‹ Exposition des méthodes hydriatiques de Priesnitz dans les diverses espèces de maladies; considerées en elles-mômes et comparées avec celles de la médecine allopathiqueChapitre 5 sur 6 · DES · texte numérisé non relu

DES

MÉTHODES HYDRIATRIQUES

DB PBiBsnriTaE.

DEUXIÈME partie; OOOOOOOOOOOOOPOOOOOOOOOOQOOOOgOOOQOOOOgOOOgogQQOQOgOOQQOOQOOOO

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De Teau , comme agent thérapeutique.

Qui ]i*a pas Tesprit de son âge, a tout le malheur de son âge.

Une tendance générale au perfectionnement caractérise l'époque où nous vivons. Celte direction^ imprimée à la société et aux individus , contribue puissamment à fonder la prospérité publique et privée^ puisqu'en tout temps c'est une condition du bonheur que l'homme se tienne à la hauteur de son siècle. Cependant on doit regretter qu'il soit impossible de s'élever autrement que par degrés au niveau des connaissances acquises ; car beaucoup de personnes que rebutent la lenteur et les difficultés de la route battue , croient atteindre plus promptement le but en s'y portant d'emblée,

et oublient qu'on n'y parrîent ainsi qu'aux dépens de la solidilé, qui seule garantit le Trai et l%itime savoir. Ccst par suite de cette tendanGe des esprits que la médecine a depuis long-temps cessé d'être 'objet des études d'une classe spéciale d'hommes y qu'elle est tombée plus vite que beaucoup d'autres sciences dans le domaine commun y et qu'un pu- Mie, de jour en jour croissant, s'est bientôt cru en mesure et en droit de juger les principes et les dogmes sur lesquels elle r^ose. L'inéritable résultat d'une telle diffusion d'idées a été l'anarchie complète dont on est frappé quand on vent se rendre compte des opinions accréditées par rapport \ l'art de guérir et à son degré de œrtitude. Aujourd'hui ^ comme par le passé, un deroir sacré prescrit k ceux qni ont Toué leur Tie entière aux sciences médicales, de chercher à foire cesser ce fiàcheux désordre, k IcTcr les doates, A concilier les opinions ; mais , pour réussir, ils doÎTcnt , dans un sujet qui touche aux plus chers intérêts du genre humain, se mettre à la portée de tout le monde, et répudier le langage pédantesque qui ne pouTait convenir qu'à une époque d'engourdissement de la pensée.

Llijdriatrie Toyant cit^tre diaque jour le nom-

COMME AGENT THARAPEUTIQUE. S7$

bre de ses partisans^ tout livre dans lequel on se propose d'en exposer les règles, doit affecter des fiMines populaires plutôt que scientifiquetf , sous peine de manquer son but, qui consiste à Caire ressortir les bons effets qu'on doit attendre de cette méthode sagement appliquée, et de combattre les erreurs qui se sont déj& glissées dans le publie, relatir^nent aux résultats avantageiix ou nuisi* blés qu'elle peut entraîner. Car si, d'un côté, les témoignages en sa faveur ae sont multipliés au point d'inspirer pour elle une prédilectioii qui menace de dégénérer en aveugU enthousiasme, d'un autre côté, les faits attestent qu'il existe réel* lement une médecine par l'eau , et que Teau pos« sède une incontestable Tertu curative.

Il serait bien difficile de définir cette vertu. Heureusement, toute définition est inutile ici, puisrr qu'il suffit d'observer les phénomènes qui se renouvellent à chaque instant depuis la création du monde. Quoique la civilisation en soit venue an point de bannir presque entièrement l'eau du ré*r gime diététique, et de la réduire , sous ce rapport, à un rôle très subalterne, du moins n'est-il per* sonne qui né se souvienne d'avoir quelquefois éprouvé l'indicible sentiment de bien-être qu'elle

procure I lorsque le corps est épnisé deiatigue. A rintérieur, comme à l'extérieur , où, il esl trai, les ablutions partielles auxquelles on se soumet journellement sont commandées plutôt par la vanité que par l'espoir d'entretenir la santé , partout et toujours elle accroît l'énergie et focilite les fonctions des parties avec lesquelles elle entre en rapport direct. Nous ne tenterons même pas ici de dérouler tous les anneaux de la ohaine qui unit le monde organique au monde organisé^ ou, pour parler plus exactement, de décrire toutes les opérations chimiques, combinaisons ou éliminations , auxquelles le simple contact de l'eau avec notre corps donne lieu, et qui peuvent être la source de cet accroissement d'activité. Jusqu'à ce que la physique et la chimie aient acquis plus de clarté et de précision dans leurs dogmes, il vaut mieux déclarer l'insuffisance des vérités positives en possession desquelles nous sommes. Cet aveu sincère de notre ignorance serait décourageant si , d'un autre côté, il ne nous était permis d'assigner à une bonne partie des changemens qui nous frappent après l'application immédiate de l'eau , une explication fondée sur les lois de la nature, et d'autant plus précieuse, qu'envisagée sous le point de vue phy^

