‹ Exposition des Beaux-Arts. Salon de 1861Chapitre 5 sur 13 · NATURE MORTE · texte numérisé non relu

NATURE MORTE

MM. Meissonnier, Curzon, Chaplin, M"* H. Browne, MM.* Hamon, J. Breton , Brion, Marchai, Portevin, Zo, ,Biard, Roehn, Toulmouche, Vetter, Paul FlBodrin, H. Flandrln, Français, Desjobert, Belly, Knyff, Bandit, Daubigny, Basson, Bernier,M"® Louise Pavid, MM. Harpignies, Courbet, Abel, A. Bonheur. d'Haussy, M"« Lescuyer, MM. Hu-

• ber, Courbet, Dauzats, Ziem, Gudin, DesgoTTe, Rousseau, Valadon, Michelez, M"* Bohly*, MM. Plassan, Clore, Hédouin, M^^** Lina de WeHer, MM. Sain, Léonard, Jadin,

. JBalloroy, Le Poitevin.

Depuis Touverture de rE^osition , nous attendons avec la plus vive impatienffe la Bataille de Solférino, * commandée à M. Meissonnier él portée au catalogue * sous le n** 2il84. Voilà que nous arrivons à la fin de .l'Exposition, et ce Solférino en miniature ne paraît pas^ Cette grande composition, d'une microscopique* étendue, n'est-elle point terminée ou Tartisle auraitil renoncé à là montrer au public? Espérons que noii, et qu'avant la fermeture nous pourrons admirer cette

toile ou plutôt ce bijonx officiel. Pour le moment, la foule entoure les cinq petits chefs-d'œuvre que M/ • Meissonnier a au Salon. Plaçons aji premier rang le Musicieriy donf le mouvement si difficile à ipndre est si parfaitement exprimé ; puis, le Peintre à son Chevalet, entouré de visiteurs qui llobsëdent, composition pleine de goût, d'esprit et de finesse; quant au Mare' chal'Ferrant , c'est une infiniment petite toile peinte

avec une délicatesse exiréme, mais d'un effet de lu-

miëre trop égale qui jette de la monotonie dans le coloris. Nous lui préférons les ravissants portraits de M. Louis Fould et de Madame H. P.

n y a deux ans, nous exprimions le désir de voir M. Curzon se livrer à la grande peinture et y développer les belles qualités de son talent. Nous craignons • .que ses succès, dans un certain monde, n'arrêtent sa marche vers une voie plus difficile, mais -plus élevée et plus glorieuse. Il semble que cet artiste vise à seduire, qu'il cherche l'agréable, le joli plutôt que l'élévation du style et de la pensée, et la' sévère beauté des formes. Au fond des Bois est une charmante et spirituelle composition qui rappelle Mignard, mais elle est d'un ton un peu blafard. Le coloris de Ecco Fiori, souvenir des bouquetières âe Naples, est plus vigou-

reux, plus joli. M. Curzon réussit également le paysage; aussi le mêle-t*l souvent à ses compositions.

Un peintre que la vogue' des salons grise et égare, C'est M. Chaplin, qui, s'il n'y prend garde, arrivera à faire de la peinture qui ressemblera à des aquarelles anglaises. Ce peintre a la fraîcheur et la grâce de

Boucher, mais sa touche est moins ferme, son dessin moins arrêté. Ces qualités et ces défauts se rencontrent dans les trôifi portraits qu'il a exposés. » MadaiSe Henriette Browne, Tauteur des Sœurs de Charité y tableau que tout le monde a adniiré au Salon de 1859, compte, au Salon actuel, cinq toiles qui semblent accuser deux manières de faire différentes, yune de ces toiles porte la date de 1860; c'est le magnifique portrait dont nous avons fait Téloge dans le précédent chapitre; il est vigoureusement peint, largement ^touché comme Tétaient, il y a deux ans, les ouvrages exposés par Mme H. Browne. Les quatre autres toiles de cette artiste sent d'un ton généralement froid, un peu blafard, d'un faire vague,'mou, qui diffèrent entièrement des peintures de 1859 « et du Portrait de M. le. baron de S, que personne n'attribuerait à l'auteur de ia Visite {intérieur d'un hqrem)^ de la Joueuse de flûte et de la Femme d^Eleusis. Ce change-

ment dans l'exécution est-il un simple essai ? Ce ton blafard et froid est-ce le ton loqal de la contrée visitée et reproduite par l'éminente artiste ? Nous ne savons, mais ce que nous craignons^ c'est qu'un talent qui a toutes les sympathies ne jse fourvoie en cherchant une route nouvelle. •

