DE L ARMEE ET DE LA MABINK
De toutes les institutions des temps modernes, celle qui a été la plus fertile en résultats iacbeux, a été l'établissement des armées permanentes. La guerre est devenue facile aux princes, et elle les a rendus entièrement indépcndans de l'opinion publique , en leur offrant à la fois un moyen Ëicile de contenter leur ambition et d'assenir leurs sujets. Elles sont devenues l'objet de leurs seules études jusqu'au point d'établir, pour unique rivalité entre eux, qui aurait les ti-oupes les plus nombreuses et les mieux disciplinées. Afin d'arriver à ce but , but suprême en apparence , des monarctiies européennes , les princes ne reculèrent devant rien. Les peuples furent écrasés d'impôts f et, ceux-ci ne suffisant pas , on eut re-
cours k des emprunts qui ebargèrent les générations futures du soin de payer pour les crimes et les folies de leurs pères. Les bras forent enlevés à rindustrie eï a ragrîcultùre pour être nourris dans l'oisiveté aux dépens des travailleurs, ou employés dans des guerres contraires aux intérêts de ceux-ci, si ce n'était même a river leurs fers. Les villes intérieures et populeuses furent converties en forteresses , et tout le pays en un camp, même au milieu de la plus profopde paix. Les classes élevées apprirent à considérer la carrière militaire comme la seule honorable, et y acquirent des habitudes de tyrannie et de servilité , qui les rendirent incapables de toute autre espèce d'occupation que de celle de tueurs d'bommes. La force physique , le courage brutal tinrent mis au<lessus de l'énergie morale et de l'intelligence ; la matière triompha de l'esprit , et l'ordre social tout entiei's'en ressentit.
Un des penchans les plus vicieux de notre nature , celui que la civilisation a le plus de peine à vaincre , est le goût naturel que tout homme , qui n'est pas dégpradé, a pour les combats. L'homme est naturellement excité par tout ce qui lui offre des hasards k courir et une opposition a vaincre ; qu'il s'y joigne un peu d^onneur, de gloire ou de profit k acquérir, rien ne peut plus Farrêler dans sa carrière meurtrière. Lçs priva-
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tions et les dangers ne sont que jeux* Le jour de bataille est un jour de fête qui compense toutes les peines que l'on a prises pour y arriver, et la vie du soldat et du matelot, si pleine de dangers, d'insouciance, d'honneur et de licence , si variée, si excitante , si entraînante , si attrayante , si incertaine , est peut-être la plus heureuse. D'après cela , il paraîtrait donc que l'état de guerre dût être l'état le plus naturel à l'homme, et qu'étant le plus heureux , et la recherche du bonheur et les moyens de l'obtenir étant le but et le résultat d'un bon gouvernement , on devrait fuir la paix et le repos autant que la peste. Mais, par malheur, pour qu'il y ait un battant et un vainqueur, il faut qu'il y ait un battu et un vaincu. Or, ce& rôles ne sont pas à beaucoup près aussi divertissans que les premiers. Voilà la petite difficulté qui a obligé les hommes en société à renoncer à satisfaire un goût aussi naturel , mais incompatible avec Tordre social. D'ailleurs, une moitié du genre humain aime le repos de préférence, et les femmes valent bien la peine que l'on considère leur bien-être dans l'ordre politique. Nous verrons plus tard s'il n'y a pas moyen de combiner ce goût naturel avec les droits des tiers, les intérêts de la civilisation , et surtout l'avantage du beau sexe.
Lorsque les nations «ont gouvernées par un
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seul homme, elles agissent avec les passions « les caprices et l'imprudence qui -nous caractérisent tous dans notre état isolé. Ainsi , un jeune roi belliqueux a fait souvent la guerre à ses voisins dans la seule vue de satisfaire le penchant vicieux dont noua pai'bns ; mais lorsque les nations se gouvernent elles-mêmes , et dans leur intérêt, la prudence et le calcul remplacent ces sentiraens bouillans, et elles ne sont pas aptes à s'engager dans des guerres inutiles et coûteuses. Les intérêts de la civilisation y gagnent ; mais si une nation placée dans cette situation a pour voisins des peuples turbulens et gouvernés par des chefs absolus , elle est obligée de veiller à sa défense et d'augmenter son ainnée en proportion de celle de ses voisins. Cet esprit d'entreprise et de hasard > qui fait braver les dangers et aime à surmonter les obstacles , a un bien plus vaste cbamp pour s'exercer que celui de la guerre ; c'est celui des entrepiiscs commerciales et industrielles. Là l'homme est aux prises avec la nature , l'esprit avec la matière. Toutes les conquêtes qu'il fait sont un proGt net , et qui , au lieu de coûter des larmes à une partie de ses semblables , tournent toujours au profit général. C'est dans ce canal que doit être détourné chez les nations civilisées ce penchant qui , s'il était abandonné à lui-même , ne produirait que crimes j misères et désordres.
