X. Lés Hlhà âf^Mk *e ftiÊhtkixd êMà litl plài m
mieux encore dans un Terre ^ où l'on plonge l'œil & demi ouvert, afin que Feau entre en contact avec le globe oculaire lui-même.
XI. Les bains de jambes, de bras et de mains trouvent leur place dans les affections locales de ces parties du corps , comme ulcérations fistuleuses^ carie ^ éruptions chroniques, etc. Ils pourraient sans doute être quelquefois utiles à titre de dérivatifs; mais jusqu'ici Priesnitz ne les a jamais employés dans cette intention. Il a fréquemment recours aux immersions d'une articulation pour dériver le mal fixé sur une autre, par exemple à celles du coude dans les inflammations considérables de la main.
XII. Après les différentes formes de bain, les fihmeniatians tiennent une place importante parmi les moyens de l'bydriatrie. On en distingue de deux sortes:
Les famentaiians froides sontainsi appelées parce qu'on les prolonge davantage. EUes sont usitées dans les cas de lésions traumatiques et dans d'autres inflammations, celle du cerveau surtout. Pour les Cure, on trempe dans l'eau froide des linges plies en plusieurs doubles ; on les exprime l^ire-
ment, on les applique sur la partie malade, et on les renouYelle dès qu'ils s'échauffent
Les fomentations échauffantes, nommées aussi excitantes, consistent en des compresses mouillées, mais exprimées avec autant de force que possible, qu'on applique exactement sur le lieu de leur destination, et par dessus lesquelles on étend du linge sec bien serré, afin que l'air ne puise les frapper nulle part. On ne change ces compresses que quand elles sont devenues sèches. Elles eiercent une stimulation considérable sur la peau, et même sur les parties sous-jacentes, de sorte qu'il lï'est pas rare qu'elles amènent un ^and développement de chaleur, et même, si la peau est fort impressionable, qu'elles fassent naître des éruptions. Dans les maladies aiguës et chroniques des organes digestifs, on en couvre tout le ventre, et elles influent d'une manière très salutaire sur ces a ffections.Elles trouvent souvent aussi leur place dans les phlegmasies d'autres parties internes. On pourrait, jusqu'à un certain point, comparer leur action à celle d'un vésicatoire, ce qui fait qu'il ne faut pas y avoir recours dans les inflammations aiguës des parties extérieures, tandis qu'appliquées à quelque distance du point malade 9 elles sont suivies d'une
dérivation puissant^. Voilà pourquoi on l«s applique à la nuque dans les ophthalmies et les oongeirtions vers la tète. J'ai eu plus d'une fois oec^ion de me Gonyaincré qu'elles jouissent réellement d'une grande efficacité.
XIU. Enfin^ il reste à parler des applications loc^des de l'eau sous forme de gargartsmes, de iavê^ mens et à^tr^écHans. Les gargarismes d^u froide sont d'un grand secours dans les angines ordinai- Ms^ et lorsqu'il se sécrète des mucosités trop abondantes dans les organes. Les layemens froids ont une efficacité depuis long-temps constatée dans les affections fébriles, pour diminuer la fièvre; employés avec persévérance contre la c(mstipation chronique, ils sont un des meilleurs moyens pour la faire cesser. v
Bn faisant ainsi connaître d'une manière sommaire les différentes formes sous lesquelles Pries^niti a coutume jusqu'ici d'employer l'eau froide, mon unique but était d'exposer ce qui était indispensable pour l'intelligence des détails dans lesquels je vais maintenant entrer à l'égard des maladies à la guérison desquelles l'eialtatton de l'activité de la peau peut être appliquée d'une manière ntile.
SUA LU litTHonis u VEnsmTz. li
lie concours hariDODiqucdc tous les organe» du corps est nécessaire à la consenration de FindiTidn •Ide son état de santé, et l'organisme humain possède, au moins dans certaines limites, l'aptitude à maintenir l'harmonie. H suffit donc, pour fiûre cesser les troubles produits par 4es causes du dehors , et qui, conjointement avec la réaction organique, constituent la maladie, de venir en aide à cette faculté, que nous appelons force médicatrice de la nature. Nous remplissons l'in* dication, d'un côté, en cherchante expulser les agens nuisibles, que Priesnitz nomme mauvaises humeurs; d'un autre côté, en aidant à l'action des organes d'où part la force de réaction, et qui, dans l'état actuel de nos connaissances , sont les systèmes vasculaire et nerveux. L'appareil de Priesnitz nous fournit pour cela des moyens qui, s^ils ne suffisent pas dans tous les cas, conviennent dans un grand nombre, et, sous ce rapport, partagent le sort des différens remèdes dont se compose notre arsenal pharmaceutique. Si nous admettons une altération de la masse des humeurs comme cause principale des maladies, la première et principale indication est d'éliminer la matière peecante, et nous n'avons pas de meil-
leur moyen pour la remplir , que de provoquer la sueur. Le méthode de Priesnitz présente de grands avantages sur toutes les autres , tant parce qu'elle ne manque jamais son effets que parce qu'elle ne met pas la circulation en émoi. Lorsque nous avons recours aux sudorifiques ordinaires^ l'apparition de. la sueur est souvent précédée d'une vive agitation ; parfois même le résultat manque^ ^et au lieu de sueur nous n'obtenons qu'une excitation des systèmes nerveux et vasculaire; puis^ quand la sueur éclate^ nous n'osons pas l'interrompre, nous attendons qu'elle s'arrête d'elle-même ^ et fort souvent sa trop longue du* rée la rend épuisante pour le malade. Chez Priesnitz, l'état de la peau et celui des forces sont les circonstances d'où l'on conclut la possi-bilité de déterminer l'évacuation désirée , et qui indiquent en même temps le degré auquel on doit s'arrêter. Les malades débiles^ dont la peau ne permet pas d'espérer l'activité désirable^ doi« vent^ par des bains froids et dégourdis pris im* médlatement à la sortie du lit, fortifier leur peau et lui procurer le degré d'énergie nécessaire à l'excitation de la sueur que réclame leur état morbide. Apre* qu'ils s'y sont soumis pendant
quelque temps (et l'effet sur lequel on comptait ne manque jamais d'avoir lieu)^ on les enveloppe dans la couverture^ et on les y laisse suer ausfsi long-temps que leurs forces le permettent ; car il ne faut jamais débiliter pendant le cours du traitement y dont le principal but ^ au contraire^ est d'accroître l'énergie vitale^ pour donner plus d'empire à la force médicatrice. S'il est vrai que la sueur procure ce résultat par cela seul qu'elle entraine les mauvaises humeurs y dont l'élimination vivifie et fortifie* l'organisme , en la poussant trop loin on se priverait des avantages qu'elle procure^ parce que nous n'avons aucun moyen d'empêcher la déperdition simultanée des humeurs de bonne constitution. Cette considération^ jointe à ce que^ comme toute autre action vitale^ celle de la peau se fatigue quand on la met trop en jeu y et qu'il pourrait s'ensuivre une résorption partielle des substances qu'elle a chassées au-dehors^ non-seulement justifie l'interruption brusque de la sueur^ mais encore la rend nécessaire. On y parvient soit par des lotions avec de l'eau froide ou dégourdie^ soit par l'immersion dans une grande cave pleine d'eau. Quel quer soit le moyen employé; l'effet est le
!• CONSIDé&ÀTIOMS GÉMÉEALB8
mtaie^ et ne yarie qu'eu égard au degré j c^t quand on a recours à la plus basse température qu'il se déploie avec le plus d'inteasité. Le froid de l'eau interrompt subitement l'aclivité séeré^ toire de toutes les parties de la peau qui ea reçoivent l'atteinte; ks capillaires cutanés^ tout^ i-l'heure dans un état de turgescence^ se resserrent sur eux-mêmes^ et la circulation superficielle éprouve un temps d'arrêt ^ qui n'exerce aucune influence nuisible , tant à cause du mouvement que le malade se donne dans le bain et des rudes frictions qu'il y subit, que parce que le Croîd stimule vivement ks nombreux nerfs dont les £y[ets aboutissent à la peau. En effet, ces filets transmettent l'impression aux centres nerveux, k cerveau et la moelle épinière, qui, stimulés à leur tour, réagissent sur k centre circulatoire. Le sang, lancé avec plus de force vers la périphérie, oppose donc une digue puissante à celui qui reflue des vaisseaux capillaires, et en prévient l'accumulation dans les parties intérieures. La rougeur dont la peau se couvre après le bain, annonce que la quantité de sang y a augmenté plutôt que diminué, et cette rougeur est d'autant plus intease que l'organe cutané a plus- d'aptitude
SUR U» MÉTHOD» DÉ PRIESIVITZ. 37
à être impreftsionné par les excitations du dehors, ce qui fait que Priesnttz la regarde avec raison comme un signe pronostique de grande valeur.
D'après cette explication de la manière d'agir du bain froid, explication qui ne me semble point forcée, la crainte qu'on pourrait avoir que le passage subit du froid au chaud entraînât de graves conséquences, l'apoplexie, par exemple, manque de fondement, et ne repose que sur des préjugés. Se jeter dans un bain froid après s'être échauffé par un mouvement rapide, qui accélère la circulation et gêne la respiration, ne peut manquer d'avoir des conséquences fâcheuses, parce qu'on trouble ainsi d'une manière brusque l'action par laquelle la peau vient au secours du système vasculatre et des poumons violemment ex* cités; mais un état aussi différent de celui-là que l'accroissement de la chaleur extérieure déterminé par les procédés de Presnitï, réunit précisément toutes les conditions propres à neutraliser l'impression désagréable et dangereuse que détermine l'application subite du froid a un corps dont la surface est moins vivement échauffée. Ici^ il n'y a point d'exaltation appréciable de l'action des organes centraux, et celle de l'activité vaécu-*
laire à la peau est en quelque sorte une barrière que l'eau froide doit renverser avant de porter son influence sur les viscères internes. L'afflux des humeurs vers les tégumens est si considérable; il est tellement favorisé^ comme je viens de le dire, par l'excitation immédiate des nerfs périphériques et l'excitation médiate du système nerveux central , qu'à proprement parler l'action de la peau ne cesse qu'un instant, pour reprendre ensuite avec un redoublement d'énergie^ et bien qu'alors il n'y ait plus de sueur provoquée > cependant on observe une sécrétion vaporeuse plus abondante. Les frictions et l'exercice qu'on prend après le bain contribuent puissamment au retour delà chaleur; le malade éprouve alors un senti* ment de bien-être et de vigueur fort différent de ce que les préjugés nous portent à redouter.
Ainsi, en y regardant de près^ relativement à l'emploi des ablutions froides et du bain froid pour interrompre la sueur, la théorie se concilie avec les £aits que l'expérience a fournis, soit à Graefenberg, soit dans tous les autres lieux où cette méthode est mise en pratique. Il serait difficile de citer un cas dans lequel elle ait entraîné des accidens, lorsqu'on l'applique à propos et qu'on prend soin
SUR LÉS MÉTHODES DE PRIESNlTZ. 29
de se mettre c^ l'abri des refroidissemens causés par les coùrans d'air. A la vérité, une femme de soixante-six ans a été frappée d'apoplexie mortelle dans le bain ; mais elle avait déjà éprouvé auparavant plusieurs atteintes de cette maladie, et par conséquent elle aurait dû s'abstenir du traitement par l'eau. Au reste, il n'est pas rare que les personnes d'un certain âge périssent d'apoplexie, même dans le bain tiède, en sorte que cet accident doit plutôt être mis sur le compte d'une disposition intérieure que sur celui du moyen externe auquel on a recours.
Si les deux premiers actes du traitement, la sueur et le bain froid, remplissent parfaitement l'indication d'expulser les matières nuisibles du corps, l'eau que les malades boivent ensuite concourt puissamment aussi au but qu'on se propose d'atteindre. L'eau, considérée comme boisson, ne nous est pas moins nécessaire que l'air atmosphérique ne l'est à la respiration. Nul autre liquide n'étanche aussi bien la soif qu'elle, et l'instinct qui pousse tant de malades à en demander aurait dû, depuis long-temps, nous mettre sur la voie de la recommander^ au lieu que des opinions préconçues nous la leur font refuser avec opiniâtreté, et
Sd CONSIDÉIUTIONS GÉNÉRALES
nous portent à la remplacer par des tisanes^ qui n'ont pas la même propriété rafratchissante à beaucoup près. Priesnitz a reconnu, ce que 1m médecins ont également observé dans d'autres cas, quç les malades sont souvent poussés, par une nécessité intérieure, à désirer précisément ce qui convient à leur état. Quand un bomme a la diar* rbée» on lui interdit l'eau, malgré ses instantes prières, parce qu'on prétend que l'eau relàcbe; mais on ne réfléchit pas que, dans la grande ma-* jorité des cas» la diarrhée est une évacuation cri«« tique, qu'on doit chercher plutôt à favoriser qn*à arrêter; or, rien ne saurait produire plus doucement cet effet que Peau froide, à laquelle personne ne reprochera sans doute d^étre un laxatif trop énergique; d'ailleurs qui peut mieux convenir qu'elle pour réparer les déperditions que la diarrhée entralnet Quand celle<i n'est pas critique, quand elle n'a point une tendance salutaire, elle tient à une atteinte profonde qu'ont reçue les ressorts de la vie, dont le refus d'un verre d'eau ne saurait accroître la tendance à la dissolution, tandis qu'il peut être U source de grands tourmens pour le malade.
L'iraempie de le diarrMe, et d'antres enoere, qui
SUE LES WtVBOOtB OB PRIE81VITZ. SI
mt sont pas rares non plus dans la vie journalière^ prouvent qu'on n'a jamais rien à craindre de Teau froide en boisson. Parfois, cependant, il con- Tient, avant de la boire> de la laisser quelque temps eiposée à l'air, pour que sa température s'élève un peuj il faut seulement avoir soin alors de la tenir dans des bouteilles bouchées, afin qu'elle ne perde pas les gax qui s'y trouvent dissous.
L'explication qu'on donne à Graefenberg de la manière dont agit l'eau prise en boisson, n'est pat moins matérielle que celles qui concernent tous les phénomènes physiologiques et thérapeutiques. On suppose que son action découle uniquement de ses qualités physiques, qu'elle rafraîchit parce qu'elle a une température inférieure à celle du corps, qu'elle balaie les matières étrangères conte* nues dans le canal intestinal, comme elle enlèverait les ordures déposées dans un vase, et qu'elle diminue la ccMisistance du sang, comme elle diminuerait celle d'une soupe trop épaisse. Cette théorie, bien qu'elle renferme quelque chose de vrai, ne soutient pas l'exKmen : peu importe, au reste, puisque le fait lui-même est incontestable.
Persuadé de la grande efficacité de Pean à l'int^ r» Priemita recommande d'en boire à tous les
32 CONSIDÉRATIOIfS CfrÉNÉRALES
momens de la journée^ mais surtout pendant la promenade qui succède au bain froid. Elle contribue ainsi aux effets de l'acte précédent : car^ promp« tement absorbée et introduite dans le torrent de la circulation, elle répare les pertes de parties aqueu* ses que la masse du sang a éprouvées par l'effet de la sueur^ pénètre tous les tissus, en accroît la souplesse, et les place dans des conditions plus fa-< Yorablesau renouvellement des matériaux organiques, à la prompte expulsion des principes morbifiques. Cette circonstance exerce une influence d'autant plus salutaire que l'activité de la peau^ un moment suspendue par le bain froid, se déploie avec une nouvelle énergie, de sorte que l'organe repousse plus facilement et plus promptement^ sous forme vaporeuse, tout ce qui afflue en ce moment vers lui.
