CHAPITRE Ul
da congrès tic VicDiie luL-mènie, tout frais qu'ils sont, tout uuauimeg qu'ils furent, sont déjà détruits. Tout ce qui est fait dans les intérêts des rois ne peut durei' , parce que ces intérêts changent tous les jours j il n'y a qu'un intérêt immuable au monde , c'est celui de la civilisation , celui des peuples. Dès qu'il gouverne, la paix et la prospérité régnent dans l'beurcux pays qui s'est défait de ses maîtres et de ses classes privilégiées. Voyez plutôt, pour vous en convaincre, la diplomatie américaine , et comparez-la a celle des princes de l'Eui'ope ; vous vous apei'ccvrez àl'instant qu'il s'agît d'un autre ordre d'idées et d'intéi'èts.
Mais si le grand inlérêt des peuples est celui d'avaucei- leur civilisation, ils doivent éviter la guerre entre eux, autant que possible: cai', quelque avantageuse qu'elle soit à une nation, la civilisation elle-même y perd toujours, c'est-à-di«9 que la masse d'avantages qu'en retire la natïoi gagnante est loin de compenser ses pertes , plii| celles de la nation perdante. CeK n'a pourtaitf plus lieu dans les guerres cuire les nations civil|kf« sées et celles qui ne le sont pas. Ces guerres, ea civilisant les vaincus, en ouvraut de nouveau» déboucUés au commerce, et en donnant une v»t! leur aux terres qui auparavant n'en avaient pas, sont avantageuses aux deux parties , et, loin 41 2*
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faire perdre du terrain à la civilisation^ elles Yé^ tendent.
Une nation sage^ et qui veut être heureuse, doit s'occuper de ses propres affaires, et non de cdles de ses voisins. Fendant qu'ils se ruineront par la guerre, elle profitera de son état de neutralité pour perfectionner son système intérieur. Qu'importe à une nation que ses voisins changent leur gouvernement, ou se disputent pour leurs frontières ou pour d'autres intérêts particuliers , pourvu que son pavillon soit respecté par les helligéi*ans et que son commerce n'en souffre pas ? Ce n'est pas à elle à intervenir dans ces disputes, à moins qu'elle ne menacent sa sûreté et sa tranquillité. Dans aucun cas, elle ne doit permettre rintervention étrangère dans ses affaires intérieures , ni se mêler de celles des autres. Quant a leurs affaires extérieures, il est vrai qu'il y a des cas où elle doit s'en mêler : c'est lorsqu'une nation étrangère est sur le point d'en conquérir une autre qui lui est limitrophe, et, par là, d'acquérir une force et une puissance qui menaceraient ses frontières et sa sûreté d'une manière immédiate. On ne peut donc établir de maximes générales , et chaque cas particulier doit être jugé d'après ses mérites. La seule règle qu'un gouvcmeÎBeBt ait k suivre est celle de l'intérêt des goayeimés. Ce n'est pasà lui à être phikntrope ou généreux;
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iln'a de devoirs k remplir qu'envers la nation. C'est aux gouvernemens étrangers à soigner les intérêts de leurs citoyens.
Mais il faut toujours que la conduite d'un gouvernement envers l'étranger soit basée sur Fé- €[uité naturelle et sur la réciprocité. Dès qu'on ne veut pas se soumetti'e à un monopole, il ne faut pas en demander. La nature a partagé ses dons inégalement et diversement entre les différentes parties de la terre. Elle a donné à certains pays des avantages qu'elle a refusés à d'autres. Il serait ridicule de ne pas le reconnaître et de vouloir agir contre ses lois. Il ne faut donc pas que le gouvemement d'une nation veuille s'approprier les avantages naturels dont une autre nation jouit. Il ne faut vouloir ni subjuguer par la force des annes, ni rendre dépendans du commerce ou dos manufactures d'un pays, les citoyens d'un autre. Tout effort de ce genre , quoiquil puisse réussir pendant quelque tcms, produit pouj'tant im état de clioses forcé et contre nature, qui ne saurait être stable et doit nécessairement amener une réaction, qui, si elle est trop violente, en amène elle-même une autre, et ainsi de suite, jusqu'à ce que, d'oscillation en oscillation, le pendule s'arrête enfin dans la position que lui a fixée la nature. Combien il eût été
DES BELATIONS EXTÉAnSUIÙBS. %n
plus sage de s'arrêter d'abord à cet endroit et de s'épargner les oscillations inutiles !