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Mais , pour pouvoii* se livrer à ces conquêtes paisibles, il faut que la paix d'une nation soit bien assurée contre toutes les attaques de ses voisins. Le soin de pour%'^oir à sa défense d'une manière stable doit donc être le premier devoir d'un bon gouvernement. Pour arriver à ce but, une armée permanente est nécessaii^e, non-seulement dans le cas oîi les voisins en enti*etiendraient une aussi , mais même , sans cela , parce que la défense du pays, confiée à des gens qui font l'unique étude de leur vie du métier des armes , sera plus complète et plus efiKcace que si elle était abandonnée à des bandes indisciplinées. Les armées régulières ont aussi l'avantage de diminuer le nombre des combattans, sans rien perdre de la force de la défense : car dix personnes qui savent un métier font plus d'ouvrage que ceux qui ne le connaissent pas. Elles permettent aussi à ceux qui préfèrent le repos de s'y adonner, sans être dérangés, et en même temps ouvrent une carrière d'utilité aux esprits turbulens qui, sans cela, seraient une peste sociale.
Mais, pour qu elle soit utile, une armée permanente doit être réduite au plus petit nombre possible, et, au lieu d'être le but du gouvernement , elle ne doit être considérée que comme un des moyens d'en assurer l'existence et la durée. En Finisse et en Russie, par exemple , toute la so<
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ciété est constituée de maqiëre a tout subordonner à Tarmée. De cette façon • même au sein de la paix , la nation a tous les fardeaux de la Çuerre à supporter ; et , s'il est vrai qu'elle n'ait rien a craindre d'une invasion^ un mal^ peut-être pire 9 lui ronge continuellement les entrailles. L'armée destinée à 1^ défendre est plus lourde à supporter que ne le serait le joug de l'étranger. Pour être efficace, cependant, l'armée permaueute doit être constituée de manière à ce qu'elle puisse tout d'un coup prendre une grande extension. Son organisation et sa force doivent donc varier suivant les circonstances dans lesquelles la nation se trouve.
L'homme civilisé, qui a soumis la nature entière, ne fait plus la guerre comme les sauvages. Les sciences sont venues à son secours , et lui ont donné les naoyens de résister k nn nombre d'ennemis immensément supérieur au sien. 11 devient donc important pour une nation de mettre en usage tous ces moyens scientifiques , afin de pouvoir d'autant diminuer le nombre de ses défenseurs. La première chose est de bien fortifier le pays. Je ne veux pas parler des villes bastionnées : car, loin de défendre les habitans , leurs eoceintes ne servent qu'à attirer sur leurs maisons tous les ravages de la guerre. C'est sur l'extrême frontière que , profitant des avantages naturels
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qa'offrent les accidens du terrain , je voudrais voir établir une série de lignes et de fortifications qui en rendissent le passage presque impossible. Plusieurs ligues de cette nature pourraient être établies les unes derrière les autres, suivant les cir<constances; mais elles devraient être faites et terminées pendant la paix, et toutes armées d'une manière permanente et solide , afin que l'on pût s'en servir à l'instant nécessaire , sans encourir de nouvelles dépenses. De même, les cotes devraient être hérissées de batteries dans tous les lieux oii l'ennemi pourrait débarquer. La plus grande partie des forteresses qui existent aujourd'hui ont été fieûtes dans d'autres intérêts que ceux de la défense du pays ; souvent même elles l'ont été dans la vue de l'assujettir. Ainsi ^ toutes les fortifications qui entourent de grandes villes , et ont besoin d'immenses garnisons ; toutes celles qui ont pour objet non de défendre, mais de menacer une ville ; celles qui se trouvent ou tout à fait dans l'intérieur ou hors de toutes les positions et les routes militaires, devraient être abandonnées ou détruites. Les autres, bien renforcées et armées , devraient être mises chacune sous le commandement d'un ancien ofiKcier qui aurait soin de son entretien et serait chargé de sa défense.