Mais la douche contribue d'une manière plus puissante encore à l'établissement du travail orga^ nique qui doit amener la guérison. Le jet d'eau froide qui vient frapper l'un après l'autre tous les points de la peau, fait une impression analogue à celle du bain froid, mais plus forte encore, sur les organes sous-jacens, en particulier sur les systèmes vasculaire et nerveux. Le cerveau et lamoelfe
SUR LES MÉTHODES DE PKIESNlTZ. «S
épinière reçoivent une stimulation indirecte bien plus Tive par les extrémités périphériques des nerfs, sur lesquelles porte l'action de la douche, et ils en subissent, en outre, une directe par le contact immédiat de celle-ci avec la tète et le rachis. Les médecins connaissent depuis long-temps les effets de la douche, dont ils font souvent une application partielle, surtout dans les cas de paralysie locale. Mais ici encore Priesnitz suit des vues plus rationnelles. Ce n'est pas sur une seule partie, mais sur l'organisme entier, qu'il fait agir ses moyei^, parce qu'il a besoin d'un accroissement général des forces pour arriver à son but. Il s'abstient même souvent avec soin d'exposer les parties malades à la douche, et n'y a recours, en général, que quand le corps lui semble apte encore à réagir contre elle. Ce qui en rend l'efficacité plus grande, c'est qu'on l'emploie au moment où les résultats du bain froid se déploient dans toute leur extension ; la douche interrompt de nouveau l'exaltation de la vie que ce bain venait de déterminer à la peau, pour la faire reparaître ensuite avec une inten'sité plus grande.
Ainsi la provocation de la sueur, le bain froid, l'usage de l'eau froide à l'intérieur et la douche sont des moyens qui tous concourent à accroître gra-
dudlemefil l'activité cutanée, vasculaire et neryeuse, et à la faire arriver pea-à*peu à un degré tel qu'on puisse obtenir d'elle les résultats qui s^ahnoncent par les crises si fréquemment observé)^ à Sraefenberg. Ces moyens, sur tels ou tels d'entnt lesquels on insiste davantage au besoin, et auxquels on ajoute, quand les circonstances l'exigent, les bains de siège, les bains de pieds, les fomentations, ces moyens, dis-je, joints à l'exercice, au bon air, à une nourriture simple, corrigent insensiblenlent la masse des humeurs, tant en rejetant au dehors celles qui sont de mauvaise qualité, qu'en amenant à l'organisme de nouveaux et meilleurs matériaux* La peau, qui, d'après une foule de faits patholo-* giques bien connus, a une affinité spéciale pour les principes morbifiques, expulse les uns à l'état liquide ou vaporeux, et fixe les autres dans son propre tissu» De là difiRSrentes formes d'éruptions et d'ulcérations critiques, qu'aucune méthode allôpathique n'est parvenue jusqu'ici à provoquer d'une manière si prononcée. On a prétendu que ces crises étaient tout simplement l'effet de l'irritation locale que l'eau froide détermine à la peau. Tel peut bien être réellement leur origine dans certains cas. L'enthousiasme des visiteurs de Graefenberg lem
Caii voir une crise dans le moindre bouton ^ dans la plus petite ampoule; ils attribuent surtout ee caractère aux exanthèmes dont se couvrent les parties à la surface desquelles ont été maintenues pendant long-temps les fomentations échaufbntes, et qui ne sont qu'un résultat de l'irritation locale, comme ceux qu'on observe si fréquemment après l'application des emplâtres, ou même desoataplasmes tièdes. Mais il faut bien distinguer les véritables crises, qu'elles soient caractérisées par ^ éruptions ou par des ulcérations ; et, ce qui liçur est propre, c'est qu'elles sont précédées ou accompagnées d'un malaise général, avec excitation fébrile plus ou moins forte, quelquefois tràs considérabU^.
Fresique tous les malade^ reprenneo^ un air de liante peu a^Nrès avoir commencé le traitement, parce que la vertu tonique de l'eau froide redonne d^ l'énergie au système vaseulaire et fait q/fluer les humeurs à la peau en plus grande aboa-^ dance. Assez souvent, néanmoins^ c'est au moment même où ils avaient déjà recouvré beaucoup de leurs forces c^u'on les voit retomber malades, et parfois d'une manière grave. Ce phénomène n'a rien quidoivç surprendre, car il faut que l'orga-
36 CONSIDKRATfOTSS GÉNKRALES
nisme commence par se fortifier^ avant de pouvoir exercer une réaction efficace et soutenue contre les agens morbifiques qu'il récèle dans son intérieur.
Chez les personnes d'un tempérament engourdi, il faut assez souvent que l'un ou l'autre des actes du traitement, notamment le bain froid ou la douche, soit poussé au-delà des limites ordinaires, afm de provoquer cette réaction fébrile. Une fois qu'elle existe, le traitement demande à être suivi avec beaucoup de circonspection, si l'on veut que l'organisme sorte triomphant d'une lutte qui ne laisse pas quelquefois d'être accompagnée de danger. On interrompt alors la provocation de la sueur, le bain froid et la douche, et on les remplace parVenveloppemeutdans des draps mouillés, par des ablutions froides et par des bains de siège, moyens dont l'efficacité est bien connue dans les maladies fébriles; en même temps, on traite les affections critiques locales par des fomentations. Si les éruptions et les ulcérations sont très enflammées et irritées, on né les couvre pas immédiatement de fomentations dites échauffantes, c'est-àdire soigneusement enveloppées, maison applique celles-ci, à titre de dérivatif, sur les parties voi-
SUK LES MÉTHODES DE PRIESNIl Z. 37
sincs. Lorsque^ au contraire, il y a atonie dans les ulcères^ ces mêmes fomentations y sont appliquées d'une manière immédiate ; elles contribuent puissamment à ce qu'ils parcourent régulièrement leurs périodes et marchent Ters la cicatrisation.
Sous l'influence de cetraitement^ les phénomènes morbides critiques se dissipent heureusement, et la guérison d'un mal qui date souvent de plusieurs années dédommage amplement des incommodités qu'ils ont causées (i). C'est à la provocation de crises continues, dans les maladies chroniques, que la méthode hydriatrique doit sa prééminence sur toutes celles auxquelles on a eu recours jusqu'à présent, et de donner une si sûre garantie de la guérison. Ces crises méritent donc toute notre
(i) Jusqu*ici aucun malade n'avait été viclimea Graefenh erg de ce travail critique; mais, précisément à Tépoque où je m'y trouvais, une dame, de comptexion bouffie, péril par suite d'une suppuration trop abondante fournie par deux larges ulcères critiques. Un fait isolé ne prouve rien sans doute contre la méthode en elle-même ; il doit cependant engager à se tenir sur ses gardes. Chez les sujets lymphatiques et chargés d'embonpoint, dont le corps renferme une grande quautité d'humeurs, la plupart du temps de mauvaise constitution, les forces vitales sont ravemeut assez énergiques et la faculté de réaction assez puissanle pour qu'on n'ait poii^t à craindre
^ CONSIDÉRATIONS GÉNÉRAtE#
liUeatiOD. Déjà le docteur Pûitti; direcl^ur de l'étfi)>lissemeDt hydrjatrique d'Elg9sbourg, a iDPiimeacé la description et la classificatiMi des diyem exanthèmes qu'il a vus sa développer à la suita d'MB traitement par l'eau froide, et tout j^rte k croire que ce travail, continué par d'autres pni<liçiens^aura beaucoup d'importance souslje point de vue du diagnostic et du pronostic. Pei^t^ilU^ paryiendra*t-on k démontrer les ico9iiejùopa dfip diverses espèces d'altérations avec telle qu t^ maladie interne. Peut-être aussi découvrirart*^ que les différentes modifications du traitement bydriatrique influent sur la manifestation de tell^ pu telle d'entre ces éruptions^ et qu'il dijpeod du ipédecin de les éviter ou de les provoq.uer. C'est là, sans contredit^ un vaste champ tout nouveau ouvert aux investigations. 11 y a quelques cas, rares à la vérité, dans lesquels Priesnitz n'a point TU surgir de phénomènes critiques, sans que pour i»la lamaladieprineipaleen ait moins marché ven la guérison: tout porte à croire que les sueurs, la
dJM criflei trop violentes : il vaut donc mieux don employer te noyeni plus doux» qui conduisent tu but avec pi» de !«■• tliur, nais d^une manière plus sûre.
4^f9fp^ll4F« 1^0 jugepient quant à la quQsUon 4e fçiTpir Hîf P^roM les j|i]))|»taQce8 çritj[qu6ment 4IÎ9ii|léef d)i corps, m trpuyent au$si les laédicat- JSfiif 4^t II? ip^l^^e $^vait un imtéri£uremei^t •fagfl fl; qui n'pnt pu i^rf ^wmilés. Lf^ faits d^ «»9SBr6 lus manquât pas ftGra^fe^b^rg, si l'on i^asitapp^ie au dir0 général, et f|l2^ répugaaap^ qiite y éfumire peur l'allapatlii^ m cpnU'ibu^ pas ftti à bs bireadQMlUJr^ liig^^m^nt p^r les habitués. #» prétend que les stieurf et les fonieiitaiioiis e^^ha- IntquetquefiHa Fod«ir de Vasse'fcBtida et du sou^ ff»$4mdilioèflie aveârTtt le meriçm'^ se rassem- Uer y dans les ]mgf», sont h form» 4^ petites ^obttks.
Les quatse grands aetea suceessifs dont il a été question }vsqu'i£Î n/e sont pas les s^uls qui cpu^iribaeiit i provoquer des évacuatious critiquer, Les baûM de siige jouent aussi un rftle important à cet égard. Us agissent immédiatement sur tous les organes contenus dans l'excavation pelvienne, jpiis par eux sur Mendue entière du canal intesftiaial^aipr l'«jppaneil gifantal ^ enfin snr la cégion
inférieure d^ la moelle épinière^ et par son%>ermédiaire sur le cerveau. Leur effet est locale excitant, lorsqu'on ne les prolonge pas beaucoup / ce qui a lieu quand on se propose d'accroilre l'énergie de la tunique musculeuse des intestins^ et d'exercer une action vivifiante sur les neth ganglionaires, ainsi que sur le prolongement rachidieu; ou de diminuer la circulation dans I0& vaisseaux hémorrhoïdaires et utérins. Lorsqu'au contraire on les prolonge depuis vingt minutes jusqu'à une heure et plus^ outre cette influence purement locale^ ils en exercent encore une dérivative sur la tête et la poitrine. En effets ils enlèvent au corps une quantité considérable de calorique^ notamment quand on renouvelle l'eau à mesure qu'elle s'échauffe. Cette déperdition de chaleur ne porte^ il est vrai^ d'une manière immédiate que sur les parties mises en contact avec le liquide; où elle détermine une gène de la circulation qui peut amener un plus grand afflux de sang et un accroissement de chaleur dans d'autres parties ; mais on remédie sans peine à cet inconvénient par des affusions et des fomentations froides sur les régions que l'eau ne baigne pas^ et d'ailleurs l'effet qui en résulte répond parlait»-
SUE LES BIÉXHODES DE PRIESNnZ. 41
ment au but qu'on se propose ,. celui d'opérer une dérivation. La région pelvienne renferme tant de vaisseaux 5 et le sang, dont la température baisse dans ces vaisseaux , acbève si rapidement sa circulation partout le corps, qu'on ne tarde pas à observer une diminution générale de la chaleur; la tète se dégage, les battemens du cœur se ralentissent, et le pouls perd de sa fréquence. Aussi les bains de siège froids ne sont-ils pas moins utiles dans les états fébriles que dans les phlegmasies et les congestions de la tète et de la poitrine.
Une autre partie de leur action, qui mérite aussi qu'on l'étudié, est celle qui s'étend au système nerveux. Les plexus hypogastriques, qui fournissent des nerfs aux membres inférieurs et aux organes pelviens, une partie du système ganglionaire qui serépanddans.la cavité abdominale, et l'extrémité inférieure de la moelle épinière reçoivent immédiatement l'impression de l'eau froide, qu'ils transmettent aux autres nerfs et au cerveau. Lorsque fe bain dure peu, il provoque une vive stimulation; si on le prolonge, il détermine une dépression des forces vitales, qui s'annonce par l'engourdissement des parties mises en rapport
431 c6î»ttrËkiiidi!t^ (Omjdtà
avëé té liclùîde. H t±eHé ûàtè, liortê cèÉ iKBi fôrmeà^ titie Inflaenèe très pNiissatitë, et àvSSê autre méfhodè hjrdriatrique^ là douché éieé^féé^ ne peut rivaliser aVec lui soui^ 6è râpp()ri.
L'action locale du bain de iiè^é eét lé tiiiMA des effort]^ ^Ué fait U natutÉ pour maiiîtetiir tofi'^ tes les pat'tièsl dû toi't>8 daiiâ leui* coUstittitîtûIft noi'màlë. Cette ednstitutiôii tàittèûatée {fài^lâ firbidure et la {pression dé Feati. La éirciilàtioîi et ViÛ^ nervation éptoûyrëût de là géâé^ éf la nature ebéi^^ elle à rétablir l'ordre^ aussitôt qdé Fbbfttaelè esté-» rieur yientà être éloigné. Suivant que cet ob&taclé a duré plud àU moins long-temps^ les chèsés ItÉtrent plus ou moins proinptemenf et plus dU môinà facilement dans les conditions dé là nbiN malité. Après un bain de siégé trèà courte VàtÛ^ vite vitale mûoientanément âéi^Hinéé réddlffilé d*énérgte; si le bain û été j^i'dlotigé, l'étàf éif«^ rieur des forcés tie peut iè tiiàUiif qù'âf é6 fit» de léàteut. Oh k doM dàhi lé pféMéi CM lli effet éxcitàHf , et daiiè le §éCofi4 tf n «ffél âéj^ltfflilt oii calmant.
