‹ Exposition des principes du gouvernement républicain, tel qu'il a été perfectionné en AmériqueChapitre 12 sur 39 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

à celui de la Haute Italie qui , quoique déchirée 5ans cesse par des guerres civiles et étrangères ^ étant restée divisée en petits états , offre partout une civilisation égale. Passé le Gavigliano^ on ne trouve plus qu'à Naples des théâtres , des universités^ des écoles , pas même , à ce que je crois ^ d'imprimeries; au contraire ; en Lomhardie et en Toscane^ on trouve dans chaque hourg tous les avantages de la civilisation , aujourd'hui moins qu'autrefois , parce que Ton a commencé à centraliser en plus grandes masses les peuples de ces provinces. Us se seraient tout à fait perdus sous le régime de la centra* lisation française. Quelques efforts que le roi Joachim fit à Naples pour civiliser les provinces , il n'y eût jamais réussi complètement sans d'abord renverser le système de la centralisation. A quel point de civilisation seraient arrivées la Grèce ou Fltalie , si la concurrence qui existait entre leurs villes libres , au lieu de dégénérer en guerres civiles , et de les livrer à l'étranger ou à des tyrans intérieurs , eût été circonscrite dans de justes limites ; si un gouvernement fort les eût réunies de manière à leur donner une nationalité objective aux yeux de l'étranger, les laissant en même temps entièrement libres dans le champ de la concurrence littéraire et économique; si, abandonnant les

aimes , elles n^eussent rivalisé qu'en industrie , en lumières , en talens ? Qui peut prévoir les conquêtes que ces différens centres d'action indépendans eussent faites concurremment dans la carrière des sciences , des arts et de la civilisation ? Quelle masse de prospérité n'en serait-il pas résidté ? Au lieu de cela , tout s'obscurcit. L'Autriche centralise. Ce sera bientôt à Vienne que les habitans de Sienne ^ de Padoue et de Bologne iront chercher une éducation étrangère. C'est là que toutes les ambitions se réuniront : car les yeux du maître et sa cour sont les seuls centres d'où elles puissent recevoir le prix servile qu'elles ambitionnent. Au lieu de se présentera découvert aux suffrages d'uuj^euple libre, concurremment avec ses rivaux , c'est dans l'obscurité d'une antichambre que l'aspirant aux faveurs de la foi^ne ira attendre qu'une maîtresse ou un valet-de-chambre protecteur le conduise par un escalier dérobé auprès du maître , pour le divertir : car , lui plaire , le divertir , voilà le moyen de succès ; quant aux objets d'une utilité générale ou locale , ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Qu'importe que les provinces soient écrasées et leur prospérité détruite , pourvu que Versailles amuse les loisirs de Louis XIV ?

Un homme obscur , sous le régime de la centralisation, ne peut percer, parce qu'il n'y a

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