C. Maladies des organes sexuels de la femme
Nous avons déjà eu occasion, en parlant de la chlorose, d'examiner jusqu'à quel point on peut compter sur l'efficacité des diverses méthodes de traitement dans les anomalies du flux menstruel. Il nous reste donc seulement à passer en revue quelques autres maladies de l'appareil sexuel chez là femme.
La leucorrhée estuneaffectionaussiopiniàlre que
ET L'ALLOPATHIE. 113
commune^ et son traitement yarie suivant qu'elle dépend soit d'un état de pléthore^ soit d'une faiblesse générale ou locale. Dans le premier cas ^ on doit employer tout ce qui est capable de diminuer la masse des bumeurs^ et dans le second^ ce qui exerce une influence fortifiante^ générale ou locale. Les médecins réussissent mieux dans la première forme que dans l'autre ^ qui, lorsqu'elle persiste long-temps 9 débilite les malades d'une manière inquiétante. On emploie souvent le fer et autres to* niques pendant des mois entiers sans résultat^ en y joignant des injections, dont on doit attendre peu de chose y attendu le peu de temps que les liquides restent en contact avec les parties. Le seul qui puisse avoir quelque utilité, est l'eau froide, parce qu'en vertu de sa basse température , elle exerce instantanément une action fortifiante et styptique. Les médecins connaissent depuis long-temps ses bons effets dans les flueurs blancbes et autres maladies dépendantes de la faiblesse des organes génitaux, et c'est ce qui fait qu'ils ont fréquemment recours aux bains de rivière et de mer. Mais l'eau de source froide doit agir plus efficacement encore, lorsqu'on l'emploie sous forme de bains de siège. En ajoutant, s'il y a faiblesse générale, les lo- .
114 PABALLÉIiB WTU L'«nHmULTRlR
tioos froidM daos to d«Ra<4mi, wle him UvA •ntier prit tans provocation préalable do la t«<^pr, on peut 80 dispenser de tons médict^iofna, f| Feffet ne se (ait pas attendre long-temps«
priesnita eonseiUe aussi les bains do siôgo ans femmes enceintes, pendant les derniers mois do leur grossesse, oomme un moyen de rendre Tac* coucbement plus facile, en fortifiant la matrice, et de pi^venir les fausses couches , quand il y a pr6« disposition & PaTortement. Ces bains me semblont inutiles dans le premier cas , la parturition étfnt une fonction si naturelle, que les femmes mème^ les plus débiles l'acoomplissent très bien; il finu^ drait, pour être autorisé à^ recourir, pouvoir présumer d'avance que le tissu de )a matrice es^ frappé d'une grande atonie. Dans le second cas^ les bains de siège sont d'autant j^s reeomman^ dables ^a'k ravantage de praeurer du repoa, ils joignent celui d'être un excellent fortifiant ; mais il Caut que la propension à l'iiYortement soit une conséquepce de la faiblesse, car, lorsqu'elle tient à un état maladif de la mère ou de son fruit, toutes les ressources de l'allopathie et de l'hydria^ trio doitent également échouer. Il serait utile d'ad^ ministrer les baips de siège froids aux femmes at-*
ET L'ALLOPATHIE. l%$
teintes d'un yice de position de la matrice «yant$s| source dans le relâchement des ligamens ronds.
le traitement bydriatriqne promet d'être d'un grand secours aussi dans beaucoup d'infirmité qui accompagnent l'âge de retqur. A l'époque de la ménaupo^e s les femmes souffrent surtout de l'ir-* régularité de la circulation et des congestions qui s'ensuivent dans divers organes. Là masse des hu^ meurs suffirait encore à des évacuations régulières, mais la matrice n'a plus asae« d^énergie pour pro» curer oes espèces de crises périodiques; l'activité plastique , modifiée on éteinte dans cet organe, se rejette sur,d'autres, où elle engendre des (Irûv duito morbides. Le moins fâcheux de ces produits est nqe formation de graisse restreinte dans de justes limites, et qu'on observe fréquemment en effet chez les femmes qui ont dépassé l'âge critique. D'autres, plus redoutables, sont des pblegmasies chroniques, qui déterminent des dépèts de diverse nature dans le tissu d'organes plus ou moins im-» portans ; l'épaississement des tuniques de l'estomao, l'hypertrophie du foie et de la rate, l'induration de$ seins, la dégénérescence des ovaires > Pulcéra-ition de la mfitnce, etc. Toutes ces maladies, aux« quelles on en pourraitajouter beaucoup d'autres en*
110 PARALLÈLE ENTRE L^HYDRIATRIE
core^ n'ont généralement pas un mauvais caractère dans le principe^ et souventmème le médecin n'en est informé.que quand elles ont fait assez de progrès pour opposer d'invincibles obstacles à la guéri* son. Quelque peu partisan que je sois des traitemens prophylactiques, parce qu'il me parait absurde de vouloir lutter contre un ennemi qui n'existe pas encore, je ne dissuaderais pas une femme sur le retour de s'y soumettre, s'il se manifestait chez elle de la tendance à la production d'une maladie locale, par exemple, des congestions fréquentes sur un point ou sur un autre, parce qu'& cette époque de la vie, la disposition aux formations morbides a une grande prédominance. Le meilleur de tous me parait être celui par l'eau. Ce qu'on doit se propo* ser, en pareil cas, c'est non seulement de diminuer la masse du sang, mais encore d'en corriger la composition, car celle-ci doit s'altérer à la ces* sation du flux menstruel, qui, dans les années antérieures, avait suppléé à la respiration, généralement insuffisante chei les femmes pour parachever l'hématose. D'ailleurs» il importe, durant les premiers temps de la ménaupose, de mettre les organes essentjelsàl'abri des congestions auxquelles donne lieu la surabondance persistante des humeurs, et
ET VALLOBAXHm. 117
de contribuer à rétablir l'éipiilibre de la circulation. D'après ce qui précède^ on peut juger que la métbode hydriatrique remplit toutes les indications, tandis que les moyens de la médecine ordinaire ne répondent qu'à l'une .ou à l'autre. Il suffira souvent de s'y soumettr&durant quelques mois pour étouffer le germe d'une maladie naissante, au lien qu'en laissant ce germe grandir et &e développer, il faudrait des années pour obtenir la guérison, en supposant même qu'elle fût encore possible. On peut bien douter que de véritables squirrbes guérissent à Graefenberg, comme l'assurent divers écrivains ; mais il' est certain que le traitement par l'eau fait souvent disparaître, avec beaucoup de promptitude, des engorgemens qui, si on les avait n^ligés, auraient pris un caractère
malin.