Lés bains de piédà j^àrtâgéàt avéè éëùt de Mgè là prérogative d'agio Gommé dérif âtifs. Prté&tiitfy côhtrfiifetiiénf km ttsdges tèqné , Itê éâ^ldié
SUR LES MÉTHODES DE FRIESNITZ. 4i
tràid^j ce qui ne l'empêche pas d'arriver bieit pluis ràremettt au but qu'on ne le fait , dans la pratique ordinaire^ avec les bains de pieds chauds. D'abord, fes nombreux nerfs de la plante du pied reçoivent ude impression bien plus vive^ au lien que la chaleur amène un relâchement^ une détente; puis^ le sang, que l'eau froide a refoulé , revient avec force dans les parties d'où il avait été repoussé, et cette circonstance contribue puissamment à la production de l'effet qu'on désire , car, â la sortie du bain, les pieds se trouvent au milieu d'une température plus élevée, et l'exercice visent encore favoriser l'afflux des humeurs vers eux. Au contraire , les bains de pieds chauds sollici-* tent le sang à se porter vers les parties inférieures ; àu^si long-temps qu'ils durent, les vaisseaux ^nt gorgés de liquide, et cette turgescence se propage plus au moins au reste du système vascnlaire ; mais, à la sortie du bain, les pieds se trou^ vent exposésr, même dans le Ht, aune teûipératùfe fort inférieure à celle de l'eau , d'où il Sttit que souvent alors la congestion augmente dans les parties ûù l'on se proposait d'opérer une dériva*' tidn , et que l'etcitation intérieure devient p\^é considérable, au lieu dé diminuef. J'ai souvent f u
44 CONSIDÉHLÂTIONS GÉMÉRi^LES
les maux de dents, ainsi que les congestions vers la tète ou la poitrine , croître après un bain de pieds chaud.
Les résultats du bain chaud entier ne doivent pas différer sensiblement de ceux-là. Il n'y a pasde mé* decin qui n'ait eu recours aux bains chauds dans les maladies chroniques, et qui n'ait vu les sujets se plaindre de malaise et de faiblesse, malgré la précaution prise d'y ajouter des substances excitantes. Ces effets, qu'on ne connaît point à Graefenberg ^ dépendent de la chaleur, qui stimule bien le système circulatoire, mais déprime la force nerveuse, et diminue l'énergie des fibres musculaires. La turgescence elle-même des vaisseaux sanguins est un phénomène purement passif. Aussi les bains chauds ne provoquent-ils souvent pas la sueur, ou n'en déterminent-ils qu'une passive, qui s'arrête promptement, la peau n'ayant pas assez d'activité, et qui peut même nuire quand elle vient à être interrompue par l'exposition à l'air extérieur, dont la température est fort inférieure & celle de Teau. Nous en avons une preuve plus sensible encore dans les maladies aiguës, où le bain tiède» surtout si on l'emploie à une époque éloignée de la crise , diminue les forces^ et déter-
mine une excitation sans résultat, outre que la chaleur favorise la tendance à la décomposition» qui n'est déjà que trop fréquemment prédominante dans ces affections. Le traitement hydriatrique ne produit rien de semblable» même dans les maladies aiguës» où Priesnitz suit» en général, les mêmes Yues que dans les maladies chroniques» c'est-à-dire qu'il cherche à amener les principes mobifiques vers la peau» et à les éliminer du corps en provoquant la sueur. Les moyens qu'il choisit pour remplir ces indications accroissent ou diminuent l'activité des vaisseaux et des nerfs» et la ramènent au degré nécessaire pour que des excrétions critiques aient lieu. Il diminue» par des bains de siège» la fièvre» l'inflammation et les congestions dans les parties éloignées ; il excite la sueur par une méthode appropriée à l'état général d'excitation» par des draps mouillés dont il fait envelopper le malade. Ces draps mouillés diminuent d'abord la température du corps^ puis l'eau réduite en vapeur exerce une action stimulante sur la peau* Quand la sueur a duré quelque temps» le malade se plonge dans un bain dégourdi» qui nettoie les tégumens et les fortifie. Il y reste plus ou moins» suivant qu'il y a nécessité de soustraire
4é càffSttSÈRiLtimi ê£!i<&AL£i
encore de la chaleur on de stimuler le ÉfstèlM nerreux. Rôtis aurons occasion dé tt^eûit snr cette ap{)li<5atiott du bain dégourdi lorsqu'il séfi question du traitement des ma^.adies aigûëS phf la méthode hydriatrlque.
Quoique nous ayons essayé jusqu'ici de rechei*^ cher leâ causes de Fetàcacité d'une méthode if nouTClle et si différente de toutes celles qu'éfit->' ploie la médecine ordinaire^ quoique nôui d^Ofli jfaif tous nos efforts pour la rapporter à une théorie rationnelle^ nous sommes fort éloignés àè là considérer comme ttn moyen uniTérsel, ni Aê croire qu'elle puisse procurer touâ les ré^nltâfil auxquels arrive l'art de guérir en général^ qu'etté soit susceptible de rendre toutes les autres tàà»^ nièresdc traiter les maladies inutiles et superflue^» Cette opinion a bien pu trouver des partisane parmi les gens du monde^ que les effets fréquent**» ment avantageux de Thydriàtrie ont séduits; mais elle né saurait être celle d'un médecin à qui l'expérience a fait connaître, surtout dans les maladies aiguës, des moyens de guérisou plus faciles^ plus expéditifs et bien moins compliqués.
Il n'y a pas assez long-temps que la méthode àë Graefenbergest mise en pratique, pour qu'ott puisse
SUR LES MÉTHODES Dft PEIESNÏTZ. 41
la soumettre rigoureusement aux règles d'â^pré<^ dation usitées dans toutes les sciences expéri*' mentales. Nous manquons encore pour cela dé données suffisantes, et la plupart des faits con-» nus ont été publiés par des personnes étrangères h la médecine, qui ignoraient Part d'observer et dé décrire les maladies. Cependant fi ne manque déjà point de cas h l'égard desquels nous sommes eil droit. d'aflirmer qu'on eût mieux fait de suhrrèuAé autre marche. Ainsi, par exemple, les inflamma'*» tioas du tissu cellulaire, qui ont une si grande tendance à suppurer et à produire des abcès, sont traitées à Gràefenberg par l'eau froide, et Prlesniti; interdit fout emploi de l'instrument tranchant. Ici la méthode est évidemment irrationnelle et fort douloureuse pour les malades; les cataplasmes chauds conviennent beaucoup mieux que les fomentations et les bains froids, qui apaisent bien l'inflammation, mais rendent l'établissement de la suppuration très difficile, et prolongent ainsi la durée de la maladie. Une fois que le pus est formé, il faut lui donner issue, sous peine de le voir fuser vers d'autres parties plus déclives, ou entretenir les douleurs et la fièvre; quand le foyer est situé à une grande profondeur^ des semaines s'écoulent
48 CONSIDÉRÀTIGNS G^ÉRALES
avant que la nature soit parvenue à le rapprocher de la surface^ et à produire une ouverture qui lui permette de s'échapper. C'est un excellent principe sans doute que de laisser la nature agir en liberté; mais c'en est un non moins important d'obéir à ses indications, et de venir à son secours dans les efforts qu'elle fait pour procurer la guérison. Or^telestle résultat d'un coup de bistouri donné à propos dans un cas d'abcès. Approuverait-on celui qui^ au lieu d'inciser le plus tôt possible un anthrax ; se contenterait d'y appliquer des excitans , et resterait spectateur impassible des progrès incessans de la gangrène? Ne vaut-il pas mieux^ quand l'estomac est chargé desaburres, le débarrasser par un vomitif d'action prompte et sûre, que par de l'eau froide, qui n'excite le vomissement qu'en raison de sa quantité, après avoir distendu le viscère outre mesure? Les écrivains sur Thydriatrie soutiennent que le vomissement provoqué par l'eau n'affaiblit pas autant l'esilomac que celui qu'on détermine au moyen des vomitifs; cette opinion doit être rejetée, caria distension de l'estomac, qui doit avoir lieu pour que l'eau amène le vomissement, exerce nécessairement une influence débilitante bien plus prononcée que celle d'une simple poudre.
On pourrait citer d'autres circonstances encore où la prétention de traiter comme le fait Priesnilz, parle seul emploi de l'eau, doit nuire; mais^ sans descendre aux spécialités, il suffit de rappeler cet axiome, consacré par la sagesse des siècles, que nulle idée exclusive ne saurait s'appliquer à la généralité des cas.
D'après la théorie pathogénélique qui sert de base aux traitemens par l'eau froide, cette méthode devrait être également efficace dans toutes les ma* ladies curables, puisqu'on les attribue à des ma« tières peccantes, qu'il faut éliminer du corps, et dont nul autre traitement ne saurait procurer aussi bien l'expulsion, deux voies leur étant ouvertes, l'une par les sueurs, l'autre pa r les exanthèmes et les ulcérations critiques. Cependant j'ai vu à Graefenbergdes malades qui ne pouvaient pas être considérés comme absolument incurables, et qui étaient forcés de partir, sans que leur état eût éprouvé la moindre amélioration, même après un long séjour.
A Graefenberg, on attribue ces échecs tantôt à des erreurs de régime, tantôt à l'indocilité des malades, mais surtout à ce que le traitement n'a point été employé assez long-temps, sans réfléchir qu'il peut y avoir et qu'il y a certainement de
âO CinrSIDÊAÀTUHRS GtMÈiJLtEA
mâflèfev peœtitu» pdiir l'éliminatioil démiiëtles iôlit âot^è otfàn6 Bé^étoire que la peau mérîterâil la pnéMf 6AC6. H oui ne dirons phé 4116 te tràftéihéllt lydriatriqué ^oppoêè au< crise* ^r d'autres ôi'jiâ*^ ûeÈ, comme lei reins, le canal intestitiàT, etè.^ eftf Il exéttè^ EUT le système nèrTebi, une înfluélidé vivifiante qui doit se réfléchir sur tous lei émOfte* toires de l'économie animale, et ne pas demeurer eoneentrée dans la peau ; mais, ce qui est hors de âoiité, c'est que la peau, ayant des relations imi mte df^c les reins* le canal intestinal, eto.^ rexaltatioil dé sa sécrétion apporte nécessairement deS rls<^ trietioiis & celle de ces organes, et par là doit quél^ quefois être cause que la guérison ne s'accomplisse t>as. Il parait bien plus rationnel de concevoir ainsi \ti inSttCdès, et d'en conclure que la méthode ne coiittieâf ^as à tous les cas satis distinction, qae d'admettre FiitâtilIibiHlé de eéice demiôre et vou^ loir qu'on la prolonge indéfittiméât dans les circonstance^ où elle ne rétissit p&s de prime abord. L'observatioti impartiale et froide est la sente qui fournisse des résultats acceptables ou utiles. Or, elle nous apprend qu'il y a beaucoup de maladies chroniques invétérées daàs lesquelles les traite*tàèàt pht PèAu ne guérissent qu'afec lenteur sHiis
su* lia iàti^àbts ht taiËéMiz. et
dôttté^ mais du làdibs ptOcUrént d'heuteux réAnU tats, tandis que toute âutfè ihéthbde tiUrâttvë li'M aifiétlerâit aucun. Elte noua ènàèignë ^ué éf lêl moyens de Priesnitï guérissent souyênl ftvec pIM dé lémeut que àe 16 font d'autres métlKldéS d*éilh ployer l'eau, au moitts pT0Curë6t*IM uHegtUirtiM plus coihplète «t l^lu^ radicale, eh détermittÉAf dé téritabM crises, qui sont l'effet du YtitetàïHÊ^ inetit de raétitité dé rérgànisttii. Mài§ «11» m nôu^ autorise pas à cùiiclttrê que c6S lAofeili puissent triompher de tontes leé É^alâdiei, poilfytk qu'on insiste assea^ sur leur appliôâtiôù. QttUtld, au bout de quatre ou six moiiï, ils n'6nf aiàètié aucun changement dans t^état du malade, 6Û àu^ rait grand tort, la plupart du temps, d'insisté^ dà^ Yântage. D'un autre Cùié, quelques thàUgemefil éû appat^ence défavorables ne doivent pas suffire ^our y faire renoncer, car ils sont fréquemment tel précurseurs d'une crise salutaire.
Si l'on demandait maintenant quelles sont lés maladies contre lesquelles le traitement par l'eau a jusqu'ici été employé avec succès, et où l'on serait autorisé à y recourir, la meilleure manière de résoudre cette question serait de nOUâ eu référer à ce qui à élè dit f^récédemméfii dtt mode d^actiofi dé
fa CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
l'eau sur le corps. Elle doit être surtout efficace contre les maladies chroniques dans lesquelles il y a indubitablement altération générale de la masse des humeurs^ comme les cachexiesi les scrofules, la syphilis, la chlorose, le rhumatisme chronique et la goutte, que ces affections attaquent un système organique tout entier, ou se présentent sous une forme purement locale. On traite également avec avantage par l'eau un grand nombre de maladies des organes digestifs, spécialement celles qui sont accompagnées d'un état pléthorique de la veine porte, comme les hémorrhoïdes , l'hypocondrie, les phlegmasies chroniques qui n'ont pas encore amené une altération considérable dans le tissu des organes , l'irrégularité de la sécrétion du canal intestinal et du foie, la diarrhée et la constipation habituelle^ car, en régularisant la circulation, elle remplit une des conditions les plus nécessaires pour arriver en pareil cas à la guérison. Parmi les maladies des viscères de la poitrine, les congestions qui dépendent des irrégularités de la circulation^ et les catarrhes chroniques dus à un excès habituel de la sécrétion muqueuse des voies aériennes, cèdent très bien à l'eau ; d'autres, telles que les lésions organiques du cœur, peuvent être
SUR LES MÉTHODES DE PRlESIflTZ. ff»
soulagées par elle, mais exigent qu'on agisse avec beaucoup de circonspection^ et qu'on en modifie l'emploi. Les congestions au cerreau, notamment quand elles sont sympathiques, disparaissent sous l'influence du traitement hydriatrique, celui-ci faisant cesser la maladie de Jaquelle elles dépendent ; mais les lésions organiques de l'encéphale ne spnt pas moins rebelles à ce traitement qu'à tout autre, quel qu'il soit. La méthode hydriatrîque triomphe sûrement et promptement des anomalies du flux menstruel qui n e tiennent pas au mauvais état des organes. £lle doit avoir un grandempiresur les maladies du système nerveux, auquel elle fait subir de si fortes secousses. Aussi Priesnitz réussit-il dans les paralysies partielles, les névralgies, la sciatique, le tic douloureux de la face, l'amaurose commençante, et un certain nombre d'affections spasmodiques. Enfin, les exanthèmes, étant déjà par euxmêmes l'indice d'une tendance de la nature à évacuer de mauvaises humeurs par la peau, trouvent dans la mélhode de Graefenberg la réunion de toutes les circonstances propres à accélérer leur guérison. Il y a aussi des maladies aiguës, inflammatoires et non inflammatoires, contre lesquelles ce traitement par l'eau a été employé avec succès, attendu
4ié IHtiké fle létihl causes lén^ tilus fréquentes est le déi^àti^nietit dé Paction cutatiée^ et que la ptùpàrf àû (enkps Ichxf ei^âencé Consiste en une altération deâ humeurs ou eti un dérangeinent de ractiyité s<rii irasculàire j sdit nertettse. Les bons résultats que ce traitement procure aussi quelquefois dans les troubles des fonctions intellectuelles se rattachent d'une part â la puissante action quUt eterce slui* le système neryeux, et d'autre part â là ^uérlsdnquU! procure d^aufres maladies dont ta vësanié n'était qu'un phénomène accessoire.
Examinons tnaintenàilt quels soni les ayantagei par lesquels la méthode hydriatrique l'emporte sur \e& méthodes àUopathiqueS dans les diverses maladies chroniques ou aiguës, et en quoi aussi elle se montre inférieure à ces dernières.
CHAPXTBS n.
