‹ Exposition du dogme catholique (volume 2)Chapitre 59 sur 89 · Maitlî., cap. xxvin · texte numérisé non relu

Maitlî., cap. xxvin

3. Gum exaltatus faero a terra, omnia Iraham ad meipsum. (Joan. cap. xii, 32.)

i. Apolog., cap. m. Ailleurs, Tertullien dit : « Tous les peuples croient au Christ : les Parthes, les Mèdes, les Mésopotamiens, les Arméniens, les Phrygiens, les habitants de la Cappadoce, du Pont, de l'Asie Mineure, de la Pamphylie, de l'Egypte, de TAfriqu», et jusque par delà la Cyiène. Les tribus des Gélules et des iMaures, toutes les

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être; je ne me lais pas caution de sa verve africaine. Mais, dripuis qu'il a parlé, quel immense cortège des nations venant, l'une après l'autre, prendre place au festin des vérités chrétiennes et soumettre leur fière indépendance au joui,' adoré du Sauveur! Quelle explosion du zèle apostolique portant l'Évangile du Christ aux continents et aux îles, aux civilisés, aux barbares et aux sauvages! Quel puissant et universel attrait exercé par ce voyant qui a promis à sa croix la conquête du monde! Les rois et les peuples, les riches et les pauvres, le génie et la vertu, la piété et le dévouement, les sciences, les lettres, les arts, les lois, tout ce qu'il y a de grand, de beau, de bon, de saint dans l'humanité à salué le Christ, comme la nature reconnaissante, sortant des ombres et de l'engourdissement de la nuit, salue le soleil qui l'abreuve de sa lumière et la pénètre de sa généreuse cha-

provinces d'Espagne, les différents peuples des Gaules. et jusqu'aux confins de la Grande Bretagne, où n'ont pu pénétrer les Romains, sont soumis aux lois du Christ. Joignez à toutes ces nations les Sarmates, les Daces, les Germaics, .es Scythes et les habitants des îles lointaines dont nous connaissons à peine le nom. {Conlra Judœos, cap. VII.)

leur. Il n'est pas jusqu'à ceux que tourmente une haine impie qui ne se sentent attirés par le Christ. Ces phalènes lugubres, enfants des nuits d'erreur, se ruent de tout le poids de leur lourde volée sur cet astre glorieux pour l'éteindre; mais, dévorés par ses ardeurs vengeresses, ils retombent dans la nuit qui les a enfantés, et, de leurs cadavres sans honneur, disséminés sur le chemin des siècles, ils marquent les étapes de ses victoires.

Nous lisons, enfin, dans l'Évangile que Jésus a dit à son apôtre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et les puissancesd'enfer ne prévaudront pas contre elle \ » Cela s'est-il accompli. Messieurs? Ah! j'en appelle à l'histoire des dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis que les paroles que vous venez d'entendre ont été prononcées. Cette histoire n'est que le long commentaire de l'oracle qui a promis au pêcheur de Galilée des destinées éternelles. Les empires se sont éteints, les trônes se sont écroulés, les sièges augustes des

1. Tu es Pclrus et super banc petram œdificabo Ecclesiam meam, et portœ inferi non piiievalebunl adversus eam- (MaUh., cap. xvi, 18.)

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patriarches et des pontifes ont été emportés par les mille révolulions qui ont agité les peuples; le siège de l^ierre est toujours debout. C'est (ht là qu'émanent, sans discontinuer, la lumière, la force, le mouvement, la direction, la vie. C'est lui qui fait l'unité du grand corps dont tous les iiH^mbres sont dispersés sur la surface du globe, c'est son impérissable autorité qui porte l'Église tout entière. S'il cessait d'être, c'en serait fait de l'œuvre du Christ. Mais il a toujours subsisté et il subsiste encore, malgré les plus formidables attentats. L'ombrageuse jalousie des Césars, souverains pontifes du culte que Satan recevait des nations, la fureur brutale des barbares, l'ambition contrariée des princes chrétiens, les passions aveugles de la multitude, les prétentions sacrilèges du schisme et de l'hérésie, la haine démoniaque de l'impiété, ont frappé tour à tour celte pierre sacrée que les promesses du Christ ont scellée; elle n'a répondu à tant de coups que par sa fière et inébranlable immobilité; elle n'a rendu qu'un son, perpétuel écho de la parole du grand voyant : Non prœvalebunt. Deux cent cinquante-neuf fois, depuis le martyre du pêcheur Galiléen,

le Tu es Petrus a passé, comme un testament, d'un pape à un autre pape. Confirmé par la proclamation solennelle de l'infaillibilité pontificale, il vient d'être recueilli par Léon XIII, qui, de sa prison du Vatican, voit grossir l'orage de la révolution aniicatholique, et chante au fond de son cœur confiant et magnanime le Non prœvalebunt.

Voilà donc. Messieurs, trois prophéties manifestement antérieures aux événements terribles et grandioses qu'elles annoncent, trois prophéties manifestement accomplies. La critique fait la sourde oreille et semble ne les avoir pas entendues. Elle espère nous faire oublier leur immense importance, en absorbant notre attention dans la discussion des miracles. Mais nous ne sommes pas dupes de cette diversion déloyale, et nous ne lui faisons pas grâce de l'argument triomphant que le Christ a préparé aux lointaines générations qui n'ont pu connaître ses prodiges que par le témoi gnage.

Ecoutez bien, Messieurs^ A moins d'admettre cette ineptie : que les orîxcles évangéliques, si clairs et si précis, ont été déposés au hasard

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dans les Livres saints par des gens qni ne savaient ni ce qu'ils voulaient, ni ce qu'ils disaient, il faut confesser que Jésus-Christ a réellement vu les événements qu'il a annoncés.

A moins d'admettre cette monstruosité : que Dieu a laissé dérober sa science infinie par un imposteur, il faut confesser que Jésus-Christ est prophète pour le compte de Dieu.

Dès lors, notre cause est gagnée. Le prophète nous conduit en ligne directe et par une courbe iiarmonieuse à la vérité, je dis plus, à la divinité de sa doctrine.

En effet, s'il voit si juste dans le lointain des faits, nous devons croire qu'il voit juste dans les profondeurs des idées. Nous devons croire que son intelligence surhumame ne peut pas plus nous tromper lorsau'elle rend témoignage des vérités qu'elle prétend avoir contemplées, qu'elle ne nous trompe en annonçant des événements parfaitement inaccessibles à l'humaine orévoyance et infailliblement réalisés. Il est prophète véridique, donc il est docteur véridique, et, puisque le dogme fondamental de sa doctrine est sa propre divinité, il est prophète divin et docteur divin.

D'autre part, la rencontre manifeste de la parole prophétique du Christ avec des événements qui persévèrent est un miracle permanent, miracle d autant plus frappant que Faction même du prophète, ainsi qu'il l'annonce, est engagée dans les faits accomplis. A ce compte, nous sommes mieux partagés que ceux qui n'ont vu que des miracles transitoires.

On l'a fort bien dit * : « Si les contemporains du Seigneur ont eu, pour affermir leur foi, la réalité même de son apparition, nous sommes largement compensés de cette privation par des preuves que les témoins de son existence ne pouvaient avoir. Ils n'avaient devant les yeux que la base de l'édifice, sur laquelle, pleins de confiance en l'avenir, ils vinrent chacun déposer leur pierre; tandis qu'il nous est donné devoir cet immense édifice dans la plénitude de son achèvement, d En présence de ce prodigieux ouvrage, si harmonieusement construit et si clairement prophétisé, nous pouvons conclure, sans hésiter, du plus au moins, et dire : tous

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