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siologique , elle peut servir de base à l'édifice entier de l'hydriatrie. En effet , tout corps perd de la chaleur quand il est touché par un autre corps dont la température est plus basse que la sienne. D'après cette loi, l'eau soustrait du calorique aux surfaces du corps humain , proportionnellement à son degré de froid et à la durée de son contact. Cette soustraction de calorique se dénote nonseulement par un sentiment de froid que le sujet éprouve, mais encore par un resserrement local, qui amène une diminution de volume appréciable à la vue. Mais> à cet effet primaire^ en succède un autre secondaire, non moins important, dont la manifestation n'est retardée ou empêchée que par le degré de froideur de l'eau, la forme de son application et la durée de son action. La faculté inhérente aux êtres organiques, qui les rend aptes à se maintenir malgré toutes les influences du dehors; ne tarde pas à s* déployer, outre que l'expansion entretenue par la chaleur dans les parties que leur profondeur tient à distance de l'eau, suffisait peut-être déjà seule pour rétablir l'équilibre de la température. Cette faculté, stimulée par l'atteinte portée à ses manifestations naturelles, arrive à un tel degré de réa^on, que

la température^ abaissée dans les surfaces mises en contact avec l'eau, reYienl bientôt à son degré primitif ^ et même le dépasse de beaucoup. Nous voyons se dessiner les phénomènes d'une opération vitale énergique y la peau recouvre son expansion, elle rougit, en signe d'une activité plus grande de la circulation , parfois même le battement des artères devient plus vif et plus fréquent, et à ces symptômes se joint un sentiment général de vivification et d'échauffement. Nous retrouvons donc ici tous les effets qu'on considère généralement comme caractéristiques des excitans y et nous possédons ainsi y dans l'usage de l'eau froide y un moyen de procurer une douce et passagère stimulation.

Mais l'organisme a besoin d'une excitation extérieure, tant pour* amener les organes à leur degré normal de développement que pour les maintenir dans leur état d'intégrité y et celle à laquelle donnent lieu les excitans fournis par les élémens mêmes de la nature mérite la préférence sur celle qui résulte de stimulans artificiels. Cest là une vérité depuis long-temps reconnue, et tous les livres qui^ sous des titres divers y exposent les moyens &t prolonger la durée de la vie humaine.

ne font que la proclamer. D'ailleurs ^ plus nous réfléchissons sur les causes des maladies , plus nous acquérons la conviction que les excitans naturels l'emportent de beaucoup sur tous les stijttulans artificiels. En effet, le nombre des maladies a crû dans la même proportion que l'espèce humaine s'est éloignée de la simplicité des mœurs primitive, et, de nos jours encore , elles eicercent surtout leurs ravages là où l'on s'écarte le plus des voies de la nature. Mais ce serait mal com*prendre cette dernière que de ne pas reconnaître en elle la nécessité du mauvais comme du bon c6té des choses. La médecine en général , et la diététique en particulier, sont donc fondées k chercher les moyens d'atténuer autant que pos* sible ce dédain des excitans naturels qui porte une si profonde atteinte au développement de notre organisme et à la conservation de son intégrité. L'esprit humain s'est exercé d'une manière incroyable sous ce rapport» Il a signalé comme étant propres à conserver ou rétablir la santé, une multitude 4e moyens qui, presque tous, ont pour elTet de produire une stimulation plus ou moins forte, générale ou loCâle, et l'on ne saurait trop admirer la flexibilité de noire nalu-