Pour arriver k ces résultats , il faut n'avoir d'alliance pai*ticulière avec aucune nation , mais les traiter toutes également avec la même réci* procité et la même amitié. Ces principes une fois établis^ les négociations se réduisent a bien peu de chose , et les traités^ étant fondés sur des intérêls stables^ au lieu de l'être sur les caprices du moment^ dureraient pour toujours. Mais cela ne peut s'obtenir qu'avec des gouvernemens agissant eux-mêmes dans l'intérêt de leurs gouvernés et entre des nations civilisées : car^ envers lesautres^ comme nous le verrons tout-à-l'heure , d'autres règles doivent être observées , qui sont ellesHmé*mes aussi indiquées par la nature.
Maisy civilisé ou non^ tout individu qui se trouve sous un gouvernement civilisé a droit à sa protection pour sa vie et ses propriétés^ et est obligé de se soumettre aux lois du pays , quelles qu'elles soient. Si elles ne lui conviennent pas , il n'a que faire dy rester. Ces lois^ sous le i^apport civil et criminel , ne doivent faire aucune différence entre le citoyen et l'étranger. Mais^ quant aux droits politiques, l'étranger en est naturellemeut privé : car c'est cela qui fait la difféi*ence entre lui et lé citoyen .Toute nation, étant la maltresse "chez elle, a le droit de refuser d'admettre qui bcm lai sembla.
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et tout gouvemement doit^ par sa constitution, avoir le pouvoir de mettre individuell^nent hors des frontières tout étranger qui abuse de Thospitalité qu'il reçoit , sans qu'aucun gouvernem^it étranger ait le droit de s'en offenser. Le citoyen d'une nation ne peut en effet avoir le droit âe rè^ aider dans le pays d'un autre ^ qu'aux conditions que cette autre nation y met, et d'aprës sa permis^ sion. S'il les viole ^ elle a le droit de retirer l'au^ torisation qu'elle lui avait donnée et de le renvoyer chez lui.
Ce droit du gouvei^nement de se défûre des étrangers qui le gênent doit être réciproque. Cela n'empêobe pas néanmoins qu'avec les nations barbares on ne puisse faire, par ti^ité, des arrangemens particuliers pour protéger les citoyens des nations civilisées, et les soustraire aux mesures arbitraires et tyranniques qui, autrement^ poseraient sur eux.
Four protéger les droits des citoyens k l'étranger, non contre les lois du pays^ mais contre leur abus» chaque gouvernement doit entretenir des neuLnisttesaupjrès des autres. Ces ministres peuvent être de différens degrés , et différemment réti'ihufis suivant l'importance des relations auxquelles ils sont chargés de veiller. Us sont les seuls interprèties offiMâels entre les gouvem^uens, et c'est pftt^ JiNiv eiMique se font toutes les négodoiâons^
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Le droit des gens les r^id inviolables ; mais il ne faut pas souffrir cependant que leur mission se borne à l'espionnage et à la corruption^ ou qu'ils se mêlait des intrigues et des affaires intérieures du pays. Je crois que cela devient de très peu d'importance lorsque c'est le peuple qui gouverne lui-même ; mais, malgré cela^ la décence publique exige qu'un ministre étranger qui abuse de sa position soit immédiatement changé.
Le pouvoir exécutif central est le seul qui n^r gocie y c'est lui qui nomme tous les ministres et consuls à l'étranger, et reçoit ceux des autres puissances; mais les ti*aités qu'il a négociés et conclus ne sont rien, avant d'avoir été ratifiés par la législature. Tout traité , en effet , est une loi , puisque tout citoyen est obligé de s'y soumettre , et doit par <M>nséquent être passé comme toute autre loi. Si la législature y £iit des amendemens, il faut qu'il soit négocié de nouveau ; mais elle ne pourrait charger un comité de cela. Cette &culté appartient exclusivement au pouvoir exéculif. Il a aussi la faculté de conclure des arrangemens provisoires , nécessaires pour entamer des négociations. Comme toutes les lois pourtant, un traité doit être appliqué et intei^prété par les tribunaux, et , s'ils le trouvaienH^ntraii-e à la constitution , ils ne pourraient lui accorder aucune valeur.
Une dçs grande difl^cvllés ^pie l'qo Ai^iurê : ^