‹ Exposition des Beaux-Arts. Salon de 1861Chapitre 8 sur 13 · TO · texte numérisé non relu

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rien à désirer, si ce n'est un trayail moins oniforme , moins égal ; nous voudrions plus de couleur, plus de fermeté dans certaines parties ; qu'on sente un peu moins k monotonie de l'ouvrier praticien et un peu plus la main de l'artiste.

H. Leharivel est à la' statuaire ce que M. Hamon est à là peinture ; son genre est le néo-grec. Sa statue en plâtre, intitulée : Colin-Maillard^ n'est-elle pas encore un spécimen du genre. C'est une jolie et gracieuse figure, bien modelée, atix t^ontours fins et élégants et • dont le mouvement est parfaitement senti. La Vierge, Rosa mystica^ est uuq réminiscence du gothique qui nous semble un peu roiâe«

La statue en marbre inscrite au livret soui ce titre : Au bord de VEauj est une jeune et gracieuse fenune aux formes élégantes et d'une expression mélancolique qui fait rêver. Cette jolie étude est due au ciseau de M. Schoenewerk, qui a exposé encore un Jeune Pé" eheur^ statue en marbre français, d'un desnn et d'un modelé très-nature. Les deux bustes de cet artiste ne sont pas moins remarquables que ses statues sous lè, rapport de l'expression et de l'exécution du marbre ;. ce sont les portraits de M. Triât et de M. Ed. Delessert.

Une composition charmante, devant laquelle bien des ;nères se sont arrêtées avec plaisir, c'est le groupede M. Schrodér, le Saume maternel. Un bel enfant s'est • cogné le bras et la douleur le fait pleurer; sa mère le presse tendrement; elle essuie ses grosses larmes, couvre de baisers l'endroit douloureux, et déjà l'enfant . semble lui sourire. Le mouvement de l'enfant est na-

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turel^t bien saisi; celui de la mère n'est pas moins

bien réussi. Sous ce titre : le Tiatin^ ce sculpteur

'expose encore le buste d'une jeune et jolie femme en

• toilette du matin, agencé avec goût et bien modelé.

La Nyma au bain, statue en marbre de M. Âizelin, est aussi une gracieuse figure de femme d'un galbe* fin et élégant, d'un sentiment délicat. Si la draperie n^a pas

• le style antique, elle n'en est pas moins étudiée avec un soin et une délicatesse qui lui donne de la légèreté sans qu'elle ait rien du ridicule des draperies mouillées et collées des laides statues de M. Bonnaffé et de son imitateur M. Yauréal.

M. Mathurin Moreau a reproduit en marbre la belle statue en bronze que nous avons yue auS&londe 1859, où elle a été achetée par la loterie de l'Exposition. Cetie Pileuse^ nous l'avons dit plus haut, est une des bonnes figures du Salon sous le rapport du style et de l'exécution. M. François Moreau, le parent ou l'homonyme du précédent, a exposé deux statues, Vtme en fonte, l'autre en plâtre. Celle-ci représente la Muse Euterpe; elle est drapée avec goût dans le style antique; la tête est jolie et le dessin des bras est élégant. - Celle en fonte» St-Jean-Baptistéj est d'un modelé plus vjai, prus nature, ainsi que le comportait le sujet« . La statue de Didon est un marbre de M. Ramus, destiné à l'une des niches de la cour du Louvre. La reine de Garthage est représentée debout sur le bûcher ' au moment où. elle va se plonger un poignard dans le' cœur, et l'artiste a eu le bon goût de ne point exagérer le mouvement de sa figure qui n'a rien de théâtrale

toat en étant très-^expressive. lil. Ramus a encore planeurs statues et un groupe en plâtre de Bacchus enfant^ tourmenté par une nymphe des Champs^ petite composition pleine de verve et d'esprit. La statue en marbre de Mgr de Mazenod, évêçue de Marmlle^ est empreinte d'un sentiment de bonté, et les statues en pierre de St-Jean et d^Isate, dans le style gothique, sont destinées à Notre*Dame-de-la-6arde. Enfin, des deux bustes en marbre du môme artiste,les portraits ieMgr Chalandon^ archevêque d^Aix^ et if. Delangle^ garde desscéùux^ nous louerons surtout ce dernier pour la ressemblance et le soin 9e Texécution du marbre.

