I.")i VIL bi. JK.-iL;iJ
intellectuelles, et point d'autorité souveraine pour juger les coups qu'ils se portent et prononcer que le maître a dit ceci ou cela. Kn voilà pour un demi-siècle, pour un siècle peutêtre, après quoi l'école s'effondre et s'évanouit, et les livres s'en vont reposer sur les rayons poudreux d'une bibliothèque, à peine secoués de temps en temps par un homme de service, pour passer aux mains de quelque érudit.
Telle est. Messieurs, l'histoire des maîtres et des écoles célèbres. La puissance de communication leur a manqué. Faut-il s'en étonner, puisque Dieu l'a refusée même à ceux qu'il avait chargés, jadis, de publier sa loi etses promesses. — Depuis Moïse, les messagers divins se sont succédé pour ramener l'esprit judaïque au vrai sens des révélations, objet de sa foi et de ses espérances. Malgré la force traditionnelle du peuple élu, la spiritualité de la doctrine mosaïque étouffait sous l'étreinte des interprétations les plus grossières, à l'époque où Jésus vint enseigner le monde.
Mais, enfin, le voici, cet incomparable docteur. Il ne sort pas de la Judée, car il est venu d'abord pour tous ceux qui ont péri en Israël.
Le peuple juif, malgré ses infirmités et ses défauts, mérite l'honneur de l'avoir pour maître, puisqu'il est l'héritier des promesses divines et, depuis Abraham, le gardien vingt fois séculaire de la vérité ^ Cependant, du pays où il concentre son enseignement, Jésus embrasse du regard le monde entier et le voit se soumettre à sa doctrine. Non seulement il voit ce prodige, il l'annonce: « Sa parole est une toute petite semence qui grandira, deviendra un arbre immense et couvrira la terre ^. Les peuples accourront d'orient et d'occident pour s'asseoir à la table du royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob ^. Le temps approche où l'on n'adorera plus ni à Samarie, ni à Jérusalem, mais où l'on adorera partout, en esprit et en vérité K Enfin, le fils de l'homme doit attirer tout à lui ^ ]f) Ah ! les grands maîtres ont
1. Cf. Summ. Iheol., III P.,qu9est. 42, A. i : Utrum conveniens fuerit Christum Judœis et non gentibus prœdicarc?