Parallèle entre le traitement par l'eau et la méthode allopa* flUq^ie danS les diverses itiâlftdie&.
1. Maladies chroniques, tû dit ce qui Constitue l'esseiice de la maladie eA général; pour montrer jusqu'à quel point la méthdde de ^riesâitt est rationnelle. Je yais être obligé de silitre la même marche pour les dif erseii maladies dont je parlerai brièvement; afin
ffàtHm t n ééàbtmik m insiaitfràîf m»àV^ ^'mmptëêemmi, et AèàémtAïûèftimé M Ut
méAMé 4pk'ïï éôdTiéiit M Éiieluï (U ItMi^pdlÈh, Fhydffâtrï^iie 6tt râllôpàtlifpë.
A. Cachexies»
OU émbrâtië ions dette à|f^lIà<MHi l!bâHÂiuhe uiië feulé dé tndiàdiés chi^âtii^fUel, (lilf AédéitéHI d'irrégcrlarîtéé dâfift la liUtHiioik et d'âtt l^iétf d» oompôéitioti deé sucs fautlitifi^, d'dfi il tééUltC^ 4ù9; peu-â-pefi^ téutf leè systeinés dit earjus iôuffféât |ilUs6Uinoiiiâ^ 4ùe àeà étupiîùùÈ, dés lilûérAtîoM; deâ séek*étioils de dffKréiitès es^èèéi ittitieMtélii I là Éhttatè dé là pèàtf 6t déis «ttèéslil^àtiëé tft tf(j[iîétHII# et tlUë, ^hàni là ttàlàdié é»t parVéhtié S m tti^ àegrêi étlf^ H'épàrgiië métiié pà« îé» #^. Léiéft^éÀ de^ «âtChexf éS dèitetit iàtxitÉm éitë dhèlVhMi «Wt ttii«f tHsië hérédité àtt &tih§ Ûê9 itfSlfWWfe (Ê$ éllmât, ^uel^ùéfbi^ dànèléSrâiâiitiilftéir^yAttAïaé là nôùrritiifé, lé âéfôht dé culttf ^é dé ià jMrS él ritisàlilMté dés kbitàtl6tl[i^, &é^(itéàtïâ(fàt éfit», côâmie pour là iSyitlitlié, ââni tii {tritidipé oôltCi>i^ giéiix dont tout lé côr^S tiéttt i êitë ittipl^ëédé. LMU' gu^risbn présenté plUit ôU âidù^ de dt ffiéftif J.
L^éipériéhcé à à^ftit Itlsp* léi 4\r» IK fflétKditf
66 PABAILfcjtE ENTRE L'HTOBUTIUE
de Friesnitz donne des résultats extraordinaires dans la plupart de ces maladies, telles que les scrofules, la chlorose^ la syphilis^ Thydrargyrose^ la goutte et le rhumatisme chronique. On en pourrait aussi retirer de grands avantages dans certains cas d'obésité et d'hydropisie.
, 1'* La maladie scrofuleuse est sans contredit la cachexie que l'on rencontre le plus fréquemment, et qui porte son action sur le plus grand nombre de tissus du corps. Lorsqu'elle est héréditaire, elle s'annonce, dès l'âge le plus tendre, par la prédominance des sucs blancs, par l'abondance des se-* crétions muqueuses, à la conjonctive, dans les organes respiratoires, dans le canal intestinal^et par des éruptions variées à la peau. Bientôt les glandes s'affectent, se gonflent, s'enflamment, et passent à la suppuration; c'est ce qui arrive surtout à celles du cou, des paupières, de la poitrine et du bas-ventre. Après la peau et le système glanduleux, ce sont les os qui souffrent le plus souvent, ceux surtout d'une texture spongieuse, comme les os du carpe et du tarse, les phalanges des doigts et des orteils ; leur tissu perd de sa compacité, ils se tuméfient et se détachent par petits fragmens , qui sortent à travers 'les ouvertures dont les parties molles sus-jacentes
Et L'AtLÔPATHïE. 67
ne tardent point à se percer. Chez certains sujets, les extrémités articulaires et spongieuses des grands os longs sont frappées de carie, à la hanche, au genou , au coude , au poignet , au coude*pied. Les articulations mêmes des vertèbres sont assez fréquemment atteintes et détruites en partie, d'où résultent des difformités de la taille. Ailleurs les os se ramollissent, et l'on a les symptômes du raehitisme, que les médecins rallient, non sans fondement, à la maladie scrofuleuse. Toutes ces affections traînent souvent des années , malgré les re* mèdes qu'on leur oppose, qui ne les diminuent ott ne les guérissent qu'autant qu'ils détruisent la cause, c'est-à-dire l'altération des humeurs et les irrégularités de la nutrition. Il y a des sujets chez lesquels elles éprouvent une rémission à l'époque de la puberté; mais le nombre est grand aussi de ceux dont alors elles attaquent d'autres organes, les poumons principalement, dans le tissu desquels les sucs blancs extravasés engendrent des tuber*cules, dont le ramollissement constitue la phthi-» sie pulmonaire, maladie si éminemment mortelle. Les filles scrofuleuses deviennent chlorotiques au moment de la puberté; l'écoulement menstruel ne s'éublit pas^ ou ne se fait que d'ane gianière irré-
Jl9lifQili:« ite triste» f nsM d# fici^ofub» «D in»«if#l^
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I^tepaai^ guidUttfttvdM fMfifiiaitfMisratipiiiidif H|Mfofi0 iitmjoiips iV«tta<|tter te mal fiar Ia raeîM ^ iilf iM lateioft i9mm à m ti^U«r tel «aipl sjmp- 0qit9«Muw eUe ehfrdMi à bim diap«uitog les ânepritmsjg la fitttr^on, qnd mu tant la eause prapr^ «Nit Aiy^. Aiant toat, ali^t Ut la beau a6t# du lifilfneQt, alk piassesftt «a ^n»^ à» «se mo? e<- MUa. Sous h^ rapport des alimana et dat haissosa, ifla ffiUa A ce qaa la sujet ne praiina que des ciioaaa tpailea à digéaat et peoiwai à oaffîger ta masse 4m bumaufe» (i)^ Hgia eela ne aufSt pas. Les hum i iif? du aarps aa peuvent élraaordgées^ comme Jif tfafaîdaa de 1a natttra inarta, par des additions 0g4 ap ahatteettt la natttre. Il Csut sans doute
(r) HufeUnd, Trait<Ê de la maladie serù/uUute, trad« par
ÙLçUe di|[e$|ion; mw 1m M^Um ^'^^ 4¥# )4 première ph^se # }a ^^trî)jp)(|, 1^ si^stao^ ^^ gérées doivent pj|s$er ^m le fprrept d/s la pirçi^r liop et y être assimilées?, c'jBç^-i-dirpqii'il (^^x fljae l'économie ep e»tra(î^ tout jBpjjuî a de l'apaise avec les matér^ux dé^à ^y|^si^)ap$» du fipips, ^ |rf jett^ Iç reste en dehprs. Pqpjq, Iç^Jl^ )a tepd^liç^ est maladive, les mja}^iaii;( 4^çt)g«m^ ^PTeiQiX jus,fue dans les inejlleur;i ali¥),e]ï94^$»»ibstai;^# assimilables à leur ipauyi^ ^9tW* > J H'I^âifr p(K$itU>nprédpminmite hHf^miii^tiffR^phlfffqiltS^ il s'en produit jtoujouns de Apjiyiijl^^ ^ Ji^ ^VH*' l^ent dp régime ne cpptrij^ije ^s ^n ip^me taqaf; à mpdifier le travail entier ^ 1^ nutrition^ .I4î#* Quer la quantité des maufaîa^ j|^l9^lpfs daiia ^ tfiTfB, .et à donner une autre diriçiptiop ^tui^op^rartipnsqui constituent l'assimilatipn. Four atteindl^ ce but^ les médecins se s«ryen^ d^ àkvfii^ P^W^^9f« qu'Us désignent, dans le langage de Véço}^,ifo^§)fi npin d'altéraps, et parmi lesqi^ds les ^ailja^qm»^^ }f» moi^uriaux, la chlorure de Jia^riuin^ r|Dde^r«tit^ de ciguë, legajiac, iouissent d'ip^e jrM# llinommée. Us n'ouhUeiM: p^s non plup ç^!mi»
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60 paraltAle entre l*hydriatrie
des systèmes déterminés y comme rassa-fœlida et la garance. Quand on lit tout ce qui a été écrit dans les livres de médecine sur l'excellence de ces moyens^ on est bien surpris de le trouver si peu d'accord avec les résultats de la pratique. On s'estime heureux lorsqu'après des efforts pénibles et soutenus^ on voit un engorgement glanduleux se résoudre^ mais d'ordinaire on renonce au traitement bien avant qu'il ne soit terminé^ si l'on ne veut voir les facultés digestives totalement détruites. Combien de fois ne m*est-il pas arrivé, après avoir soumis pendant plusieurs mois un malade à l'action des médicamens les plus vantés, de finir par déclarer qu'il fallait attendre une révolution climalérique^ qui peut-être viendrait modifier heureusement les choses ! Et quand j'obtenais la guértson> que de doutes pour savoir s'il fallait la rapporter aux moyens employés ou à quelque autre circonstance? Ces doutes ne sont que trop justifiés par l'ignorance complète dans laquelle, malgré le ton dogmatique de nos manuels^ Qous sommes de la manière d'agir des altéranS; d'autant plus que nous n'apercevons pas de crises manifestes, et que, dans d'autres cas analogues^ les mêmes remèdes ne nous tirent point d'embarras*
ET L'ALLOPATHIE. 61
L'empirique seul peut se féliciter du succès, et le rapporter au bon choix qu'il a su faire parmi les drogues de nos pharmacies; mais le médecin qui réfléchit sait bien distinguer les événemens qui ne font que se succéder de ceux entre lesquels il y a réellement un lien de causalité; et, de ce qu'une chose lui a été par hasard utile dans un cas, il ne conclut pas qu'elle doive être également efficace dans cent autres^ où^ à sa grande surprise, elle ne produirait aucun résultat. C'est une des plaies de notre médecine actuelle que de vanter sans réflexion des moyens pendant et non par l'usage desquels une maladie a disparu dans tel ou tel cas donné.
Depuis dix ans, on opère à Graefenbergdes guérisons surprenantes de scrofules. Le point par lequel surtout pèchent les méthodes allopathiques, qui n'ont aucun moyen assuré de modifier le travail de la nutrition, est précisément celui par lequel brille le traitement de PriesniU. Vivifier l'organe culané, que la nature elle-même fait servir à l'élimination des mauvaises humeurs, chez lesscrofuleux, est le premier et le principal but de ce traitement. La masse des sucs de mauvaise qualité diminue chaquejour par les soeurs, pendantque le
4^ PARALLÈLl^ EKTEE L'HYDKIATRIE
l^aîn îmâ et la ddiucbe stimiileiitles lyst^me^ ner- 7#usel Tapculaire^ sans eompter Pimpressioii imi|^4itl6 qu'ils font sur le systèipe lymphatique , 491 lf> p^au recèle une multUnde de ces vaisseaux^ qui transiaettentaux glandes la rtinulation qu'ils imt i^çue. Les sympiémes locaux des serofules, êomme gooflemens des. glandes et des os^ ne sont pè» traités par des emplâtres Iradans et des friclîoas résc^tives, qui irritent la peau sans amener fettoi qu'on désire; ils le sont par des fomentations échaulïantes^ au*dessous desquelles sedéte- Uf^ une vive adSFilé^ qui favorise le renouvelleinaat dematériaus nécsssairesà la guérison. L'usage de l'eau froide en boisson^ l'exercice en plein air et I4 simplieité du régime^ eoaoourrent poi$sammtmt aussi au but. Des erises^ indiquant elaire- «|in| oà le j^oduit morbide réside^ terminent le iMitement. On Toit et on explique phfrsic^ogique- ■Hh^ comment la modification s'<^re^ et l'on f^est plus sur le terrain mouvant de l'aveugle empirisme c les ulcères et les earies guérissent sans que l'estomac soit détérioré par des médicamens^ et sans que la ruine de ses fonctions apporte un invincible obstacle à toute nutrition coil« forme tmt heaaim de la nature.
ET L'ALLOPATHIE. M
Que dé teiii^â tes ulcérations oa éiiiptions ècMftl^ lettses^ même les f>lus èimples, il'etigent-elleît jtàM pour leur giiérison^lorsqii^otiles traite allopatliiquetnent> et coiâbieh n'arriTe-t*ll pas souvent qù'dti doive renoncer à les voir disparaître entièrement ! Mais si fréqueminent lés reproches qu'on adresse à l'allopathie ne sont point fondés^ elle ne saurait échapper à celui de combattre par les méthodes les moins appropriées de toutes les maladies exanthématiques chroniques^ tant celles de nature scrofuleuse^ que celtes qui dépendent d'autres causes. La plupart des éruptions cutanées doivent être considérées comme des efforts critiques dé la nature pour expulser du corps des matériaux de mauvaise qualité, en prenant les tégumens extérieurs pour émonctoire. Leurs formes diverses hè sont point une chose accidentelle, mais dépendent des troubles déterminés qu'elles ont pour but dé faire cesser. Dans quelques cas, celte dépendance saute aux yeux; dans d'autres, l'analogie nous autorise à l'admettre, quoique la faiblesse de nos moyens ne nous permette pas de ^apercevoir; ainsi l'urticaire et la couperose sont la suite de désordres gastriques ; mais on n'a pas encore pu reconnaître en quoi le désordre gastrique auquel
64 PARALLÈLE ENTRE LliTDRIATRIE
succède Purlicaire diflère de celui qui détermine la couperose ou une éruption licheneuse. Les scrofuleux sont sujets au psoriasis, au porrigo^ aux dartres, sans qu'on sache pourquoi telle forme plutôt que telle autre se manifeste dans un cas donné. Mais ce que nous savons, c'est que la plupart d'entre elles annoncent un effort critique. Un traitement qui marche sur les traces de la nature doit avoir pour but de favoriser ces crises, ou du moins de ne pas les troubler. Le meilleur de ceux que les allopathes emploient, consiste à régulariser le régime et à faire usage de bains tièdes, auxquels on ajoute du soufre ou autres substances; mais il y a peu de médecins qui s'en tiennent là, et les malades ou leurs parens, impatiens des faibles résultats qu'ils voient se dessiner, exigent qu'on ait recours à des moyens plus énergiques. Ordinairement alors on prescrit des tisanes sudorifiques, les préparations antimoniales, le graphite, la décoction de Zittmann. Aucun de ces remèdes ne produit l'effet dont la nature témoigne si hautement qu'elle a besoin, celui d'éliminer les principes morbides par la peau seule, ou du moins par elle principalement, attendu que, pour la plupart, ils stimulent l'action d'autres organes sécré-
ET L'ALLOPATHIE. 06
toires, le canal intestinal^ les reins, etc., et que ceux d'entre eux qui agissent comme purgatifs exercent même par là une influence dérivative sur les tégumens. Si les bains tièdes ne sont point propres à fayoriser le travail critique qui s'opère à la peau, parce qu'ils relâchent plutôt qu'ils ne fortifient, au moins ne troublent-ils pas autant la nature, dans ses efforts curalifs, que ces substances si actives, qui accroissent l'afflux des humeurs vers les surfaces sécrétoires intérieures, et les empêchent de se porter vers l'enveloppe extérieure du corps. Cette méthode de traitement procure quelquefois, il est vrai, des résultats en apparence favorables; l'exanthème disparaît, non parce queles ci rconstances qui le rendaient nécessaire ont cessé, mais parce que le nouveau cours imprimé aux humeurs détermine la résorption des matières déposées dans le produit exauthématique, et les reporte dans le torrent de la circulation : aussi une maladie plus chronique encore ne larde-t-elle pas à être la conséquence de ces tentatives savanles.Tout ne s'en réuni t pas moins pour porter aux nues l'habilelé du médecin, tandis que l'homme qui se contente de ne pas déranger la nature, de jouer un rôle à-peu-près passif, et de se renfermer dans les bornes de rexpecla-
06 PARALLÈLE ENTRE L'HTDRIATRIE
tion^ passe pour lâi maladroit et un négligent. Il ne faut pas vouloir tout guérir^ a dit avec raison un de nos praticiens les plus renommés; mais ces paroles ne trouvent malheureusement guère d'écho parmi les médecins.