C'est là ce qui était arrivé à M. Louis Hamon, et l'on se souvient de son exposition de 1859. Mais aujourd'hui il se venge de cet échec avec une série de charmantes compositions, où il Se montre plus coloriste que par le passé, et non moins dessinateur, non moins gracieux et spirituel qu'autrefois. Son Escamo-

teur est une conception aussi profonde qne spiritnelle, rendue avec une naïveté pleine de finesse. C'est Tœuvre d'un esprit observateur et philosophique. La scène est traitée d'une manière originale ; l'escamoteur et sa femme sont des types vrais, saisis sur nos places publiques. Les enfants qui forment encore le cercle» et

les miénagères qui, après s'être amusées dçs lazzis

de cethomqie, s'éloignent peur éviter de donner àJa quête , sont des physionomies jolies et variées. Bien de plus pittoresque qu^'accoutrement et de plus naturel que la pose et le mouvement de la fem&e de l'escamoteur eii voyant fuir la foule des spectateurs vers laquelle elle s'avançait pour #quêter. C'est le Qmrt-i heure de Rabelais , comme 1^ dit le sous-titre de oe taUeau.

Jtf . Aies Breton ^aime la poésie des champs ; ses compositions et le ton dt ses tableaux ont un profond sentiment de mélancolie qiif plaît et fait rêver. Cependant, son exposition, malgré son mérite, nous parait moms heureuse que celle de i859. Dans son tableau intitulé le Soir, la femme assise sur le premier plan^ entièrement plongée dans la rêverie , alors que ses compagnes regagnent sans elle le vUlage , est beaucoup trop grande par rapport aux autres figures. Nous préférons du même auteur les Sarcleuses' et le Colza j dont l'eSèt de lumière est plps vrai, plus harmonieux. Peut-être l'artiste a-t-il un* peu trop* visé au style dani la pose qu'il a donnée à la cribleuse, qui tient son tamis avec une majesté plus connue au théâtre qu'au hameau. L'Incendie est peint avec talent ;

mais on sent que ces sortes de sujets conviennent moind à M. J. Breton qi\e les scènes paisibles, que les simples et tendres élégies des ehamps reproduites aux mystérieuses clartés du crépuscule.

La vie champêtre a beaucoup d'attraits et trouve d!hèureuses inspirations parmi les peintres de l'école moderne.' Après M. Jules Breton vient M. Brion, qui exf^lore de préférence les 'provinces de l'Msace. Une

'^Noce en Alsace^ le Repas de Noce {Alsace) et le Bénédicité {Alsace) sont, pour ceux ffpi ont visité ces opntrées , des scènes d'une vérité complète comme t]g;)es, coinme mœurs, comme costume et comme .couleur locale. Ce peintft de genre a fait preuve de talent

• dans uiîe page historique tout à fait en dehors de ses habitudes : le Siège d'une mile' par les Romains^ mts /. César {Batterie de balistes et catapultes)'. Puisque not» sommes en Alsace, signalons eifcore une scène rendue avec un talent incontestable* par M. C.-F. Marchai*:

. c'est un Intérieur de^Cabàret, un jour de fête, chez les paysans protestants du canton de Bouxwiller {Bas^Rhin). Avant de quitter les bords du Rhin, arrêtons-nous devant ces Paysans badois se rendant au marché de Radstadt, On BLÏme à revoir, même en peinture, .les pays qu'on a souvent visités, et auxquels tant de souvenirs de voyage nous attachent. Le peintre a bien saisi la couleur locale : voilà l'entrée de cette ville avec ^ ses fortifications d'un aspect si triste ; les soldats sont sortis du poste pour voir arriver au marché les paysans des environs, les uns portant leurs prodiiits, les autres l&A conduisant à^ns des charrettes traînées par

de grands chevaux aux harnais garnis d'une multitude ^'ann^aux en cuivre. M. Portevin, Tauteûr de ce petit tableau, a groupé avec goût tous ses personnages, surtout les paysannes montées sur la charrette. Ces petites figures sont jolies ; elles ont un cachet de vérité qui indique, qu'elles ont été peintes d'après nature.

