‹ Exposition des Beaux-Arts. Salon de 1861Chapitre 6 sur 13 · ET ÉMAUX · texte numérisé non relu

ET ÉMAUX

MM^Bida, P. Flandrin, Galimard, Vidal^ S. A. I. la prineesse Mathilde, MM. Eugène Lami, Giraud, Bellangé, Gris'y, €amino, Pommayrac, David, Panl^ Mme Lehaiit, HM. Faîvre-Duffer, Grisée, Lepec.

Les dessins sont ceHe année aussi nombreux et non moins remarquables qu'en 1859, et ce. sont ceux de M. Bîda qui tiennent encore le premier rang. Les dessins de cet artiste]sont d'un fini plus parfait que celui de bien des gravures, et ils ont de plus tout Te^et, tout le moelleux d'une peinture. La composition la plus importante, lapins dramatique, c'est celle qui représente le grand Condé à Rocroy , au moment où «Je jeune capitaine fait agenouiller toute l'armée sur le champ de bataille pour remercier Dieu. » Cette scène est imposante, et composée avec un art infini. -^ Le Champ de Booz à ÉethUem est une pastorale bi-

blique, pleine de poésie, d'un sentiment calme, aussi doux que le Massacre des MameluckSy autre dessin du

ma-

même auteur , est énergique et émouvant.

M. Paul Flandrin, le peintre de paysage et de portrait8,dont nous nous sommes déjà occupé plusieurs fois dans ce compte-rendu, a exposé cinq portraits dessinés avec une grande pureté. Celui du Prince Napoléon • est surtout rem.arquable pour le daractëre donné aux traits, et la simplicité, le natmrel de la pose. Le grand dessin â la sanguine, envoyé par M. Galimard, Pauteur.de Léda^ est une composition qu^ a la chasteté des formes et la sévérité, du^ dessin de Técole de Raphaël : il représente la Visitation. Nous regrettons • * ♦ ' •

que cet artiste n'ait pas exposé un très-beau dessin

qui a eu un grand succès à la suite de la guerre dltalie, la Gloire, et qui né pouvait manquer de produira beaucoup d'effet au Salon. Quant aux huit dessins de H. Vidal, ils ont toute la délicatesse, tout Tesprit que cet artiste sait mettre dans ses gracieuses productions. Notre position de critique à Tégard deâ ouvrages de

S. A. I. la princesse Mathilde, est plus embarrassante cette année qu'en 1859, car au dernier Salon nous, avioifô quelques reproches, quelques observations à faire, et nous ne pouvions, par conséquent, être ac- .cusé de flatterie. Aujourd'hui nous avons à signçiler des progrès, des qualités sérieuses qui feront crier au flatteur, ceux-là qui n'admettent pas qu'une princesse, qu'un souverain, puissent acquérir quelques talents, que la nature puisse les doter, comme bien d'autres, de capacités et de génie. Mais nous avons toujours eu

le courage de notre opinion, et nous continuerons de dire la'vérité, sans préoccupation aucuQe.

Les gifandes aguafelies de la princesse Mathilde ne ressemblent en rien aux aquarelles ordinaires ; elles ont la dimension, la Vigueur, l'éclat des peintures à rhuilé, à tel point qu'étant placées parmi les tableaux' de la salle M, nous les avons prises, nous-mêmes, pour des toiles. Qu'op juge alors combien de visiteurs, non artistes, ont. dû s'y méprendre. Son Altesse Impériale est coloriste, et son goût naturel la porte de préférence vers les écoles espagnoles et Ûamaiidés. Mais qu'elle copie Rubens ou Murillo ou qu'eUe fasse le portrait d'après nature, sa couleur est toujours riche, * puissante, son pinceau large et franc. Ainsi son Por* trait de Mme de F. et sa Fellah^ sont d'un ton aussi chaud, aussi vigoureux que le Portrait^ d'après MnriUo, et que le baron de Vicfcy d'après Rubens. • M. Eugène Lami continue à interpréter, avec son joli talent d'aquarelliste, les oeuVres de notre charmant poète. Al&ed de Musset. Il a exposé dix aquarelles d'une grande finesse de ton, et composées avec esprit. Son Escalier de marbre de Versaillety en 1740, est un véritable' tableau plein de mouvement et d'éclat. Le général Mêllinetà Ponte^Nuovo di Magenta est éga- . lement une composition remplie de mouvement et de types au caractère énergique. Ce pastel est dessiné 'avec cette faci,lité^ cette verve ijui caractérisent le talent de M. Bellangé. A propos de pastels,- parmi le* trois exposées par M. Eugène Giraud, le maître du genfe, nous signalons le Portrait de S, A. la princelsè

Anna Murât f comme celui auquel l'artiste a mis le plus de soin, car, depuis quelques années, M. Qiraud n'ap- * porte plus la même étude à soû modelé, etj nous le lui avons déjà^dit, s'il n'y prend garde, ses pastels perdront le charme qui les distinguait, ils n'auront plus la finesse de dessin, la fraîcheur de coloris et la délicatesse du fini, 'ils seront traités à l'efiet comme les décors de théâtre. Non loin des cadres, de M. Giraud, ' nous rencontrons deux pastels de M. Grisy, d'un coloris assez chaud et d'un dessin ferme et naturelle Portrait de Mme V, G, qiii est grassement modelé, et les Dentellières deLuc-sur-Mer , scène rendue avec une grande vérité de couleur, de: dessin et d'observation.

Parmi-les nombreuses miniatures exposées, nous en remarquons cinq de M. Gamino, peintes plus hardiment,~ — nous allions dire 'plus ârtistement, — 'que ne le font d'ordinaire les miniaturistes. Ces portraits sont ceux de la famille Nadàr ; ils sont très-ressemblgints et d'un ton très-chaleureux. Les six miniatures de M. de Pommàyrac annoncent aussi une main exercée à la grande peinture. Les porfraits de VEmpereur, de Vlmpératrice et du Prince impérial, sont très-ressemblants et modelés avec beaucoup de feriflieté et de finesse. * M. Maxime David est à la miniature ce que IMf. Dubufe est à. la grande peinture ; c'est le miniaturiste le plus séduisant, le portraitiste le plus gracieux. Il y a ^rmi ses neuf médaillons une tête de jeune enfant qui est ravissante. Le Portrait d'homme, la seule miniature «xposée par M. Paul, est une bonne étude, largement

modelée. Mme Lehaut a plusieurs miniatures > nous n'en citerons qu^une, c'est le Portrait de V Impératrice d'après Winterhatter, et l'on retrouve dans cette peinture l'éclat et la fraîcheur de coloris du célèbre artîsté. Citons encore une jolie miniatore à l'huile de * M. Faiyre-Dufiér,*et les belles peintures sur émail, la Sainte Famille, d'après Raphaël, le Portrait de. tEmpereur, par M. Grisée, la Fortune conduite par l'Amour y et Clémence Isaure, par H. Lepec.

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