‹ Exposition des principes du gouvernement républicainChapitre 10 sur 30 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

sa vie , et se souciant très peu de ce qui adviendra après sa mort. Il est inutile, je pense, de détailler les avantages du système de monogamie : ils sont trop évidens.

On me dira peut-être que ces différens modes d’union entre les sexes ne proviennent pas de la variété des races , mais bien des gouvernemens et surtout des religions. Ce serait prendre l’effet pour la cause. Quoique l’on nous apprenne que nous avons été créés à l’image de Dieu , il n’en est pas moins vrai que de tout temps les hommes ont donné h la divinité leurs vertus , leurs passions et leurs vices , et ont fait , au contraire leurs Dieux à leur image. La religion a toujours suivi les péripéties des nations ; elle s’est épurée à mesure que la civilisation s’est augmentée, et s’est défaite, dans les siècles éclairés, des supersistilions qu elle avait ramassées dans les temps d’ignorance. Malheur à la religion qui a cessé d’être d’accord avec les mœurs et les opinions du temps ! elle doit cesser d’exister par la nature même des choses. A plus forte raison , jamais une religion qui contredit l'instinct même d’une race d’hommes n’a pu être fondée.

La civilisation romaine avait pesé de tout le poids de ses lois , de ses mœurs et de sa religion, sur les races polygames de l’Orient. Dès qu’elles purent le faire, elles se redressèrent, et, aidées par

. • INTRODUCTION. Il

Mahomet, homme d'un puissant génie, elles reprirent tout d’un coup leurs mœurs naturelles avec une religion et un gouvernement conformes aux besoins physiques et moraux , résultats de leur organisation particulière. Aussi, depuis ce temps, l’islamisme et le despotisme régnent en paix en Asie. Point d hérésie religieuse, point de réforme dans le gouvernement , plus de progrès ; tout reste stationnaire, parce que toutes les institutions se trouvent en équilibre avec les besoins. Si maintenant quelques velléités de civilisation passent par la tète du sultan et du pacha d’Egypte, ce ne sont que des projets personnels qui ne trouvent pas d’écho dans la nation et qui n’aboutiront qu’a fatiguer inutilement le monarque et le peuple, sans aucun résultat probable que le renversement du premier.

11 n’en est pas de même en Europe. Depuis la chute de l’empire, la race nouvelle, qui est -résultée du mélange des barbares du Nord et des Romains, race éminément civilisable, n'a cessé d’être agitée par un mouvement progressif réformateur. Mille guerres intestines, mille révolutions , mille réformes religieuses, sociales et politiques , en font foi , et ce grand mouvement ne s’arrêtera que lorsque l'équilibre entre les besoins du penplc et scs institutions se sera retrouvé. r » •

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