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lonels^ seize généraux de brigade et huit de division. Ceux-là sont payés et ne peuvent cumuler aucune autre place avec leur commandement militaire. L'un des généraux de division est élu député ou sénateur: par cela même qu'il accepte, il donne sa démission et cesse entièrement de faire partie de l'armée ; mais il garde son grade, sa place est remplie par quelqu'un du grade immédiatement inférieur, et ainsi de suite ; de façon que si Tarmée est bien au complet, le ricochet doit se faire sentir jusqu^au^pied de l'échelle. Si, par une loi, l'armée est réduite de moitié, il est clair qu'une moitié des officiers de chaque grade cessera d'en faire partie; mais les officiers garderont leurs grades : ce qui ne les empêchera pas de pouvoir être employés au civil par le pouvoir exécutif, ou élus à toute fonction par leurs concitoyens. Si, après avoir été réduite, l'armée est de nouveau reportée à son premier état, le pouvoir exécutif peut, pour remplir les places ainsi créées, pu reprendre des officiers licenciés avec leur grade, ou avancer des officiers alors en activité du grade immédiatement inférieur: de façon qu'un homme qui a atteint un grade, quoiqu'il ait quitté l'armée, soit pstr un licenciement, soit par sa démission, peut toujours être rappelé à rentrer en fonctions à la première vacance qui a lieu dans une place de ce grade. Mais, pendant le tempis
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qu'ils sont hors de service actifs il faut qu'ils cessent entièrement de faire partie de l'armée^ et de toucher un traitement.
Un grade de cette espèce ne doit pouvoir être été que par une cour militaire ^ ou en conséquence d'une condamnation criminelle des tribunaux ordinaires ; mais la place doit être tenue a volonté du pouvoir exécutif. L'obéissance passive est nécessaire dans l'armée et dans la marine > et il est ipdispensable qu'il y ait une discipline sévère y qui soit maintenue dans les cas ordinaires par la seule autorité du chef; mais^ dans ceux qui entraînent ou des peines sévères ou la perte du grade , il faut que les citoyens composant l'armée soient protégés contre l'arbitraire par des tribunaux particuliers , ayant une juridiction simplement disciplinaire et sur les crimes purement militaires. Tous les autres crimes ou violations des lois ordinaires doivent être laissés aux tribunaux ordinaires , et les cours martiales ne doivent avoir de juridiction que sur ces faits qui ^ criminels pour un soldat , ne le seraient pas pour un autre citoyen. Mais , dira-t-on, la conservation du grade sera une bien petite compensation pour ceux qui seront compris dans une réduction de l'armée , ou destitués de leur place par un caprice .du pouvoir exécutif. Il faudrait qu'à chaque réduction^ la loi pourvût au sort non-seulement des offiiciers;
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mais des soldats et matelots licenciés. U faudrait aussi qu'après un certain temps de service dans chaque grade ^ on eût droit à une récompense pécuniaire. Elle devrait aussi être accordée à ceux qui sont trop gravement blessés pour continuer a servir, et aux veuves et orphelins des morts. Mais je suis très opposé au système des pensions , parce que d'abord il est sujet à de grands abus , et que, quoique n'étant jamais sufifisant aux besoins de ceux qui en sont l'objet , il est extrêmement onéreux pour le trésor ; c'est pourtant à cela qu'il Catudrait en venir dans tous pays où il n'y a pas de colonies ; dans ceux qui en ont , les moyens de récompenser se trouvent abondamment sous la main.
La milice est ce qui complète la défense nationale. Comme nous l'avons déjà dit , son organisation et sa mobilisation dépendent des gouvernemens provinciaux ; mais, dès qu^elle est appelée en campagne , elle devient partie de l'armée active, et doit lui être entièrement assimilée sous tous les rapports. Les grades gagnés dans la milice mobilisée doivent être aussi inaliénables que ceux de l'armée, et donner des droits égaux k des promotions dans cette dernière.
