Élévations sur les mystères, XVI* semaine: \* élévation
2. Tertullien, légiste dont les détùsions figurent au Digeste avec celles de Papinien, de Tribonius et d'Ulpien, é'^rivait à Rome même en 204 : « Les pièces originales du dénombrement d'Auguste soni conservées dans les archives de Rome. Leur déposition relative à la naissance de Jésus- Christ forme un témoignage authentique : Decensu denique Augusti, quem testem fidelissimum Dominicœ nativitatis Romana archiva custodiunt. (Lih. contra Marcionenif cap. VII.)
Saint Justin, dans son apologie àAntonin le Pieux (138), s'exprime ainsi : c Jésus-Christ est né à Bethléem, petite ville juive située à trente-cinq stades de Jérusalem; vous pouvez vous en assurer en consultant les tables de recensement de Quirinius, votre premier gouverneur en Judée. »
Brj6X££[i. X(ou,Y) Tiç Iffftv èv rf, x^P? 'louSaitùv, ocTir/o'-'O'* ctcx- 5iouç TptaxovTaTtiVTc Iepo<ToX'j[X(ov, èv -^ èycvvT,0yj 'Ir.ffoO; XpiCTOç, toç xoi (xaOsîv O'jvatTÔe ex tcov aTcoypaçcov tcov yevo[X£va)v ZTd Kypyjv'o-j, ToO "jtxSTÉpo'J, £v 'lo'joaîa, TipwToy yevojjiévou eTttTpôîroU'
{Apol. \% pro C^i>v«/ ad Antonin. Piiim, cap. xxxiv.)
l'enfant. 21
phètes, et, pendant que l'univers est en paix autour de son berceau, le ciel est en fête. Pour célébrer son avènement et en marquer la date précise* , Jupiter et Saturne, ramenés au même point, illuminent trois fois la terre de leurs ra-
1. Dans le Martyrologe que nous avons cité, l'Église fixe la naissance de Notre-Seigneur à l'an 752 de Rome ; elle suit en cela les calculs de Denis le Petit, fondés sur une date précise que nous donne saint Luc dans son Évangile \ c La quinzième année de l'empire de Tibère, Jésus, ayant environ trente ans, commença sa vie publique. î Or, la quinzième année de l'empire de Tibère, si on le fait commencer à la mort d'Auguste, correspond à l'an 782 de Rome. Si nous retranchons de ce chiffre les trente ans de Jésus- Christ, nous avons 752.
Mais ce calcul, très simple et très conforme à TÉvangii-e, en apparence, est contredit par l'Évangile même. Saint Matthieu nous dit que Jésus est né dans les jours d'Hérode (cap. II, 1). Or, Hérodeesi mort du 28 mars au 2 avril 750. Pour naître dans son règne, il est bien évident que Jésus- Christ a dû venir au monde le 25 décembre 749, au plus lard. Dans celte hypothèse, il faut placer entre le 25 décembre 749 et le 28 mars 750 la naissance du Sauveur, la présentation, l'adoration des Mages et le massacre des Innocents; c'est trop peu de temps, surtout si l'on fait attention à ce détail qu'Hérode, calculant d'après le voyage des Mages l'apparition de l'étoile, fit tuer les enfants audessous de deux ans.
11 faut donc encore reculer d'une année, c'est-à-dire au 25 décembre 748. Mais voici une autre difficulté soulevée par le récit de saint Luc.
Cet Évangéliste fait concorder la naissance de Jésus-
i2 VIE UK JKSUS
dieuses conjonctions, comme aux jouis bénis où le peuple d'Israël sortit de Tesclavage d'Egypte, et, bientôt réunies dans le même signe, toutes lesplanètes, achevant ensemble leur révolution, feront leur jubilé et éclaireront d'une splendide constellation la première année de l'enfant pro-
Clirisi avec un recensement prescrit par Auguste, et, d'après les tables romaines cilées par Terlullien, ce recensement s'est fait sous le gouvernemeal de Saturninus en Judée. Saturninus ayant quitté son gouvernement vers le milieu de 74.8, il est bien évident ([ue la naissance du Sauveur n'a pas pu avoir lieu le 25 dé( embre de cette annéo. Il faut donc reculer encore, et prendre pour date le 25 décembre 747. dette date est colle qu'indiquent Sanclemente et la plupart des clironologistes modernes. Elle correspond au grand phénomène sidéral dont Kepler, dans son livre de Anno natali Christi, avait fixé la date eu 7i8 d'après des tables imparfaites, date qui fut rectifiée par Ideler travaillant sur les tables plus exactes de Delar.ibre, et fixée, par lui, à l'année 747. Dans celle année eut lieu, pendant les mois de mai, d'août et de décembre, la triple conjonction de Jupiter et de Saturne dans le signe des Poissons.