La seule indication curative que nous croyons devoir établir^ par rapport aux exanthèmes^ celle de les fixer à la peaU; de favoriser l'élimination des principes morbifiques par les tégumens^ de purifier ainsi peu-à-peu la masse des humeurs^ jet de mettre enfin un terme aux désordres qui rendent ces excrétions nécessaires, ne peut être remplie d'une manière plus sûre et plus complète que par un traitement hydriatrique. L'accroissement de l'activité cutanée auquel donne lieu la provocation de la sueur favorise les efforts de la nature pour déterminer l'apparition d'exanthèmes : l'eau froide ne répercute pas ces exanthèmes, comme on le croit communément; elle en fixe la cause matérielle à la surface du corps par l'impression subite qu'elle occasionne, et la réaction qui vient ensuite accélère le travail d'élimination. Les procédés dé Priesnitz font naître des éruptions là où, au commencement du traitement, il n'y avait pas la moindre tendance à en provoquer : on conçoit donc
Et L'ALLOPATHIE. #)
qa'ilft favorisent Cette tendance; lorsque déjà elle existé. Beaucoup dé ces eitauthèaies^ pour aiiiéi dire factices^ ont un cours déterminé^ une période d'inyasion^ une d'état; et une de dessiccation ; d'au<^ très restent long-temps sans subir le moindre chaligement; soit parce que la masse des tumeurs renferme encore des substances analogues à celles qui les ont produites^ soit parce que l'actiTité de là peau ne suffit pas pour achever le travail morbide qui lui est confié. Le traitement par l'eau lève cki deux obstacles^ sans fatiguer les organes digeslilb par des médicamens de toute espèce. De là tant d'exemples de guérisons de dartres opiniâtres^ con<* tre lesquelles les eaux minérales les plus célèbres avaient échoué ^ parce qu'elles ne répondaient pas aux intentions de la nature. S'il est possî-* ble encore de donner des secours en pareil cas^ c'est de la méthode hydriatrique qu'on doit lei attendre^ parce qu'elle fait précisément ce que la nature veut^ tandis que celles auxquelles les mé^ decins ont eu recours jusqu'ici procèdent en sens inverse. Nous pouvions jadis alléguer pour excuse que nous ne connaissions aucun moyen réellement approprié; bien qu'il eût été en notre pouvoir de tirer parfois un meilleur parti de nos resl^onrces^
68 PARALLÈLE ENTRE L'HYDRIÂTRIE
et qu'il eût été fréquemment mieux encore de ne pas nous en servir; mais aujourd'hui nous sommes en possession d'un procédé meilleur^ qui peut être appliqué partout^ sinon dans son complet développement^ du moins d'une manière partielle.
20 La chlorose se rallie d'autant plus naturellement aux scrofules^ que les personnes scrofuleuses sont celles qu'elle attaque de préférence à l'âge de la puberté. Elle a de commun avec cette maladie l'irrégularité de la nutrition et la surabondance des sucs blancs. Le sang renferme trop de parties aqueuses et trop peu de cruor : d'où la pâleur des malades, leur faiblesse générale, la facilité avec laquelle le moindre exercice les fatigue. La composition du sang le rendant impropre à une nutrition régulière de l'individu, on ne doit pas être surpris du désordre qui règne dans les fonctions reproductives^ et qui explique l'absence ou le défaut de régularité des menstrues. Mais souvent ces troubles de l'appareil génital sont le résultat d'un dérangement dynamique, ou d'une altération organique, et si la chlorose s'ensuit, c'est que la rétention du sang menstruel fait rester une foule de mauvais matériaux dans la masse des humeurs. D'ailleurs, il n'est pas surprenant qu'avec une telle
ET L'ALI^OPAIHIE. 69
anomalie du liquide nourricier^ les fonctions du corps soient troublées, notamment la digestion, la respiration, et même l'innervation, puisque les organes ne reçoivent pas le stimulant naturel qui met en jeu leurs propriétés vitales.
Ainsi, les indications curatives doivent consister avant tout à corriger la masse du sang, à améliorer la nutrition, et, s'il est nécessaire, à régulariser l'action des organes génitaux.
Les médecins sont généralement heureux dans le traitement de cette msjadie. Ils possèdent un moyen qui remplit parfaitement les indications , et qui est le fer. Cependant les troubles de la digestion et les mouvemens fébriles assez communs dans la chlorose opposent à l'emploi de ce remède des obstacles qui exigent quelquefois beaucoup de temps pour être écartés. Mais il est toujours fâcheux que la maladie dure long-temps, puisque la nutrition d'organes importa ns souffre, et que le cœur et les poumons finissent par devenir le siège de lésions organiques, qui tôt ou tard compromettent les jours du sujet. Alors même que les circonstances permettent d'administrer le fer^ il y a des cas opiniâtres dans lesquels sou emploi pro-
70 PARALLÈLH ENTRE L'HYDRIATRIE
doit peu ou point de tésultat^ sbus quelcjtlé M¥iW qu'on le prescrive.
Fendant que l'ailopaihie s'appuie^ dfins le traitement de la chlorose^ sur un moyen empirlçiùë^ dont^ à proprement parler^ elle tie connaît pdîiit la manière d'agir^ l'hydriatrie suit une marche qui satisfait aux indications curatiTes^ et qui^ étant parfaitement rationnelle^ doit rarement manquer le but. Des sueurs modérées^ qu'elle provoque par des draps mouillés^ à cause de la faiblesse alors si fréquente^ et de l'excitation du système vasculaire; des ablutions ensuite, puis des bains froids, accroissent l'énergie du système nerveux, et par cela même celle de tous les autres organes ; des bains de siège et des fomentations excitantes autour du coi*ps stimulent l'action de l'utérus et des organes digestifs, et augmentent l'afflux du sang vers l'appareil génital^ but auquel concourent puissamment aussi les bains de pieds froids. Enfin Texercice en plein air ne peut que contribuer à la guérison, en régularisant la fonction des poumons et en activant la circulation. Les médecins recommandent aussi le grand air et Texercice; mais comment leurs prescriptions à cet égard sont-elles exécutées dans la vie ordinaire? Si la malade se décide à faire
ET L'ALLOPATHIE. 71
nue promenade^ elle rentre bient6t pour reprendre l'aiguille. A. Graefenberg^ tous les malades «#Bt obligés de marcher , et ils le font Tolontier^Â A.joutons que les traitemens allopathiques laissent subsister long-temps la faiblesse musculaire^ qui rend la marche pénible, tandis que le traitement par Teau la fait promptement disparaître, et permet ainsi de remplir bien plus t6t une condition indispensable à la rapidité de la guérison. Si donc nous préférons cette méthode dans la chlorose, nous croyons être en droit de le jaire; une théorie rationnelle explique sans peine lei» résultats fournis par l'expérience^ tandis que tout ce qu'on a dit sur le fer n'est qu'un amas de pures hypothèses.
a° La êyphUii et la maladie mercuriêUe. Les trai* tjemena bydriatriques doivent la réputation dont Hs jouissent, à juste titre^ dans ces maladies, autant à leur incontestable efficacité qu'aux mauvaises méthodes employées par les médecins, dont la plupart se traînent encore dans l'ornière de la vieille routine, malgré les puissans motifs qu'ils devraient avoir d'adopter d*aulres règles de conduite.
Pendant plusieurs siècles les médecins n'ont pas
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cru qu'il fût possible de guérir la syphilis autrement que par le mercure. Ils ont varié à l'infini les formes de ce métal et les manières de remployer. Cependant l'exemple d'Ulric de Hulten aurait dû; depuis long-temps^ les convaincre que les symptômes vénériens, même les plus opiniâtres, peuventèlre guéris sans son secours. Les modernes ont, plus d'une fois, agité cette importante question, mais sans parvenir à renverser un préjugé contre lequel cependant les faits s'élèvent en foule de toutes parts aujourd'hui.
La syphilis ne devient une maladie générale que par l'effet d'un mauvais traitement. La cautérisation des ulcères primitifs, quoique fondée sur un principe rationnel, celui de détruire la matière contagieuse dans le lieu même de son insertion, ne garantit pas sûrement des suites de l'absorption, c'està-dire n'empêche pas toujours l'apparition de symptômes secondaires sur d'autres points, notamment dans la gorge, dans le nez, à la peau, etc. Mais elle est bien préférable au traitement mercuriel : celui-ci n'agit sur le poison que pour le faire reparaître plus tard sous une forme plus terrible. Les préparations mcrcurielles neutralisent, en quelque sorte, 1c principe contagieux de la i^yphilis, et
ET L'ALLOPATHIE. 73
forment^ pour ainsi dire^ avec lui un nouvel amalgamC; bien plus dangereux et plus difficile à dé* truire que la maladie primaire. Ulcères rongeans^ gonfiemens et caries des oS; douleurs qui pritoat de tout sommeil pendant la nuit^ telles sont les suites fréquentes de ces traitemens mercuriels qui ont été tant vantés. Si quelques personnes^ çà et là, n'éprouvent pas de tels accidens^ on n'en peut rien conclure^ car les individus ne sont pas tous affectés de la même manière par les influences morbifiques du dehors, et il en est qui résistent aux plus graves atteintes. Les exemples d'innocuité du mercure fnssent-ils même plus communs qu'ils ne le sont^ ce ne serait point encore là un motif pour employer sans crainte ce remède, puisque nous n'a vous aucun moyen de savoir d'avance si le malade aura la capacité de résister à son action délétère. Le traitement sans mercure, qui consiste à près* crire le repos, à réduire les alimens au strict nécessaire, et à faire usage de tisanes sudorifiques, entremêlées, de temps en temps, d'un purgatif, guérit bien plus sûrement, quoique avec plus de lenteur, et les récidives, qui, du reste, ne se voient pas souvent, sont exemptes de tout mélange mer- Guriel, par conséquent moin^ graves et plus faciles
74 PARALLÈLE ENTRE L'HTDRIATRIE
{^ carobaUre. U pro4uit mèmç d'excelleBS «ffets d9Q8las]iihili8 secondaire et compliquée d'hydrargfto^e, taadis quq le traitemeiit par les frictions «npoisonne fréquemment le corps entier sans lessource et conduit plus d'un malade à la pdort. Que les partisans obstinés di) mercure aillent à Graefenberg, ils y trouveront toute une galerie de malheureuses Tictimes de ce métal> qui ne sont que trop en droit de se plaindre des médecins et de leur art funeste t
Le triiitement hydriatrique guérit les symptômes S]rphilitiques et merCuriels les plus opiniâtres., et avec des phénomènes sur lesquels nous devons attendre que l'expérience se prononce plus amplement avant de chercher à nous en rendre compte. On prétend que le mercure dont les malades ont fait usage^ leur sort du corps sous forme métallique^ que les affections qu'il a fait cesser momentanément, sans les guérir, reparaissent au bout d'un laps de temps assez court, que la cicatrice des chanerei se déchire, et que les gonorrhées recommencent & couler. Peut-être y a-t-il eu nouvelle infection dans les deux derniers cas. Quant à l'élimlnatioii du mercure, elle n*est pas aussi invraisemrblable qtutelle le semble au premier aperçu, et les
ET L*AtLOPATHlE. <> 75
tj^raux de la chimie moderne nous ont révélé des faits attestant que les métaux peuvent rester plus ou moins long-temps engagés dans le tissu de nos organes avant que le travail incessant èe l'organisme les entraîne au*dehors par la voie des sécrétions.
Au reste^ quelque peu enclin que je sois ft ap^ prouver Fusage du mercure dans la syphilis^ je ne prétends pas qu'aussi long-temps qu'on croira devoir demeurer iidèle aux erremens de la médecine allopathîque, 11 faille s'abstenir de ce métal dans toutes les autres maladies et l'y considérer Comme nuisible. Ne peut-il pas, en effet, se trouver d'autres conditions qui permettent à l'organisme de s'en débarrasser après qu'il a produit son ' effet? L'expérience a prouvé que le mercure est aussi efficace dans les maladies inflammatoires que dangereux dans la syphilis. Dans les maladies aiguës, l'économie animale réagit contre les in^ fluences du dehors tout autrement qu^elle ne le lait dans les maladies chroniques, et nous verrons plus tard jusqu'à quel point on est fondé à prononcer, contre l'emploi des moyens allopathiques en pareil cas, une proscription aussi absolue que
76 BARALLËLE ENTRE L'HTOHlUTEIE
celle à laquelle ils sont aujourd'hui condamu^s • par les hydriatres.
On Tient de voir que rallopathie elle-même possède, pour traiter la syphilis sans mercure, une méthode qui suffit parfaitement, même dans les cas opiniâtres. Examinons maintenant les avantages particuliers qui ressortent d'un traitement par l'eau.
D'abord, la simple abstinence, associée aux ti-r sanes sudorifiques, ne procure pas toujours une guérison radicale, et elle expose parfois à des récidives, surtout quand on laisse le malade revenir trop promptement à son régime habituel, après la disparition des sjrmptômes extérieurs. A la vérité, . il est difficile de déterminer combien de temps on doit le faire persévérer dans les conditions au milieu desquelles le traitement l'a placé, et l'on doit désirer de mettre le plus tôt possible un terme à ce dernier, parce que l'exiguïté du régime, l'abondance des excrétions par le canal intestinal, la peau, les reins, etc., et le séjour au lit, entraînent une grande débilltation. Aucun de ces inconvéniens n'a lieu dans un traitement hydriatrique. Au lieu d'épuiser ses forces, le malade en recouvre de nouvelles; dans la méthode allopathique, les crises sont souvent incomplètes, et la maladie dis-
ET L'ALLOPATHIE. 77
parait parce que le sol qui l'a supporté n'est plus en état de la nourrir; elle meurt^ mais les signes de sa mort peuyent induire en erreur, et elle peut n'être tombée que dans un état de mort apparente, d'où elle sort au retour des forces; ici, au contraire, nous avons des sueurs copieuses, et d'abon* dantes excrétions par les surfaces ulcérées; l'ennemi, tout plein de Tie, est chassé de son siège pour n'y plus revenir. Les ulcérations critiques qui surviennent alors chez le malade sont très considérables; j'en aï vu, à Graefenberg, qui avaient l'étendue d'une pièce de cent sous, rendaient un pus ichoreux de leur surface sordide et se cicatrisaient avec beaucoup de lenteur; les alentours sont tendus et irrités, le sujet éprouve du malaise, et il a de la fièvre; mais j'ai vu aussi plus d'un de. ceux qui avaient eu de tels symptômes, partir bien guéris et pleins de vigueur. Le traitement par l'eau guérit les symptôioies primaires de la syphilis assez rapidement, les chancres, par exemple, en six semaines environ, pendant lesquelles le malade se trouve souvent parfaitement bien, attendu que quand le mal n'est point encore devenu général, les sueurs journalières dans la couverture procurent à elles seules une crise suffisante.