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re, qui sait résister aux excitations les plus étranges, les forcer pour ainsi dire de concourir à ses vues, et les employer au maintien de l'barmonie des fonctions. Cependant , comme ce ne sont là que des exceptions , et que le nombre est immense de ceux qui doivent attribuer une grande partie de leurs souffrances au genre de vie tout factice qu'ils ont adopté ^ il n'en demeure pas moins vrai que le plus sûr moyen de conserver sa santé jusqu'à l'âge le plus avancé est de ne re^ courir qu'aut seuls excitans naturels, à l'exercice, au bon air et à l'eau. En ce qui concerne surtout cette dernière, comme on conçoit aisément qu'une stimulation autant que possible générale et uniforme serait bien préférable à l'excitation simplement partielle qui résulte de la manière dont nous l'empldyons dans la vie commune, nous sommes en droit d'insister sur la nécessité d'étendre les limites jusqu'ici tracées à son emploi, et de faire participer le corps entier à son influence journalière, par des bains, mais principalement par des ablutions, qui ont le grand avantage de favoriser et accélérer le développement de la réaction, S cause de l'exercice dont elles sont accompagnée^^». Les différences individuelles de

COMME AOFNT THl^.RAPEUTIQUE. 181

sensibilité et d'irritabilité y c'e$t-à*dire le degré d'aplîlude des systèmes nerveux et vasculaire à être affectés par les impressions du dehors^ jouent ici un grand rôle quant à la manifestation plus ou moins rapide et plus ou moins prononcée de la réaction^ de sorte qu'il est difficile de dire où l'eau cesse d'être moyen diététique, et où elle commence à devenir agent thérapeutique. Le mieux ^ sans doute 9 serait de prendre pour point de départ l'excitation passagère à laquelle se lie la çonser^ vation du bien-être. C'est donc plutôt dans les conditions individuelles que dans le mode d'application qu'il faut chercher les limites de l'usage de l'eau , et ce n'est qu'à titre de proposition générale qu'il est permis de dire qu'on la rend un puissant moyen de guérison^ soit en donnant plus d'extension à son emploi général oii local , soit en modifiant les formes de son application , prolongeant plus ou moins celle-ci, et la réitérant à des intervalles plus ou moins rapprochés. A l'aide de toutes ces variations , les mêmes phénomènes physiologiques qui, dans le régime diététique^ font d'elle un léger stimulant, la transforment en un des excitans les plus énergiques que la médecine possède, et l'hydrialrie^ qui em-

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brasse toutes les formes sous lesquelles l'eau peut être mise en contact avec notre corps ^ dcTient ainsi^ en médecine^ une méthode excitante générale.

Après avoir ramené l'hydriatrie à ses principes^ nous allons donner un aperçu rapide de la vie qu'on mène à Graefenberg, et signaler brièvement les différentes manières dont on y applique l'eau au traitement des maladies.

Voici comment la scène débute pour l'hôte de Graefenberg. Le matin^ vers quatre ou cinq heures^ un servant entre dans l'endroit qui la veille lui a été assigné pour demeure^ et qui fort souvent répond assez mal à l'idée qu'on se forme généralement d'une chambre. L'arrivée de cet homme annonce qu'il est temps de commencer l'œuvre thérapeutique de la journée. Le malade quitte son lit, que le servant refait en toute hâte, et sur lequel il étend une épaisse et large couverture de laine. Le malade avale un verre d'eau fraîche, se dépouille de sa chemise, et se couche, les bras étendus le long du corps, sur cette couverture, dans laquelle on l'enveloppe de manière à rie lui laisser de libre que la tête, qu'on lui entoure aussi d'une pièce de toile, afin que la figure reste seule en rapport avec l'air.

n doit conservel cette attitude forcée jusqu'à ce que^ par l'obstacle opposé au dégagement de la chaleur du corps, l'expansion générale se soit élevée au point qu'une sueur abondante ruisselle sur toute la surface de la pean^ ce qui exige un temps plus ou moins long^ terme moyen un laps de deux heures^ selon l'individualité du sujet, la température de la chambre et l'adresse du servant. Dès que la sueur a paru, on l'entretient, si on le juge nécessaire, en faisant boire fréquemment de l'eau froide. Priesnitz la laisse souvent couler pendant plusieurs heures; mais la plupart se contentent d'une demi-heure. Alors le malade, toujours enveloppé, se rend à la salle de bain ; là, il quitte sa couverture, et entre dans l'eau froide, où il se frotte vivement tout le corps, avec l'assistance du servant, qui lui arrose aussi la tête. Au bout de quelques minutes, ils sort de la cuve, s'essuie, s'enveloppe d'une robe de chambre, revient dans son logis, où il s'habille en toute diligence, et va se promener, pour aider au développement de la réaction. En même temps, il boit de l'eau fraîche, dont la quantité est généralement prescrite parPriesftitz. Bien qu'il soit laissé^ sous ce rapport, une grande latitude à rarbitràîre de chacun, on peut