L'année suivante. Mars vint à son tour, atteignit Jupiter, puis Saturne. Après Mars, le Soleil et, avec le Soleil, Mercure et Vénus. Cette conjonction dura, de cette manière, pendant les mois de mars, avril et mai de l'an 748 de Rome.
Il en résulta, dans le mois de mai, une combinaison de toutes les planètes au ciel, formant. en quelque sorte, un seul corps composé de sept corps lumineux, et une pléiade brillant d'un éclat extraordinaire et mystérieux. Sorte de jubilé sidéral, dans lequel les astres se rencontrèrent au terme de leurs différentes révolutions.
L'ENKANT. 23
mis et désiré, du libérateur du genre humain. Les siècles remplis de désirs, le ciel, la terre, les patriarches, les législateurs, les rois, les prophètes, les grands peuples, les maîtres du monde, la paix universelle après tant de révolutions, le jubilé des astres, voilà le cadre providentiel de la naissance de Jésus-Christ. Et, dans ce cadre, il faudrait mettre le berceau d'un enfant obscur, sans généalogie et sans prestige ? Et, sur ce cadre, il faudrait écrire les paroles vulgaires d'un mécréant? Non, Messieurs, non. Les paroles de l'Église sont seules en harmonie avec de si admirables préparations : Jésus Christus œternus Deus^ œternique Patris films, in Bethléem Judœ nascitur ex Maria Virgine, factus homo \%
Jésus Christus nascitur : Jésus-Christ naît ; ce mot est plein de révélations. — Dieu aurait pu renouveler pour son Fils le mystère de l'Eden,
i. Cf. Summ. theol., RI P., quœst. 35, A. 8: Utrum Christus fuerit congruo tempore natus f
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c*est-à-dire tirer son corps très pur du flanc d'un de ses justes endormis, et le nnontrer à rhumanité,en disant : Voici la chair de ta chair et Tos de les os. — Mais il redoutait pour nous Tétonnennent, les doutes, l'anxiété que n'eut pas manqué d'exciter l'apparition d'un homme parfait. Nous voyons mieux la vérité de l'incarnation dans un enfant qui prend, comme nous^ possession delà vie, etla constatation de sa naissance doit répondre un jour, mieux que tous les raisonnements, aux rêves 'nscnsés et aux suppositions absurdes des hérétiques. D'autre part, Tœuvre de réparation décrétée par la Providence est plus complète et mieux équilibrée dans un Dieu-enfant. Tous les âges y sont représentés, les deux sexes y sont honorés autant qu'ils peuvent l'être, et de la femme, qui nous a présenté le fruit de mort, nous recevons le fruit de vie ^
1. Licet Filius Dei carnem humanam assuniere poluerif de quacumque materia voluisset, convenientissimum tamen fuit ut de fœmina carnem acciperet. Primo quidam, quia per hoc tota huraana natura nobilitaîa est. Unde Augustin, dicit lib. 83 Quœstionum : c Hominis liberatio in utroque sexu debuit apparere. » Ergo quia virum oportebat suscipere, qui sexus honorabilior est, conveniens erat, ut fœmi-
IV importait donc que les lois de la nature fussent accomplies sous nos yeux, autant qu'il le fallait pour nous donner la certitude du moyen extérieur par lequel le mystère divin se révélait à nous; mais, pour l'honneur du Dieu qui s'incarnait, il importait que la nature fût surpassée par des merveilles.