78 PARALLÈLE fiNT&E L'HTDRIATRIE
Malgré lel ayantages qua le traitmoent par l'eau a incontestablement sur la meilleure des métho** des aliopathiques, je pense que celle-ci devra continuer de rester en honneur tant que les établis-* semens hydriatriques ne seront pas plus taultt-*' pliés^ et parce qu'il y a des constitutions qu'on pourrait se faire un scrupule de soumettre aux procédés de Graefenberg pour de simples ulcéra^^ lions syphilitiques. Ainsi^ par exemple^ un sujet atteint d'affections du cœur se trouTerait certai-^ nement mieux du système d'abstinence , car les traitemens hydriatriques, tels qu'il faut les dé^ ploier pour attaquer le syphilis^ lui porteraient préjudice* Mais ce n'est point ici le lieu d'examiner tous les cas dans lesquels l'une ou l'autre mé-* thode mériterait la préférence»
4° Goiitte et PknMatisme. La goutte^ aTCC ses di*verses modifications^ est un problème très difficile, insoluble métné, pour la médecine. Elle appar» tient également ft la classe des cachexies. Souvent héréditaire, elle est, dans d'autres cas, le résultat d'un mauvais genre de vie long^temps continué) surtout en ce qui concerne le régime , ou d'un dérangement des fonctions de la peau. Cette der* nière cause, comme aussi beaucoup de ses phé*
ET L*ÀtLOPàTHIB. 7f
nomènes^ lui appartient en commun avec le rbitmatistne; dé m&nière que ces maladies ne se dis** tingue&t bien l'une de l'autre que sous leutu formes aigûês, et que Ton confond fréquemment ensemble leurs formes chroniques^ à cause de la grande analogie qui existe entre elles. Les njmp» tomes aigus de la goutte sont des éfifbrts criti** ques de la nature pour faire cesser un mal chfo» niqne dépendant d'anomalies déjà anciennes daiui la constitution des humeurs^ en déposant des sub^ stances de nature particulière sur divers points du corpS) spécialement les articulations, ou les repoussant & l'extôrieut parla voiè^ soit dés uH-' nes^ uA\ de la sueur ; tandis que le rhumatisme aigu attaque les personnes le mieux pôrtantCBi à la suite d^m trouble que les foncti(Mis de la peau ont éprouvé par l'effet d'une variation brusque de la température. Au contraire^ le rhumatisme chronique tient souvent, oomme la goulte> à une prédisposition héréditaire, ou bien il est, de même que toutes les cachexies, la conséquenoe d'une cause morbifique qui a lotig-tempa agi éur le corpsi, et notamment d'une suppression pro^ longée des fonctions de l'organe cutané. On d^ serve aussi, dans ce cas , des déraogemens de
80 PAAALLËliE ENTBE LUTDaiATRIE
l'appareil digestif^ qui sont communément regardés comme un effet spécial de la goutte. En tant qu'une des principales causes de la goutte doit être rapportée à un mauvais régime^ les organes gastriques sont^ sans contredit^ ceux qui se trouvent les premiers affectés ; ils sont la voie par laquelle les influences du dehors parviennent à corrompre, les humeurs et à porter le désordre dans la nutrition entière ; mais^ parce qu'ils souffrent les premiers^ leur souffrance ne constitue pas l'essence de la maladie. D'ailleurs^ ils reçoivent aussi plus tard de nouvelles atteintes, quand la cachexie arthritique s'est déjà développée, comme il arrive dans toutes les cachexies. En outre, ils souffrent également dans le rhumatisme chronique, bien que leur lésion ne soit pas primitive, puisque les influences nuisibles du dehors portent spécialement sur la peau. Les troubles gastriques qu'on observe dans le cours de ces deux maladies en sont donc la conséquence, et non la cause prochaine. -■
Do même que la goutte aiguë, le rhumatisme aigu se juge par les seuls efforts de la nature, au secours de laquelle l'art ne doit venir qu'avec modération. Ici la maladie entière cesse à la fin de
ET L'AUiOPAXHIE. 81
l'accès ; là il n'y a qu'une élimination plus abondante de produits morbides y dont une grande quantité reste encore dans le corps. Lorsque les deux maladies affectent une forme chronique ^ cette réaction puissante de l'organisme n'a point lieu; aussi la crise s'opère-t-elle d'une manière incomplète^ ou même manque-t-elle entièrement. Souvent aussi ^ en pareil cas^ les phénomènes prennent un caractère d'anomalie^ et la force médicatrice de la nature n'est point capable de repousser les matériaux morbides yers la périphérie du corps. C'est alors qu'on Toit la goutte attaquer d'autres organes que les articulations^ par exemple le canal intestinal, l'appareil respiratoire, et devenir par là fréquemment mortelle, ou les nerfs, les muscles, etc., et se comporter alors de même qu'un rhumatisme chronique fixé sur ces mêmes parties. . . ' i
L'allopathie s'est posé pour problème, dans la goutte, de mettre fin à l'état cachectique, et par là de tarir la source des accès ; elle regarde avec raison comme inutile tout traitement énergique des affections locales, qu'elle juge même dangereux, et capable seulement de rejeter la maladie sur des organes plus essentiels. Quand la force médica-
iS PARALLÈLE ËAtAÈ t^HlDllIATRlE
trice delà nature est encore assez énergique pouir déterminer des accès de fièvre qui amènent Uàtt cHse^ les malades^ après ces accès^ se sentent sou^ lagés^ abstraction faite des lésions dont leurs arti'' culations demeurent atteintes^ et ils oublient aisé* metit la nécessité d'en prévenir de nouveaux par des moyens aptes à détruire la cachexie. Plus Pétat cachectique est prononcé, plus la nature rapproche ses efforts critiques; mais, comme la réaction organique s'en trouve inévitablement af» faiblie de plus en plus, les accès de fièvre deviens nent bientôt plus incomplets, et les affections locales moins vives ; les uns et les autres perdent lebr caractère de crise,et la position du malade s'aggrave de plus en plus. Pour combattre la cachexie, l'allopathie s'occupe surtout de régulariser les fouettions des organes digestifs, de la peau et des reins% Elle administre des fondans^ des diurétiques, des sudorifiques^ elle prescrit un régime sévère, et cependant elle n'obtient qu'un faible résultat, parce qu'elle attache toujours trop d'importance aux troubles de la digestion, parce qu'elle s'occupe surtout des symptômes prédominans, parce qu'elle perd trop souvent de vue le point principal, qui est de corriger la masse des humeurs, de ramener
la nutrition à l'état ho^tlial^ et d'accroître aitlftl h pouvoir réactionnaire. Si la langue est cbarj^éi Tappétit faible^ le ventre gonflé^ la constipation opiniâtre^ elle a recours aux évacuans pour chM* ser les matières accumulées dans le canal iiltesti<' nal ; mais cottime ces matières ne sont pas la cauiA de la maladie^ qu'elles en sont plutôt un produit* les moyens qu'elle emploie ont peu de sttoein; dans les cas les plus heureux^ ils ne font dispâ« raitre que les aocidens qui sautent aux jÉûx, et l'état général demeure toujours le mètâëi GtfMge prolongé des évacuans débarrasse satis éMVe lA màtee des humeurs d'une certaine quantité du mauvais matériaux^ surtout lorsqû'dii jr assoëie àHê diurétiques^ des sudorifîques ^ Uêi V&iks tièi)ei| il s'ensuit un peu de soulagemehf/t|â! Âufe jas« qu'à ce que là nutrition^ réduite k dèft èonditi<)ni anomales^ ait accumulé de nouveau Idt produit» morbides^ et par là ramené de nouvéaâ les tri^ tes scènes du passé. Pour dernière re6i6urc« oil invoque les eaux minérales * dé Carlsbàd^- d^ Tœ*plitz^ de Warmbrunn^ de Nehndorf, Ae Yiohy, eté« €elles de Garslbad, entre autres^ jouissent d'une grande efficacité; elles ont plus qu'aucun autre de nos dissolvans, la facujté de débarrasser le corps
84 PARALLÈLE ENTBE LUTDRLàTEIE
d'une £Diile de sabsUnees iiK»lHdes, el même d'exercer une profonde influence sur tout le travail de la digestion; les autres agissent plus particulièrement sur la peau , et contribuent à corriger la masse des humeurs^ en exaltant les fonctions de cet oigane. Mais Texpérience démontre que le soulagement procuré par ces diverses eaux n'est pas durable dans la goutte/et que Fancien état de choses ne tarde pas à reparaître : elles n'attaquent point le mal à sa racine.
Le principal avantage du traitement par l'eau sur toutes les autres méthodes j usqu'id recommandées contre la goutte, tient encore ici à ce qu'il permet de suivre précisément la voie que la natu re nous indique être la seule pour arriver à la guérison^ c'est-à-dire, de provoquer une fièvre critique par laquelle le produit morbide soit rejeté au dehors. L'un des grands inconvéniens de la goutte dépend de ce que , dans beaucoup de cas , la force média» trice de la nature baisse assez pour qu'il ne puisse plus survenir d'accès fébriles capables d'amener une élimination critique abondante; lesgonflemens articulaires sont d'un rouge pâle et pâteux , les sueurs insuffisantes , les urines à peine sédimenteuseS; ou même sans dépôts et les médicamens
ET L'ALLOPATHIE; 86
nepeuYent plus déterminer des effets pour la manifestation desquels l'actiTité de l'organisme se montre impuissante. Mais^ dans le traitement par l'eau, les sueurs corrigent la masse des humeurs, le bain froid stimule le système nenreux, l'exercice, joint à un régime analeptique , relève , dès le principe, les forces du corps , et arec elle la puissance médicatrice de la nature , ce qui permet l'apparition de phénomènes fébriles critiques. Le redoublement d'activité que cette méthode procure à la peau présente encore ce grand avantage, que le produit morbide ne se. dépose pas au milieu du tissu des organes, comme il le fait dans les accès aigus de goutte , de sorte qu'on n'observe pas ces tuméfactions chroniques des articulations , cette rigidité des tendons, cet engorgement des gaines fibreuses, qui empêchant le malade de faire usage de ses membres, et qui le mettent dans un état voisin de la paralysie; loin de là, la matière. morbide s'échappe tout entière du corps par la sueur et par la suppuration des ulcères. ; , , .
Mais, même dans les traitemens hydriatriques, il il est souvent difficile de provoquer une fièvre critique lorsque l'atonie du corps a déjà atteint un haut degré. On s'est quelquefois bien trouvé de
sa PARALLÈLE ENTRE rUTDRiATBIE
passer den heures entières dans le bain dégourdi i même eheak des sujets sur lesquels la douche seni'* blait tle pouvoir plus exercer d'action.
Cette provocation d'une fièvre critique qui , dans les tnaladies chroniques^ procui^ le résultat auqlral l'organisme arrive presque toujours sans nul Secours dans les maladies aiguës, a d'autant plus d'im« portance dans la goutte, que la nature elle-même nous en montre la nécessité, quand cette affection suit son cours régulier. Gomment remplirâitHNi nûû telle indication par des fondans , par des eaux mî* nérales ? Tous ces moyens ne font qu'affaiblir la maladie en débilitant le corps, et lorsque celui-ci recouvre de l'énergie , l'état pathologique se pro« nonce aussi de nouveau. On paf viendrait peut-être à guérir la goutte par les eaux de Carlsbad , s'il y avait un homme capable d'en supporter l'action aussi lotig-temps qu'elle Serait nécessaire pour opérer une guérison radicale i niais il est probable que le sujet et la maladie succomberaient tous deux la plupart du temps avant que te momeâl heureux fût arrivé.
Quant à la question des récidives, l'eipérience nous apprendra si ceux que l'eau rétablit en sont exempts. Elle donne à la peau le pouvoir de résister
kt L*ALLOtATftIË, 8^
pins efficacement aux intiuences nuisibles du de-* hors^ et sous ce rappoi^t elle âeyrait sans doute meltt^e à l'abri des rechutes. Une autre circonstance non moins £aTorable^ est que la guérison n'a rien de fofcé , qu'elle est l'œuyré de la nature elle-même, dont la faculté de réagir a pris plus d'extension^ et qu'en conséquence elle est plus radicale.
La rationalité du traitement hydriatrique n'est pas moins évidente dans les symptômes divers de la goutte , que dans la goutte en général. On emploie l'enveloppement dans des draps mouillés , les bains de siège et l'eau à l'intérieur, contre les accès aigus , afin de modérer la fièvre et de la faire tomber ft un degré qui permette aux éliminations critiques de s'accomplir. On couvre les parties souffrantes, articulations, etc., de fomentations excitantes , parce qu'en activant la sécrétion à la peau, on diminue la tendanceaux dépôts au-dessous d'elle. Le médecin, comme l'homme du monde, frissonne malgré lui quand il entend parler de linges mouillés et froids à étendre sur une partie attaquée de la goutte; mais, toute crainte cesse lorsqu'on se rappelle ce qui a été dit précédemment du mode d'action de ces applications , qu'elles s'é« chauffeiit bien promptement , qu'elles sont douées
68 PARALLÈLE £NTEE L'HYDRUTEIE
d'nne puissante propriété réchaufiante, stimulante, qui fait d'elles un des moyens les plus sûrs pour fixer le mal sur la partie qu'il occupe^ et en prévenir la rétrocession.
Les sueurs et le bain froid jouent aussi un grand rdle dans les formes chroniques de la goutte. Lorsque les dépôts arthritiques ont comme frappé un membre de paralysie , la douche, employée même localement , est un excellent moyen curatif^ en ce qu'elle facilite la rentrée dans la masse des humeurs de tout ce qui est encore susceptible d'être résorbé, et le rend par conséquenr apte à être expulsé ensuite par les ulcérations et les sueurs. Elle détermine aussi parfois, dans les nodosités arthritiques, une irritation telle qu'elles s'enflamment, suppurent et finissent par disparaître. On comprend qu'il ne faut pas négliger l'usage de l'eau à l'intérieur, où elle agit comme diluant des impuretés contenues dans le canal intestinal, et en général comme correctif des humeurs.
