‹ Exposition des principes du gouvernement républicain, tel qu'il a été perfectionné en AmériqueChapitre 33 sur 39 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

AÏ>MINISTRÀTTON ECOP^OMIQUE.

Nous avons déjà vu souvent que le grand pipblême que les hommes avaient cherché à réspu-. dre^ en se soumettant à des gouvernemens , était d'obtenir le plus grand bonheur possible du plus grand nombre. C'est pour arriver à ce bonhew que bien des foi mes de gouvernement ont été essayées , quoique Ton ait souvent perdu de vue le but , en ne s'occupaut que des moyens. Sou^ vent aussi 9 ils ont été pervertis de manière à servir des intérêts particuliers en opposition à ceux du plus grand nombre. Chaque homme est un être complet doué d'une individualité à lui propre que Ton ne peut détiodre (i). Chacun

(i) Le magnétisme animal ne noos pré9ente-t->il pas un cnrdr^

|4t CHAPITAB XV.

cherche son bonlieur individuellement ; c'est une loi de la nature , et celui des autres ne l'intéresse qu'autant qu'il l^eigit sidr le £éli. Lé bonheur de chaque homme est différent : car il dépend de son individualité^ de ses goûts. et de son organisation , enfin de ce que les médecins appellent iduhsyncratie. Personne ne peut donc lui prescrire le moyen d'être heureux : car ce qui rendrait l'un malheureux plaît k un autre. Personne ne serait ^ssez absurde pour soumettce sa volon^ a une volonté étrangère; sans une juste compensation. Ce serait devenir moyen au but d'un autre et perdre son individualité. C'est sur cet échange de TfdlMàiéiï équivalentes qu'est basée la société^ et c'est Ik i origine de la règle morale. L'intérêt Itten entendu conseille k chaque individu de faire «11 sacrifice de la partie de son pouvoir in^viâciel qui réagit sur son semblable ^ à condition ^\m' sacrifice équivalent de la part de celitinsi m^vi itiî. Voilkrorigirie des droits; tous dérivent de eé contrat." Mais ce contrat ne touche en rien à éëtte partie du pouvoir de l'individu qui ne léfigit pàd dur lès autres. Lk, il a gardé son indé-^ |lénl^hUltie pritui^ vb et individuelle y et personne

i'. . . . . :• • .fî-, '

de phénomènes , qui , si leur existence était bien démontrée, tendrait à prouver que cette individualité peut être , sinon déiHiite, du moixîs suspendue?

ADin!fi8TftÀTioil î^MROinQnE. tik

n*a le droit de lui deitiftuder compte de la roate qu'il suit pour arriver au botabieur. Nous sommes constitués de telle façon pouttaiit^ et notre orga-^nisation nous porte tellement à la sociabilité; que ce contrat est intuitif en nous ; c'est une des fbr^ mes de notre entendement , une idée trajnfscendante qui , sous les noms d'équité et dé justice l se reti^uve à un plus ou moins baut degré cbet toutes les i*aces d'bommes. Non-seulement il est de notre intérêt bien entendu (en prenant le nàot intérêt dans son sens le plus rétréci et le pldè sordide), mais même rien ne conduit tant aii bonheur que Tobsenrance des maximes que nous inspirent ces formes de notre entendem^t. Cet intérêt intellectuel, cet intérêt, pour ainsi Sire' j désintéressé, est ce qu'on nômine vertu i et sôit icontrâîre, vice ; c'est sur la première que repose tout l'édifice social. Elle tend à assurer le bonhèui' général : car elle consiste à faire toutes léi actions qui tendent vers ce but et harmonisent avec lui.

J'ai dit que chaque homme avait une indivi-t dualité qui lui faisait rechercher le bonheur à sa guise. Cependant ces différences se renferment dans un cercle très étroit. Sans doute il existe des goûts et des penchans bizarres , qui sont ver* tueux, innocehs ou vicieux, suivant qu'ils réagissent sûr les autres individus, et d'après Ik ftÊSt*

mém doifl il3 ck^ aflfecteiit; . Il y a piêine eu des ^ns pour qui le vke était wi jl^oiiliej^, le • crime uaemolupté ; mai^ «^ sont des e^tp^tions, des luéms natUrce , ded monstres • Nqus nous eu oççurpeMu^dausle chapitre suivant* Ce n'est pas suç CM<€a9;ie^ceptionnels quie la société doit se régler ^QS «on lorganisation , mais sur la masses géuép^j0, le teitne moyeii de l'espèce Cçsontlçs^gaùis lll^soiiuables: et la route commune f.q}ie le bon f(çps iaidique pour arriver ^j\ bonheur^ .qu elk 49Ît prendre eu considération , laissant cepen- 4)|nt,^^ne! marge asses^ considérable pour couvrir tQ|i|:es;les al;^n*ations qui sont en elles-mem^s innocentes. Or, le bonheur qu'elle s'est chargée d'asswer à chacun , au moyen d'un gouvernement , est de deux espèces : matériel et moral.

Le bonheur de la première espèce peut se mesurer par l'argent , qui est en effet Texpressiou exacte des jouissances physiques que chacun peut se procurer. Quoique la fortune soit loin de constituer le bonheur, et qu'elle soit même de bien peu de valeur comparée aux jouissances que procurent l'amitié, la littérature, le calme intérieur et l'approbation de soi-même , cependant, toutes choses égales d'ailleurs, l'homme est heiu'eux en proportion des moyens qu'il possède de se procurer des jouissances physiques. Le bonheur moral d'ailleurs, tout çntier à l'intéiîeur, donne à peine

Page 1