Elles n'ont pas été épargnées. L'Évangile et la science théologique nous les montrent se multipliant, sous l'action d'un principe divin, dans le sein virginal de Marie et dans son fruit
nei sexus liberatio hinc appareret, quod ille virde fœrnina natus est. Secundo, quia per hoc veritas incamationis astruilur. Undc Ambr, dicit in lib. de Incarn, : f Multa in Ghristo secundum naturani invenies et ultra naturam : secundum coaditionetn etenim naturae in utero foerainei scilicet corporis fuit, sed supra conditionem virgo concepit, virgo generavit, ut crederes, quia Deus erat, qui innovabat naturam, et homo erat, qui secundum naturam nascebatur ex homine. » Et Aug. dicit in epist. ad Volusian : « Si omnipotens Deus hominem ubicunique formatum non ex materne utero crearet, sed repentinum inferret adspeclibus, nonne opionem confirmaret erroris, nec homiuôiu verum suscepisse ullo modo crederetur; et dum omnia mirabiliter facit, auferret quod misericorditer fecit? Nunc vero ita inter Deum et hominem mediator apparuit, ut in unilate personae copulans utramque naturam et solita sublimaret insolitis, et insolita temperarel. > (Summ. theoK, m P.,quœst31, A. 4,60
béni. Le ciel les annonce avant qu'elles éclosent, et salue leur adorable épanouissement par la voix de ses anges.
c L'ange Gabriel, dit saint Luc, fut envoyé par Dieu, dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge mariée à un homme du nom de Joseph; et le nom de la vierge était Marie. » Depuis longtemps ce messager céleste avait reçu de Dieu la confidence du grand mystère de l'incarnation, et la mission de réparer, dans l'œuvre de notre restauration, l'influence exercée par l'esprit superbe dans Tœuvre de notre perdition. Sa première ambassade avait révélé au prophète Daniel l'époque précise de Tavènement de la justice éternelle, et six mois à peine s'étaient écoulés depuis qu'il en avait fait pressentir les approches au prêtre Zacharie, en lui annonçant la naissance de son fils, le précurseur. Le temps est venu. Une troisième fois il descend sur la terre.pour demander à l'humanité son consentement; car Dieu est un roi si libéral qu'il veut que nous acquiescions aux noces mystérieuses de son Verbe avec notre nature. Une jeune fille delà tribu de Juda a été choisie pour représenter le genre humain dans
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ce solennel contrat *. L'ange s'approche d'elle, et lui dit : « Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous : vous êtes bénie entre toutes les femmes. y> Marie se trouble, car son humilité lui persuade qu'elle est indigne de tant d'honneur : trouble pudique des vierges, auxquelles la louange semble une conspiration ourdie contre la chère et délicate vertu qui les donne à Dieu seul. Marie se trouble; mais l'ange la rassure : «Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez et enfanterez un fiJs, que vous nommerez Jésus. Il sera grand; on l'appellera Fils du Très-haut, le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père, et il régnera éternellement sur la maison de Jacob. y> Marie reconnaît, à ce langage, les saintes prophéties qu'elle a longtemps niéditées dans le temple et dont elle
\. Congruum fuit Beatae Virgini annunciari, quod esset Christum conceptura... ut volontaria sui obsequii rnunera Deo offeret ad quod se promptam obtulit dicens: Ecce ancilla Domini, ut ostenderetur esse quoddam spirituale matrimonium, inter filium Dei et humanam iiaturam ,et ideo per aiinuntiationem expectabatur consensus Virginia, loco totius humanae natuiae.(Summ. theol.,!!! P.,quœst30, A.l.)