Mais une nation n'a pas seulement des intérêts a défendre au-dedans de sa frontière ; son com-*
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merce s'étend au-dehors et courre toutes les mers. îUe doit avoir, pour le protéger et faire respecter au loin son pavillon et ses citoyens, une marine proportionnée aux intérêts qu'elle est appelée à défendre. C'est encore dans le temps de paix qu'elle doit préparer et augmenter le nombre et la £3rce de ses vaisseaux. Plus elle en aura, plus die sera sûre d'être respectée. La force et l'espèce de ces vaisseaux doivent pourtant dépendre entièrement de la nature de ses côtes et des mers où son commerce s'étend. En temps de paix , ils peuvent être désarmés ; mais il fs^ut toujours qu'ils aient tous leurs gréemens et toute leur artillerie en magasin au grand complet , et qu'ils soient prêts à être équipés dans le moindre espace de temps possible. Trop de soin ne pourvût non plus être pris pour leur conservation en cet état. Afin de s'assurer ces avantages ^ il doit exister des arsenaux complets fournis de magasins bien remplis et de chantiers préparés à vomir de nouvelles flottes en cas de besoin, et à réparer tous les donunages qui pourraient arriver aux vaisseaux de l'état. Je ne veux pas dii^ que Ton dût tout febriquer au compte du gouvernement dans ces arsenaux ; au contmire , je crois qu'il est souvent avantageux de le fomnir par contrat. J'ai vu quelquèsHtns des [dus beaux vaisseaux de guerre des États^Unb qui ont été construits de cette ma-
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nière ; mais il faut que des magasins de tous les objets qui ne sont pas d'une nature trop périssable y existent en quantité proportionnée aux besoins probables.
Il doit en être de même de tous les objets du matériel de guerre. Plus on en aura amassé pendant la paix , plus les arsenaux de la marine et de l'artillerie seront bien fournis^ et moins il y aura de chances de guerre ; ou si elle a lieu, moins elle sera coûteuse, et moins le succès sera douteux. Ce n'est plus seulement avec des honunes qu'on se bat maintenant : Tartillerie décide les batailles , et nous touchons peut-être à une époque oi& de nouvelles améliorations dans cette arme, lOt peut-être Temploi de la vapeur, y introduiront des changemens qui augmenteront encore l'im-r portance et la proportion du matériel dans les armées. Des amas de toute espèce d'armes doivent être faits et soigneusement entretenus; mais on doit toujoui's s'attacher aux derniers perfectionnemens et aux plus parfaits modèles, et, à me-< sure qu'on se fournit d'armes nouvelles , se défaire des anciennes. La &brique des armes et de^ munitions de guerre , ainsi quç toute autre industrie, doit être entièrement libre, sujette seulement aux réglemens locaux , que les gouverner mens communaux et niunieipaux introduiront pour fimpêcbw les danger» aus^^ls ils poiiw
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raient donner lieu. La concurrence s'établira entre les différentes fabriques , assurera au gouvernement de bien meilleurs produits que s'il les avait fabriqués lui-même , et donnera lieu à de nouvelles inventions ; d'ailleurs rien n'empêchera les officierfi des arsenaux de faire eux-mêmes des améliorations et de donner des modèles à suivre aux fabricaus. Des ateliers d'ouvriers seront toujours nécessaires pour les réparations et les expé> riences.