l'évaluer; terme moyen, à dix û|i quinze verres pour le courant de la journée, tiette eau est prise à la source même, circonstance de laquelle, sans contredit, dépend une grande partie des effets salutaires qu'elle produit; car elle occasibne rarement ces pesanteurs incommodes qui sont fréquemment la conséquence immédiate de l'ingestion d'une grande quantité d'eau ordinaire.

Après s'être promené pendant plusieurs heures, tout en buvant, le malade revient prendre son déjeuner, qui consiste en pain, beurre et lait. Gomme les actes de la matinée exigent plus ou moins de temps, suivant les individus, puisqu'il y en a chez lesquels la sueur parait au bout de deux heures, et d'autres où elle en demande quatre, que celui-ci boit dix verres d'eau et celui-là vingt, il n'y a point d'heure fixe pour le premier repas de la journée. Après ce repas, les malades sont pour la plupart libres de se livrer aux occupations de leurgoùt; mais ils ne jouissent pas long-temps de cette fa* culte, et l'on voit une bonne partie d'entre eux s'acheminer vers la forêt, pour y prendre des douches, ou se retirer dans leur cellule, pour y goûter le plaisir d'un bain de siège. Vers une heure, la société se réunit pour le diner, où chacun apporte

un excellent appétit^ qui supplée à la simplicité des mets. Puis^ si les circonstances n'obligent pas de répéter quelqu'un des actes de la matinée, on retourne à la promenade, sans négliger l'eau, qu'on boit néanmoins à de plus longs intervalles. La clocbe du sdir rappelle de nouveau les convives pour le souper, qui ressemble exactement au déjeuner, et auquel succèdent, le dimanche, des jeux et des danses.

Les bains généraux et la boisson ne sont pas les seules manières dont on emploie l'eau à Graefen^ berg. Les bains locaux, comme ceux de pieds, de jambes, de mains, de bras et même de tête, y jouent aussi leur rôle. Mais on y fait surtout un grand usage des applications de linge mouillé qu'on renouvelle, suivant le cas, tantôt quand il s'est écluiuffé, et tantôt seulement lorsqu'il jest devenu tout-à-Cedt sec. La plupart des malades, ceux surtout qui sont atteints d'affections abdominales, portent constamment autour du corps ce qu'on appelle la ceinture de Neptune, une bande de linge mouillé, qu'ils changent chaque fois qu'elle cesse d'être humide. Il y a aussi des circonstances particulières où l'on s'enveloppe le corps entier dans des draps mouillés.

Tels sont^ retracés à grands traits, et le genre de vie auquel sont soumis les faites de Graefenherg, et les diffèrens modes d'application de l'eau qu'on a jusqu'ici adoptés dans cet établissement.

Quelques doutes pouvant s'éleyer dans l'esprit du lecteur prudent sur la convenanœ de l'acte par lequel commence la journée^ il ne sera pas hors de propos d'en examiner ici les résultats physiologiques. Cet acte m'a paru à moi-même l'un des plus dignes d'être pris en considération, et j'en ai fait long-temps le sujet de mes méditations. J'attachais surtout du prix à découvrir comment Priesnitz avait pu être conduit à faire précéder le bain d'une diaphorèse excitée par l'enveloppement général du corps, car je n'ignorais pas que, pendant plusieurs années, il' avait employé l'eau avec de grands succès^ sans reconnaître la nécessité de provoquer préalablement la sueur. Yoici ce que j'ai appris à cet égard. Un malade qui, ayant déjà fait usage des bains de vapeur russes, savait par expérience qu'on peut sans danger exposer le corps ruisselant de sueur à l'action de l'eau froide, s'éveilla un matin, à Graefenberg, tout trempé de sueur, et, sans attendre que sa peau fût ressuyée, alla se plonger dans un bain froid* Ce fait ayant démontré qu'il

n'y avait rien à craindre d'une si brusque transitiou; on en vint bientôt à se conyaincre que le résultat pouvait être avantageux^ puis on reconnut qu'il était nécessaire que la provocation de la sueur précédât le bain froid, et en peu de temps cette méthode acquit tant d'importance qu'aujourd'hui c'est à peine si l'on peut concevoir un traitement par l'eau sans elle. Ainsi le hasard seul a mis sur ses traces. Mais elle joue un r61e trop considérable pour qu'on puisse se dispenser de rechercher quels sont les phénomènes auxquels elle donne lieu, d'autant plus que cet examen doit apprendre jusqu'à quel point elle est à sa place^ ou même nécessaire, dans la série des actes dont l'ensemble constitue un traitement par l'eau.

