‹ Exposition de tableaux à la plumeChapitre 45 sur 81 · SCENE ENFANTINE · texte numérisé non relu

SCENE ENFANTINE

TOTO, 7 ans.

NÉNÉ, 6 ans.

Dans le jardin du Luxembourg, trois heures du soirs. Les mamans des jeunes Toto et Néné causent, tout en faisant, l'une du crochet, l'autre de la tapisserie. Elles surveillent du regard leurs moutards, qui jouent avec des seaux et des pelles à faire des pâtés avec du sable. Tous deux sont assis par terre.

Toto. — Tu vois, moi je fais bien des beaux pâtés !

Néné. — Vi î

Toto. — Toi, tu sais pas.

Néné. — Oh! si ! Tiens, tu vois ?

Toto, flanquant un coup du manche de sa pelle dans la pâté. — Il est pas solide, tiens !

Néné, pleurnichant. — Ah ! t'es pas gentil !

Toto. — Pleure pas, j' vais t'en faire un beau joli.

Néné. — J'aime mieux l' mien !

Toto. — Mais pis que je l'ai cassé. t tu peux pus l'avoir.

Néné. — Z' vais en faire un aute !

Toto. — Tu sais pas.

Néné. — ■ Si, papa m'a appris.

Toto. — Ton père ? i' fait donc des pâtés ?

Néné. — Oh ! non, mon papa, i' fait pleurer maman.

Toto. — Il est donc méchant, ton papa ?

Néné. — Quéque fois, quand maman veut pas faire c' qui' veut.

Toto. — Mon papa, à moi, il est toujours gentil.

Néné. — F fait pas pleurer ta mère ?

Toto. — Jamais, jamais.

Néné. — Il est gentil alors?

Toto. — Oh! oui ! seul'ment, lui, i' pleure quéque fois.

Néné. — Tiens, pourquoi ?

Toto. — Pace que maman elle dépense beaucoup de l'argent.

Néné. — Pour t'ach'ter des belles affaires?

Toto. — Non, elle achète rien ; seul'ment elle va chez le Bon Marché, chez le Louvre, chez le Printemps; elle flâne, elle reste longtemps chez

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