TABLEAU CINÉMATOGRAPHIQUE
ROBERT D'ARBAUCOURT, 33 ans.
ROSETTE DE VALFLEURI, 25 ans.
Chez Robert. Jolie petite garçonnière toute pimpante et toute fleurie. Robert, en toilette d'intérieur, attend avec impatience la visite de l'aimée. Elle a promis et bien promis de venir vers quatre heures, et voici qu'il est quatre heures et demie. Robert est navré ! Le timbre de l'antichambre vient de retentir ; le visage de Robert exprime une joie intense. La portière se soulève, et la mignonne petite frimousse de Rosette apparaît.
Rosette. — Coucou !
Robert. — Enfin, c'est vous ! vous voici !
Rosette, entrant en coup de vent. — Oui, je suis en retard, n'est-ce pas? Et encore je ne fais que dentrer et je file.
Robert. — Gomment ? Que me dites-vous là ?
Rosette. — Oui, mon cher, je suis horrible-
ment pressée: un tas de courses à faire, de visites à rendre; est-ce que je sais ! !
Robert. — Je ne vous ai pas encore embrassée.
Rosette. — Embrassez-moi vite alors, vite vite! (Elle tend son petit bec.)
Robert, prolongeant le baiser. — Oum Oum! Ma Rosette bien-aimée ! !
Rosette. — Oh! que vous êtes long! Ne lambinez donc pas comme ça !
Robert. — Mais, mon amie chérie, voili huit jours que nous n'avons pu nous trouve] seuls un petit moment.
Rosette. — C'est une fatalité, j'en conviens, mais ça n'est vraiment pas de ma faute : les exigences de notre monde; je ne m'appartiens pas. Vous avez tout mon amour...
Robert. — Et malheureusement j'en profit* rarement.
Rosette. — Cependant, vous savez bien que je n'aime que vous.
Robert. — J'ose le croire, mais qui pourrait supposer que cela est, nous sommes si rarement ensemble ! Je voudrais vous prouver combien je vous aime. (La prenant par la taille et cherchant à V attirer à lui.) Combien je t'aime, ma Rosette chérie !
Rosette, se défendant. — Oui, mais pas au-