J'ai d^à dit qu'en faisant un traitement par l'eau on se soumettait à une méthode générale d'excitation. D n'est pas besoin assurément de s'enfoncer dans les profondeurs de la science pour reconnaître qu'en s'opposant à la déperdition du calorique par l'épaisse couverture de laine dont on enveloppe le corps, on détermine une expansion qui doit s'étendre peu-à-peu jusqu'aux ramifications vasculaires les plus déliées^ en sorte qu'on aurait de la peine à concevoir une meil-

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leure manière d'accroître généralement et uniformément l'actlYité vitale. Si ^ ensuite^ on réfléchit à l'action du bain froid ^ si l'on se la représente telle qu'elle est réellement , une atteinte portée aux droits de la nature^ à la tranquillité du cours des fonctions naturelles y on est tenté de voir dans cette rétention de la chaleur^ dans cette expansion , dans cette tension du système yasculairc , dans cette exaltation de l'élasticité^ en un mot^ dans cette provocation de l'organisme entier à un déploiement plus complet de ses fonctions , une sorte de levée en masse pour être en mesure de repousser toute espèce d'agression. Ainsi, par ce premier procédé y on agit déjà dans le sens du but qu'on se propose en ayant recours au traitement par l'eau , et qui est de faire naître une excitation générale de l'organisme. Ainsi ^ ce procédé est bien à sa place parmi les autres , et parfois même il mérite réellement d'être mis en première ligne. Ainsi l'on parvient à donner une explication satisfaisante peut-être d'un phénomène qui^ au premier aperçu , semblait une insoluble énigme. Il y a plus : en partant des idées qui viennent d'être exposées, on arrive à concevoir non-seulement qu'il est permis , comme le démontre l'expérience jour-

naliêre j de recourir à ce procédé sans la moindre appréhension ^ mais encore qu'il est convenable^ qu'il est nécessaire de l'employer^ son résultat étant d'éveiller la réaction y qui ne doit jamais être perdue de vue dans l'emploi du bain froid , et de la mettre en mesure de résister avec efficacité ; car^ en supposant le corps à son degré ordinaire de chaleur, l'impression générale et subite du froid déterminerait un refoulement vers l'intérieur qui pourrait devenir nuisible si la force de résistimce ne se portait pas à Textérieur avec assez de promptitude pour ramener l'harmonie dans les fonctions ou rétablir l'équilibre de la température. G^est ici, plus que partout ailleurs, je pense , qu'il convient de s'élever contre ceux qui n'attribuent les vertus thérapeutiques de l'eau qu'à sa basse température. Si leur opinion était fondée , à quoi bon l'immersion dans l'eau froide, puisque l'exposition du corps ruisselant de sueur à l'air devrait produire le même effet? Or, on se trouverait fort mal , à coup sûr, de tenter l'expérience ; elle n'a point été faite formellement à Graefenberg, mais on y connaît plus d'un exemple de personnes qui, craignant d'avoir une attaque d'apoplexie^ hésitaient à se plonger, baignées de

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sueur^ dans l'eau froide^ et, ayant de s'y décider, restaient quelques instans le corps nu à l'air libre : on ne tardait pas à voir se déclarer les conséquences redoutables du refroidissement, et presque toujours ce n'était qu'en déployant l'appareil excitant dans toute sa latitude qu'on parrenait ensuite à prévenir la mort. L'eau se montre ici douée d'une action particulière, qui surprend d'autant plus que toute tentati ce de l'expliquer laisse quelque cbose à désirer. Pourquoi se refroidit-on à l'air , m^me quand il y a un degré élevé de température, tandis qu'on ne se refroidit point dans l'eau, même lorsqu'elle est à une température bien plus basse ? n nous manque, pour résoudre ce problème^ des données sur les -propriétés pbysiques et chimiques de l'air et de l'eau, sans lesquelles on ne saurait dire en quoi consiste, à proprement parler, le phénomène appelé refroidissement, dans le sens médical du mot, ni comment les rapports de l'organisme avec le monde extérieur sont tous différens lorsque nôtre corps vient à être entouré d'eau, ou quand il est baigné d'air, par lequel cependant il a l'habitude d'être enveloppé. C'est .!& certainement un digne sujet de recherches pour les physiciens, les chimistes et les physiologistes. Quant

h nous , engagés dans une voie pratique , et de qui l'on exige d'agir sous la conduite de l'expérience ^ nous croyons avoir satisfait à nos devoirs en essayant d'appeler l'attention sur ce phénomène et en prenant patience.

