ENTRÉE D'UN ROI DE FRANCE A PARIS
Miniafui-e attribuée à Jean Foucquet, (Ms.fr.des Grandes Chi-oniqu=s Bibliothèque lialionalu,
l'ciiiiiuet, à la fin de sa vie, dans IVxi'iiitidii de ses grands relaMes (111 dos eumpositions nionumentalcs, comme celles de Notre-Dame la lîiclie. ]iar les deux seuls couples de grandes figures, fragments du diply(iue de Melun, peint vers I iJiO, au relmir d'Italie. Tout au
LA V 1 E U G E ET L E N F A X T JÉSUS, 1' A 11 ,1 E A N K 0 U ij l' E T (Musée d'Auvors.)
plus devons-nous chercher dans ces peintures une idée de ce que pouvait être, à la Minerve de Rome, le fameux Porlrail irEui/rnc IV aicc deux difjnltaircs, si fort admire, de son temps, par Filarete, Florio, et, au xvi" siècle encore, par Yasari, Ces deux panneaux, dans leurs aventures, ont malheureusement souffert, plus encore [lar les nettoyages que par les restaurations. Néanmoins, si l'un s'est
trop terni, si l'autre s'est trop lissé, tous deux n'en restent pas moins les preuves les plus sûres du grand talent de Fouquct dès cette époque. L'artiste vient de vivre avec des fresquistes italiens, surlijut des fresquistes llincntins; il s'elTorce de rivaliser avec eux. Dans ces ligures à mi-corps, de grandeur naturelle, il cherche, comme eux, l'union du style large et puissant dans les formes avec l'extrême précision dans le caraclère. La Vierge avec l'Enfant (musée d'Anvers), VK/irnne C/irnilier ri son saiitl pah'un (musée de Berlin), à dislance, ollVcnt l'aspect clair et rythmé, l'harmonie blanchâtre, délicate, argentée, si chers à Fra Angelico, Audrea del • lastagno, Paolo Uccello, Domenico Veneziano, Piero délia Francesca. Le Tourangeau est aussi exact qu'eux, aussi intense et péné- Iranl, mais il ajoute à cette noble analyse physionomique une affabilité avenante, une sorte de sourire laleul, très personnels et 1res français.
Madone ou saint. Enfant .Jésus ou trésorier royal, toutes ces figures sont des portrails. Comme images réelles, elles ont toutes les saveurs, comme images idéales toutes les infériorités d'études faites sur le vif. 11 ne semble pas qu'à ce moment Fouquet, essentiellement portraitiste, voulant s'élever au rang de peintre d'histoire, eût encore acquis assez de liberté dans l'imagination pour transfigurer, dans certains cas, ses modèles, comme il sut le faire plus tard dans quelques Vierges, saints ou héros de ses miniatures. Ni la Vierge d'Anvers (Agnès Sorel, suivant une tradition confirmée par les comparaisons iconographiques), couronnée d'or et de perles, avec sa robe en fourreau, très serrée à la taille, et son corsage étroit d'où jaillit ce beau sein célèbre à la cour de Chinon, ni surtout son Enfant, aux contours épais, mal équarri, gauchement assis sur son genou, malgré d'exquises perfections de modelé et de coloris, malgré la sincérité grave des expressions, ne nous transportent point au delà du monde prochain. Il en est de môme du beau moine saint Etienne, au visage si viril, si noble, si vivant, quelque religieux lettré de Marmoutiers ou de Saint-Martin, ami du peintre ou du financier, présentant ce dernier à la Vierge. La cérémonie a lii'u dans le logis princier de Chevalier, devant ces lambris de marbres polychromes, à la mode italienne, (ju'nu reverra au frontispice du livre d'Heures et chez le chancelier Jouvenel des l'rsins.
Fouquet ne sait pas, ne veut pas séparer les gens de leur milieu; c'est une de ses qualités les plus saisissantes, une de celles (|ui le distinguent le mieux de plusieurs notables contemporains, lia-
^îân Fouquer pi