D. Maladies chroniques de la poitrine.
Un grand nombre de maladies des poumons et du cœur se rattachent à une prédisposition innée, de manière que le sujet en apporte le germe au moment même où il vient au monde ; ou bien elles succèdent à d'autres affections aiguës, qui ont entraîné une altération du tissu organique. Celtes-là sont malbeureusement incurables, et l'on éprouve même
118 PARALLfiLl WIAB L'HTliRIATEIE
de grandes diffienltét ft soulager un peu les YictU mes qui leur sont vouées. Il n'y a que les maladies nerreuses des oi^^anes thorachiques^les phlegmaaies chroniques dont Pintennté n'a pas été poussée trop loin, et les flux muqueux chroniques, qui soient susceptibles de guérison radicale. Q^t surtout dans les catarrhes anciens qu'on arrive le plus sArement i cet heureux résultat. Ces catarrhes sont souvent des maladies fort opiniâtres, qui conduisent le malade aux piHles du tombeau, et auxquelles une fièvre lente se joint, comme i la phthisie pulmonaire^ avec laquelle, par ce motif, il n^t pas rare qu'on les confonde. Dès qu'ils ne sont point accompagnés d'une désorganisation de la membrane muqueuse, ils doivent tout aussi bien céder à ime méthode rationnelle que les diarrhées chroniques, qui dépendent d'un état analogue de la membrane muqueuse du tube intestinal. Mais trop souvent les médecins ne se font une idée juste ni de la nature du mal, ni des remèdes qu'il convient de choisir*
Les membranes muqueusesen général sontchargées de sécréter des mucosités. Cette sécrétion, de même que toutes les autres, indépendamment des usages looaux qu'elle peut avoir, sert encore à esh-
£3? VAIXOPATHIB. 110
retenir la masse des humeurs dans un état conveualde de eompûsition. Noiis aTons déjà dit cpie quand Fac^n d'un organe sécrétoire quelconque Tieft à être troublée, la nature cherche à compenser le dommage qui résulte de Ui pour la masse des humeurs en exaltant celle d'un autre organe entre lequel et celui-U règne un eertain rapport 4e réciprocité, Qr, une relation de ce genne existe entre la peau et la membrane muqueuse dea apparais respiratoire et digestif, sur lesquels réagissent tous les troubles dont sa fonction vient à être frappée. Si la masse des humeurs est malade, comme il arrive toutes les fois que le travail de la nutrition souffre^ c'est par la peau et les membranes muqueuses qu'ont lieu ordinairement les efforts oritiques tendant à ramener l'équilibre, et ces efforts porteront d'autant plus sur les membranes muqueuses que la peau sera plus inerte, faute de culture. De là résulte un plus grand a£flux de sang dans les organes qu'elles tapissent; cet afflux détermine une irritation, qui a pbur conséquence une sécrétion plus abondante de mucosités, avec efforts pour expulser le produit au dehors, ce qui donne lieu à la toux, avec expectoration, ou à la diarrhée, suivant que la scène se
120 PARAtU^E EMTEE L'HYDRlATElË
passe dans les poumons ou dans le canal intestinal . Pendant qu'à la peau les substances éliminées s'échappent sous la forme gazeuse^ qui les soustrait à notre vue, ou sous celle de sueur^ dont nous pouvons à chaque instant nous débarrasser sans nul obstacle, un accroissement de la sécrétion muqueuse dans les organes respiratoires et digestifs nécessite un surcroit d'action de la part de ces organesy pour rejeter au dehors le produit qui porte le trouble dans leurs autres fonctions. C'est donc agir d'une manière fort mal raisonnée que de chercher alors à diminuer la sécrétion des membranes muqueuses par des médicamens portés directement sur elles ; la conséquence immédiate de cette méthode, malheureusement trop usitée, est que la sécrétion et l'excrétion cessent bien pour un certain laps de temps, mais que, l'afflux des humeurs ne diminuant pas, les vaisseaux des poumons ou du canal intestinal s'engorgent de plus en plus, et qu'on voit survenir une irritation très fotigante, qui s'annonce par la gène de la respiration et la toux, ou par des coliques et le gonflement du ventre. L'action des médicamens cesse-t-elle, la sécrétion reparait plus abondante que jamais, l'expectoration ou la diarrhée augmente, et les forces
ET VàLLOPAXUlE. 131
du malade baissent bien plus qu'elles n'auraient faàt si le travail morbide avait continué sans interraption^ mais à un degré modéré. Il est déjà mie«x d'employer des moyens qui aident doucement à la sécrétion et à l'excrétion^ puisque c'est suivre la marche tracée par la nature; cette méthode conduit souvent au but dans les maladies aiguës, surtout lorsqu'on réussit à charger la peau d'une partie du travail nécessaire à la guérison, en y provoquant des sécrétions artificielles^ soit par les vésicatoires, soit par la pommade stibiée. Mais, dans les maladies chroniques, il faudrait insister trop long-temps sur les remèdes internes pour pouvoir espérer d'eux un effet durable. Et «bailleurs en quoi consistent ces moyens? Si nous laissons de c6té ceux dont il a été question, tout-à-l'heure, et qui arrêtent l'excrétion» nous avons pour les organes thoraciques les fondans et les expectorans^ pendant l'usage desquels il est toujours difficile d'éviter une irritation locale : on cherche bien à diminuer cette irritation par des narcotiques, la jusquiame, l'acide hydrocyanique, la thridace; mais on ne réfléchit pas que ces médicamens rendent Faction des autres plus difficile, parce qu'ils paralysent la faculté réactionnaire de l'organisme. Enfin
122 PARALLÈLE ENTRE LUTDRIATRIE
on ne peut donner aux démetib externes aaii^ d'étendue pour que^de leur action^ il râsuUe aiiti« chose qu'une simple oontre^irritation locale*
Le traitement hydriatrique n'a aucun des inew- ▼émens des mâhodes allopathiques, et il en possède tous les bons effets^ à un degré supérieur encore. La dérivation qu'il détermine s'étend à la peau entière; redonnant à cet organe son activité r^lière, il diminue naturellement celle des membranes muqueuses. La théorie et l'expérience se réunissent donc pour prouver que la méthode de Priesnitz produit ici ce qu'on attendrait en vain de l'opium^ de l'acide hydrocyanique, de î'acâate de plomb, de l'alun^ du soahe doré d'antûnoin^, de Paunée et du polygala de Virginie.
E. Maladies chroniques des nerfs.
Ifoins nous connaissons l'essence et les fonctions d'un système organique, chez l'homme en santé, plus aussi sont bornées les connaissances qu'il nous estdonnéd'acquérirrelatiyementlisesmaladies.Les travaux d'Ehrenberg, de Muller et de Yalentin ont répandu sans contredit une vive lumière sur la structure et les fonctions du système nerveux, mais ils ne nous ont pas tout dévoilé encore, et, quant à ce qui concerne les maladies de ce système, l'his-
ET LVOJiOPÀTHnU 123
toire en e$i fori obscure ^ préoisément parce qu'il ne nous est presque jamais permis d'aperceToir las changemens matériels auxquels elles sont liées.
Nous pouvons distinguer deux directions dans la manière d'agir des nerfs : oelle du centre à la cir^ conférence^ ou du cerreau et de la moelle épiniôre aux extrémités périphériques des nerfi disséminés dans les tissus des organes, et oelle de* la périph^ rie au centre. Sans la première, nulle partie du Gcurps ne serait en état de remplir ses fonctions ; sans la seconde, les impressions des états divers de nos organes n'arriyeraient pas è notre oon*science. Il survient, dansées deux directions, des changemens morbides qui doivent être très fréquens , parce que les états de chaque oi^gane réa^ gissent |ur le système nerveux en raison directe du plus ou moins de part que celui-ci prend à la texture de chacun, et parce que toute anomdie de la masse du sang porte atteinte à la régularité dps fonctions de ce système. On sait déji que nous devons souvent chercher la cause des troubles de l'action nerveuse en dehors du système nerveux, et que les maladies primaires ne sont pas plus communes dans celui-ci que dans un autre système quelconque. Il suit encore de Ift que les ma-
124 FARALLÈLB ENTRE L'HTDEIATEIE
ladies nerveuses primaires sont les plus difficiles i traiter 9 parce que nous ne connaissons pas la nature du principe qui agit dans les nerfi ; et Ton doit être surpris de ce que les médecins voient si souvent des affections nerveuses là où d'autres idées théoriques s'accorderaient mieux avec la nature , et seraient d'un meilleur résultat pour la pratique. Une inflammation, un rhumatisme, une congestion sanguine, une irritation gastrique, qui agissent sur les nerfs, devraient être traités par des moyens de l'effet desquels on pût se rendre compte jusqu'à un certainpoint; car, ne voir partout que des maladies nerveuses pures, primaires, c'est appeler en champ clos un {ennemi dont on connaît si peu la nature et les forces, qu'on ne sait pas même s'il est attaquable par aucune des armes dont nous pouvons disposer. H est vrai qu'avec le temps l'expérience a mis en crédit une foule de moyens qui, sous le nom d'excitans, de caïmans, d'antispasmodiques, sont employés contre les différens états, vrais ou supposés, des nerfs; beaucoup d'entre eux, comme la valériane, le musc, l'esprit de corne de cerf, etc., se font remarquer par une odeur plus ou moins désagréable; mais, s'ils stimulent l'action nerveuse, ils ne peuvent jamais l'accroitre
ET L'ALLOPATHIE. lift
jusqu'au point de produire pins qu'une excitation passagère et souvent nuisiUe, à laquelle succède une atonie plus prononcée que celle qui existait auparavant. D'autres^ qui^ à haute dose, sont des poisons, comme la belladone, la jusquiame, Topium, l'acide hydrocyaniqne, le zinc, etc., exercent immédiatement une action calmante et antispasmodique ; mais le calme qu'ils procurent est un état voisin de la paralysie ; ils font taire momentanément les symptômes ; les douleurs et les spasmes cessent, pour reparaître avec plus de violence dès que l'action des médicamens est épuisée. Les médecins ne traitent que l'état d'exdtement, et prennent, généralement, peu de soin de l'état morbide proprement dit. Qu'on ouvre le premier manuel venu de pathologie ou de thérapeutique, on y trouvera les mêmes remèdes conseillés contre les formes plus diversifiées de spasmes , l'épilepsie, la chorée, le tétanos, les névralgies, l'hystérie, etc.; toutes doivent céder aux mêmes moyens, et cependant si l'on suppose qu'elles ne sont pas sympathiques, qu'elles n'ont point été amenées par d'autres ma« ladies, qu'elles ont leur cause réelle dans la substance nerveuse elle-même, elles doivent certainement se rallier à des modifications diverses de
129 PARALLELE £NT&K LHYUEIAXRIE
oelte flubttaiiee , modifioatioas doni on n'aperçoit aucune trace apré» la mort, et bien moin» encore durant la vie.
Dans une situation sa fAcheuae, c'est réeUenient une oonsolatiop pour le médecin d'aroir acquis la coQTiction que les maladies nenreuses pures nç sont pas aussi fréquentes qu'on a coutume de l'admettre. En y regardant de près, on s'apercevra, dans beaucoup de cas d'épilepsie, de cborée, cICm que le bas-ventre ou les organes génitaux sont la vraie source du mal; les névralgies sont souvent rhumatismales ou inflammatoires; les paralysies se lient fréquemment au rhumatisme ou i la goutte; dans une foule de oirconsUinces» l'hystérie , l'hy^ pocondrie et même les vésanies sont engendrées par des états morbides de l'appareil digestif ^ ou de l'appareil génital. Il faut bien se garder de voir partout des affections ner ?euses ; c'est le seul moyen de trouver le droit chemin , dont, à la vérité , la découverte offre souvent de grandes diffici|ltés,et d'éviter tous les inconvéoiens qui ressortent de l'abus que les allopathes font des médicamens apr pelés nervins.