. L'affinité qui existe entre la goutte et le rhumatisme chronique, fait qu'il me reste peu de chose à dire de ce dernier. Il s'agit également, dans cette maladie, d'éloigner des substances
ET L'AIXOPATHIE. 99
de mauTaise qualité, qui exigent d'autant plus impérieusement le traitement hydriatique, que la suppression ou l'insuffisance des fonctions de la peam prend plus de part ici à leur production que dans la goutte. La guérison a lieu d'autant plus sûrement, que le rhumatisme n'a souvent pas une opiniâtreté comparable à celle de la goutte; d'ail-, leurs, la remification des tégumens, qui résulte du traitement, est ici un d'autant meilleur moyen d'arriver au but, que les matériaux morbides du rhumatisme semblent sortir par la peau plus aisément que ceux de la goutte, qui, de leur côté, paraissent avoir une affinité spéciale pour d'autres organes, notamment les reins. En outre, les exsudations rhumatismales, telles qu'on les observe autour des articulations, sont plus faciles à résoudre, à cause de leur analogie plus grande avec les tissus organiques, ce qui fait que les gonflemens articulaires dus à une cause rhumatismale cèdent souvent au traitement par l'eau, après avoir résisté à toute autre méthode.
6"* Bydropiste, On ne peut espérer la guérison radicale de cette maladie que quand elle ne dépend pas, comme il arrive presque toujours, de lésions organiques, et qu'elle ne reconnaît pour cause
9^ PARÂIXÊLË fiKTRË L^HYDIUATRIE
qu'une aberration morbide des fonctions de la peau, ainsi qu'il arrive quelquefois danslerhuma« tiiïme et après la scarlatine. Les médecins 6ttt coutume alors d'accorder un6 grande confiance aux diurétiques^ qui produisent souvent de bons eflfets, mais qui fréquemment aussi ne sont suivin d'aucun résultat. Lorsque la cause est bien évi» dente^ il va sans dire qu'on doit commencer par la combattre^ c'est-^-^ire par régulariser les fonctions de la pedu. Les médicamens internes ne coil* duisent guère au but ,* mais on y ftrrive en envelop^ pant le malade dans une couverture de laine et le plongeant ensuite tout en sueur dans le bain froid^ ou^s'il a de la fièvre^ en l'entourant de draps mouillés et lui faisant des ablutions avec de l'eau dé« gourdie; les sueurs deviennent plus abondantes^ les eollections de sémsité diminuent^ et la santé ft* nit par se rétablir.
9* Vûbesité se rattaché en général k une cause profonde. Elle tient à ce que la masse du sang est surchargée de substances hydrogéno«-cafbouées^ dont la nature cherche ft se débarrasser> quand la faculté de réagir est encore suffisante, en la déposant, $ous forme de grai^sci dans le tisaii
XT L*ALLW4THIB. 01
cellolftire soii^cutané» et souTent atiMi dans le tissu d'organes importans. Il y a long-'temps dëJA qu'on a reconnu l'insuffisance des procédai allopathiques^ et même des eaux minérales les plus énergiques, contre Cet état morbide. On parvient bien à diminuer un peu l'embonpoint; mais^ dès que le traitement cesse, les choses revientient promptement au même état que par le passé. L'id^ dication curatiTe, qui consiste à modifier le tra-» vail de la nutrition et à corriger la masse des hu*> meurs, est mieux remplie par les méthodes hydriatriques que par aucune autre ; mais il faut ici> quand on les applique, observer toutes les précautions et toutes les règles qui sont prescrites par la simultanéité de la pléthore et d'une mauvaise constitution des humeurs. Les sécrétions dépassent aisément les bornes ordinaires chez les malades, en sorte qu'on doit éviter autant que possible les fdn» tes crises, parce qu'elles entraîneraient l'épuisé** ment des fdrces> en laisant perdre une trop grande quantité de liquides. Le changement de genre de vie^ l'exercice continua en plein air, et l'usage de l'eau fraîche contribarat d'une manière spéciale à améliorer la masse des humeurs, par conséquent à diminuer la production de la graisseï tandis que
92 PAEAIÊtLE CmiE L*BTB&IATRIE
les autres actes du traitement réduisent peu-à- peu celle qui existe déjà.
B. Maladies chr&niques du hat-^fenfre.
Sous cette dénomination^ on désigne les maladies de ceux des organes digestifs qui sont contenus dans la cayité abdominale, de l'estomac, du canal intestinal et des glandes accessoires, bienqu*à la rigueur elle dût s'appliquer aussi à celles des organes urinaires et génitaux internes. En nous conformant au langage poptdaire, et nous bornant ici à examiner les traitemens des affections chroniques de l'appareil digestif, nous abordons un champ qui, bien que laidement trayaillé par les médecins, laisse encore d'abondantes glanures à recueillir. Les organes de la digestion ont une structure compliquée , et leurs divers tissus sont exposés chacun à des lésions propres ; ils reçoivent leurs nerfe du système ganglionaire, dont la faculté conductrice bornée fait que les changemens survenus n'arrivent pas & la connaissance du malade, ou n'y parviennent que d'une manière très vague, de sorte que les renseignemens fournis par le sujet ne suffisent pas pour éclairer le médecin sur la nature du mal qu'il éprouve. Ces deux circonstances, jointes à l'influence que les maladies du bas-ven-
OT r ALLOPATHIE. «3
tre esLercent si souyent sur le moral de celui qui en est atteint, rendent le traitement fort difficile. Les médecins qui prennent pour guide leurs ma-* nuels et non l'expérience, passent d'un médicament à un autre, attribuant la maladie à l'irritation des ner£}, à la faiblesse, à la pléthore du système de la yeine porte, à une phlegmasie chronique, à des engorgemens. Les gens du monde sont enclins à accuser les nerfs, ou la faiblesse, de tous les maux qu'ils éprouvent, et le langage des médecins, comme Jeurs actions, prouyent qu'ils ne sont pas éloignés d*admettre ces deux causes, qui pourtant sont rares à rencontrer, mais qui ont l'a- Yantage d'être très commodes pour eux, et de n'exiger aucun effort de méditation* Les nervins, les fortifians, les toniques, sont si nombreux qu'il n'y a, pour ainsi dire, qu'à tendre la main, et qu'on ne concevrait pas la fréquence des affections neryeuses, si l'on ne savait pas que tous ces moyens, au lieu de guérir, épuisent l'excitabilité si nécessaire au travail de la guérison, et ne font en réalité que jeter de l'huile sur le feu. Voilà comment un léger désordre des fonctions digestives, qui a été amené par une série d'écarts de régime, une vie trop sédentaire ou le défaut d'action de la
•4 PARALLtl.E IHTEE LWrDRIlTRIE
peau^ et qui s'annonce par la diminution de l'ap*pétit, Fétat suburral de la langue^ un sentiment de tension dans le vmtre^ des j^argouilleBiamr^ ^br borborygmes, l'irrégularité des déjections alvlnes^ etc., devient peu*à*peu une maladie de plus en plus graye, lorsque, comme le font tant d'empiriques, on emploie, pour remédier à la faiblesse dont naturellement alors les sujets se plaignent, une foule de fortifians dirigés contre un prétendu état nerTcux ou une prétendue débilité des organes digestifo, qui cependant sont affectés d'une toute autre manière. En général, une disproportion entre les substances ingérées et les matières expulsées du corps a été la cause première de l'irrégularité qui s'est manifestée dans la sécrétion de la membrane muqueuse gastrique et intesti<nale; cette irrégularité s^aocroit lorsque la peau fonctionne mal, et qu'un genre de rie sédentaire gène la circulation dans le système de la yeine porte; le sang se distribue d'une manière inégale, et il s'accumule dans certains organes, dont les fonctions sont troublées par là. Toutes ees circon* stances influent sans doute sur les nerfs, puisque les nerfs d'un organe malade participent toujours tses souffrances; mais les nerfs ne sont affectés
ET L*Àm>FATmB. 06
que d'une manière seeondaire. Un médecin aage eoBumence^ avant toul, par régler le régime, les alimens^ les boissons^ l'exercice ; il cherche à évacuer les prcNluita sécrétoires accumulés, i»ar des moyens doux, et ses efforts tendent & rétablir l'ordre et l'harmonie dans toutes les fonctions s alors seulement, s'il est absolument nécessaire de fortifter, on peut recourir aux toniques, qui, administrés plus tôt, arrêteraient les sécrétions, au lieu de les corriger; mais, en général, dès que la maladie a été écartée, les forces reviennent d'elles-mêmes. Le meilleur même de tous les tiaitemens allô-* pathiques a son mauvais côté dans les maladies du bas-ventre, et ce défaut tient à l'usage qu'on fait de médicaraens. C'est effectivement une triste nécessité que d'être obligé de confier à l'estomac, dont la fonction a cessé ou s'exécute mal, des substances qui ne peuvent exercer leur action qu'après avoir été décomposées. Ce travail est si pénible, à l'égard d'un grand nombre de médieamens, mixtures, poudres et pilules, qu'il réduit à rien les avantages qu'on serait en droit d'attendre de ces agens. Quand une telle méthode a été suivie pendant des mois ou des années, dans quel état doit se trouver la digestimt liais, en
•6 PARALLÈLE ENTRE L*HTORIATRIE
supposant même que nous nous exagérions la portée de cette circonstance, est-il possible de justifier sous un autre point de Tue la marche que suit la médecine ordinaire? Est-ce donc guérir que de prescrire à un malade constipé une botte de pilules, dont il doit prendre assez pour se procurer une selle toutes les Tingt-quatre ou quarante-huit heures? En procédant ainsi, on écarte momentanément un symptôme, mais on ne fait rien contre l'état morbide dont il est la conséquence. A quoi bon activer pour un instant la sécrétion du foie et du canal intestinal, quand les choses en reviennent au même point dès que le remède cesse d'agir, parce qu'on n'a point détruit les conditions plus générales qui s'opposaient à ce que l'organe remplit ses fonctions d'une manière normale? Nonseulement on n'est pas utile, mais on nuit : on irrite l'organe, et l'on n'arrive pas au but qu'on se proposait; le foie et le canal intestinal sécrètent, par l'effet de l'irritation temporaire à laquelle ils sont soumis, mais la sécrétion n'est normale ni sous le rapport de la quantité, ni sous celui des qualités. Si, au contraire, la nature cherche à éloigner ce qui la gène, en provoquant des sécrétions plus abondantes, une diarrhée, arrêter ce flux de
ET l'ALWPATHIE. 07
ventre^ c^est opposer un obstacle à la guérison^ et cependant cette méthode est mise chaqne jour en pratique. Comment donc doit-on s'y prendre pour guérir? La réponse est toute simple : il faut épargner autant que possible les organes eux-mêmes^ éviter d'agir immédiatement sur eux, et recourir de préférence à la dérivation. Dans les maladies de la poitrine et de la tête, on agit fréquemment sur le canal intestinal, afin d'exercer sur lui une influence dérivative : dans celles des organes du bas-ventre , on ne peut dériver que vers la peau, qui est liée avec ces organes par une si étroite sympathie, et de la suspension des fonctions de laquelle dépendent la plupart du temps les lésions dont ils sont frappés. Les bons médecins n*ont jamais négligé ce traitement dérivatif; mais les moyens manquent pour lui donner le degré nécessaire d'énei^e; les suppurations provoquées à la peau n'influent en général que sur les affections locales sous-jacentes, et, comme nous l'avons déjà dit, les bains chauds procurent rarement les résultats dont on se flattait. Quel prix ne doit*H>n donc pas attacher à une méthode qui^ en détournant le travail morbide du siège sur lequel il s'est fixé, ne met en contact avec la surface interne des
^ PARALLÈLE ENTM yHTDRUTRIE
orgaaea dîgesUfs q^e de l'eau pure, le plus iwocent et le plus doux de tous les dissolraïas ? La valeur de cette méthode ressort mieux encore quand on la compare aux moyens de ViOlopaOïie dans celles des maladies chroniques des organes abdomiuaux qui se présentent le pl^9 fréquemment à l'obsenratioB.
l*» Bypmndrie. Cette maladie, qu'on 4 si ?ouvfiptle tort de con^dérer comme une affection nerYijuse, tient, dans 1» majorité dçs caîi^ surtout chez les hommeç, à la surabondance et ft la circulîition irré^ulière du saug dans le système de la veine poçle et la portion de Tappareil digestif où plongent les racines de cette veiçie. Il suit de là que l'action régulière de ces organes est troublée, que les diverse? sécrétions, tantôt augmentées, lafitôt diminuées, perdent leurs caractères habituelii,quetoutle travail de la digestion Innguit^ fit que ïe malade éprouve, soit dans l^ foiç et la l^te, soit dans les diverse* régions du tube alimentaire, une foule 40 sensations désagréables que l'imparfaite faculté conductrice des nerfs ganglionaires «e leur permet pas de transmettre nettement au cerveau. Ces sensations vagues, ce in«liiif« «putijiuel^drat le malade pe peut bire
ET L'ÀLtOt^ATHlB. M
une peinture etaôte, réagissent d'une manière fà« cbeuse sur son moral, assombrissent son humeur, lui font perdre PeSpérance, et lui présentent tous les objets sous un faux jour. Ce qu4l y a de bizarre et d'obscur dans son état le porte à Toir du danger partout où il n'y en a point; il craint d'être nf* gligé ou mat traité.
L^état que le malade se représente toujours comme dangereux^ n'éveille pas les mêmes soucii chez le médecin ; mais celui*6i doit bien se garder de croire qu'il n'a sous les jreux qu'une maladit imaginaire, car cette erreut le conduirait à des fautes grossières dans le traitement. Les connaiAsanced qu'il a dû acquérir sur la physiologie du système ganglionaire lui expliquent tout ce qu'il y a de singulier dans les récits du malade, et les symptômes qui tombent soua aes sens sont un guide sûr pour découtrir s'il existe ou non des troubles matérielB considérables auxquels doivent être rapportées les plaintes dont ses oreilles sont incessamment frappées (l). Mais comme il est plus facile d'admettre une anomalie de Tinnervation que do reconnaître les lésions organiques, on sup-
(z) Esquirol, Des maladies mentales^ Paris, t83d, t. x*, page t6o.
100 PAUALLÊIiE ENTEE L*HTOJllAT]UE
pose, en général^ celles-ci bien pins rares qu'elles ne le sont réellement^ et Ton s'empresse d'administrer l'assa-fœtida^ le castoreum, la camomille, la valériane, le trèfle d'eau, le quassia amara, l'éoorce d'orange, la gentiane, etc., dont le malade ne retire pas le moindre avantage, ses souffrances el sa tristesse ne faisant que croître. Les exemples fourmillent de tous côtés, car malheureusement le zèle des;médecins à prescrire des drogues rivavalise avec ^'empressement des malades à en consommer, et la ruine complète de l'estomac en est l'inévitable conséquence. Les meilleurs traitemens eux-mêmes produisent peu.d'effet; les eaux célèbres de Garlsbard, de Marienbad, d'Eger, de Kissingen, soulagent pour.quelque temps, mais rien de plus;' la maladie: est redevenue la même au bout de quelques mois, parce^ qu'elle n'a été que palliée, et c'est ce qui. explique le conseil donné par tous les inspecteurs d'eaux minérales, d'y re* venir la saison suivante.
