LÀ PRESOMPTION
SOMMAIRE
La voie droite est tracée entre des écucils, l'espérance côtoie deux abîmes : le désespoir et la présoiiiplion.
La présomption sous ses diverses formes blesse l'espérance et offense gravement Dieu. p. 1S7-158.
La présomption heurte moins manifestement et moins violemment l'espérance que ne le fait le désespoir. Elle la heurte cependant. On peut la déiinir : un mouvement désordonné de la volonté par lequel l'homme a la prétention d'atteindre un but qui dépasse ses forces, p. 158-159.
Elle se présente sous deux formes principales.
1. — Sous sa première forme, elle nous pousse à vouloir saisir la béatitude en nous appuyant uniquement sur les énergies de la nature. C'est la présomption des anges déchus, d'Eve, des Pélagicns, etc. Elle est contraire d'abord à la magnanimité, elle est contraire aussi à l'espérance à laiiueile elle enlève son véritable appui, p. L'iO-lOl.
2. — La seconde forme de la présomption est plus grave, plus dangereuse, plus directement hostile à l'espérance: c'est la présomption des Luthériens qui se flattent d'obtenir le pardon sans se repentir et le ciel sans l'avoir mérité. G est aussi la présompliou de beaucoup de Chrétiens. Développe ment de cette pensée, p. lôllGi.
Cetlc présomption blesse l'espérance, vertu théologale, (pii en cherchant le bonheur doit se conformer aux lois dictées |)ar Dieu. Ces lois exigent a) (jue sous rintluence de sa grâce nous nous repentions pour obtenir le pardon, alors que le présomptueux compte sur le pardon sans pleurer ses fautes, p. 10» 1G5.
h) Que nous m(';riti(ins le bonheur par nos bonnes (euvres, alors (jue le présomptueux se croit sur du bonheur en s'abs-
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tenant des bonnes œuvres et en s éternisant dans le mal, p. 165-166.
c) Que nous considérions la béatitude comme un but d'acquisition diflicile, alors que le présomptueux pense arriver au ciel sans eiïort, p. 163.
d) Que nous mêlions la crainte à l'espérance, alors que le présomptueux se jette dans tous les hasards avec une COQliance qui n'a d'égale que sa fausse sécurité, p. 166-167.
Le présomptueux offense Dieu.
1. — Lorsqu'il s'appuie sur ses seules forces pour arriver à la béatitude, il empiète sur les droits de Dieu, Dieu s'est réservé le soin de conduire ses créatures à leur fin, comme il s'est réservé le soin de leur donner un comaiencement; nul ne tentera de lui enlever ce privilège sans essayer de lui ravir sa qualité d'agent suprême. Jaloux de cette royauté Dieu se vengera en abandonnant à leurs seules ressources les êtres dont l'insolence n'est dépassée que par leur faiblesse. Echecs lamentables de ces êtres présomptueux, p. 167-169.
2. — Lorsqu'il tombe dans la seconde présomption, l'homme offense Dieu.
a) Eu diminuant sa puissance. Comment la puissance de Dieu, manifestée par l'ordre qu'il suit, est mutilée par l'ordre que le présomptueux veut imposer aux choses. Comment la puissance de Dieu est plus éclatante lorsque Dieu nous communique le pouvoir et le devoir de coopérer à son œuvre, p. 169-172.
6) En dénaturant sa bonté, en abusant de sa miséricorde. Le présomptueux s'imagine que Dieu est tellement bon qu'il est insensible au mal. Il ne rétléchit pas que Dieu, parce qu'il est essentiellement bon, est essenliellement ennemi du mal; (pi'il lu^ pourrait pas pardonner à qui ne se repent pas sans pactiser avec le mal et sans tomber dans la faiblesse ((ul est une bonté déliquescente et dégénérée; que plus un être est bon, plus on est coupable d'abuser de sa bonté, pour l'ofïenser. p. 172-174.
c) Le présomptueux est en opposition violente avec Jésus- Christ. Contraste entre le labeur du Christ qui sauve le monde par un sacrifice sanglant et la prétention du présom]itueux ([ui veut se sauver sans effort et sans peine, p. 17 't.
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d) Combien la justice de Dieu souffrirait si le présomptueux avait le droit de triompher, p. 174 177.
La doctrine de l'espérance nous oblige à marcher entre deux extrêmes. Sagesse de celte doctrine qui sauvegarde en même temps les droits de Dieu et la dignité de l'iiomme, p. 177-179.