perfection qu'y ont apportée les saints des siècles passés ! Ceux-ci par leur humilité, leur obéissance, leur austérité ont été puissants en œuvre et en parole pour le plus grand bien non seulement de la religion, mais encore de leurs concitoyens et de leur patrie » (l). Que gagnerions-nous à mêler à ces

(1) Lettre sur l'Américanisme, 22 janviiT 1899.

forces surabondamment éprouvées des éléments neutres ou suspects qui les affaibliraient et qui les empêcheraient de produire tout leur effet?

Je veux bien qu'en s'en tenant à cette règle pour les œuvres on diminuera le nombre des ouvriers et qu'on se privera de concours qui peuvent avoir leur utilité. Mais l'unité, la concentration, l'indépendance compenseront largement les inconvénient» que pourrait avoir ce sage exclusivisme, compatible d'ailleurs avec certaines alliances opportunes.

Qu'on ne me dise pas que cette loi rétrécit le champ de l'activité et des œuvres. La religion catholique favorise tout ce qui est bon, tout ce qui est raisonnablement désirable, tout ce qui e^t conforme à la justice et aux intérêts temporels ou spirituels de l'homme. Elle travaille dans tous les ordres à faire disparaître les abus légués par le passé à et réaliser les progrès légitimes poursuivis par le présent. Le domaine des œuvres scrupuleusement saines est immense, et longtemps les ouvriers manqueront pour toutes les moissons qui blanchissent sous le soleil de la Providence surnaturelle.

Les faits nous montrent éloquemment que l'Eglise en prenant cette attitude ne se trompe pas. Interrogez-les, vous apprendrez que les œuvres qui ont réussi ont été fondées sur les principes chrétiens, qu'il s'agisse d'initiatives apostoliques ou sociales. La presse nettement chrétienne a fait plus de bien

que la presse qui craint d'affirmer sa foi, elle est aussi plus prospère et elle se répand plus largement. Les patronages, les cercles, les associations où l'élément religieux domine tout, ont pris des proportions que ne connaissent pas les institutions établies sur d'autres bases. En Belgique nous voyons se développer des syndicats chrétiens, qui avaient échoué aussi longtemps qu'ils avaient essayé de cacher leurs convictions afin de s'étendre plus facilement et plus loin. Les œuvres chrétiennes ainsi concentrées non seulement sont plus bienfaisantes, et savent mieux défendre leurs adhérents, mais encore elles sont plus sérieusement armées pour la conquête. Peu à peu on se rend compte qu'elles ont une efficacité incomparable, on y entre attiré en même temps par l'estime qu'elles inspirent et par les avantages qu'elles assurent, car on a remarqué que plus elles étaient profondément catholiques, plus elles prenaient d'extension.

Les œuvres mixtes ou neutres, au contraire, se ressentent de ce qu'il y a de faux et de bâtard à leur origine. Elles manquent d'unité, et comment faire agir de concert et avec puissance des éléments radicalement divisés? La plupart du temps les catholiques, en minorité, sont dupes, n'exercent aucune influence, se trouvent noyés dans une majorité qui décide do tout et qui, en réalité, imprime une direction conforme k ses idées, à ses sentiments et à ses

intérêts. Les croyants, désireux de participer aux bénéfices des associations dont ils sont membres, sont obligés de renoncer en tout ou en partie à leurs convictions. Ils sont obligés de favoriser des systèmes pour eux inacceptables, de consentir à des compromis que leur conscience ne saurait approuver. Leur foi même est souvent exposée, car ils subissent presque fatalement l'influence du milieu, et à chaque instant ils cèdent un peu plus sur la question de religion. L'expérience nous apprend que, sur le terrain social et sur le terrain politique par exemple, ce mélange des croyants et des incroyants nous a presque toujours été funeste, que les individus ou les groupes catholiques mêlés aux socialistes, aux protestants, aux partis non chrétiens, ont presque toujours fini par verser à des degrés divers dans les idées propres à ces partis; et surtout s'il s'agit de politique, ils n'ont pas tardé à s'éloigner de nous pour se rapprocher de nos adversaires, et nous trahir. Voilà, messieurs, quelques-uns des motifs que j'invoque pour vous répéter qu'en principe les croyants doivent faire leurs œuvres à part, et que nos institutions ont tout à gagner à être loyalement confessionnelles.