attend le prochain accomplissement. Mais ces prophéties ne sont pas faites pour elle, elle a renoncé à la maternité. Résolue à demeurer vierge, elle n'ambitionne que l'honneur d'être un jour la servante de la mère du Messie. Dieu a d'autres vues. Il convoite pour son Fils l'étrange etinexplicable maternité d'une vierge. Les lois de la nature s'y opposent ? qu'importe, rien n'est impossible au Tout-puissant: n'a-til pas fécondé les mères stériles? Qui l'empêchera de féconder une vierge? « L'Esprit- Saint surviendra en vous, dit l'ange, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, et ce qui naîtra de vous sera la sainteté même, on l'appellera Fils de Dieu. Et voici qu'Elisabeth, votre parente, a conçu elle-même un fils dans sa vieillesse: nous sommes au sixième mois de celle qu'on appelait stérile. — Je suis la servante du Seigneur, répond Marie, qu'il me soit fait selon votre parole *. »
Messieurs, que de miracles racontés sans emphase dans cet adorable récit, où les aver-
i. Voy. Luc, cap. i, depuis le verset 2ô jusqu'à 38
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tissements, les promesses et les preuves se succèdent avec un ordre parfait M Le principe naturel de la génération humaine suppléé par Faction divine; deux honneurs inconciliables, la virginité et la maternité, s'unissant et se rehaussant mutuellement en une seule personne; une fille des hommes véritablement Mère de Dieu ; un Dieu éternel et une femme mortelle pouvant dire du même enfant: Mon fils; toutes les perfections, au degré suprême, dans un enfant qui vient de naître.
Mystères inacceptables, dit Tincrédulité; car, qui donc les a vus? Qui donc les a constatés? Qui donc peut en rendre témoignage?
Qui donc? Mais celle-là même en qui ils se sont accomplis. Elle en a gardé fidèlement le secret, tant qu'il était nécessaii^ d'effacer sa gloire devant celle de son fils. Quand le temps fut venu de parler, ses révélations tombèrent, de son cœur reconnaissant, dans le cœur fidèle des apôtres, et maintenant elles s'imposent à notre foi. Voudrait-on récuser la parole de Ma-
1. Cf. Summ. Iheol., III P., quaesl. 30, A. i: Ubum an'' nunciatio convcnienti fuerit ordine perfectaf
30 VIK [)K jff>us.
rie? — Ce serait se révolter contre une des plus augustes lois du témoignage. Le droit reconnaît la suprénrie autorité du témoin qu'il appelle exceptionnellement majeur : omni exceptione major. En effet, un homme peut être si élevé dans son intelligence, si grand par son caractère, si éminent par ses vertus, si unique par sa position, que ses affirmations soient, de tout point, indiscutables. Comment le récuser, lorsque, rendant témoignage des faits merveilleux qui se sont passés en lui-même, il confirme son témoignage par des faits de même nature? — Or, Messieurs, la mère du Christ est un témoin exceptionnellement majeur. La position qu'elle a prise dans le monde chrétien, la vénération universelle dont elle est l'objet depuis l'origine de l'Église, nous imposent le respect de sa parole et de ses révélations, d'autant qu'elle a fait elle-même un prodige qui sert de garantie à ceux dont elle témoigne. A l'heure mystérieuse où personne ne connaissait encore celui qu'elle portait dans son chaste sein, si ce n'est Elisabeth, dont le fils avait tressailli, avant de naître. aux approches du Yerbe incarné, elle a lancé su^: les siècles futurs cet oracle : <l Toutes les
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générations m'appelleront bienheureuse: ))5^a tammedicentomnesgenerationes ^ Une petite fille de quinze ans oser ainsi affronter Tavenir! C'est de la plus haute folie, si cela n'est divin. Or, Messieurs, cela est divin, parce que roracle s'est accompli. Je n'ai pas besoin de le prouver longuement. Vous savez tout aussi bien que moi que, dans tous les âges du Christianisme et maintenant encore, la science théologique, les lettres, les arts, les monuments, la prière, rendent hommage à la bienheureuse Vierge Marie, mère de Jésus-Christ. Prophétesse véridique, elle imprime aux paroles tombées de ses lèvres sacrées un cachet divin qui la recommande à notre confiance. Il faut donc croire toutes les merveilles que les Évangélistes ont écrites sous sa dictée.
0 femme subhme, incomparable prophétesse! A qui croirais-je, si je ne croyais pas à votre parole? Je crois donc tout ce que vous avez dit du divin enfant que j'adore. Je crois que Dieu n'a pas voulu partager avec un homme imparfait sa dignité de père, à l'égard de celui qu'il en-
^. Voy. Luc, cap. I, depuis le verset 39 jusqu'à 5t>.