L'emploi des narcotiques est un des défauts qu'on doit surtout reprocher aux méthodes allo^
MX I«*AUOMTIUE, U7
patlùquttu U fautadmi]iialr«ii Mi fubsunee» k fo»» te dooe» pour eabner dca doukurt, pour «pajaw dii sptmiM, et alors lour aotion n» demeure pas Umilée aw iierfs malade», elle s'étend aiwi 4 ceux qui fouetiomieut d'une mapiôre réguUàr^. Ifi paralyûe dont ila frappent les nerb malades « émouase bien la $emibiliWi> et fait que le« donleura n'arrivent plus à la eonscienee, que (es musdee eestent d^ se contracter spasmodiquemept, parée qu'ils sont quelque temps àaas recevoir l'iuQux nerreux» principe de leur action; maia d'autrea nerfs perdent également leur puissance sensitiv^ et motrice. J'ai tu l'usage prolongé de la teinture de pomme épineuie faire cesaer le^ douleurs (^iniAtres de la prosopalgie, mais aQaiblir en même temps les fonctions des nerfs optiques j k tel point que le s^jet devint presque aveugle. Est* ce donc là ce qu'on peut appeler guérir ?£t encore nous ne Isisons pas entrer en ligne de compte une dreonstanee fort importante : c'est que les perfc impriment à tous les organes l'impuUion vivante sans laquelle ils ne sauraient accomplir leurs fonctions , et que cette faculté doit finir par dimi<nuer ou même s'éteindre complètement en w^, aoua ^influence de rnoorens dan» tea un» a ^^wm^
138 paaaltJcle entbe l*htdriateie
les exdtansy agacent sans cesse leur irritabilité, el dont les autres » comme les narcotiques, l'émoussent à chaque instant. Les irrognes minent lonr santé en épuisant Tirritabilité de leur sjrslème nerreux par l'abus des liqueurs échauffiintes, et ced^lorable résultat arriTe plus promptement encore lorsque la boisson qu'ils affectionnent contient, comme Teau-de-Tie de pommes de terre, un principe narcotique associéàl'alcool, et qu'elle réunit ainsi les deux classes d'agens que la médecine a décorés du titre de nenrins. B faut donc éviter, autant que possible, l'emploi de ces substances, renoncer au soulagement momentané qu'elles procurent, plutôt que d'y aToir recours, et quand l'affection nerveuse n'est qu'un ^iphénomène d'une autre maladie , chercher à procurer la guérison radicale de cette dernière; le malade souffrira sans doute un peu plus long-temps que si l'on avait engourdi la puissance sensitive et motrice de ses nerfe, mais il sera garanti d'une foule d'inconvéniens, et une fausse apparence d'améliora* tions ne viendra pas empêcher le médecin d'iSpprécier la gravité de la maladie dont il est atteint, ne le détournera pas d'opposer à cette dernière le traitement qui lui convient réellement. Exceptons
ET L* ALLOPATHIE. 12»
cependant les maladies nerveuses primitiTes^dans lesquelles la médecine allopathique se trouTe conduite à faire usage de palliatife et de caïmans « parce que^ manquant de données positives sur leur nature^ elle ne peut procéder à la guérison radicale.
Certaines substances paraissent avoir réellement des rapports spéciaux avec le principe , quel qu'il soit^ qui agit dans les nerfs. Telle est, par exemple, la strychnine à l'égard des états nerveux d'où dépendent quelques paralysies; car, après l'avoir administrée, on aperçoit des convulsions involontaires dans les parties malades , qui recouvrent peu après leur aptitude au mouvement. Biais, fort souvent, on ne remarque pas cet effet salutaire de sa part, alors même qu'elle détermine des convulsions.
Maintenant on se demande quels sont les avantages qu'on peut attendre des méthodes hydriatriques dans le traitement des maladies nerveuses chroniques. A Graefenberg, on en guérit beaucoup, contre lesquelles la médecine allopathique avait échoué; mais ce n'est pas là un motif suffisant pour attribuer une prééminence marquée aux procédés de Thydriatrie, puisqu'on sait que
130 PARALLÈLE ENTRË L'HYDRIATRIE
ces maladies cessent souvent d'elles-mêmes après avoir duré un certain temps , et cjpac, dans b^ticoup de cas, leur existence étant lîfe awjt périodes climatériques^ elles cèdent à tout traitement quelconque qui est mis en usage non loin du terme que la nature elle-même leur avait assigné.
Pour résoudre ce problême, il faut avoir égard d'abord aux maladies nerveuses sympathiques oti secondaires. Ici la valeur des traitemenshydriatriques doit être appréciée d'après ce que ceux-ci peuvent contré l'affection fondamentale, par conséquent contre la goutte, le rhumatisme , ïa syphilis , les désordres de la digestion, les troubles de l'appareil génital , les irrégularités de la circu* lalion, ete. Sous ce rapport, nous n'avons rien à ajouter aux détails dans lesquels nous sommes entrés précédemment.
Quant aux maladies nerveuses primitives, la question se réduit à savoir si les traitemens hydrîatrîques sont aptes à diminuer la puissance nerveuse , lorsqu'elle est trop énergique; à la stimuler, lorsqu'elle est trop faible ; à la ramener aux conditions normales, lorsqu'elle est pervertie.
Le principal stimulant que rhydrialrîe emploie est le froid , plus ou moins intense et plus ou
ET L'ALt.OPATHÏE. îîil
moins long-temps apf^liqué. Le frOid est un excitant énergique de la puissance nerveuse^ car on sait qu'il y a peu d'hommes en santé qui ne se sentent plus dispos en hiver que pendant la saison chaude , où le meilleur moyen de réparer ses forces consiste à prendre des boissons fraîches, un bain froid. Les maladies hibernales ellesmêmes ont un autre cachet que celles qui éclatent en été ; les premières annoncent presque toujours une surabondance de vie, comme les inflammations, tandis que, dans les autres, il y a prédominance de la faiblesse et propension à la décomposition. Si le système nerveux n'est pas le seul dans lequel cette différence se fasse remarquer, du moins s'y montre-t-elle très prononcée. Les médecins connaissent bien Tinfluence ner/euse que le froid exerce sur lui , et depuis long-temps ils l'emploient sous forme d'applications locales à la tète dans les maladies du cerveau , ou sons celle de bains dans une foule d'autres cas. Sa manière d'agirvariedans les divers procédésdeTliydriatric; elle est plus marquée dans le bain par immersion, cl plus encore dans la douche, où, àl'aclion d'iine basse température, se joignent les effets de la commotion. Les médecins ont, depuis long-temps
182 PARàLLÊLE ENTRE L'HTDRIATRIE
aussi^ apprécié tous les ayantages de la douche dans certaines affections nerveuses ; mais ik ne l'ont jamais employée avec autant d'énergie et de développement que le fait Priesnitz. On ne peut refuser non plus aux frictions , si fréquemment pratiquées dans les traitemens par l'eau , une influence spéciale sur le système nerveux; le corps entier ou la partie malade subit des frictions continuelles pendant les ablutions froides^ le bain entier , la douche , le demi-bain et le bain de siège* Ainsi , le froid ^ la commotion et le frottement sont les moyens que l'hydriatrie oppose, diversement modifiés^ aux affections nerveuses primitives. On peut douter que la provocation de la sueur ait ici une utilité réelle , car les personnes atteintes de maladies nerveuses dynamiques supportent mal toutes les déperditions d'humeurs.
Le froid de l'eau peut exercer une action essentielle sur les différens degrés de l'excitement. Il accroît l'irritabilité y quand on répète souvent les applications, mais en prolongeant peu la durée de chacune; il la diminue lorsqu'on le laisse agir pendant long-temps ; et dans un cas comme dans l'autre, il n'entraîne aucun des inconvéniens qui sont inséparables de l'usage des substances
ET L'ALLOPATHIE. 133
médicinales, La douche exalte la puissance ner-» veuse et la modifie, ainsi que le font tous les ébranlemens. Enfin y les frictions produisent le même résultat; ce dont on peut déjà juger diaprés les bons effets qu'on en retire dans l'asphyxie , dans la syncope et dans les contractions spasmodiques de di-verses parties du corps.
En tant donc que la maladie nerveuse tient à un excès ou à un défaut de la puissance agissant dans les nerfs ^ les traitemens hydriatriques seraient plus efficaces et moins nuisibles que ceux de l'allopathie. Mais il est probable que l'une et l'autre méthodes seraient également frappées d'inertie, s'il s'agissait de modifier celte puissance. Les causes qui déterminent les maladies nerveuses primaires sont effectivement de nature telle que ^ pour en combattre les conséquences avec succès , il faut suivre une marche différente de celle qui réussit en d'autres cas. Les sueurs el les ablutions n'auraient sans doute pas beaucoup d'influence sur les désordres qui naissent d'excès dans les plaisirs de Tamour ou de passions violentes; mais il n'est guère permis de croire que les médicamens en eussent davantage.
Après ces réflexions générales^ passons à l'exa-
tu WlRAuèlb entre L'HYDRIATRIE
m^ éé quelqties-tiaes de» maladies nerveuses; lious tr6U¥éi*Ms ainsi oecasion de fbnnuler nos jtigeinens avec pins de précision.
