GRAVURE ET LITHOGRAPHIE
Si lés graveurs anglais sont nos maitres pour les vignettes , nous leur sommes certainement supérieurs pour la gravure artistique j pour celle dont le but est la repn><iuctio» fidèle des œuvres de la grande peinture , de la peinture historique surtout. Les gravures anglaises ont €ntre elles un tel air de famille qu'on les croirait toutes sorties du même bu* rin. En effet , qu'il s'agîssd d'une vignette ou de rimitation d*une peinture sérieuse, toutes ont la même couleur, le même effet blanc et noir, et. souventdes têtes anglaises y sont substituées à des types sévères de l'antique.
Qu&nt à là lithographie, cet art essentiellement français, il est parvenu chez nouis, chez nous seulement, à Un tel degré de perfection, qu'il rivalise de pureté et de finesse avec les plus belles gravures, sur lesquels il a parfois l'avantage de mieux rendre la couleur et la manière d'un artiste.
M. Calamatta possède, sans. cQOtest0, le burin le plus délicat et le plus souple de notre époqu^i On peut juger do la finesse 4^ Sj^s t^lUes dfuis les trois gravures qu'il a exposées : faysai^Tûrnaim dans l'admiration, d'apr^ M. Madou (3i&3); —
*- iOS —
Soutenir delà patrie, d'aprèsM. Alf. Stevens(3154); la Cmd, d'après Guido Reni (3155).
M. PréTost est un graveur au burin vigoureux qui a cherché Teffet, la couleur, dans sa gravure de Jésvs ehex Simon le Pharisien^ d'après le tableau de Paul Yéronèse du Musée du Louvre (3263) ; mais les tailles de cette planche sont peut- être un peu lourdes.
M. martinet a un burin ferme ; il est ami de la couleur, comme l'atteste Tépreuve exposée sous le numéro 3229 : Les Derniers honneurs rendus aux comtes d'Egmont et de Horn, d'après M. Gailait. Cette planche imite parfaitement l'effet du tableau.
H. Salnion expuse le Portrait de M. Schneider, vice-président du Corps législatif , gravé d'après Paul Delaroche (3274>). Les tailles de cette planche sont fines , correctes, mais un peu froides.
M. DIen n^a qu'une gravure inscrite au livret : c'est le Portrait de M. le comte de Nieuwerkerkey membre de l'Institut, directeur général des Musées impériaux, intendant général des Beaux-Arts de la nnaison de l'Empereur ( faç simile , d'après M. Ingres) (31TT).Ce graveur a rendu avec beaucoup de finesse et une grande exactitude, le beau dessin de M. Ingres, si remarquable pour le modelé de la
tête et la ressemblance.
M. Daublsnjr , le paysagiste distingué donU nous avons parlé avec éloge dans un précédent chapitre, a exposé plusieurs gravures à Teau-forte exécutées avec Thabileté et le talent d'un excellent dessinateur. Nous citerons principalement le Buiê^ son, paysage d'après le tableau de Ruysdael, du Musée du Louvre (3175).
M. Malardot a exposé une eau-forte d'une grande vigueur de crayon : c'est un Ravin dam les Vosges (SnS).
M. Jttzet , rtiabile interprète dfis peintures de M. Horace Vernet, a reproduit, avec le charme et la fidélité habituels de son burin , trois tableaux bien connus de ce maître : Louis XV à Fontenoy (3206} ; Retour de la chasse ai^ lions (52Û7) ; Trappiste er^prières (3208).
M. Lassalle (Emile) expose les deux plus belles et les deux [4us importantes lithographies du Salon i^Médée poursuivie, diaprés Eugène Delacroix (3331), et Fqust au m&ôa^, d'après M. À. Scheffer (333^); La première de ces; deux lithographies est d'un efiet de lumière si puissant, d'un crayon si large, si moelleux, qu'elle plaît plus que le tableau.
M. Sndre est le traducteur des compositions de M. Ingres ; il a reproduit presque toutes les peintures de ce maître. Son dessin correct, son crayon fin
- lOT -
mais un peu monotone de ton, convenaient bien à* ïa couleur froide et grise de M. Ingres. Peu de lithographies ont un fini aussi délicat que les deux épreuves exposée^ paf ){. Suc(r^ ; Tète d*étude , d'après un dessin de Léonard de Vinci, de la collection du Louvre (5330), et la Mu&e de la Mmique^ d'après M. Ingres (3381). /
M. Moël est un dessinateur d'un grand talent ; il a le crayon très facile, ainsi que nous le prouve sa lithographie du Portrait deS.E.M.À, Fould, ministre d* Etat et delà maison de TEmpereur, d'après M. Larivière (9339), et les trois autres diaprés les peintures de MM. Jalabert et Winterhalter.
jyf. ^."H« f landrln a reproduit en lithographie quelques fragments des peintures faites par lui à i'égiise Saint- Vincent-de-Paule (3314). La lithographie a cet avantage, c'est que tout artiste qui sait dessiner peut, en se copiant sur la pierre, conserver à ses compositions le sentiment et la forme. C'est là le cachet qui distingue Tépreuve exposée' par M. Flandrin.
M- €<|i»i^fB a également dessiné lui-même sur la pierre son tableau ; un Pilori (331?), qu'une autre main n'aurait pu reproduire avec ce senti notent et cette vigueur de coloris.