Dans l'ordre pratique il ne m'appartient pas d'apporter ici des précisions, ni de me prononcer sur des

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questions contingentes qui relèvent de nos chefs. C'est à ceux-ci de juger dans quelle mesure les circonstances nous obligent à des alliances nécessaires. Les choses humaines sont complexes, la loi souffre des exceptions, le mieux est quelquefois ennemi du bien : ce qui présente des inconvénients dans un pays où l'intolérance est à l'ordre du jour, peut offrir des avantages dans les contrées où l'esprit de tolérance s'est développé. Les faits ne nous laissent pas toujours la liberté de faire ce que nous voudrions, et le domaine du possible n'est pas aussi vaste que celui de l'idéal.

Qu'il me suffise d'exposer quelques idées dont il convient de tenir compte dans nos relations d'œuvres avec les personnes ou les groupes étrangers à l'Église.

Je dirai donc, à la suite d'un de nos évêques, que nos groupes catholiques, nos syndicats, nos comités peuvent « coopérer à l'occasion avec les dissidents dans le but de réaliser avec eux un bien réel, d'obtenir certaines réformes, de corriger certains abus » (1). S'il s'agit de combattre la licence des rues qui nuit tant à la moralité publique, le lléau de la dépopulation, signe de décadence, de corruption et qui met en un danger mortel l'avenir de notre race et de notre pays, l'alcoolisme qui abrutit l'homme, ruine les familles et les jette

(1) Mandement de Mv Sévin, Carême 1912.

dans une noire et honteuse misère, s'il s'agit de mettre fin à des exploitations que la justice condamne, de faire aboutir une loi de sage liberté et de raisonnable progrès, il est évident que nous avons le droit de nous unir à ceux qui poursuivent le même but. Grâce à ces heureuses coalitions qui se sont produites tout naturellement, on a vu aboutir de bienfaisantes réformes comme celles qui touchaient au repos hebdomadaire, à la durée du travail, on a réussi à introduire dans certaines lois tyranniques au premier chef des amendements qui les rendaient un peu moins vexatoires, on a fini par réveiller dans l'opinion des sentiments de patriotisme, de fierté nationale qui menaçaient de s'éteindre au souffle malsain du faux pacifisme, de l'humanitarisme aveugle et de l'anarchie. C'est d'instinct que tous les hommes droits, que tous les honnêtes gens se tendent la main pour prévenir des calamités qui ruineraient les sociétés.

Mais j'ajouterai, après le prélat cité tout à l'heure, que ces alliances de circonstance ne doivent point être des fusions où nous serions absorbés, où nous perdrions notre indépendance et avec notre indépendance notre force et nos avantages. « Nous existerons séparément, nous combattrons ensemble », aussi souvent, aussi longtemps que l'exigera la cause du bien en jeu. « Nous ne cesserons pas de rester nous-mêmes, de demeurer

autonomes, de garder notre organisation et notre programme », de chercher la réalisation de l'idéal chrétien seul capable d'établir sur la terre l'ordre le plus parfait.

Il est évident que, dans ces pactes avoués ou explicites, nous ne renoncerons pas à des droits qu'il ne nous est pas permis de sacrifier, que, nous entendant sur un point, nous ne nous engagerons pas sur un autre où la paix ne serait possible qu'au détriment d'intérêts essentiels; il est évident qu'accepter le minimum possible à un moment n'est pas s'interdire de revendiquer la teneur totale du droit imprescriptible de l'Eglise. Ainsi, il a été permis à nos hommes politiques de voter avec leurs adversaires qui réclamaient pour les écoles le respect de la neutralité inscrite dans la loi. Mais les nôtres eussent manqué à leur devoir s'ils avaient considéré le respect <le la neutralité comme le terme de leurs efforts, s'ils avaient renoncé au droit inaliénable que nous avons de bâtir des écoles libres où la doctrine catholique sera enseignée ouvertement et ollicielloment, s'ils avaient renoncé à cet autre droit non moins certain, que nous possédons et qu'on ne peut nous refuser sans injustice, d'obtenir pournos maisons d'éducation la part du trésor public qui leur revient. Il leur a été permis d'accepter les articles do loi qui accordaient à de pauvres religieuses des pensions prélevées sur les biens dont on les a dépouil-

