‹ Exposition des beaux-arts: Salon de 1864Chapitre 4 sur 7 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Il nous reste à récapituler les résultats du Salon de 1864« à montrer les avantages que les arts et les artistes en ont retirés.

Dans le cours de cette étude, le lecteur s'en souvient» nous avons repoussé avec énergie la critique d'esprit de parti, de dénigrement, qui criait à la décadence de l'art français, parce que, cette année, le Salon n'offirait pas de toiles â effet (m>). a ces détracteurs de l'art contemporain, nous avons répondu qu'une Exposition qui réunit des peintures du mérite de celles exposées par MM. Meissonier, OérAme, Lehn^n, Hébert^ Amaury-Duval, G. Boulanger, E. Giraud, Bouguereau, Chaplin, Henriette Browne, Brion, Bonnat, Jonghe, J. Breton, Landelle, Bonheur, Otto Weber, Schreyer, Marchai, VannuteUi, Zfem, Justin Ouvrié, Français, Fromentin, etc., etc.'i et des sculptures de la valeur de celles de MM. Brian, Crauk, Thomas, Carpeaux, Glésinger, Dabois, Le Père, Gumery, Falguière, Iguel, Frémiet, Oliva, Iselin, etc., etc.; qu'une

Exposition qui renferme de telles œuvres peut être classée parmi les plus remarquables que nous ayons eues. Il suffira» pour s'en conyaincre, de revoir les ouvrages que nous venons de citer, placés dans les musées à côté de ceux du même genre, exposés précédemment.

Nous croyons donc avoir prouvé que, malgré l'absence de grandes peintures historiques au Salon de 1864, l'art s'y est montré en progrès.

Voyons maintenant quels sont les avantages qae cette Exposition a offerts aux exposants.

Les artistes ont joui cette année des grandes réformes réclamées depuis longtemps (i) et accordées à la &i du Salon de 1863 :

1* Tous les ouvrages présentés par les artistes ont pu être exposés.

â« Le jury d'admission et des récompenses, qui, autrefois, n'était composé que de la classe des Beaux-Arts de l'Institut, a été choisi par les artistes, et les peintures ont été jugées par les peintres, les sculptures par les sculpteurs, ainsi de suite pour chaque spécialité. Garantie de compétence et d'impartialité qui n'avait jamais été donnée aux exposants.

3« Le jugement des récompenses a été publié dès Touverture du Salon, afin de le soumettre au contrôle de l'opinion publique. Nouvelle garantie d'impartialité offerte açx artistes.

4« Au lieu de 21 médailles que, depuis la première République jusqu'en 1863, on accordait aux exposants, bien qu'en soixante-dix ans le chiffîre des ouvrages exposés eût quadruplé, l'administration actuelle a doublé le nombre des médailles; elle a décerné 40 médailles et acheté pour un demimillion de peintures, sculptures, etc. Jamais, à aucune époque, les artistes n'avaient reçu de tels encouragements.

S<» L'Empereur, alors qu^il était Président de la République, avait déjà fondé la médaille d'honneur de 4,000 fr. pour le meilleur ouvrage exposé à chaque Salon ; Sa Majesté vient encore de créer, sous le nom de : Grand prix de V Empereur y et sur les fonds de la liste civile impériale, un prix da 100,000 fr. qui sera décerné tous les cinq ans à l'auteur d'une grande œuvre

(l) Voir nos revues des Salons de 1834 à f863.

de peinture de sculpture ou d'architecture, reconnue digne de cette récompense.

Ainsi, sous les gouvernements précédents qu'on présente comme dévoués aux arts, Tadministration n'a disposé pendant soixante-dix ans que de âl médailles pour encourager les exposants, tandis que, sous le règne actuel, elle a à distribuer aux artistes d'abord 40 médailles, puis la médaille d'honneur de 4,000 fir., et enfin le Prix de l'Empereur consistant en une somme de 400,000 fr, — Voilà un prix qui ramènera aux grandes traditions de l'art.

De pareils faits parlent d'eux-mêmes, et cependant, cher lecteur, vous entendrez encore l'esprit de parti dire, et les badauds répéter, qu'on n'encourage plus les arts, que le gouvernement actuel ne s'occupe que de l'armée, parce qu'il a amélioré le sort du soldat, donné un asile aux veuves et aux orphelins des militaires; qu'il fait tout pour les paysans, parce que des encouragements sont donnés à l'agricolture, que des prêts d'honneur sont faits aux cultivateurs pour les préserver des usuriers qui les ruinaient; qu'il flatte l'ouvrier en créant les asiles de Yincennes et du Vésinet pour les convalescents, en se chargeant d'élever les orphelins des travailleurs et de les établir; et vous verrez qu'à présent on va lui reprocher de faire trop pour les artistes, même pour les instituteurs communaux et les pauvres desservants dont on vient d'augmenter le traitement. Toutes ces récriminations du dépit prouvent une chose, c'est qu'aucune branche de l'administration n'est négligée, et que la sollicitude du souverain s'étend sur toutes les classes de la société française.

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