‹ Exposition des Beaux-Arts. Salon de 1861Chapitre 10 sur 13 · ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE

MM. Boileaa père et fils, Ledeschault, Dominique, Mailay, Lisch, Etex, Hénard, Devrez. — Un mot sur le Catalogué. — MM. Huguenet et Guillaumot.

La galerie d'architecture compte quelquefois un ou deux membres de l'Institut parmi ses exposants ; cette rare faveur lui fait encore défaut au Salon de 1861. Nous espérions y voir figurer quelques projets des nouvelles églises confiées à M. Victor Baltard, Thabile architecte de la ville de Paris ; mais ses nombreux travaux Tauront empêché d'être prêt pour l'ouverture de l'Exposition.

Les projets de monuments religieux sont en majo-

rité cette année. Le Projet d'Eglise construite en métal et en maçonnerie^ par MM. Boileau père et fils, offre un monument dont le style n'est ni ogival ni roman, et dont la dimension ramassée manque d'élégance et de caractère. Nous préférons les plans que M. Ledeschault propose pour Une Eglise de chef-lieu d'arrondissement^ composition qui, sans être d'un style trèspur, a un caractère monumental et élégant.

Nous voyons avec plaisir nos architectes étudier sérieusement la restauration des précieux monuments qui couvrent le sol de la France, et que l'administration doit chercher à conserver dans l'intérêt de l'art et de notre gloire nationale. Le Projet de restauration de i église de Saint-Etienne de Nevers, délicieux monument du vu" siècle et rebâti en 1063, est étudié avec une science qui fait honneur à l'auteur, M. Dominique. Sauf les peintures décoratives qui ne sont point dans le style du monument, nous n'aurions que des éloges à donner à son Projet de restauration et d'achèvement de l'église de Notre-Dame-du-Port^ à Clermont-Ferrand, Enfin, M. Lisch se montre homme de goût et archéologue dans son Projet de restauration de la cathédrale de Luçon.

Nous rencontrons ici plusieurs projets d'Opéra que nous avons vus lors du concours ouvert il y a quelques mois, et siu* lesquels nous nous sommes déjà prononcé. Seulement, à l'occasion du Projet d'Opéra^ à l'huile, exposé par M. £tex,nous renouvellerons notre demande qu'un artiste ne soit exempté du jury que pour l'art spécial dans lequel il a obtenu ses récompenses.

Si le Projet cTOpéra de M. Hénard laisse beaucoup

à désirer, malgré les qualités qu'il reuferme, son Projet d^ hôtel à Paris ne mérite que des louanges.

C'est un type des plus purs et des plus élégants de Tarchitecture de notre époque. Les dessins de M. De^ yrez, Je plus laborieux des exposants, méritent une mention toute particulière. Ses études d'architecture des XV*, XYi* et xvn^ siècles sont de précieux spécimens de Part national à ses plus belles époques. L'exposition de cet architecte se compose de : l"" Projet de restauration de l'hAtel des Finances , à Rouen , XVI* siècle ; — 2* Maison de la Tuile, xV» siècle ; — 3* Maison dans la rue de la Grosse-Horloge, xvi* siècle ; — 4* Maison rue Malpain, xvi* siècle ; — 5"* Restes de Tabbaye Saint- Amand , xv^ siècle ; — 6"* Maison rue du Bac, xvir siècle ; — T Maison rue Vieille- Peignerie, xv« siècle; — 8* Maison rue des Troi&r Maillets, xv* siècle ; — 9** Maison rue Bourgogne (démolie), XVI* siècle ; — 10** Maison rue de la Charpenterie, xvn* siècle.

Terminons ces quelques mots sur l'architecture par une observation à l'adresse de MM. les rédacteurs du Catalogue.

Jusqu'au Salon de 1847, les gravures et les lithographies reproduisant des monuments ou des fragments de monuments avaient toujours été cataloguées avec les autres gravures et lithographies. C'est au livret de 1850 que, pour la première fois, on a commencé à considérer les graveurs et les lithographes d'architecture comme étant des architectes, et h ins-

crire leurs estampes panni les plans d'architecture. Dans notre Revue du Salon de 1853 et notre Revue de V Exposition univenelleeni^^^ nous nous sommes récrié contre cette anomalie, et les rédacteurs du Catalogue ont compris que lorsque M. HuguenetetM. Guillaumot exposent des gravures du dôme des Invalides, ce n'est pas Tarchitecte Mansard qui envoie ses plans à l'Exposition d'architecture, mais hien les graveurs Huguenet et GuiUaumot, qui présentent, non pas Tarchitecture, mais le travail àe leur hurin à l'appréciation des connaisseurs. Aussi, au livret de l'Exposition de 1857, les graveurs et lithographes n'ont plus été

confondus avec les architectes ; on les a placés, à la suite de l'architecture, sous ce titre très-peu correct que le dictionnaire de l'Académie ne sanctionnera certainement pas : Architecture^ Gravure... Architecture, Lithographie. Est-ce bien à la suite de Tarcliitecture que ce genre de gravure doit être classé ? La place toute naturelle des graveurs et des lithographes qui se sont voués à la reproduction des édifices n'est-elle pas à la suite des graveurs et des lithographes de ' figures et de paysages ? Cette question, nous la soumettons humblement, et pour la troisième fois, à qui de droit. *

Page 1