' 2'' Spasmes et estomac. Cette maladie partage le sort de beaucoup d'autres ; • trop souvent on en méconnaît la nature, et on la traite mal. Accoutumés à regarder le spasme comme une affection nerveuse, les médecins n'ont que trop de propem*
ET L'ALLOPATHIE. 101
sion à lui assigner ce caractère, bien qu'il ne lui arrive peut-être pas une seule fois sur cinquante de le présenter réellement. La plupart du temps elle est la conséquence d'une congestion , ou , comme on dit^ d'une phlegmasie cbroniijne. Chaque fois que le sujet prend des alimens qui^ par leur consistance ou leurs propriétés chimiques, irritent les parois malades de Testomac, il éprou* ve, pendant des heures entières, des resserremens douloureux de cet organe, avec nausées et vomissemens , ou un sentiment très pénible de pesanteur. Si l'on reconnaît la nature du mal, et qu'on, évite le plus soigneusement possible tous les excitans, on ne nuit du moins pas, et l'on procure même un grand soulagement, bien qu'il soit impossible, par ces seuls moyens, de prévenir les, progrès du mal et de l'arrêter. On a recours aux émissions sanguines, on administre de doux laxa-, tifs, parce que les malades sont constipés pour la plupart ; on ne leur permet que des alimens faciles à digérer, et, si les douleurs ne cessent pas, on prescrit des antispasmodiques, le bismusth, le. zinc, l'extrait de jusquiame, l'acide hydrocyanique, même l'opium. Sous l'influence de ces moyens,
les douleurs se dissipent, le malade recouvre la.
10 PARALLÈLE ENTRE L'HTbRIATRIE
faculté de digérer des alimens plus lourds^ et il se croit guéri ; mais il ne l'est pas ; on n'a fait qu'émousser la sensibilité des nerfs, et un mo« Hient arrive où les accès reparaissent pltis yiolens que jamais, .parce qu'il s'est opék*é ties change-* mens matériels dans le tissu de l'estomac. Alors» tous les secours de la médecine sotit impuissans, et l'induration passe à l'état caiicéréux. Si la ma*ladie n'a pas même été reconnue, on diminue bien la sensibilité par les moyens que la matière médicale fournit en grand nombre ; mais comme on ne fait rien pour combattre la pblegmasie cbtt>tiique, la dégénérescence des tissus s'accomplit plus rapidement, et le malade arrive plus vite au terme de son existence. N'eût-it même été question que d'une simple affection nerveuse, le traitemekit ordinaire peut-il satisfaire le médecin qui réfléchit? C'est un point que nous examinerons plus loin.
z^'ffémorrhoïdes. Les héâiorrhoïdès sont regardées comme la cause d'innombrables maladies nerveu ses. D'après les idées reçues, elles se jettent sur toutes les régions du corps. Sujet d'effroi pour les malades, elles couvrent souvent les ei^reul^ de diagnostic dans lesquelles tombent les ittéde-
Bt L'ÂlXOPÀTHtE. l«é
cins. Que «ont donc ces hémorrhoïdes si redoux tées? Elles sont la suite de TafflUx d'une trop grande quantité de sang Ters le bas rentre^ et surtout vers les teinesqui i^ont du canal intesti* nal à la veine porte : ces veines se dilatent à leur extr^nité inférieure^ et produisent des tnmeilrs qui, au fond, ne différent pas des varices qu'on observe ailleurs, par exemple au cordon sperma-i» tique et anx jambes, car elles dépendent, comme celles-Hîi, d'an obstacle à lA libre circulation du sai^. De mètne que ces dernières ne se déplacent pas, de même on ne peut admettre une métastase des hémorrhoïdes, et une si grave erreur n'a pu s'impatroniser en médecine, qu'au grand détriment des malades. On a imaginé un traitement presque spécifique contre lés hémorrhoïdes, et on l'applique partout où l'on se croit en drmt d'ad* mettre une cause hémorrhoïdale. S'il existe un crachement de sang chez une personne à l'anus de laquelle se voient d^s tumeurs hémorrhoïdai^ res, ondit que les hémorrhoïdes se sont jetées sur la poitrine, on applique des sangsues à l'anus, ou même on se contente de prescrire du soufre en poudre, et l'on oublie de combattre TafFection dont les poumons soht atteints. Si un sujet hé^
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morrhoïdaire tonsse^ ou s'il éprouve des congés* lions vers la tète, c'est encore la même cause qu'on accuse et le soufire que l'on emploie. Le mal qui résulte d'une si malencontreuse théorie est incalculable.
Les hémorrhoides sont bien plus souvent la conséquence que la cause d'autres maladies. Leur origine se rapporte fréquemment à la pléthore abdominale, et naturellement alors elle se confond avec celle des autres souffrances auxquelles le malade est en proie. La cause de cette pléthore varie beaucoup; tantôt elle tient à uneprédispo* sition héréditaire, tantôt elle, dépend d'un changement morbide des organes à travers lesquels circule le sang de la ^ veine porte, ou d'un déCaïut de proportion.entre' les. sécrétions et excrétions du canal digestif et les substances qui y sont journellement introduites;' enfin, certaines maladies, des organes . Ihoraciques , des poumons et * du . cœur, gênant la petite circulation, réagissent aussi . sur celle du bas ^ventre, et d'autant plus vivement qu'ici le cours du sang est ralenti par des circonstances de diverses espèces. Yoiià. pourquoi, les sujets atteints de maladies des poumons ou du cœur se plaignent si souvent d'hémorrhoïdes,
ET L'ALtOPATHOS. m
qui 9 chez eux, sont un effet et non une cause. On ne saurait croire combien il se commet à cet égard d'erreurs de diagnostic, et par conséquent aussi de thérapeutique, qu'on cherche cependant à justifier par des raisonnemens plus ou moins captieux. Qu'un malade vienne k cracher du sang en abondance, la déplétion qu'éprouve la petite circulation doit s'étendre aux vaisseaux du basventre, en sorte que les hémorrhoïdes diminuent ou disparaissent ; mais on conclut que celles-ci se sont jetées sur la poitrine, ou bien on s'autorise des bons effets que le soufre et la crème de tartre déterminent, à l'instar de tous les laxatifs, dans les congestions. vers la poitrine ou la tète, pour supposer que celles-ci sont de nature hémorrhoïdale. Non : le crachement de sang et les hémorrhoïdes sont alors, comme beaucoup d'autres symptômes concomitans qu'on met également sur le compte des hémorrhoïdes, la conséquence de l'accumulation du sang dans les organes de la poitrine et du bas ventre ; mais, la ténuité et la délicatesse des vaisseaux de la poitrine rendent la transsudation du sang à travers leurs parois beaucoup plus facile qu'à travers celles des vaisseaux du bas ventre, et c'est avec raison que la méde*
106 PARALLÈLE ENTÏIÉ L'HYDRIATKIE
dne dllopathiqbe therche à pi*évenir la premiéi^^ & fatôriseï^ la secondé ; car, du côté du rectum, Tévacuatiôti n'a pas les dangers qu^elle eiitratûé dans un ôrgàné aussi essentiel à la Tie que le pou* nion, et obligé comme lui à un déploiement coh* tinuel d'activité.
Quant au traitement des af fectionls du bas-ventre qui accompagnent ordinairement les béinorrhoîdes, quoiqu'elles ne soient pas provoquées par elléis^ l'indication qu'on cherché à remplir, celle de diminuer là masse des tumeurs dans les organes qui en contiennent trop, est parfaitement rationnelle. On applique pour cela des sangsues à l'anus, soit pour soustraire du satig, soit pour l'appeler en plus grande quantité dans les veines distendues, et détertfiiner sa trànssudatiôn à travers leurs parois, c'est-à-dire. Un flux hémorrhoïdal. A ce moyen on associe PUsage intérieur de substances qui sollicitent la sécrétion de la membrane muqueuse du canal intestinal, du rectum principalement, et provoquent ainsi une évacuation semblable à celle que la nature amené souvent d'elle-même, lorsqu'elle fait naître ce qu'on appelle des hémorrhoïdes muqueuses. Les meilleurs inédicamens pour arriver à celte fin sont les sels neu-
ET L'ALLOPATHIE. Iû7
très, et surtout le soufre : il faut rejeter sans hésitation les drastiques, tels que l'aloès et le jalapi malgré l'emploi assez fréquent qu'on en fait. Mais ce traitement a de grands inconvéniens. U s'agit ici npn pas d'une pléthore générale, mais d'une congestion purement locale ^ par conséquent les émis** sions sanguines portent souvent atteinte aux forces des ipalades^et Ip flux hémorrhoïdal lui-même, malgré )e soulagement local qu'il procufe, peut fréqiiemment réagir d'une manière fâcheuse sur te ciprps entier : les laxatifs ne produisent pas non plus tout l'effet qu'pn devrait attendre d'eux, parcç qu'en irritant, ils accroissent l'afQux du sang TÇF^ les organes, ce qui compense et au-delà Ifis^ résultats avantageux des évacuations qu'ils déterminent; en ce qui concerne le soufre, il ne déploie pas toujours son action spécifique, et qmni PU en fait usage pendant long-temps, il ne mapque pas d'augmenter les désordres dans l'appareil digestif. Les eaux minérale^, celles de la Bohème principalement, sont la dernière ressource des midades favorisés du c6té delà fortune; les moins heureux sont obligés de supporter patiemment Ifiur sort, et trop souvent de le voir aggravé par le $èU inconsidéré des médecins, tandis que les
108 PARALLÈLE ENTRE L'HTDRIATRIE
autres trouvent^ sinon une guérison radicale, du moins un certain soulagement.
Le traitement hydriatrique obvie-t-il à tous ces inconvéniens? La théorie et l'expérience nous apprennent ce qu'on peut attendre de lui dans les affections du bas-yentre. Débarrasser le corps des humeurs surabondantes ou de mauvaise qualité, régulariser l'action des vaisseaux et des nerfs, et ramener par là l'harmonie dans les fonctions de l'appareil digestif, tel est le but que l'on doit se proposer quand on procède au traitement de ces maladies. L'allopathie emploie, pour y parvenir, des évacuans^ des stimulans, des excitans, des caïmans, des moyens chimiques dont l'action porte directement sur les liquides de l'organisme, et, dans le choix qu'elle fait, elle se laisse guider plus par les symptômes prédominans que par l'appréciation de l'état morbide considéré dans tout son ensemble. Nous venons d'appeler l'attention sur les vices de cette méthode, sur les inconvéniens des substances médicamenteuses en général dans cette classe de maladies, et nous avons fait voir aussi toutes les funestes conséquences qu'une erreur de diagnostic peut entraîner. Nous n'imiterons pas ceux qui disent, à l'honneur du traite-
ET L*ALLOPATHIE. 109
ment hydriatriqu/e, qu'il n'exige point un diagnostic aussi rigoureux, l'erreur ne pouvant jamais alors être aussi grave que quand on oppose des irritans à une phlegmasie chronique, car une connaissance exacte des maladies est toujours indispensable, à quelque méthode qu'on se propose de recourir ; mais son grand avantage consiste en ce qu'il n'exerce presque pas d'action immédiate sur les organes malades, en ce qu'il ne s'attache pas spécialement aux sympt6mes, en ce qu'il ne cherche pas à rétablir l'appétit de force^ avant que l'estomac ait recouvré la santé, en ce qu'il ne tend pas à irriter l'intestin et le foie malades, pour les obliger à sécréter, ce qui ne peut manquer de les rendre plus malades encore qu'ils ne le sont déjà. Son but est de remédier au mauvais état des or-> ganes digestifs, en agissant sur l'organisme entier, et régularisant chaque fonction, après avoir ra* mené l'ordre et l'harmonie dans tout l'ensemble de l'organisme. La liaison intime des fonctions du foie et des membranes muqueuses internes avec celles de là peau, fait que le meilleifr moyen de remplir à-la*fois toutes les indications, est de détourner le travail morbide vers ce dernier organe. On ne peut mieux remédier à la pléthore, aux
no PARALLÈÏ.E EMTRK L'HYDRIATRIE
Stases du sang dans le système de la Teine porte, aux congestions vers telle ou telle partie^ qu'en appelant les humeurs à la peau, et les y distribuant atec régularité: or^ c'est ce qu'on obtient par la provocation des sueurs, surtout quand on y a préparé les tégumens par des lotions froides. S'il existe un moyen de guérir les pblegmasies chroniques et même d'en prévenir les tristes conséquences, c'est-à-dire les exsudations dans le tissu des organes du bas-ventre, ce ne peut être qu*en détournant les sucs du théâtre sur lequel ces transformations tendent à s'opérer, en les amenant ail* leurs, et la méthode la plus efficace est celle des sueurs, suivies du bain froid, de la douche et du bain de siège.
Nos laxatifs, nos fondans, nos eaux minérales font précisément le contraire. îls augmentent l'afflux des humeurs vers le point malade, et ils irritent ce point, ce qui explique pourquoi, quand les organes de la digestion ont déjà subi une dégénérescence delissu, les plus énergiques d'oîUre ces moyens, notamment les eaux de Carisbard, dîi*rminent une aggravation très prononcée. Le s ul remède interne que les trailemens hydrialriques mettent en rapport immédiat avec les organes ma-
»r L'ALLOPATHIE. 111
ïàièn, est l'eau froide; le plus doux de foui lesdissoltans^ qui ne les ^sollicite jamaMà déplojrer une action capable d'exercer sur eux une influence nui« îilble^ et qui contribue aussi doucement que pos«- Sibleà ranimer et à régulariser les fonctions^ pou^ vu toutefois qu'on n'aille pas, par excès de zôlOi outrepasser les bornes que la prudence prescrit. Quoique la méthode- hydriatrique cherche I guérir les maladies chroniques des organes di-* gestib en opérant une révolution générale âani féconomie^ elle ne néglige pas non plus certaine sympt6mes qui sont fort & charge aux malades. Elle s'efforce d'entretenir le ventre libre ^ d'arrêter tn de favoriser la diarrhée^ de faire cesser les aU fections spasmodiques de l'estomac et du canal intestinal. Sans doute elle n'y parvient pas toujours aussi Tite que la médecine allopathique avec ses médicamens, mais du moins n'entraine*t-elle aucun des înconvéniens qui sont inséparables de ces derniers^ quand elle a recours aux lavemens ïroîds , aux fomentations réchauffantes sur le basventre^ et surtout aux bains de siège. Ce que les médecins cherchent à obtenir par le casloréum, i'assa^ la valériane^ la camomille et les teintures éthérées, dans l'hypocondrie et l'hystérie , par le
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bismuth , le jusquiame, l'exlrait de noix vomiqae et l'acide by drocyanique dans les spasmes supposés et réels d'estomac ^ par le soufre dans les bémorrboïdes, elle l'obtient en administrant à propos des bains de siège ^ tant il faut peu de chose pour satisfaire aux exigences de la nature. Tandis que l'allopathie emploie vingt substances narcotiques pour amortir la sensibilijté du système ganglionaire , et tout autant d'irritans pour le stimuler dans d'autres cas, Thydriatrie n'a besoin que de l'eau seule pour apaiser un orage menaçant, comme poar redonner du ton et de l'énergie aux organes. Si à cela on joint un régime approprié et beaucoup d'exercice en plein air, il est rare qu'on manque le but, et l'on évite tous les maux qui ressortent de l'abus des médicamens.