M. AchiUe Zo nous transporte sous le beau ciel de r Andalousie. Son tableau : les Gitanos du Monte-Sagrmdoy achetépour la loterie de TExposition^est d'une vigueur de coloris qui sent les maîtres de Tancienne École espagnole. S» Famille de Bohémiens en voyage est une jolie cofqposition rendue avec un sentiment sim][>le, naturel et une couleur pleine de fraîcheur et d'harmonie. Les scènes représentée^ par M. Biard se passent sous un ciel aussi chaud que celles reprodui- ' tes par M. A, Zo, mais on ne s'en douterait pas, tant Jia couleur de quelques-unes de ces toiles e^ d'un ton froid. Des dix tableaux exposés par cet artiste, nous n'en citerons que trois : d'ahorà y l'Emménagé^ ment d'Esclaves à bord d'un négrier sur la côte d'Afri" qûe<, la lAeilleurè des trois compositions au point de vue de la cpuleur et du sentiment dramatique ; puis, la Chasse aux esclaves fugitifs, scène horrible qui pous montre ces pauvres nègres se jetant dans le Niagara, •. préférant la mort à l'esclavage ; enfin, une Vente d' Esclaves dans les Etats de l'Amérique du Sud. Cet afireux trafic d'hommes est retracé avec la vérité d'une action à laquelle on a assisté.

Un peintre gui est peut-^tre , sans s'en douter » le

chef de cette école du genre gracieux si recherché, si cultivé depuis 1830, M. Roehn, dont nous avons eu ^ bien souvent l'occasion de louer les aimables et spirituelles petites compositions, M« Roehn a conservé toute la fraîcheur de son talent ; il a exposé, cette année, cinq charmants petits tableaux : la Confidence^ — Première Rêverie^ ^' Jeune Femme faitant son Por^ irait y — • la Curieme^ — • le Repos* C'est sur la route et les succès de cet artiste que se sont formés MM. Toulmouche, Vetter et tant d'autres. Le premier compte au Salon : le Premier Chagrin^ — • le Sommeil , -» la Montre j'^ le Rillety et le. seopnd, deux t^eaux seulement : la Déclaration et Remard Paliày. Ce dernier tableau a été acheté pour la loterie de l'Exposition. M. Piassan ne compte cette année que quatre ouvrages au Salon » mais ce sont quatre charmantes et gracieuses compositions, touchées avec une grande délicatesse de pinceau ; elles ont pour titre : le Repas des fiançailles y — Une Mère y -» la Visite au tiroir et la Famille. Quant *à. M. Bédouin , dont nous avons eu souvent l'occasion d'apprécier le talent ; il n'a Qxposé qu'un tableau : les Colporteurs ^pagnols , d'une couleur vigoureuse et très^harmonieuse. Le coloris de M. Clère n'est pas moins puissant; son Jeune Pâtre 'dans là campagne de Rome^ -<- sa Famille de Moissonneurs des environs de RomCj et les Femmes de Sarâcineseo à la fontaine^ sont largement peints et d'un dessin correct. Les trois petites toiles de MUe Lina de Weiler : les Orphe^ lins du Musicieny-^V Oiseau malade, et la partie d'échecs, '^it des compositions pleines de sentiment et d'one

-•^-wtm.

grande finesse de couleur. Une composition qui ne manque ni de sentiment ni d'expressîon/c'est le tableau de M. Léonard : Un Désespoir d[amour. M. Sain est coloriste ; ses. Femmes basques à la fontaine^ — sa' Jeune Fille basque allant à la fontaine, et sa Femme bas-que revenant de la fontaine, ont le ton vigoureux et le caractère sévèrede la beauté espagnole.

ArrôtoAs-nous devant une intéressante scène de famille,heureusement rendue par M. Emilio Gambogi, dans un petit tableau 'intitulé : les Trois Ages, Une grand'mère est assise ^ns un fauteuil, où elle s'est endormie en lisant le volume qu'elle tient encore à la main ; au fond, dans l'entrebâillement de la porte quelques) enfants allant entrer avec tambours et from pettes, s'arrêtent sur un signe de leur mère. Gettfi composition, ainsi qu'une autre toile {Sytppathie) du même artiste, sont remplies de charmants dëtailjs ; les poses sont naturelles et gracieuses, et le coloris d'une agréable fraîcheur. Citons encore deux autres jolis tableaux de genre, ceux de M. Persin : la Réussite et la Copie, Le dessin des figures est fin,' élégant ; elles sont peintes avec une délicatesse qui rappelle la pein ture de,M..Toiilmouche;