Mais^ afin de profiter autant que possible de l'intelligence y et de la mettre dans la guerre autant que faire se peut , k la place de la force et de la valeur brutale , ce n'est pas tout que d'avoir un matériel d'une qualité supérieure y il faut aussi des hommes pour le diriger et le perfectionner continuellement. Il faut qu'ils soient élevés pour cet effet d'une manière pai*ticulière. La marine ; le génie et l'artillerie doivent avoir des écoles qui leur soient appropriées. Ces écoles^ qui pourraient être gratuites pour les fils des matelots et des soldats morts en campagne ^ déviaient pourtant être ouvertes à tous les citoyens; ce ne devrait pas être des écoles que l'on sortit officier, mais seidement que Ton y acquitta faculté de le devenir. Ceux qui y auraient été élevés contracteraient l'obligation de servir leur pays dans l'arme poui< laquelle ils auraient été destinés pendant
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un certain nombre d'années, et prendraient leurs chances d'avancement concurrenunent ayec les autres. Une partie de l'école 'de marine devrait être embarquée à bord de chacun des grands bâtimens de l'état, ou ils pourraient continuer leurs études sous la direction d'un maître à ce destiné, et en même temps commencer à rendre des services pratiques.
Le génie, premier des corps &cultatifs, devrait réunir le civil au militaire , et embrassa* tous les ingénieurs dont se sert le gouvernement, soit pour l'attaque ou la défense des fortifications, soit pour la levée des cartes, le tracé des routes et des canaux, la conservation des édifices publics, etc. 11 devrait être organisé en régimens dont il n'existerait que les cadres. Quelques-uns seraient attachés aux armées actives , lorsqu'il y en aurait ; d'autres seraient répartis sur le territoire , ayant chacun un district à améliorer et à conserver. Quelques régimens pourraient même avoir leurs cadres remplis par des mineurs ou des sapeurs. D'autres , dans les districts desquels on exécuterait de grands travaux, les rempliraient d'ouvriers. Ces régimens, organiséscomme ceux de la ligne , auraient leurs quartiers-maîtres qui paieraient des ouvriers au lieu de payer des soldats, et administreraient tout ce qui aurait rapport à leur arme dans le district de leur régiment. C^ vé^
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^ens seraient emlirigadés sous les ordres de généraux qui inspecteraient chacun plusieurs districts f et d'un ou plusieurs conunandans enchef^ suivant les circonstances.
. L'artillerie serait organisée de même^ les ca« dres existeraient toujours et seraient différemment remplis , suivant l'espèce d'artilleiie a la- * quelle ils seraient destinés. Si, par exemple, un régiment était destiné aux travaux d'un arsenal , il serait rempli d'ouvriers ; s'il devait se mettre en campagne y d'artilleurs à pied ou à cheval. La force de ces complémens pourrait varier , mais non l'organisation du corps.
L'état-major de place y composé de vieux ofiGlcierSi formerait aussi des cadres de la même espèce f qui ne seraient jamais remplis. Ils aui'aient le commandement des places et des forteresses » ^9 e|i temps de paix, n'auraient qu'une solde réduite I qu'ils retoucheraient au complet dès que leur place serait investie ou mise en état de défense; ce sont eux qui devraient être chargés de tout ce qui a rappoil au recrutement ou à la cons- .cription.
Quant à la marine , le même système devrait .4tre suivi ; mais il y a ici une difficulté , c'est €[u'il est impossible qu'un officier soit toujours à la mer : il faut do^c qu'il y ait deux soldes, l'une d'activité , et l'autre de non activité. Dès que la
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quille d'un vaisseau serait placée, on devrait immédiatement nonuner son état-major, qui lui resterait constamment attaché , tant que les officiers resteraient au mêlne grade, et suivrait son sort, passant de l'activité à la non activité , comme lui passerait de Fétat d'armement à celui de désarmement. Les arsenaux devraient être assimilés, suivant leur importance, à des vaisseaux de diffi^ rentes classes, ou même à des portions d'escadre, et avoir un état-major en proportion. Les officiers, employés de cette manière , seraient chargés de la direction des travaux du recrutement naval.