lées,non de regarder comme liquidées des situations contre lesquelles la justice ne cessera pas de protester. Il leur a été permis de s'associer aux mesures prises pour prévenir la confiscation des Eglises ou pour en empêcher la dégradation et la ruine, non de regarder comme abolie la liberté que la société chrétienne a de posséder en propre. Il leur a été permis de travailler de cancert avec les dissidents en vue d'établir le droit qu'ont les ministres de la religion d'organiser le culte comme ils l'entendent, non d'entrer dans l'idée qui représente la religion comme une affaire privée et de consacrer par la loi le principe qui nous interdit de manifester publiquement et collectivement nos sentiments de foi. Nos adversaires sont habiles : pour nous tromper et pour nous ravir peu à peu tous nos droits ils essaient d'obtenir que nous en abdiquions quelquesuns, que nous gardions le silence sur d'autres. A cette condition, ils promettent d'user avec nous de quelque tolérance, de fermer les yeux en quelques occasions, de ménager une œuvre particulière qui nous est chère. En réalité, plus nous cédons, plus ils se montrent audacieux et plus ils nous enchaînent étroitement. Leur tactique est connue, nous en avons assez souffert, nous serions vraiment trop naïfs, après tant de douloureuses expériences, de nous abandonner à leur bonne volonté et de compter sur eux pour nous protéger. Quand ils font le bien, ne leur ménageons pas notre appui, mais

ne poussons pas plus loin notre concours. Pour nous concilier leur bienveillance et pour nous assurer quelque léger avantage, ne consentons pas à favoriser des plans qui ne se réaliseront pas sans offenser la justice. Quand même en échange de nos services on nous promettrait quelque bénéfice, dès que, pour rendre ces services, il faut collaborer à une œuvre mauvaise en soi, nous sommes tenus de nous récuser. La fin ne justifie pas les moyens. Dans les sphères politiques la conscience s'obscurcit facilement, et le sens moral ne se sent pas toujours à sa place. L'histoire sera sévère pour des hommes qui, sous prétexte de désarmer leurs adversaires, n'ont pas craint de collaborer à des œuvres aussi contraires à l'intérêt religieux qu'à l'intérêt national. Devenus complices de projets qui ont abouti grâce ii leur coopération, ils porteront la responsabilité du mal qui en est résulté. S'ils avaient été plus fiers, plus prévoyants, plus franchement chrétiens, ils ne seraient pas 'ombés dans le piège, ils n'auraient pas perdu notre 'onfiance et leur nom eût passé plus pur à la postérité.

Messieurs, quelques leçons se dégagent de l'instruction que vous venez d'entendre. La première est que vous devez être catholiques dans toutes vos œuvres comme vous l'êtes dans votre cœur, que tous vos actes doivent porter le sceau de votre religion, que votre foi est tenue de se faire respecter

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même quand vous travaillez avec des hommes étrangers à vos convictions. La seconde, c'est que les groupements qui vous conviennent sont des groupements catholiques. Et ne confondez pas avec ces groupements de vagues ligues, formées au nom d'un christianisme qui ne s'accorde point avec le nôtre et qui en réalité poursuit un but hostile au nôtre. Rappelez-vous que les saints ont été par excellence les bienfaiteurs de l'humanité et qu'ils ont dû à leur religion la puissance incomparable de leur activité. Une troisième leçon s'impose à nous en vertu même des principes que nous avons expliqués, c'est que les catholiques sont obligés de s"unir fortement et unanimement. Et ils sont tenus de s'unir, sans distinction d'opinions politiques ou sociales, sur le terrain des œuvres nécessaires. Que ces œuvres essentielles, comme celles qui favorisent la création et le développement des écoles chrétiennes, comme celles qui défendent la liberté du culte extérieur, la liberté de l'enseignement, la liberté des associations religieuses, le droit pour l'Église de posséder en nropre, que ces œuvres essentielles, dis-je, s'étendent, prospèrent, un bien immense sera réalisé et bien des situations douloureuses, fatales seront changées. Les institutions, qui méritent notre sympathie et notre dévouement parce qu'elles portent un incontestable caractère de perfection et d'utilité, sont innombrables; à quoi bon nous dépenser au service d'entreprises

neutres ou suspectes? Soye;z en sûrs, les œuvres nettement marquées du signe de Dieu sont appelés non seulement à sauvegarder le bien qui existe, mais encore à faire revivre celui qui n'existe plus, non seulement à maintenir la foi chez ceux qui croient, mais encore à la propager chez ceux qui ne croient pas, non seulement à soulager les misères individuelles, mais encore à redresser l'ordre politique et social. Les chrétiens unis disposeraient d'une force incomparable, la grâce qui les anime leur inspirerait une ardeur et un dévouement surhumains qui triompheraient de tous les obstacles : en restaurant la société dans le Christ, ils rendraient au monde toute la paix, toute l'unité, toute la prospérité spirituelle et temporelle dont il est susceptible. Ainsi soit-il.

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