Il y- a deux genres de paysages, le paysage histori-' que ou paysage composé comme ceux que Poussin a laissés à notice admiration, et le paysage reproduction fidèle de la nature. Le paysage historfque, qui étai très en vogue avant 1830, a été presqu'entièremen abandonné depuis , et nous ne connaissons guère qu'un seul -artiste qui lé traite, mais qui le traite, il

« est vrai y avec «n talent . supérieur : c'est M. Paul Flandrin, dont nous* avons déjà, parlé comme peintre de portraits. Il a exposé la Fuiteen ^^^p^e^paypage gui» par la grandeur et la simplicité des lignes, rappelle ceuxduPoilssin. -

Quant aux vues, aux reproductions vraies des sites variés de la nature, c'est un genre qui a été trè$-cultivé depuis trente ans et gui est arrivé aujourd'hui à un grand'degré de perfection. En tête de ces amoureux de la nature, il faut placqr M. Français, qui dé-' taille, en vrai naturaliste, les premiers plans de ses tableaux. AuiH>rd deVEau^ ermrom d^ Paris j est une étude ravissante de finesse et de fraîcheur. Le faire de M.^Deig'obert est large, sa couleur a plus d'éclat avec autant 'de charme gue celle de M. Français. Som le$ Pommiers est le plus déHcieux paysage gui ait été acheté pour la loterie de l'Exposition; il place M. Desjohert au premier rang de nos paysagistes. M. Knyff est un charmant peintre ; son Souvenir du Lac de Cùme, acheté pour la loterie, est un trompe-l'œil, tant l'eau est trisuisparente,tant le feuillage Qst vrai. La commission de la loterie a également adieté le meiLleur des tableaux exposés par.M. Busson, VEté de la Saint-Martin (Touraine), d'une finesse de ton gui rappellera peinture de M. Français. Quant à M. Daubigny, ùpus le voyons à regret suivre la ^marche qui a perdu M. Corot.; être trop satisfait de lui et se contenter d'ébauches, de pochades où les masses sont à peine et grossièrement indignées. Sa peinture atoujoui^été voilée, mais maintenant elle menace dfs devenir inior*

'teiligible. Du reste, M. Daubigny, malgré son entourage de flatteurs, a pu s'apercevoir du peu d'impression qu'ont produit ses tableaux, gui, d'ordinaire, attiraient la foule. Un Village près de Bonnières est^le seul de ses cinq tableaux dans lequel on retrouve quelques traces du talent qu'a montré d^t artiste.

Le pinceau de M. Belly'est plus ferme, sa couleur plus solide dans sa Marche d'arabe et surtout dans le Pèlerinage à la Mecque, deux tableaux qui rangent cet artiste parmi nos bons peintres de paysages. M. Bandit, dont le tableau, le Viatique en Bretagne, a obtenu un si beau succès au Salon de 1859^ expose cette année cinq paysages très*remarquables, comme exécution et comme coloris. La Solitude en Bretagne et le Soleil couchant sur les bords du lac de Genève, sont des toiles remplies de poésie. Les paysages de M. Camille Bernier sont plus riants ; ils représentent, il est vrai, des contrées méridionales : l'Etang du Pesquiêr et les Bords du Gapeau, à Hyères (Yar), et Un Doué, près Plougastel (Finistère). Au contraire, Jes tableaux de M. Harpignies sont toujours d'un aspect xeme ; il a beau se trouver sur les bords charmants de la Loire, son œil se croit toujours sous le ciel brumeux /et humide de notre bonne Flandre^ mais ses paysages * sont étudiés, détaillés avec une conscience toute flamande.

Les paysages de MUe Louise Pavid ramènent nos peâsées vers des contrées que nous avons habitées et

où nous avons laissé d'heureux souvenirs. Nous voici

aux Environs de MvMchy puis au Lac de Tegem dans

les Alpes bavaroises , où nous nous trouvions il y a quinze ans, à pareille époque* Ces liera: sont rendu fidèlement et avec talent par Mlle Pavid, ainsi que le Torrent dans les Alpes du TyroL En fait de torrent, M. Abel Marins en représente un .'d'une nature bien sauvage, dans tm paysage qu'il intitule : VOurs et ses deux Compagnons, Cette étude est largement et vigoureusement touchée. C'est cependant un genre étranger à M. A bel, qui est. peintre d'histoire' et de portraits.

