DARE-DARE
jourd'hui. Je suis, je vous l'ai dit, horriblement pressée. En sortant d'ici, je vais chez ma modiste, de là, j'irai chez madame Riboulin à laquelle je dois une visite depuis quinze jours. J'ai également promis à la marquise de Trèflecourt de passer chez elle ce soir; il y a séance de comité pour la vente de charité qui aura lieu samedi prochain au Continental. Je tiendrai un comptoir de cigares et cigarettes. J'aurai le plaisir de vous compter comme client. Vous m'apporterez votre obole ?
Robert. — En doutez-vous, ma tourterelle adorée?
Rosette. — Il faut donc que j'aille prendre les instructions nécessaires à mon service. Il faut également que je passe chez Virel, le bijoutier, car ce jour-là, je tiens à avoir mes diamants en bon état.
Robert. — Mon Dieu, que vous avez donc de choses à faire ! !
Rosette. — Vous en convenez vous-même. Et je dîne ce soir chez ma mère, il y a réception. Il faut que je rentre chez moi pour m'habiller ; on dîne à sept heures et demie, voilà qu'il va être cinq heures! Un baiser rapidement et je me sauve ! (Elle tend une seconde fois son joli bec, Robert y dépose un baiser, elle se lève.) Vous êtes un amour !
Robert. — Quand vous reverrai-je ?
Rosette. — A la vente de charité, samedi prochain.
Robert. — Pas avant?
Rosette. — Vous riez? Je n'ai pas une minute à moi cette semaine. (Arrivée à la porte, elle se retourne.) Ah! à propos, mon mari sait tout !
Robert, atterré. — Tout ! Quoi ?
Rosette. — Tout, je vous dis. Il est dans u état ! Il viendra vous trouver ici ce soir.
Robert, livide. — Pourquoi faire ?
Rosette. — Pour vous tuer, probablement A samedi. Ne manquez pas de venir au Gonti nental ! (Elle se sauve.)