L^ane des pins communes est celle qu'6ti tioffifhe fkiblessé nen>eusê. On entend par là des état^ qui diffèrent beaucoup les uns des autres. Le plus 6rdinairement^ néanmoins^ ce nom est appliqué à l^exéitabilité trop grande du système iîisrfétit, qui fend pénibles des impressions dont une personne èh itktkié n'est point déi^agréablemént affectée. C'est Ik presque toujours une affection secondaire; plus rài^chez les hommes que che2 les femmes, qui se rattacbe souvent^xhé:^ les premiers, aut lésions de l^àppareil digestif, et, chez tes autres, à des désordres de ^appareil génital, mais qui, dans beaucoup de cas aussi, dépend d^ufie débilité générale et d^un défaut de nutritioii. L'allopathie tiégtige trop ces cauiiès, contre lesquelles chacune de nos méthodes curatives possédé des mcf^ens que tious avons déjà appréciés. Les médecins dirigent con-' tre les nerfs eux-mêmes une foule de médicaiiiens, avec lesquels ils cherchent à émousser l'eitcitabiiité, mais sans relever l'énergie vitale, par conséquent sans suivre la route la plus sûre pour arriver k la guérison. Les malades, entourés de musc,
ET yÀIXOFÂTHIS. Uft
d'^u d« Cûtogno, roiFi^anl rarement nn air pw dao9 l^ur# çhai^bres ; U$ rayons du ndeil peuvanl à peine percer les 4paia ?4tani«ii8 dwl ils se aou^ ▼reiit| et la ipaindra souffle da veut déviant pour eu:^ lin gnragan. Au milieu da œe axoitans botî^ ces et da tpus oes almSi^ ils pardfnt pau*4Kpau Fkabimda des stinmlans naturels. Gapandant ci^est surtout en ce qui oonaame rirriudûUy Mnwm que Vhalntuda et la volonté axaroaat un grand empira, Las traitamens bydriatriques ne sa bornant pas l( evcitar niomentanémant les nerfs; ils en aa« croissent raaora l'^nergiai da plus, ils foreent las nuiladas da ranonqar k laur genre de Tia Esatiaa» al lesi remettant en pr^sanca de aas axaitans natqrala qu'aupsraTsnt ils #vitsiant avec tant de soini an perdant l'ayarsion que l'eau ftroide leur inspirait, ils acquièrent la Qouraga da se soumettre k d'autres influences astériauresy contre lasqualles leur corps s'endurcit peu«i*peui bientôt ils fuient las iriiamn bras trop écbauff^s, Us quittent lanrs ?4teman4 trop ^pais, et aprè| s'^ra aiguisé Tappétil par l'exercice au grand air, ils apprannant k support ter deti cboseï^ doitt itur délicatasse i^alarmait antf^s* P^ qqe )§nr 4tat s's
186 PARALLÈLE ENTRE L'HYORIATRIE
pour qu'ils puissent supporter la douche, celle-ci les débarrasse promptement des derniers restes de leur affectîou. Quiconque fait usage du bain froid et de la douche pourra entendre, sans se trouver mal, une porte crier sur ses gonds, une voiture rouler sur le pavé et l'orage gronder dans les airs.
Les paralysies, qu'elles affectent le sentiment ou le mouvement, résistent en général à tous les traitemens lorsqu'elles dépendent d'une lésion organique du cerveau ou de la moelle épinière. On ne peut espérer la guérison que de celles qui sont sympathiques, qui succèdent, par exemple^ à des affections rhumatismales ou arthritiques. Dans celles-là, les traitemens hydriatriques doivent être les plus efficaces de tous» par les motifs que nous avons développés précédemment; le bain froid, la douche et les bains de siège peu prolongés ne peuvent manquer d'être préférables à tous les moyens qu'on a mis en usage jusqu'à ce jour. La difficulté que les malades éprouvent à se mouvoir ne met point obstacle à l'emploi de l'eau froide : il faut seulement ne pas négliger les fortes frictions à la suite de chaque bain.
L'essence des spasmes consiste en une contraction anomale et douloureuse d'organes muscu-
ET L'ALLOPATHIE. 137
laires. Mais ces contractions ne sont pas toujours purement nerveuses ; elles ont souvent un caractère sympathique, comme il arrive dans les cas d'inflammation, et c'est ce qui fait que les spasmes d'estomac, les coliques, etc., sont si fréquemment toute autre chose que des maladies nerveuses.
Parmi les maladies spasmodiques , l'une des plus connues est YèpiUpste, Les manuels de thérapeutique énumèrent contre elle une foule de remèdes secrets ou non secrets , sans compter ceux qui se rapportent à des causes placées en dehors du système nerveux , et nulle part on ne voit pourquoi l'un serait meilleur que l'autre dans Tépilepsie primaire ou essentielle. L'expérience apprend à l'observateur attentif qu'une maladie contre laquelle on recommande tant de médicamens , est du nombre de celles qui ne guérissent jamais , ou 'qu'elle appartient à la catégorie de celles qui se dissipent d'elles-mêmes, sans l'assistance de l'art. Beaucoup de maladies nerveuses primitives semblent faire partie de cette dernière série ^ le travail morbide continue , quelque traitement qu'on emploie, jusqu'à ce qu'il soit épuisé : c'est ce qui explique les cas dans lesquels on remarque de temps en temps des intervalles de santé parfaite. Lorsque
138 PAKALLÊI^ ENTE9 VHTPRIATRIE
U dUiposition morbide 9^ attmnt un certain d«gté dans le système neryeux, elle se dteharge en oan* tractions spasmodiques des muscles • jusqu'à ce qu'elle soit par Ih complètement (puts^ ; alors le spasme cesse j mais pour reparaîtra dès que Its nerfi» sont retombés dans le même état : ou bien, les conditions du retour de ce dernier n'existant plus, la maladie disparait, de la même manière absolument qu'avait cessé l'un de ses accès. Ces conditions sont fréquemment liées aux périodes climatériques, comme il arrive pour l'épilepsie et la danse de Saint-Guy; mais il y a beaucoup de circonstances aussi dans lesquelles nous ignorons les causes.
Parmi les médicamens, on en compte quelques* uns qui semblent opérer une modification beureuse dans la puissance nerveuse atteinte d'anomalie. Tel est le cas de l'armoise, et surtout du nitrate d'argent, dans l'épilepsie ji mais le nitrate d'argent a le grand inconvénient d'entraîner h sa suite unç coloration de la peau en bleu. L'expérience a démontré que les traitemensbydriatrîques possèdent également cette influence modificatrice, et qu'ils parviennent quelquefois & (uérir l'épî-
n L'AUX)»ATHIE. 189
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Im nmUdm «ironiques aigeiit, ppur leur gnélifoOf da« wltb^Af» qui, en exalUnt le p^«ohr rAiçtionmire de l'oi^anismej détenninent des é? «cuatiani critiquée; eueei la plupert d'entre ellee Qddenl-«Uee eniei bien au traitement par l^eau qu'k toiie ceiix auxquels on a pu avoir recours jusqu'iei^ Mais rinterrention de l'art n^t point aussi nécessaire dans leplus grand nombre des ma^ ladies ai|;uës. On leur donne cette épithète, parée qu'elles offrent l'image d'un efEourt puissant^ et par^ fois 0Tageui>de Porganisme pour éloigner les puissances morbifiqqes, La lutta n'esf pas longn^ ^ l'organisme en sort trioeaphant, ou succombe. Cet effort l'annonce par une exaltation de FactîTité Tascttlair«> conitituant la fièTre, qu'<m retrouf e partout i un plus ou moins baut degré, et dont le but principal du médecân est de diminueffou d'at^ cr^tre prudemment l'intensité jusqu'au point nécessaire pour amener une crisOi une solution*
Sans vouloir noua engager ici dans une diseussion 4ur ji'essepce de la fièvre qui noi^s entratnaraît trop loin de notre but> nous la considérons çoimi^
140 PARALLÈLB VNTKE L'HTDRUTRIE
un changement ou un accroissement de l'aclmté dans le système organique chargé de conduire le sang à toutes les parties du corps, changement qui tient à ce que les anomalies surrenues dans les humeurs rendent nécessaire que celles-ci soient dé« barrassées de toutes les substances incapables de ser?ir à la nutrition. Une élimination plus ou moins évidente succède à toute excitation fébrile : favorable, quand elle a lieu par les organes naturellement chargés de l'excrétion, la peau, les reins, la membrane muqueuse du canal intestinal et des Yoîes aériennes, le foie, etc.; d^ayorable, lorsqu'elle est trop abondante ou s'opère sur des points qui ne s'ouvrent pas à l'extérieur, entre lequel et eux l'art ne peut même pas établir de communication sans mettre la vie en danger, par exemple dans le péritoine, les plèvres, les ventricules du cerveau ; défavorable encore, quand elle s'accomplit dans le tissu des organes, où elle détermine un changement qui n'entratne pas de suite la mort, mais qui a pour conséquence une maladie à laquelle nous n'avons aucun moyen de porter remède. Cette dernière terminaison s'observe souvent lorsque la vitalité du système vasculaire a été considérablement accrue dans un organe, où la maladie s'est en quel*
ET L'ALLOPATHIE. 141
que sorte localisée, et où l'afflttx du sang a donné lieu à du gonflement, à de la douleur, à de la rougeur, à un dérangement des fonctions, en un mot, à cet ensemble de phénomènes que nous appelons inflammation. L'état du système nerveux au moment de l'inTasion de la maladie influe sur ces divers résultats de la fièyre, qui dépendent aussi de celui des organes , car lorsqu'un de ceux-ci a perdu une partie de son activité, les efforts curatifs de la nature sont obligés d'en appeler d'autres à concourir au travail d'élimination, afin de suppléer à son insuffisance.