Ainsi continuée, l'armée ne retarderait plus la civilisation. Elle défendrait efficacement l'état sans le gouverner. Elle ouvrirait ime carrière au
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pauvre pour arriver a la gloire^ à la fortune et aux distinctions politiques , carrière dangereuse et rude à la vérité^ mais qui serait embrassée avec enthousiasme par ceux justement qui y sont le plus propres , et qui le sont le moins à toute antre chose. Il est yrai qu'U n'y aurait plus d'officiers de salon ; on ne servirait plus par mode, mais tout de bon. L'armée , au lieu d'enoomln-er les grandes villes , serait relégjuée sur rextrême frontière et dans les colonies. G*est elle qui servirait d^avant-postes à la civilisation. Il est de l'intérêt de la société de tout offrir à la concurrence^ et d'ouvrir autant de routes que possible à la fortune et aux honneurs. L'armée et la marine établiraient un courant ascendant dans toute la société^ qui ne manquerait pas d'avoir les plus heureux effets^ et dont le commerce et l'agriculture surtout se ressentiraient.
Mais ces heureux effets seraient bien plus patens chez une nation qui aurait entrepris de conquérir et de coloniser des terres lointaines , occupées par des nations barbares. Au lieu de petites expéditions , d'un succès toujours lent et incertain , elle y ferait passer tout d'un coup une force sufiOisante pour mettre les citoyens paisibles à l'abri de toute attaque de la part des naturels. La consommation de l'armée, les travatix de défbnsC; etc.; créeraient sur-le-champ un commeree
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et donneraient de Teniploi aux naturels. Si f au lieu de pension , on donnhit alors à chaque soldat, matelot ou officier, q[ui^ par la nature ou la longueur de ses services, eût droit a une récomrpense, une valeur k prendre en terres publiques^ le pays se peuplerait avec rapidité. D'un autre cô-* té, les femmes étant plus casanières que les hommes , et ne suivant les armées qu'en très petit nombre, le mélange des soldats avec les races in« férieures commencerait à les blanchir , et serait le premier pas du procédé de l'assimilation de ces races à la nôtre. Ceux qui ne voudraient pas rester dans la colonie, après avoir quitté l'armée ou la marine, ou qui ne voudraient pas s'adonner à l'agriculture , pourraient disposer de leurs titres et de leurs droits. Les matelots surtout, par ce moyen, au lieu d'éti*e réformés avec une chéti ve pension, se trouveraient avoir un petit cbl^i^ tal qui leur permettrait d'entreprendre la navigation marchande à leur propre compte, et d'élever une famille. Ces capitaux, ainsi distribués par la nation , nç lui seraient pas onéreux , puisqu'ils seraient payés du finit des conquêtes , et tendraient à les fertiliser. Si , par exemple , une nation entretenait une armée permanente de 100,000 hommes , et que chacun de ceux qui ep font partie eût droit à ime retraite après cinq ans de service ; si cette retraite consistait dans le oa->
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pital de la solde de son grade à prendre en tertres publiques ^ il y aurait alors tous les ans une population de vingt hommes qui irait s'établir dans les colonies ou dans les parties incultes des pays qu'occuperait la nation et les ferait fleurir. Ces colonies, soutenues par la force publique contre les attaques étrangères , prospéreraient. Les classes les plus pauvres et les plus turbulentes , celle^ qui forment Farmée et la marine^ seraient^ de leur côté , évacuées du territoire, après avoir reçu l'éducation d'une vie régulière et disciplinée pendant cinq ans. L'influence des officiers continuerait à se faire sentir , et ce sont eux probablement qui seraient les premiers élus aux magistratures civiles de la colonie. Il se pourrait ainsi qu'un homme qui, sous un autre système, eût été condamné à passer toute sa vie dans la pauvreté et la misère , et à terminer sa carrière dans un hôpital, se vît, au lieu de cela, licencié au bout de quelques années, avec un grade élevé , un joli capital, la perspective de Faugmenter par son industrie dans un pays croissant , et d'atteindre à toute distinction sociale et politique ; et tous ces avantages seraient acquis sans que personne en souffrit: car, même les barbares qui seraient conquis gagneraient individuellement à cet état de choses, quoiqu'ils y perdissent leur existence coumie nation , et même plus tard comme race*
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Quoique privés des droits politiques, ils jouiraient au moins de droits civils, ce dont ils n'avaient pas même d'idée avant la conquête. D'un autre côté , la population de la nation conquérante ne diminuerait pas : caries sources de la repi-oduction ne seraient pas taries par l'exportation annuelle de vingt mille hommes que nous avons supposée.
Leurs sœurs resteraient en an-ièrc, et le départ des frères ne diminuerait en rien le nombre des naissances. Une nation qui procéderait de cette manière verrait bientôt sa prospérité s'augmenter à un degré inconnu, et ferait disparaître lencombrement des jeunes mâles, qui est la grande source de la misère qui dévore presque tous les états de l'Europe dans ce moment.
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