CHAPITRE PREMIER
Pérou, formaient probablement aussi une autre
race distincte. La preuve de cela est que les Espagnols n’éprouvèrent aucune difficulté à réduire en esclavage les premiers, ou àleur donner un commencement de civilisation , ce qu’ils appelaient pacijicar , tandis qu’il leur fut toujours impossible de rien faire avec les Indiens des Florides et ceux des Pampas du Rio de la Plata , quoiqu’en suivant le môme système.
L’état despotique ne suit pas l’état anarchique; il existe chez d’autres races de temps immémorial et comme par intuition. C’est dans cet état qu’une grande partie de l Asie croupit depuis les temps les plus reculés. 11 semble que la race arabe y soit prédestinée. Une des variantes de cet état est le gouvernement théocratiquc qui a lieu lorsqu’un peuple gouverné despotiquement , et qui ne peut ni ne veut changer son état, sent pourtant le besoin de se rendre compte de l’autorité qui est exercée sur lui. Le principe de cet ordre social est simple, c’est l’obcissance passive. 11 assure de longues années de repos, et arrête tous les progrès futurs de l’esprit. Les Arabes du désert, quoique l’on puisse à la première vue les prendre pour vivant dans l’état d’anarchie, en sont pourtant bien loin. Chaque chef de tribu est despote, et la gouverne à sa guise. Ces despotes partiels se soumettent hiérarchiquement à d’autres jusqu’à
INTRODUCTION
ce que tous les fils viennent se réunir dans la main du despote suprême.
L’état civilisé est celui de l’Europe, de la Chine, des Indes, et de quelques autres nations; mais ces diverses races civilisahles le sont à des degrés différons ; et, tandis que quelques peuples n’ont pas encore trouvé le point d’équilibre entre leur civilisation et leurs besoins moraux, d’autres, tels que les Chinois et les Indous, y sont déjà arrivés depuis quelques milliers d’années.
Beaucoup d’auteurs s’accordent à considérer la famille comme le fondement et le principe de toute société. Sans être entièrement de leur avis, on ne peut nier cependant qu’elle ne constitue une des premières associations , auxquelles les hommes curent d’abord recours pour se donner des droits. Le commerce entre les sexes a l’air d’être le grand but que s’est proposé la nature. Elle-même a donné à chaque animal un code de lois à cet égard. L’instinct leur apprend comment choisir leurs femelles et se comporter avec elles. En a-t-elle aei différemment avec les hom-
mes? Je ne le crois pas; et c’est surtout dans la constitution de la famille qu’on retrouve tout son empire. Mais, toujours variée, elle a donné aux différons animaux et aux différentes races d'hommes des instincts différons à cc sujet.
Le lion rugissant , le daim timide, et beaucoup