La plupart du temps , au début des maladies aiguës, inflammatoires ou non, nous voyons l'action sécrétoire de presque tous les organes diminuer plus ou moins; il n'y a pas jusqu'aux sécrétions ordinaires du canal intestinal qui deviennent moins abondantes, ou qui s'arrêtent. Mais bientôt la scène change, et quand, ce qui est l'ordinaire, la peau demeure sèche et chaude, il s'opère des exsudations dans le tissu des organes enflammés ; ou bien des membranes muqueuses , particulièrement celles du canal intestinal, accomplissent des sécrétions, dont l'économie se débarrasse soit par le haut , soit par le bas ; ou
141 PA&ALLÈtE EJKT&E LiiTORIATEIE
bien on obaoïre une sécFélion plut AbfmdMill d'nriiM chargée de produits morbides; fft tous ces (diénomèues ne cessent que quend une eotion $é^ crétnire critique s'établit quelque part aiUeura^ k la peau surtouti ou quand la maladie s^arrète par le fait de la mort du sujet qui en était atteint.
Ii'e^ipérienoe nous apprend que , dana les mm» ladies aiguës aussi, le rétablissement de Pactivité régulière de la peau est presque toujours le sif^n^ certain d'unç heureuse issue, probablement paroa que^ avant que ce phénomène ait lieu, il faut que la Titalité des yaisseaux et des nerii ait subi un« modification qui rende la terminaison fiivpraUe possil)le, Pans la fu^jorité des cas, (^ sujet atteint d'une maladie aigu^ ne recouTrç pa» la santf parce qu'il sue, mais iloommenç^^ k su^r ptirsn que la direction que toutes 9^s fonctions ont pri^ se Y^s le mi^ux-étre rend povsibl^ l'^ieroiQO H^ gulier de l'iiçtiop de tous les oi^fano» 0t par ew péqu^nt des tégumens ^teneurs- Toi4 p^wrqHnl, ^n général f vçm$ nos efforts p^ur prtvMUor dei 8«çun QU d'autres é^açuationn s^)m«ir«S| ptr \» moyens dmt pqui fiiisaus ordinAîrfwtpi niagei sont inutiles, & mioinsqiiQ par là QOiil m dMoTf mnmn ^ m^q ^mpsi dans la lîiivre» la» abaiif
«T i;AuepATH!e. us
IMMStf ââns lesquels nulle f^éerétion Mluuiire né tàùrait ft'aeeémpUr. Mais souvent des ehangemens sMt liés â eertilnes périodes de la maladie^ avant l€Sc|uelles il n'y a pas mojren de les proroger ) nom voyons alors f cpiand le moâient est venti^ les fonctions de la peau se rétablir d'elles-mêmes^ sans le secours de la médecine ^ comme il arrive dans les fièvres intermittentes, ou/ à la fin de ebaifue accès, si lesclioies ont marché d'une ma^* nière régulière , le malade prouve des sueurs qui le soulagent^ comme on le voit aussi dans les fièvres gastriques nerveuse»^ oà, d'ordinaire i ks criées par la peaia survienuent durant le troisid'^ tne septénaire^ après qu'on a inutilement em'* ployé, pendant les deux précédens, tous les moyens hBÉginables peur les déterminer. La nature nous protive encore combien peu nous sommes mal-^ trss de lui imposer des loîs, en amenant des cri^ ses que le Aiédecin ne protoqiie jamais y qu'il n'a même ducun moyen d'exciter > cemme les e^um^ thèmes, les furoncles et les ulcérations h la peau. Pour que ces excrétions salutaires se portent à la périphérie du corps, à la peou^ et qu'dles soient suivies tfune [tmntnaison lavorable, il n'est pas Nécessaire que le melade ait autant de force qu'on
144 PARALLÈLE ENTKE L'HTOftlATRIE
le croit oommunénient , car nous les obiervoiift dan» des cas où ce que le langage Tulgaire appelle force a tellement baissé , qne le malade témoigne à chaque instant la crainle de mourir; il suffît d'nn certain diaogement dans l'activité Tasculaire et nerveuse , qui favorise Tafflux des humeurs Ters l'extérieur.
Le cours naturel des maladies nous enseigne comment on doit s'y prendre pour opérer ce changement, n faut diminuer l'irritation anomale qui agit sur les systèmes nerveux et vascnkire. Dans les maladies aiguës inflammatoires , cette irrita* tion siège à l'endroit même qui est enflammé ; dans celles qui ne sont pas inflammatoires , il n'y a souvent qu'un trouble local de fonction, par l'effet d'une cause irrilante extérieure. Biais si le cas est plus grave , il y a altération de la masse des humeurs ; qui, ne fournissant plus au S3r8tème nerveux le stimulant sans lequel il ne peut déployer normalement son action , le poussent à des efforts maladifs qui réagiss^t sur les vaisseaux et les autres organes.
C'est dans les maladies purement inflammatoires qu'on réussit le plus facilement à diminuer et h écarter ces irritations nuisibles; les moyens ne .
ET L*ALLOPATHIE. 146
manquent pour cela ni à l'allopathie , nié l'hydriatrie.
Les allopathes regardent avec raison les émissions sanguines, tant générales que locales, comme le plus sûr moyen de combattre le traTait inflammatoire. Les saignées locales agissent en diminuant la quantité du sang aux alentours ou même dans l'intérieur de la partie enflammée; les saignées générales contribuent plutôt à stimuler les fonctions du système Teineux , à rétablir ainsi Féquilibre rompu entre elles et celles du sysième artériel (i). Les rafraichissans à l'intérieur et les dérivatifs à la peau doivent certainement être utiles aussi ; seulement les vésicatoires et les sinapismes méritent peu d'éloges, à cause de llrritation qui en est inséparable , et qui peut aisément exaspérer la fièvre. Dès que l'inflammation a cessé par l'influence de ces divers moyens, le retour à la santé s'annonce ordinairemenJt par des sueurs modérées, quelquefois par d'autres sécrétions critiques qu'accomplissent les reins, les membranes muqueuses, etc.
(i) Voyez Bouillaud, dinîqae médicale ^Vani, 1837; — Traité clinique du Rhumatisme articulaire, Paris» 1840, in-8. — Traité des maladies du cœur, Paris^ 1841 2 vol. în-8.
146 PARALLÈLE imKE L'HTDRIATRIE
L'hjidriatrîe emploie Peau froide en pareil caB, et d'une manière que je crois ne pouvoir mieux faire connaître qu'en rapportant Tobsenration suivante, recueillie à Graefenberg :
Un malade avait une forte fièvre , de la toux et des crachemens de sang^ avec point de côté ^ c6» phalalgie et perte de Tappétit. Priesnitx loi prescrivit un bain de siège d'une demi-heure, des fomentations froides sur la tète, et des fomenta* tions échauffantes, tant sur le bas-ventre que sur le c6té douloureux. Les symptômes n'ayant fait que croître, on ajouta le lendemain un demi-bain dégourdi , dans lequel le malade fut bien frotté. La nuit fut mauvaise, et l'état ne s'amendant pas, on frotta le malade pendant une heure et demie , dans un bain entier dégourdi , jusqu'à ce que le froid dont il avait été saisi eût fait place à une température normale par tout le corps. Comme la maladie ne cessait de reparaître avec une nouvelle violence, on continua les mêmes procédés pendant trois jours; puis le malade fut enveloppé de drapi mouillés^ dans lesquels on le laissa suer ; on lava ensuite la sueur dans un demi-bain, et on fit prendre un bain de siège d'une demi-henre. Le point de côté et le crachement de sang n'avaient
^ ST L'ALLOPA.THIE. , 147
point encore disparu > et la CaiMesie allait ton* Jours croissant. Mars il fat ordonné de faire pren-dre , pendant trois jours de suite , quatre bains tièdes d'un quart d'heure chacun ; on avait soin auparayant d'échauffer le malade en le couvrant bien, et, tandis qu'il était dans l'eau, on lui frottait la poitrine , le ventre et le dos. Des ulcérations critiques parurent, et le guérirent.
On voit, d'après cette relation incomplète, qu'il s^agissait d'une maladie inflammatoire très intense, que les premiers moyens mis en usage de-* meurèrent sans effet, qu'il tàWnt des attaques souvent renouvelées pour amener une crise sa* lutaire , et que la guérison fut obtenue; mais il faudrait connaître la suite de l'observation , pour Savoir s'il ne sera pas resté quelque point d'induration dans l'organe malade.
Une autre maladie, regardée comme péripneu-* inOnie, fut traitée de la même manière. La malade , jeune femme délicate , fut enveloppée dans des draps mouillés, qu'on changeait dès qu'ils étaient secs; la sueur finit par éclater, et on la lava soigneusement dans un bain dégourdi. On eut aussi recours à des fomentations sur le point souffrant, et à un ou deux bains de siège par jour.
148 PARALLÈLE ENTRE L'HTORJaTRIE
Le quatrième jour parurent des sueurs critiques^ et le sixième la malade parât guérie. On peut douter que celle maladie fût réellement une péripneumonie , car il n'est point fait mention de toux, et peut-être ne s'agissait'il que d'un simple rhumatisme aigu des muscles intercostaux.
