‹ Exposition de tableaux à la plumeChapitre 46 sur 81 · NOS PAPAS · texte numérisé non relu

NOS PAPAS

les magasins. Alors elle rentre dîner tard ; papa il est rentré depuis longtemps, il est pas content, et alors quand maman rentre, papa ose rien lui dire, mais maman elle est de mauvaise humeur, elle dit des vilaines choses à papa ; alors il dit rien, il se retourne et pis il essuyé ses yeux avec son mouchoir. Moi jele vois etpisje disrien.

Néné. — Mon papa à moi, i' pleure jamais et pis il est avocat.

Toto. — Le mien d'papa, il est dans un ministère des Beaux-Arts ; il est sous-chef de bureau et pis il a une belle décoration violette ; et pis il écrit aussi : i' fait des belles fables qui sont en vers dans des journaux; quand je serai grand, je ferai comme mon papa.

Néné. — Moi aussi, je serai avocat, mais je ferai pas pleurer maman pace que c'est très vilain.

Toto. — Oh ! moi non plus je frai pas pleurer maman, pace que on a les yeux rouges ; et comme maman elle a des beaux yeux, je veux pas lui faire vilains.

Néné. — Et pis c'est très méchant de faire pleurer sa mère.

Toto. — Moi, j' l'aime beaucoup ; et pis j'aime aussi beaucoup mon papa, pace que il a du chagrin de voir maman qui rentre tard de chez les magasins de nouveautés.

Néné. — Moi, quand je serai grand, je ferai tout ce que maman elle voudra pour pas la faire pleurer; et alors maman elle m'aimera beaucoup et elle me donnera des sucres d'orge.

Toto. — Tu fais joliment bien de parler de sucres d'orge : c'est l'heure de goûter; tu vas te lever et on va aller demander des sous à nos mamans pour aller en acheter à la marchande.

Néné. — Oui, Toto, je veux bien ; c'est une bonne idée.

Tous les deux se lèvent péniblement et, se donnant la main, ils se dirigent vers leurs mamans, qui se content leurs chagrins respectifs.

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