Quel beau talent que celui de M. Auguste Bonheur! il a la délicatesse de pinceau de sa sœur, Mlle Rosa Bonheur ,^ avec plus de chaleur dans le coloris et plus de fermeté dans l'exécution. Il a du Brascassat et du . Troyou , mais ce n'est ni l'an ni l'autre ; il est lui, et .les vaudra tous deux, s'il continue à produire des œuvres comme V Arrivée à ]ta Foire (Auvergne), la Rencontre de 4eux troupeaux et la Sortie du pâturage. M. dSaussy est un jeune artiste qui, depuis deux ans, a fait de grands j[)rogrès, grâce à des études continuelles d'apSs nature. Son Taureau du Votentin est étudié consciencieusement ; la robe de l'animal et le - paysage sont d'un coloris riche et vrai, qualités que * nous retrouvons dans ses Animaux , souvenirs de Normandie^ La couleur de Mlle Léonie Lescuyer a aussi de l'éclat et de l'énergie; le Passage du Gué est un charmant petit tableau plein de fraîcheur, et Tintérieur d'écurie que l'auteur intitule : V Heure du repas ^ 'est d'un effet à la Rembrandt. Le rayon de lumièrç, frappe le côté du cheval blanc, est bien rendiu.

et l'artiste, en modérant sa verve naturelle, a mis

dans ces deux ouvrages un fini qu'on lui reprochait

de trop négliger^ Un autre ii>térieur , soigneusement

peint par M. Huber, c'est V Intérieur d^une étable d'éle-

veur de veaux. Les animaux sont bien dessinés ; Tair

et la lumière circulent bien partout.

Que dire de M. Courbet? qu'il s'amoindrit à chaque

. Exposition malgré la camaraderie dont il s'entoure,

' et dont les flatteries et le mauvais goût le fourvoient

de plus en plus, bes cinq tableaux exposés, un seul

mérite quelque attention , c'est le Renard* dans la

Neige ^ acheté pour la loterie. Nous félicitons la com-

'. mission de cette «narque d'estime donnée à i:n artiste

! de talent qui ^'égare, et d'avoir prouvé ainsi qu'elle

I reste étrangère à tout système d'école comme à toute

j coterie. Quant à MM. Jadin et Balleroy, ce sont les peiatres de chiens et de chasses de notre époque. Indépendamment de ses tableaux de chas8e,M. Balleroy ' a exposé trois jolis portraits d'homme.

M. Dauzats a reproduit, avec une grande finesse de détails^ la Place de Manzanares^ et son tableau des Environs de Damas est une composition agréablement animée, qui a le cachet et la couleur du pays. Les Vues de Venise^ que M.-Ziem a réunies dans un triptyque, sont également des peintures touchées avec, une grande délicatesse et d'un coloris brillant. Mais personne ne rend la mer d'une manière plus splendide et plus vraie que M. Gudin qui a exposé cinq grandes marines, V Arrivée de la reine d'Angleterre à Ckerbourg^ei la Flotte française se rendant à Brest ^ sont

les plus remarquable? ; dans la première toile^ le soleil vient briser, avec un éclat éblouissant, ses rayons sur les flots qui ont, comme dans le second tableau, une transparence admirable, dont M. Gudin a seul le secret. Un peintre du genre maritime d'un talent bien populaire,' M. Lé Poitevin, a exposé six jolies toiles, dont deux achetées par le ministère d'Etat : les Plaisirs de Vété et le. Médecin de Campagne, deux sujets traités avec esprit et peints avec beaucoup de soin;

Les Agates, les Aiguières de M. Biaise Desgoffè sont, des trompe-l'œil qui peuvent rivaliser avec tous les chefs-d'œuvre de ce genre; nous ne connaissons rien de plus parfait , rien de plus fini. Le fini n'est pas .la qualité de M. Léon Rousseau ; son tableau de Nature morte est un peu traité en décorateur. M. Valadon s'est montré plus consciencieux dans sa nature morte intitulée : le Réchaud d'argent. Sa peinture n'est pas léchée ; cependant tout y est étudié, rendu avec vérite et une grande harmonie de couleur. Ce n'est pas l'œuvire de patience d'un trompe-l'œil; c'est mieux que cela, c'est de l'art. Jm Nature morte de M. Michelez est aussi une excellente étude, d'une grande vérité et d'une bonne couleur. Enfin, VÉtude de fleurs, de Mme Marie Bohly, se distingue par la finesse des tons et la fraîcheur du cploris. '

DESSINS. — AÛÛAIIKLLES. -^ PASTBLS. — HINUTUEIS

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