Quoi qu'il en soit , ce traitement est compliqué et difficile à mettre en pratique ailleurs que dans un établissement spécial. Weiss emploie une méthode plus simple , qui consiste à envelopper le malade dans des draps mouillés^ à appliquer des fomentations sur la partie enflammée , à faire boire de l'eau ^ et à employer le bain dégourdi, mais seulement le temps nécessaire pour laver la sueur. On assure qu'une pleurésie a été guérie ainsi en cinq jours. De mon côté, je suis parvenu à en guérir une, contre laquelle les sangsues n'avaient produit aucun effet , en appliquant des linges mouillés sur le point douloureux, et lavant plusieurs fois par jour la peau avec de l'eau froide, dont le malade buvait aussi une assez grande quantité. Mais ni ce traitement, ni celui de Weiss, ne suffiraient dans un cas grave. Beck a conseillé, dans les inflammations de poitrine, de laisser le malade pendant cinq à
dbyGoogte
Et VALtOPATHIE. 149
six heures dans un bain de siège à dix ou douze degrés^ dont on refroidirait l'eau louées les demiheures, d'appliquer des fomentations froides sur la poitrine, de frictionner les membres inférieurs, et de faire boire abondamment de l'eau froide ; suivant lui, ce procédé est suivi de succès, même dans les inlQammations les plus violentes.
Dans la plupart des maladies inflammatoires, le traitement antiphlogistique que les allopathes emploient avec énergie, et sanscraintede tirer du sang, est suivi d'excellens résultats. Tout homme sans préjugé est forcé d'en convenir. Les adversaires de cette méthode blâment et affectent de craindre beaucoup les émissions sanguines qu'il exige. Mais la perte de sang est bien moins nuisible qu*on ne le croit. La faiblesse dont les sujets restent atteints pendant la convalescence doit être attribuée, pour la plus grande partie, à la secousse qu'a éprouvée l'économie et à la diète absolue qu'il a fallu observer ; les saignées n'y contribuent que fort peu. Que de fois ne voit-on pas saigner dans des maladies non fébriles sans que le sujet s'en trouve le moins du monde affaibli ? N'y a-t-il pas même des cas de faiblesse apparente, dans lesquels il se sent plus vigoureux après qu'on
150 PARALLÈLE ENTRE L*HYDRUTRIE lui a tiré (du sang? La nature établit souireat, dans les maladies aiguës et chroniques , des hémorrhagies qui soulagent beaucoup les malades ; chacun a pu se convaincre de l'heureuse influence qu'un saignement de nez exerce fréquemment sur le cours d'une affection inflammatoire. Comment le médecin ne se sentirait-il pas quelquefois porté à diminuer la ma$se du sang, lorsque tout annonce une pléthore générale, ou que ce liquide s'est amassé dans une partie enflammée ? Ce n'est pas sans but que tant de grosses veines sont situées si près de la peau qu'on peut les atteindre avec la plus grande facilité.
En tirant du sang, le médecin allcpathe se propose de diminuer la congestion locale , de rétatablir l'équilibre entre les artères et les veines de la partie malade et de calmer la fièvre. L'hydriatre cherche à remplir les mêmes indicat ions en couvrant la partie enflammée de fomentations froides et enveloppant le corps de draps mouillés ; ilabaisse ainsi la température du corps, il diminue l'action des vaisseaux, et, par l'influence immédiate qu'il exerce sur la peau, il favorise les évacuations critiques, les sueurs, les exanthèmes ou les ulcères. Si ces moyens ne suffisent paSj il
ET L'ALLOPATHIE. 161
j ajoute le bain de siège^ à titre de dématif, et dans les cas les plus opiniâtres i il a encoret la ressource de l'emploi prolongé du bain dé* gourdî^ dans lequel les frictions ayec une eau peu échauffée exaltent la fonction des tégumens et provoquent une réaction fébrile annoncée par des frissons qui ne cessent qu'au moment où la température est revenue à son degré normal. Mais, de même qu'une saignée ou une application de sangsues soulage sans détruire encore la ms^adie^ qui peut reparaître avec un redoublement d'énergie, de même aussi ce phénomène a quelquefois lieu dans le traitement par l'eau froide. L'allopathe répète alors les émissions sanguines ^^ ou ^ si tes forces ne le permettent pas, invoque le secours d'autres moyens propres à déprimer l'activité artérielle, comme le nitre, ladigitale, eto* ; l'hydriatre recommence l'application de ses procédés. Dans les deux méthodes^ la maladie se termine heureusement. Laquelle est la meilleure et la plus sûre ?
Toutes deux paraissent également bonnes dans les cas légers. Ici l'allopathe n'a pas besoin de tirer beaucoup de ^^ang, et il échappe au reproche de trop affaiblir son malade; les médicamens qu'il
163 PARALLÈLE ENTRE L^HYDRIATRIE
administre à l'intérieur n'ont rien de nuisible^ et souTent ils suffisent seuls, ou avec le secours des irritans de la peau. L'hydriatre se tire d'affaire arec des fomentations^ des ablutions froides et des bains de siège, sans qu'il soit nécessaire de recourir à des procédés plus embarrassans.
Dans les inflammations plus graves, on peut reprocher à l'allopathe^ mais sans fondement, comme noua venons de le dire, d'employer des émissions sanguines trop copieuses, et par cela même trop affaiblissantes. L'hydriatre, de sonc6té, a des procédés trop complexes, (atigans pour le malade et embarrassans pour les personnes qui le soignent. L'avantage, du c6té de l'allopathie, consiste en ce qu'elle agit avec promptitude et énergie sur l'activité morbide au lieu de l'inflammation, et diminue bientôt la vie plastique dans les Taisseaux. L'eau froide conduit au même résultat, mais estce avec la même facilité? Prévient-elle aussi sûrement les indurations, les hépatisations, les suppurations, que la saignée pratiquée à temps et dans une juste mesure? Parviendrait-elle à guérir une inflammation du cœur, du foie, de la rate, etc. ? Quand l'intérieur de l'œil est enflammé au point de faire craindre la prochaine destruction de l'or-
£T L'ALLOPATHIE. 158
gane, mettrait-^lle aussi certainement à l'abri de ce funeste résultat que les émissions san|;uines, employées sans hésitation? L'action de la saignée est instantanée, celle de l'eau froide lente, et par conséquent plus incertaine, dans les cas où il n'y a pas de temps à perdre. A la vérité, les traitemens allopathiquesles plus énergiques n'empêchent pas toujours l'inflammation de se terminer d'une manière fâcheuse ; mais la promptitude avec laquelle l'exsudation succède parfois à l'inflammation, sem* Ue leur assurer une prééminence incontestable. Il 7 a même une maladie, le croup, dans laquelle il faut que les partisans de l'eau re gardent bien de recouriraux méthodes hydriatriques, quelque juste confiance qu'elles leur inspirent en une foule d'autres cas. On a bien prétendu que Priesnitz mettait le croup au nombre des maladies curables par ses procédés, et Munde le cite parmi les maladies qu'il assure avoir été guéries par l'eau froide ; mais nous affirmons hautement que ni l'un ni l'autre n'ont jamais vu la véritable laryngite couenneuse. Il ne faut pas croire à l'existence du croup chsTque fois que la toux est glapissante, car elle a ce caractère chez beaucoup d'enfans qui ne sont cependant atteints
164 PARALIÂU tNTRB LUTDRIÀTRIE
que d'im simple catarrhe ordinaire de la trachée. Le Yrai croap est une inflammation de la mem* brane muqueuse du larynx, de la trachée-artère, et souvent aussi des bronches, avec tendance pré» dominante à l'exsudation d'une lymphe coagul»ble et plastique, aux dépens de laquelle se produit une membrane cohérente, qi^ii tapisse la (ace ia*terne des parties malades, rétrécit leur cavité, ^ rend l'accès de l'air difficile. On doit distinguer deux formes principales de cette maladie. L'une apparaît toutà-coup, et détermine en peu de temps une exsudation^ dont il faut se hâter de provoquer l'expulsion si l'on ne veut pas qu'elle s'organise en membrane ; le plus sûr moyen pour cela est de recourir aux vomitifs, qui de plus ont l'avantage d'exercer une influence salutaire sur le travail de phlegmasie et d'exsudation. On est même quelquefois obligé de revenir plusieurs fois aux vomitifs, parce qu'il n'est pas rare que les accès se reproduisent tout-à-coup, après une apparence d'amélioration. J'ai guéri un petit gar^çon qu'il m'a fallu faire vomir quatorze fois dans l'espace de quatre jours. Que ferait l'eau froide en pareil cas? Gomme vomitif, elle agit d'une manière trop lente, trop incertaine, et chaque minute de retard augmente le
ET L'ALLOPATHIE. 165
danger. L'autre espèce de croup se développe très lentement : les malades toussent pendant plusieurs jours, sans que la toux ait un mauvais caractère, et; du reste, ils se portent Inen; l'enrouement augmente peu*à-peu; les difficultés de respirer deviennent plus grandes, et à chaque inspiration on entend un bruit particulier. Ce n^est que quand la maladieestcomplètement développée qu'onappelle le médecin, et presque toujours il arrive au moment où il trouve l'enfant perdu sans ressource. Ici le mal commence dans les ramifications des bronches, d'où il gagne peu-à-peu la tcachée-artére et le larym, couvrant toutes bes parties d'une membrane qui leur sert, pour ainsi dire, de doublure. Le seul moyen de salut consiste également dan» l'action d'un fort vomitif, qui fait rendre la fausse membrane ; mais il est fort rare qu'on parvienne à obtenir l'expulsion de ces grandes concrétions, qui ont presque toujours contracté des adhérences avec la membrane des voies aériennes, et tous lef efforts du médecin échouent. Que pourr^it^on espérer de l'eau froide? Nous ignorons du moins par laquelle de ses manières d'agir elle serait utile dans un cas où il ne s'agit que de faire disparaître un corps étranger. Si les affusions froides, conseillées par Harder, ont eu parfois quelque avan-
156 PARALLÈLE ENTRE L^HYDRIATRIE
tage, ce n'a pu être que dans la première forme du croup et non dans la seconde.