La statue de Virgile^ de M. Jules Thomas, est, sans contredit, là meilleure de toutes celles destinées à la cour du vieux Louvre. A ceux de nos confrères gui ont reproché à cet artiste d'avoir reproduit par trop servilement le Virgile lisant le sixième livre de V Enéide à Auguste^ peinture de M. Ingres, dont tout le monde 42onnait la belle gravure faite par Pradier et exposée en 1833, à ceux-là nous répondrons que M. Jules Thomas fait comme dit le poète : il prend son bien où il le trouve^ et que c'est bien quelque chose que d'avoir su élever le modelé de cette figure à la hauteur du dessin de M. Ingres. Aussi y a-t-il unanimité parmi les sculpteurs pour louer la parfaite exécution de ce marbre. La Sagesse^ par M. Le Père, est aussi une des bonnes statues de la cour du Louvre ; eUe a de la noblesse dans la pose, dans le geste ; les draperies sont agencées dans le style antique et exécutées avec la science qui distingue les œuvres de ce statuaire, qui a

également exposé une peinture dont nous avons parlé, Psyché allant surprendre V Amour endormi est le modèle en plâtre d'une statue destinée à la cour du Louvre et commandée à M. Montagny; c'est une figure consciencieusement étudiée. Nous en dirons autant d'une autre statue qui a la même destination : la ModestiCj exécutée en marbre par M. Ghambard, gui a exposé ime autre composition en plâtre, représentant Aristide^ banni d'Athènes^ réfugié avec ses deux filles dans une caverne^ au bord de la mer. Ces trois figures sont groupées avec art et remplies de sentiment ; les nus sont étudiés avec soin et conscience. Nous reverrons sans doute ce groupe exécuté en marbre au prochain Salon.

T^e genre gracieux domine à l'Exposition de sculpture. La Sapho , statue en marbre commandée par l^mpereur à M. Robinet, est grassement modelée ; la pose a de la noblesse et le geste est poétique. C'est le chant du cygne, le dernier chant que Sapho semble envoyer vers le ciel. Son Ondine est une non moins gracieuse composition qui rappelle un peu la Source^ de AL. Ingres ; elle se distingue par l'élégance et la beauté des formes. On retrouve cette élégance et cette finesse de modelé dans le beau Buste en marbre de Mademoiselle B... et dans celui de Mademoiselle de La Pommerayey de l'Académie impériale de Musique, portraits très-ressemblants dus au ciseau de M. Robinet. Que de grâce dans ce groupe en plâtre représentant Une jeune Mère conduisant son Enfant au bain! Avec quelle précaution là mère tient son fils, et que la

crainte de l'eau est bien exprimée sur Tenfant I Ce groupe, savamment modelé, est de M. Montagne, qui, sans doute, nous le montrera en marbre à une prochaine Exposition. M. Protheau a exposé trois fort jolies sculptures : Fleur de Jeunesse est une figure charmante de simplicité et de naïveté , et V Harmonie , autre figure en marbre, dont la tête est jolie et expressive, a plus de sévérité, plus de style. Quant à la Nourrice indienne^ c'est une reproduction en bronze du modèle que nous avions déjà remarqué, en 1859, pour la vérité du sentiment maternel qui 'y est exprimé. Ces deux vers :

A ce cœnr virginal, ijui rêve à Pavenir, L'Amour, en se cachant, rappelle un souvenir,

ont inspiré à M, Frison une composition dans le goût de celles de M. Hamon. Une jeune Fille ^ dans le négligé du matiny embrasse un médaillon portrait d'un objet aimé, car le petit dieu malin qui se cache dans les plis de la robe , semble avoir inspiré ce souvenir passionné. Ce niarbre est travaillé avec le soin que cet artiste apporte à tons ses ouvrages, et nous avions espéré que ce joli petit groupe serait acheté pour la loterie jle TExposition. Le Défi est un groupe du même genre, œuvre de M. Virey. Le mouvement de la Bacchante qui défie l'Amour est bien rendn; elle est bien modelée ; le petit Cupidon a une expression fine et rusée. Nous trouvons dans le même goût la Jeunesse qui captive l'Amour, gracieux groupe de M. Marcellin, qui a une autre jolie figure en marbre : la Douceur, destinée à la conr du Louvre. Le Joueur de Lyre

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