PASSION DE N.-S. JÉSUS-CHRIST
LA eHARITÉ. — II — 17.
SOMMAIRE
'C'est au Calvaire que se lève le soleil de la miséricorde, au Calvaire que le Christ répand à pleines mains le pardon. Circonstances émouvantes dans lesquelles Jésus offre son pardon,, A qui l'offre-t-il? A quelle heure l'olïre-t-il? Que vaut ce pardon ? p. 263-264.
1. a) Jésus offre son pardon à saint Jean et aux apôtres qui l'ont abandonné, à saint Pierre qui l'a renié, à la multitude qui pèche par faiblesse, non par malice, p. i' 64-265.
b) Son pardon s'étend plus loin. Ce qu'étaient les Pharisiens et leurs complices. Leurs procédés abominables vis-à-vis de Jésus. Leur dureté, leur cruauté, leur acharnement. Paroles sévères que leur avait adressées Jésus pendant son ministère. Jésus pardonne à ces personnages indignes. En demandant pour eux le pardon, Jésus les excuse. Ils ne savent pas ce qu'ils font. Difficulté d'accepter la raison invoquée par Jésus. Elle est juste cependant, car l'homme, si conscient qu'il soit, ne sait jamais totalement ce qu'il fait, p. 2615-268.
2. a) Le pardon de Jé^us est d'autant plus admirable que lui-même est innocent. Son exemple nous oblige deux fois à pardonner, et il nous console, car s'il pardonne si largement à des hommes foncièrement pervertis, sa bonté accueillera avec empressement ceux qui succombent par infirmité, p. 268-269.
b) La générosité de Jésus est d'autant plus admirable que ses ennemis repousseront les avances de sa miséricorde. L'orgueil n'accepte point le pardon, car ce serait se condamner lui-même. Attitude ironique des Pharisiens pendant la prière de Jésus. Jésus n'en continue pas moins de prier pour eux pour nous apprendre d'abord que notre bonté doit l'emporter sur la méchanceté de nos ennemis, ensuite que si sa miséricorde se propose à ceux qui la refusent avec mépris, à plus forte raison se répandra-t-elle sur ceux qui l'implorent avec humilité, p. 270-271.
A quelle heure Jésus-Cbrist oft're-t-il son pardon?
A l'heure même où il est mortellement offeii-é.
a) Difficulté que nous avons de pardonner immédiatement, de ne pas répondre aux coups par des coups, aux injures par des injures, de réprimer le premier mouvement qui nousporle à la vengeance, p. 271-272.
6) JésO, maître absolu de son âme, traite avec bonté Judas au moment où Judas le trahit, et saint Pierre au moment où saint Pierre achève de le renier. Au Calvaire, le spectacle est encore plus étonnant. C'est au moment où ses ennemis le torturent do loutes façons, au moment où leurs traits le frappent de tout près qu'il sollicite la miséricorde de son Père, p. 272-273.
c) Plus on s'acharne contre lui et plus il s'interdit toute rancune, toute colère, toute menace. Le torrent de la haine est moins large et moins profond que le fleuve du pardon. Inoubliable leçon où Jésus nous apprend à ne pas laisser une minute l'esprit de vengeance envahir notre âme, p. 273-274.
Que vaut le pardon de Jésus ?
•i. C'est un pardon total. Jésus ne mêle aucun reproche, ni aucune récrimination, à la manifestation de sa pitié. Jamais il ne fera une allusion aux fautes de Madeleine, de Pierre, du bon larron, p. 275-276.
2. C'est un pardon total, car Jésus ne se contente pas de proposer aux coupables la rémission de leurs fautes, il prie et il expie pour eux, p. 27G-277.
3. C'est un pardon total, car Jésus-Christ rend à ceux qui l'ont offensé leurs privilèges, et il les comble de ses dons. Il confirme les apôtres dans leur vocation, Pierre dans sa dignité de chef de l'Eglise. 11 accorde à Madeleine toutes les grâces, il traite le bon larron comme un compagnon, comme un Hmi, comme un frère et le garde pour toujours dans son intimité, p. 277-278.
*•■ C'est un pardon total, car c'est le pardon de Dieu. Le parrron des hommes sans celui de Dieu est stérile, le pardon
de Dieu nous suffit. Raisons de cette doctrine. Mais le Père ratifie le pardon de Jésus. A quelle profondeur cet insigne pardon nous régénère et efface les traces des pires souillures. Fière entrée de Madeleine et du bon larron au ciel, p. 278-279.
Nos fautes pèsent lourdement sur nos consciences. Le Christ a confié au prêtre le soin de nous délivrer, ue soyons ni parmi ceux qui désespèrent, ni parmi ceux qui détournent la tête et qui ricanent pour échapper à la bénédiction, mais parmi ceux qui pleurent et qui implorent la miséricorde.
Nous devons pardonner, ce devoir nous coûte. Au Calvaire nous trouvons un modèle, nous y trouverons aussi la force dont nous avons besoin pour pardonner totalement aux autres, p. 279-280.