‹ Exposition des principes du gouvernement républicainChapitre 25 sur 30 · ST · texte numérisé non relu

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si secret et si difficile à prouver, sera entièreremciU prévenu. Il faut que les lois de la société, ses institution et ses mœurs soient bien vicieuses pour contrebalancer dans le cœur d'une mère l’instinct naturel que la nature y a placé ! C’est à détruire cette contradiction que le législateur doit s’occuper. La protection sociale doit même s’étendre encore plus loin pour l’enfaut et autoriser la recherche de la paternité. Lorsque quelques familles ont des droits politiques ou civils diflerens de ceux des autres , lorsque le monopole et l’accumulation sont érigés en principes, en faveur d’une classe particulière, il est tout simple que la recherche de la paternité soit interdite ; mais lorsque la loi ne considère plus que les individus et leur accorde des droits égaux , de quelque pèré qu’ils viennent, il y aurait absurdité à la prévenir. Il est vrai que d’être fils d’un homme plutôt que d’un autre ne donnerait non plus aucun droit : car nous avons vu que chacun doit être maître de laisser sa fortune h qui lui plaît. Il n’y aurait que le cas de mort ab intestat du père qui donnerait des droits à ses enfans, et, dans ce cas, ils devraient être égaux entre ceux qui sont nés dans le mariage ou en dehors. Dans les colonies aussi, où le mélange des races a lieu, il faudrait que la loi prescrivît pour chaque classe particulière combien de croisemens successifs

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seraient nécessaires pour ramener la race inférieure au type de la race supérieure, et de quelle manière ils seraient prouvés. /

Dès que la même importance n’est plus attachée à la descendance, et surtout à la légitimité, les registres de l’état civil deviennent presque inutiles et pourraient sesupprimerayecavantage. Les naissances, les mariages, lqs décès devraient se prouver en justice comme tous les autres faits ; au lieu que, maintenant, il est souvent plus facile de prouver le crime du meurtrier pour le faire exécuter, que la mort de sa victime pour faire ouvrir sa succession. f

Mais le mariage lui-même devrait cesser d’être un joug souvent odieux aux deux parties, et qui leur rend la vie insupportable , sans aucun avantage pour la société. Il est bien facile de prouver que l’institution du mariage, comme elle existe maintenant, est contraire aux mœurs et à la nature; il n’y a qu’à voir comment les liens en sont respectés. Le mariage ne doit être qu’un contrat civil entre les parties. 11 doit être soumis à toutes les lois qui règlent les autres formes d’associations. 11 est bon que la loi règle ces formes et la manière de constater ces contrats et leurs conséquences variées ; mais elle doit laisser pleine liberté à toutes leurs stipulations. Il faut qu’on puisse s’associer pour vivre ensemble, pour

tout le temps que les humeurs des deux parties s’accorderont. Cela est même la forme naturelle du mariage dans notre race monogame, et la seule qui puisse procurer un bonheur stable. Il faut aussi que l’on puisse s’unir pour un temps donné ou jusqu’à un événement contingent. 11 faut que l’on puisse faire dépendre la continuation de l’union d’autres circonstances qui lui soient étrangères; mais, dans tous les cas , il faut qu elle soit respectée et que l’adultère soit sévèrement puni. Au reste, sous un régime pareil , il n’existerait pas : car il serait plus court de se marier avec l’homme que l’on aimerait que de tromper son mari.

L’union des sexes , constituée de cette ma* nière, serait plus naturelle et aurait les plus heureuses conséquences pour la morale et la prospérité publique et individuelle. Mais, dira-t-on, l’union intime, indissoluble entre les époux, serait détruite. On ne serait plus sûr de trouver toujours un compagne, une amie, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, et la famille serait dissoute. Au contraire, cette union qui est dans notre nature, et la seule qui fasse le bonheur, existerait alors de fait comme de droit. Les époux, sachant qu’ils peuvent sequitter, se respecteraient, et s’ils étaient mal assortis, se sépareraient et essaieraient de nouveaux liens , jusqu’à

ce que chacun eût trouvé ce qui lui convient. Il est vrai que, dans les revers de fortune, il est bon d’avoir quelqu’un qui les partage avec vous et les adoucisse; niais n’oublions pas que, ' pour cela, il faut que ce sacrifice soit volontaire. Les malheurs d’un changement de position ne sont-ils pas aggravés par une compagne qui vous reproche sans cesse que c’est vous qni l’avez attirée dans l’abîme, et que, sans vous et le lien indissoluble qui vous lie, le bonheur serait son partage!

Je sais que l’on fera à ce système le reproche d’immoralité. Au contraire, l’adultère , la séduction et la prostitution seraient détruits. Le commerce entre les sexes n’a que deux choses qui le rendent vicieux, c’est la violation des droits d’autrui, et la déception qui, plus ou moins, l’accompagne presque toujours hors le mariage. Il se trouverait dépouillé de ces deux caractères, et deviendrait non-seulement honnête, mais même serait une des sources de la prospérité des classes pauvres. Se marier maintenant est une chose sérieuse, et qui èntraîne un changement total dans la vie; il n’en serait plus de même. On se marierait toutes les fois que l’on s’aimerait. Lorsque deux personnes, d’une fortune et d’une éducation pareilles , s’uniraient , elles feraient probablement un contrat qui leur donnerait des droits égaux et des avantages réciproques. Elles

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