En général^ les maladies inflammatoires ont été peu soumises à l'épreuve des méthodes curatives de Graefenbergy où elles se rencontrent fort rarement. On en peut dire autant des maladies aiguës non inflammatoires. Cependant la théorie fournit^ quant à ces dernières^ des inductions qui s'accordent assez bien avec le petit nombre de faits dont nous sommes redevables à l'expérience.
Dans les maladies légères de cette catégorie, par exemple, dans une fièvre gastrique produite par des écarts de régime^ ou dans une fièvre catarrtiale déterminée par la suppression brusque des fonctions de la peau , par le refroidissement , un vomitif, un doux sudorifique suffisent au médecin allopathepour rétablir en peu de temps la santé. L'hydriatre n'est pas moins heureux avec l'eau froide bue en àbonidàhce, les lotions froides, et quelques enveloppemens dans des draps mouillés, ou un bain de siège. Mais s'agit-il d'une affection plus grave, tous deux ont à résoudre un problème difficile, et nous allons rechercher si même ce problème est susceptible de solution.
Examinons d'abord les exanthèmes aigus, fa
ET L*AIXOPATHlE. 167
scarlatine^ la rougeole, la \ariole^ etc. Nous savons^ oa croyons sayoir, que ces maladies sont produites par un principe spécial^ que nous appelons Tîrus. Cette substance se développe dans des conditions qui nous sont inconnues, s'empare d'un individu (ou s'engendre en lui), et en certains temps ne se propage qu'à un petit nombre de personnes, tandis qu'en d'autres momens elle attaque beaucoup de celles qui vivent rapprochées dans un même lieu : on est toujours dans le doute de savoir si la maladie s'est transmise d'un individu aux autres par contagion, où si c'est une influence épidémi^e qui l'a fait s'étendre sur tous ceux ^û'on voit en être atteints*. Peu importe ici quel système on adoptiB,et,pour être plus courts, nous suivrons celui de la contagion.
Personne n'ignore que, dans les cas réguliers, les maladies produites par des principes contagieux ont un cours déterminé, tant par rapport à leur durée que sous le point de vue de leurs phénomènes. A la suite d'un mouvement fébrile, les membranes muqueuses, la peau et quelquefois aussi les membranes séreuses deviennent le siège d'éruptions, qui restent un certain nombre de jours, cinq, sept Ou neuf, sans subir aucun changement.
158 PARALLÈLE ENTHË L'HYDRIATRIE
eomoe la rougeola et la ^carlatine^ ou qui changent peu-&-peu de forme^ eomme la petite-vérole, et ensuite disparaissent* Dans la variole, il 7 a un produit morbide particulier, qui remplit les pus*tulesy et qui est sécrété par la peau malade. Dans les autres, cet e£fet n'a point lieu, mais l'analogie doit nous porter à croire qu'il s'y opère également des excrétions vaporeuses, auxquelles on doit peutêtre attribuer l'odeur toute spéciale que les malades exhalent.
Dans ces cas réguliers, il n'j a point de problème pour la médecine; elle ne peut ni ne doit rien faire : agi» serait vouloir porter le trouUe dans un travail qui tenal de lui-même à i» guérison. Les charlatan!» pour ne pas paraître <ûsifs, prescrivent une tisane insignifiante , qui ne sert absolument h rien« L'hydriatre oCfire en abondance à son malade, de L'eau froide, qui le rafraîchit, et n'épuise pas sa bourse.
Mais souvent le cours de ces Qialadies devient icrégulier. C'est ce qui arrive :
t^ Quand les fonctions de la peau sont tellement troublées qu'elle ne peut jouer le rùtXe qui lui re*vient dans la solution du travail morbide.
a* Quand la réaction, la force médicatrice dak
n l*aixwathib; tM
mtam, Mt afibnbUe ptr d^utret laaladiei d^ eiistantat dans le oorpt, ee qu'on ml die» 1^ impi» fans cadiectîquesy at surtout chea ceux d'uM oov^ stitution scrofulauae.
a* Quand il a été absorbé une si grande quan««tité de lurinoîpe eontagieux que le système neryeux et le système tasculaire en sont oonme frappéâ de atupeuri et que la rèaeliott ne peut s'^ lerer au deipré néeessaire pour amener l'iUmi|ia<itiott de ce principe.
Le premier cas peut atoir lieu de deux ma« nièresdiiïérentes:Ottbipeau du sujet qui tombe malade fonotionne mal^ ou sa fonction eat trou-^- Uée après le développement de Texanthème, Quoi qu'il ensoit, le système nenreuxi le système vas^^ culaire et la masse des humeurs se resseaient du principe contagieux qui est resté dans le corps, et qui agit sur les deux premiers en les frappant de paralysie, sur les humeurs en allèranl k«r oomposltion. Le problème est toujours de raninar les fonctions de la peau^ L'allopathie cherebe à y paryenir par des stimulans et des spiritueux, peu appropriés k l'état fébrile, qui existe toujours. L'hydriatrie-y réussit mieux par des lotions fréquentes ayec l'eau froide, dont les médecins allo*-
IGO PARALLÈLE ENTRE L*HTORUTRI£
palhes eux-mêmes ont depuis long-temps reconnu l'efficacité. Mais^ dans la plupart des cas ^ la na* ture triomphe seule des obstacles que lui oppose la peau. En général^ on interprète mal l'apparition et la non*apparition de Texanthème^ dans ces maladies, la scarlatine surtout. Les gens du monde et même beaucoup de médecins n'aspirent qu'à voir paraître l'éruption, lorsque la maladie annonce devoir suivre une marche irrégulière. On fait tous ses efforts pour déterminer la manifestation de ce phénomène, oubliant qu'il n'est pas rare que l'éruption scarlatineuse se réduise à très peu de chose, et même n'existe pas du tout, qu'elle ne dure souvent pas au-^delà de quelques . heures, et que l'essence de la maladie consiste dans l'affection des membranes muqueuses, Tendolorissement et la rougeur de la gorge , jusqu'à ce que la desquamation de la peau annonce que c'est réellement la scarlatine qui a eu lieu. La réceptivité est si faible, en pareil cas, qu'il ne faut même pas une éruption cutanée pour la faire dispàrai* tre, tandis que, dans d'autres, un exanthème des plus abondans ne suffit point pour débarrasser le corps, et que la vie succombe sous les efforts qu'elle fait pour se délivrer.
ET L'ALLOPATHIE. 161
Quand le système nerveux est paralysé de suite par le principe contagieux , il ne survient pas d'exanthème; mais l'absence de l'éruption n'est point cause de la mort; elle es t, comme celleci^ la conséquence de Ja trop profonde impression que le principe contagieux a exercée sur les deux grands facteurs de toute activité vitale^ le système vasculaire et le système nerveux. Cette paralysie ne frappe souvent le système nerveux que dans ses fonctions relatives à la nutrition^ et laisse intactes celles qui se rapportent au sentiment^ de sorte que jusqu'au dernier moment le malade conserve sa pleine et entière connaissance.
Que peut faire la médecine dans de pareilles circonstances ? Lui est-il donné de diminuer la quantité du principe morbifique qui a été reçue dans le corps? Une même quantité de virus ne produit-elle pas des effets divers chez des individus différens? Avons-nous un contrepoison qui tue le principe contagieux^ ou du moins le rende jusqu'à un certain point incapable de nuire? Estil quelque moyen extérieur capable de faire naître l'éruption à la peau lorsque la force vivifiante intérieure est paralysée ? Et cependant on voit dès allopathes tourmenter leurs malades par toutes sortes
%^2 PARAIXÈUS BNTHE LinrDRIATRIE
4e médicamens, au point dq prouver clairement qu'ils ne se font une idée nette ni de la nature du mal ni des effets des remues qu'ils emploient Les hydriatres ne réussiraient pas mieux avec les linges mouillés > les lotions froides et les baius dégourdiSj qu'ils recommandent Dans tous ces cas, la maladie n*est réellement, dis sou délwt iu^e> qu'une pénible agonie.
Il n'est pas plus facile de porter remède aux aceidena que détenninenti dans ces maladies, d'autres affections cachectiques auxquelles l'or* ganisme se trouvait déjà en proie. Nous ne. sau-rions enlever sur le champ la cacbexie, et il n'y aurait que cela qui put détourner le danger.