Quant à l'infanterie et à la cavalerie, l'organisation en est hien connue. VUe est k peu près la même dans toute l'Europe. GdQe de l'armée bdge, pourtant^ me parait la plus simple et la meilleure, surtout sous le rapport dé l'économie et de la sûreté de la comptabilité. Mais il n'est pas de la même importance de conserver les cadres de ces deux armes en temps de paix que ceux des autres. On peut donc tous les ans changer tout à fait le nombre des troupes et des officiers , suivant les circonstances du moment, tantôt doublant ou tri^ plant Tarmée , tantôt la réduisant dans la même proportion. 11 y aurait du danger à toucher aux corps £Eieultati& , et. plus ils seront nomlnreux et accoutumés k leur idflfaire • nluails seront efficaces
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a là défense du pays , et réduiront la nécessité d'avoir une infanterie et une cavalerie nombreuse. C'est auÂi aux "^circonstances qu'il faut regarder pour savoir de quel système on se servira pour recruter Farmée en temps de paix. Lorsqu'il y a peu de troupes , les engagemens volontaires suffiront probablement ; mais, dans lin moment de guerre, surtout si elle arrive d'une manière subite, et qu'il faille immédiatement se créer des ressources , on sera obligé de recourir a la conscription. Si les monarchies absolues n'avaient pas tellement multiplié le nombre de leurs soldats, au-delà de toute proportion avec les autres métiers ; si elles ne les avaient pas forcés à entrer dans l'armée et punis sévèrement pour désertion ; si elles n'avaient pas enfin réduit leur salaire à sa dernière limite , le soldat commanderait son prix comme tout autre ouvrier. Il serait plus haut, sans doute, qu'il n'est à présent. Les armées seraient moins nombreuses, et l'engagement volontaire suffirait pour les recruter. Ceci est à peu près le cas pour la marine.^On ne trouvera guère de difficulté à former des équipages en donnant aux matelots le même prix qu'ils reçoivent dans la maiîne marchande. Si, pourtant, les circonstances pressaient, il faudrait en venir aune conscription. Dans la marine , il y a un avantage , c est que pouvant commencer à y être utiles de très bonne
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beure^ une grande quantité de jeunes vagabonds^ en&ns trouvés^ etc.^ dont les villes et les comrmunes auraient à se défaire en les mettant en apprentissage quelque part^ poiuraient être reçus à ce titre par le gouvemement, qui, en même temps qu'il en retirerait un service^ les élèverait; et lorsqu'ils auraient fini leur temps , ils auraient gagné un grade ou du moins appris un métier.
MaiSf quelle que soit Torganisation que la nation adopte pour sa défense, oe qui est important, c'est qu'il n'y ait pas de sinécures dans l'armée. La loi, qui fixe la force de l'armée permanente et l'organise, doit aussi fixer le nombre des officiers. Il ne doit point exister de place vacante ; mais aussi il ne peut y avoir ni demi-solde, ni disponibilité , ni retraite , ni place à la suite , ou honoraire. Tout officier doit être à sa place, tout doit être actif; si une place est inutile , elle doit être supprimée. Ainsi, aucun avancement ne pourra avoir lieu , sans qu'il y ait auparavant une vacance. Toute l'armée doit constamment être tenue au grand complet : car la loi qui en fixe l'organisation doit être exactement exécutée comme toute autre loi, sous la responsabilité du pouvoir exécutif et de ses agens.
U est également nécessaire de tâcher , autant que possible, de détruire l'arbitraire dans l'avan-* cernent. D faut sans doute, surtout en temps de
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guerre, que les commandans eu chef et le chef dt gouYernement aieut uu pouvoir discrétionuam qui leur permette de récompenser les belles actions; cependant, il faut que l'usage, surtout en temps de paix, en soit fort limitée II faut que, dans aucun cas, on ne puisse avancer k un gracie sans avoir d'abord servi dans le grade immédiatement inférietor , de façon que personne ne puisse devenir officier sims avoir été ûmple soldât» La nomination des sous-officiers apfpartenant aux chefs de cwps, qui, sous ce rapport^ jouissent d'un pouvoir nécessairement diserétionuftire, leul* permetti^ait d'avancer en peu de temps les soldats dont l'éducation antécédente et les qualités rexigeraient , et de les placer en première ligne pour passer officiera. Mais il faut que la concurrence soit entièrement établie sur mer colnme à terre. Le seul avantage que donnera l'édiK^tion des écoles militaires sera la chance d'être j^ua tôt promu.
Le grade obtenu doit être indélébile, à moins que l'individu le possédant ne le p«de par un jugement d'une cour militaire. Msôb il faut bi^ft distinguer le grade de la place. Le nombre des places est limité par l'organisation de l'armée. Si, par exemple, rihfanterie est composée de trentedeux régitnens, formant seize bHgades et huit divisions , il ne peut y avoir que trente-deux co-