Nous fatiguerions le lecteur si nous voulions examiner l'une après l'autre les diverses manières d'employer l'eau. Le fond est le même partout^ et en partant du point de vue sous lequel nous venons de nous placer^ il devient facile d'appliquer nos réflexions générales à chacune d'elles. Ainsi^ par exemple^ il est clair que quand on a surtout en vue l'effet primaire, la soustraction de calorique, on parvient au hut en prolongeant l'action immédiate et non interrompue de l'eau froide, tandis qu'en abrégeant cette action on peut compter sur une prompte réaction. Il est évident aussi que les ablutions avec de l'eau tiède, ou, comme on dit, dégourdie, conviennent, et remplacent avantageusement le bain froid au début du traitement, lorsque l'âge du sujet, sa faiblesse ou l'atonie de la peau ne permettent pas d'espérer tout d'abord une réaction énergique. Les bains locaux accroissent l'activité vitale dans les parties qu'on y soumet, et ce n'est qu'à la faveur de circonstances particu-

lières^ comme une irritabilité très prononcée du sujets un froid considérable de l'eau, la longue anrée de son application, onla répétition de son emploi à de courts interralles, qu'ils produisent le même effet sur l'organisme entier; lepremier d^ré de leur action met donc entre no^mains un puissant moyen de provoquer cette dérivation qui joue un si grand r61e dans la plupart des systèmes de pathologie et de thérapeutique, car la loi qui yeut qu'on parvienne à diminuer une irritation par une autre irritation déterminée sur un point éloigné, est sortie triomphante de toutes les discussions. Ainsi le bain de siège et le bain de pieds sont un remède certain contre les maux de tète et les congestions vers la poitrine. Une autre forme, non moins importante, et dont on doit aussi tirer beaucoup de profit, est celle des applications locales ou générales de corps humides, dans lesquelles à l'action de l'eau se joint celle de l'étoffe qui serre la partie et la met à l'abn du contact de l'air, de sorte que nous trouvons réunis en elles les effets de la stimulation, de la dérivation et delà résorption. Si, la plupart du temps, leur action demeure purement locale, superficielle, elle ne s'en propage cependant pas moins à une assez grande profondeur pour que, lorsqu'on les

emploie^ par exemple^ sur le bas-Tentre^ la soustraction momentanée de chaleur qu'elles déterminent au premier abord, soit suivie pendant quelque temps d'un excitation générale de la circulation et d'un plus Kbre exercice des fonctions de tous les viscères abdominaux^ ce qui les rend d'une efficacité extraordinaire dans les affections si nombreuses et si répandues de ces organes. Enfin^ il est une dernière forme sous laquelle l'application de l'eau mérite toute notre attention^ attendu qu'elle ne permet guère d'exclure cette dernière du cercle des remèdes les plus héroïques ; nous voulons parler des douches. Gomme ta hauteur de la chute augmente la pression du liquide^ l'action est aussi plus énergique, l'influence sur les fonctions plus grande, la réaction locale et générale plus prononcée que dans tous les autres modes. Celui qui voudrait classer ces modes d'après le degré d'excitation produite, aurait donc à mettre au bas de la série les simples lotions avec de l'eau tempérée, et à l'autre extrémité la douche. En variant le degré de froid du liquide, l'employant d'une manière to*cale ou générale, l'appliquant plus ou moins longtemps , et lui donnant plus ou moins de force d'impulsion, on arrive sans peine à réaliser cette

échelle de gradation^ que reint>irisme a £ait reconnaîtra à Graefenberg, où la règle yeut qu'on ne passe au bain froid qu'après quelques jours d'ablutions avec de l'eau tempérée^ qu'on ne prenne les douches qu'au bout de plusieurs semaines, et qu'ensuite on parcourre de nouveau les mêmes degrés en sens inverse.

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