Oa voiti d'après cet examen superficiel, que les maladies exanthématiques n'ont aucun besoin du médecin quand elles suivent régulièrement leur cours^qu'elles résistait à tout^ les méthodes lorsque leur marche vient i être frappée d'une grande anomalie« et qu'il y aurait peu de chose à espérer de l'hydriatrie en pareil cas. Les hydriatres n^ savent pas mieux que les allopathes s'abstenir d'applications au moins inutiles de leurs procédéi- l^n individu atteint de la fièvre est, sans pitié, enveloppé de suite d'un drap miouili^ , ou plongé
ET VÀIilXMPATHIi:, i#a
dans un bdQ de sidge, 01 si le taddemain la y9& riole, la fougeole» la scarlatine ae déclare cbe^ loi^ on croit aToir fayoriaé l'éruplian de ces m/Uk' Ihimet , qui se manifestent tout seuls dans des milliers d'autrea cas^ et qui n'avaient par conséfquent pas besoin de ce secours. On m'a raconté à Graefenberg, comme un miracle^ que Priesmli; avait guéri la rougeole en huit jours ayec de Peau» et l'on refusait de croire que seule elle aurait disparu, dans le même laps de temps. Si l'on veut que l'hydriatrie contribue à simplifier nos mé« thodes curatives, il fkut que ses partisans évitent de tomber dans la faute si commune parmi les al* lopathes, qu'ils n'agissent pas à tout instant, qu41s ne prescrivent pas sans nécessité bien évidente leurs draps mouillés et leurs bains de siège, ton<jours si désagréables pour les malades. La forée médioatrice de la nature est capable de grandes choses dans les maladiesaiguës non inflammatoires. La vérité de cet axiome est démontrée par les fièvres nerveuses, comme parka maladies exanthématiques. Nous serions entraînés trop loin si nous voulions passer en revue toutes les différentes Inv mes Ae ces fièvres, et nous nous bornerons à dira, comme la seule diose qui convienne è notre bnl.
164 PARALLÈLE ENTRE L'HYDRIATRIE
qu'elles aussi sont assujetties à une marche régulière. La plupart du temps elles ont pour cause une mauvaise constitutioa des humeurs^ un caractère veineux trop prononcé du sang; les (organes ne recevant plus le stimulant dont ils ont besoin, leurs fonctions se dérangent, ce qui a surtout lieu pour les parties centrales du système nerveux, et aussi pour les nerfs sympathiques. Yoilà pourquoi nous voyons souvent les facultés intellectuelles dérangées, et les malades atteints d'un délire furieux ou frappés de stupeur. Presque toujours la maladie nous présente le tableau d'une lutte violente de la nature cherchant à purifier la masse du sang des mauvais matériaux qui y sont mêlés. Durant les premiers jours on observe parfois encore des excrétions par la peau, des sueurs douces; mais ces sueurs disparaissent bientôt, malgré les efforts de l'art, et elles font place à d'abondantes sécrétions des membranes muqueuses et du foie. La diarrhée entraine une foule de substances diversement colorées et souvent d'une odeur infecte; la tension et l'enddorissement du ventre annoncent que l'afflux des humeurs a lieu surtout vers cette partie du corps, et que les excfétiûns sont le résultat de la congestion dont le tube ali-
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mentaireestdeTenu le siège. Dans les cas grades, outre les matières que Pintestia rejette au-dehors, il s'en dépose d'autres dans son propre tissu, sous la forme de petits tubercules, qui^ en se ramollissant, entraînent l'inflammation et Tulcération de leurs alentours. Dans ceux qui le sont le moins ^ vers la fin du troisième septénaire, ou même dès le onzième ou treizième jour^ le travail éliminatoire par le canal intestinal est déjà diminué, et une éjection critique peut commencer à s'effectuer par la peau. Il apparaît alors des sueurs, des furoncles, des exanthèmes, des abcès, des gonflemens et des suppurations au voisinage de la glande parotide. Nous ne pouvons pas plus provoquer l'une ou l'autre de ces crises qu'amener la fin de la maladie avant le terme qui lui est assigné par des causes que nous ne connaissons point. La seule chose qui nous soit permise, c'est d*apaiser tel ou tel symptôme. Mais nous ne sommes même pas en état d'affirmer que l'issue aurait été moins favorable sans nos fomentations froides sur la tète, nos vésicatoires, nos sinapi»mes et nos acides à l'intérieur ; tout au plus avonsuous le droit de dire que nous n'avons rien fait pour troubler la nature, que nous n'avons pas
lié l^AEALLÈtt BNT&E LUtimui&IE
flUl, 4iie i^ttMtre tioi» avons dinflnué de& aceir* âe&B tro^ gniTeê; «I te n'^l déjà pas là tin petit mérite, quand on eonnalt la ttiaiiière d'agir de certains médecins.
Bans les fièvres intermittentes, après avoir débarrassé les voies gastriques des saburres qui peuvent s'y trouver, les allopathes ont recours au sulfate de quinine. Priesnitz emploie les fomentations excitantes sur le bas- ventre, et fait prendre des bains de siège d'une heure et plus att début de l'accès ^ii se sert aussi de ^enveloppement dans des draps mouillés et dû demi-bain dégourdi. Pendant les jours libres, le malade se baigne dans l'eau tiède, et prend deux ou trois bains de siège^ Dans deux cas, dont la relation m'a été Communiquée, les ac^ ces, après avoir reparu trois ou quatre fois, devinrent irréguliers, puis s'éloignèrent, et finirent par cesser teut-à-fait. J'ignore s'il y a eu récidive. Ce n'est pas assez de deux faits pour asseoir un jugement quelconque. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il serait de la plus grande imprudence d'employer la méthode de Priesnitz dans les fièvres intermittentes pernicieuses.
ET L*âLLOPATRlC. 169
CONGLUSlOlf.
L'application de Peau froide au traitement den maladies aignës n'a jamais été négligée entière'^ ment par les médecins; mais Priesnitz lui a fait t>rendre une extension qui permet d'obtenir avec son secours des effets qu'autrefois on ne pouvait faire naître qu'à l'aide de procédés allopathiques ispéciaux. L'usage de ce liquide à l'intérieur^ les fomentations ; Tenveloppement dans des linges mouillés et les bains de siège contribuent d'une manière puissante à tempérer la fièvre , à limiter , les affections locales et à développer des crises &« YOrables. liais l'hydriatrie ne peut remplacer l'ai'-' lopathie dans les maladies qui exigent des secours prompts et énergiques, comme les violentes inflammations et les apoplexies. En revanche, elle offre de précieuses ressources dans la plupart des maladies chroniques, où l'allopathie compte si peu de succès, et nuit même plus souvent qu'elle n'est utile. L'eau n'a point de vertus spécifiques contre ces maladies ; mais elle facilite le déploiement de la force médicatrice, et met la nature plus à portée d'opérer la guérison, dont seule elle &it tous les frais.
168 PARALLÈLE ENTRE L'HYDRfATRIE
Il ne s'agit point là d'une affaire de mode^ d'un caprice passager, mais d'une acquisition réelle qui restera en médecine ^ et qui tournera au proût de l'humanité souffrante quand les médecins voudront s'en emparer.
La méthode hydriatrique a subi le sort commun à toutes les choses humaines , où la vérité a toujours des luttes à soutenir contre la sottise et les préjugés. Elle a effrayé une foule d'intérêts qui n'ont pas manqué de se soulever. Plus elle gagne dans l'opinion, et plus on l'attaque violemment. S'il ne s'agissait que de critiques loyales, que d'un examen rigoureux fait dans l'esprit et au profit de la science, on n'aurait rien à dire^ mais tel n'a point encore été le mobile des hostilités. Après avoir affecté de dédaigner l'œuvre du campagnard silésien, on n'épargne rien maintenant pour la déprécier -y et dès qu'un malade meurt à Graefen- ^rg, les gazettes retentissent de cet événement, comme s'il était plus extraordinaire que ceux dont l'allopathie pourrait chaque jour enregistrer des milliers. Naguère encore, un sourire de pitié accueillait tout récit des grands résultats que font obtenir les traitemens hydriatriques, et aujourd'hui on peint l'eau froide sous des couleurs si noires qu'à
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peine semblerait-il y avoir quelque différence entre unegorgée de ce liquide et un grain d'arsenic. Ayons confiance dans le bon sens public, et espérons que ces misérables manœuvres n'empêcheront pas de soumettre à l'examen de la saine et froide raison une méthode curative qui a besoin sans doute d'être étudiée encore^ mais qui a déjà subi assez d'épreuves pour qu'on soit fondé à croire qu'elle réalisera au moins une bonne partie de ses {MKH messes (i).
.{i) Voyez Bigel| Manuel d'hydrosuàopattde, Paris, 1840, în-i8. — Munde, Hjrdrotlte'rapeuttque , ou tart de guérir les maladies du corps /tumain Mins le secours des médicamens , et de les prévenir par le régime^ l'eau^ la sueur ^ l'air ^ l'exercice (t un genre dévie rationnel, Paris, 1842, iiir-i8«
FIN DE LA PEEHIÂRE PAETIE.
MÉTHODES HYDRIATRIQUES
DE PRIBSIVIVZ.
DBUXIÈMB PARTIE.
VAR LE DOCTEUR HENRI EHKEIfBEE6«