lallli , cap. VII
ne peut comprendre, en lui faisant accepter Tautorité de celui qui l'enseigne.
Pour rhomme, dit saint Thomas, c'est une lettre de créance divine, dans le genre de celles que présentent les ambassadeurs des rois, afin de prouver qu'ils sont porteurs des volontés de leurs maîtres. Pour le Christ, c'est la manifestation de la présence même de Dieu en sa personne. Il faut le croire, s'il fait des œuvres divines; car il est impossible que Dieu prête sa toute-puissance au mensonge. Aussi, Tentendons-nous presser ceux qui se défient de sa doctrine par cet argument irrésistible : « Si vous ne croyez pas à ma parole, croyez à mes œuvres ^ »
1. Divinitus concedilur homini miracuîa facere, propler duo : Primo quidem et principaliter ad confirmandam veritalem quam aliquis docet : quia enim ea quae sunl Gdei humanam ralionem excedunt, non possuntper rationes humanas probari, sed oportet quod probentur per argumentum divinae virtulis, ut dum aliquis facit opéra, quae solus Deus facere potest, credantur ea quae dicuntur, esse a Deo : sicut cum aliquis defert litteras annule régis signalas creditur ex voluntate régis processisse quod in iilis continetur. Secundo ad ostendendam praesentiam Dei in hoinine per gratiam Spirilus Sancti : ut, dum scilicet homo facit opéra Dei, credatur Deus habitare in eo per gratiam. Unde dicitur Galat., 3 : Qui tribuit nobis Spiritura
Examinons ces œuvres, Messieurs. InlinK;menl liées à la doctrine du Christ pendant sa vie publique, elles ont créé la foi des premières générations chrétiennes. El,parce que l'éloignement des siècles pouvait affaiblir, à notre égard, leur force démonstrative, Jésus y a ajouté une preuve dont le temps ne fait qu'accroître l'efficacité : la prophétie. Le Christ docteur nous apparaît donc couronné d'une double auréole qui consacre, pour jamais, l'autorité de son enseignement : l'auréole du thaumaturge et du prophète. Je viens le proposer aujourd'hui, sous ces deux aspects, à votre religieuse admirations.
Vous connaissez, Messieurs, la formule ab-
Sanctum operatur virtutes in nobis. Ulrumque autem circa Christum erat hominibus manifestandum : scilicet quod Deus esset in eo per graliam non adoptionis sed unionis, et quod ejus supernaturalis doctrina »ssel à Deo. Et ideo convenientissimum fuit ut miracula faceret, unde ips€ dicitjJoan. x: Simihinon vultis credere, operibus crédite. Et Joan. y : Opéra quae dédit mihit Pater ut faciam, ips^i sunt quae testimoniura perhibent de me. (Summ. theol. m P., quaest. i3, A 1. c.)
solue par laquelle l'incrédulité a prétendu écarter des annales chrétiennes le récit des prodiges qui témoignent de l'intervention positive de Dieu. — Il n'y a pas de miracles, a-t-elle dit, parce que le ir;iracle est impossible. — Cette formule, facilement convaincue de fausseté dès qu'on admet Texistence d'un être infini et tout-puissant, a été modifiée par la critique moderne, qui ne dit plus : — le miracle est impossible, mais : le miracle n'est pas suffisamment constaté. C'est un fait purement légendaire, introduit subrepticement dans l'histoire par l'imagination populaire, toujours avide de merveilleux K A ce compte, tout critique qui se respecte devrait impitoyablement dédaigner l'examen particulier des faits qu'il répute fabuleux. Mais voyez l'inconséquence, Messieurs: ceux qui affectent, à cet égard, la plus superbe assurance sentent le besoin d'expliquer ce qu'ils méprisent, et pour déconsidérer les faits, qui les importunent, quoi qu'ils en disent, ils ne savent pas reculer même devant la niaiserie et la malhonnêteté. Ils diront, par exemple, que les
i. Cf. E. Renan, Vie de Jésus : lalroduclion.
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déinoniaques furieux exorcisés par Jésu.s-Cliri>l avaient sCulcmenL quelques bizarreries ; (|ue si plusieurs milliers de personnes sont nourries au désert avec sept ou cinq petits pains, c'e.U l'effet de leur extrôme fiugalité; que le cou' tact d'une personne exquise explique toutes les guérisons : a Car le contact d'une personne exquise vaut les* ressources de la pharmacie; le plaisir de la voir guérit; elle donne ce qu'elle peut : un sourire, une espérance, et cela n'est pas vain. i> Même, sans doute, pour guérir les sourds-muets de naissance, les aveugles nés et les lépreux. Enfin, ils diront qu'un mort de quatre jours, déjà atteint par la corruption, n'était qu'un malade pâle, qui se prêtait à une pieuse supercherie K Le plus acharné transformateur des miracles en mythe, Strauss luimême, poussé à bout par Timportunité des faits, revient, comme malgré lui, aux explications naturelles qu'il a sévèrement condamnées dans ses prédécesseurs. Ces inconséquences de l'incrédulité prouvent que les miracles la gênent beaucoup plus qu'elle ne veut l'a-