92 VIL ui: JÉSUS.
gendre de toute éternité *. Je crois qu'il a voulu écarter, de la génération temporelle de son très pur et très saint Fils, l'action redoutable et suspecte d'un principe qui, tout-puissant qu'il soit dans son opération et respectable dans son essence, a reçu la marque du péché et s'est imprégné des passions d'une longue suite de générations-. Je crois que toute la Trinité s est substituée à la force mystérieuse qui, selon les lois de la ngature, produit la vie humaine, et qu'il est juste, cependant, de faire honneur de cette œuvre à l'Esprit-Saint. Il est l'amour virant et substantiel dont Dieu s'aime éternellement dans les cieux, la source des grâces, le principe de notre filiation surnaturelle et de toute sainteté ; et l'incarnation est, par excellence, l'œuvre de Tamour divin, la grâce suprême qu'aucun mérite n'a préparée ; elle met
1. Cum Chrislus sitverus et naluralis Deiûlius, non fuit conveniens quod alium patrem haberet quam Deum, no digni'as patris Iransferretur ad alium. (Samm. Iheol., III P., quaest. 28, A. 1.)
2. In conceptione viriexfœmina non est aliquid immundum, in quantum est opus Dei... Est ibi tamen aliqua immundiliaexpeccatoproveniensproutcum libidine quisconcipitur ex com.mistione maris et fœminae : quod in ChrisI"'» non fuit. (Summ. theol., 111 P., quaest. 31, A. 4, ad. 3,}
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dans la famille humaine le vrai Fils de Dieu, celui que l'ange a appelé la sainteté même ^ Je crois donc que Jésus-enfant a été conçu de l'Esprit-Saint, non par un acte générateur qui permet au fils de dire à celui qui l'engendre : Mon père, mais par un acte créateur qui remplace les fonctions d'une loi naturelle ^. Je crois que cette merveille s'est accomplie dans le chaste sein d'une vierge, sans la dépouiller du privilège d'innocence et de pureté qu'elle avait mis, par un vœu, sous la garde de Dieu. Credo in Jesum Christum, qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria virgine.
J'entends bien que la science physiologique se récrie contre ces affirmations de notre foi : Cela ne s'est jamais vu, dit-elle : cela est impossible. 'Cela ne s'est jamais vu, soit; cela est impossible , non. Une science supérieure à la physiologie me dit, par la bouche de l'ange, que rien n'est impossible à Dieu : Non erit impossibile apud Deum omne verbum. A moins de rechercher,
l.Cf. Summ.theol.,IIlP., quaest. 31,A.l. UtrumSpiritus Sanctus fuerit principium activum concepUonis Chmti'f
!2. Cf. Ibid., A. '2,:Utriim Christus debeat dici conceptus de Spiritu Sancto? — A. 3: Utrum Spiritus Sanotas dia debeat pater Christl secundum carnem?
coiiiine le font les malérialisles obstinés, l'abjeclion dans notre origine, à moins de s'engager, avec eux, dans un dédale d'absurdités scientifiques contre lesquelles proteste Texpérience aussi bien que notre dignité, il faut bien admettre que l'espèce humaine a commencé, et que ses premiers générateurs ont reçu de Dieu seul, avec la vie, le pouvoir de la communiquer. — Mais, si Dieu a déjà fait l'homme sans l'homme, pourquoi ne se reprendrait-il pas à cet acte souverain, ne serait-ce que pour nous montrer les merveilles de sa toute-puissance? La maternité virginale, dit saint Thomas, comble les possibles, relativement à la production de l'être humain, (c Adam, le père des hommes, est sorti d'un obscur limon vivifié par le souffle de Dieu ; Eve, mère des vivants, a été prise dans les flancs de celui qu'elle devait épouser; la race humaine obéit au commandement divin : Crescite, multiplicamini, et naît de l'homme et de la femme; il ne restait plus qu'un mode de production : naître de la femme seule, et par l'unique concours de l'opération divine*. »