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Les neuf sacrements humanitaires sont

La présentation, l'initiation, l'admission, la destination, le mariage, la maturité, la retraite, la transformation, l’incorporation.

La présentation. Quelques jours après leur naissance, les enfants sont portés au temple parleurs père et mère. Là, le prêtre fait une allocution : il enseigne ou rappelle aux parents et au parrain et marraine les devoirs qui leur incombent; les règles d'hygiène physique et intellectuelle qu’ils doivent observer pour faire un bon citoyen. La présentation est le baptême positiviste.

L'initiation. À quatorze ans, l'enfant retourne au temple pour y entendre une instruction du prêtre. On lui explique les avantages de l’instruction qu’il va recevoir et de la méthode par laquelle on la lui don-

qui conspirent dans l’ombre contre les choses saintes et contre les autorités établies, qu’elles

nera etc., l'initiation correspond à la première communion des catholiques.

L'admission. Le jeune positiviste ἃ vingt et un ans. Nouvelle cérémonie, nouveau discours. Il a reçu de ses parenis et de la société toutes les armes pour faire figure dans la mêlée humaine. A lui d’en user, maintenant, pour le plus grand bien social. Il est admis parmi les hommes. Cette admission rappelle la remise de la toge virile aux jeunes Romains.

La destination. Voilà notre positiviste admis dans le rang des « hommes ». Il choisit une carrière. Son choix arrêté, il s’en va voir le prêtre, qui l’instruit des devoirs de sa profession, et lui montre le bien qu’en l’exerçant il pourra faire autour de lui.

Le mariage. Le positiviste prend femme. Elle et lui écoutent une harangue sur les devoirs réciproques des époux.

La maturité. Quarante-deux ans, autre cérémonie, sixième instruction. Devoirs de l’homme mûr envers lui et envers les autres.

La retraite. Vingt et un ans plus tard, si le positiviste est vivant, il prend sa retraite. Le prêtre lui loue les charmes d’une vieillesse honnète, et lui indique, encore, comment 1] doit s’y prendre pour faire du bien.

La transformation. Le positiviste va mourir. Cette fois, le prêtre se rend chez lui. Il lui déclare qu'il va mourir et l’engage à le faire courageusement. La mort n’est pas un mal. Il va « se trouver dans la position horisontale définitive.» Son sœivenir vivra dans

ont l’ambition de remplacer, sont prodigues, vous le savez, d'imtiations et de signes mystérieux, auxquels se reconnaissent leurs adeptes. Ce sont des sacrements parfaitement laïques, c'est vrai; ils n’en confirment pas moins la juste observation de saint Augustin, qu'il faut maintenant nous appliquer.

Revenons donc à cette vérité qui nous a servi de point de départ: « Multi unum corpus sumus : Nous qui sommes beaucoup, nous sommes un seul corps. » Un seul corps! Done, il nous faut des signes extérieurs et publics d'unité. La prière, la confession d’une même foi, c’est quelque chose, mais pas encore le témoignage plénier de notre incorporation mystique à la société du Christ, par la commune possession d’une

l'esprit de ses coreligionnaires. Ce sacrement a quelque analogie avec celui de l’extrême-onction. L’incorporation. Septans après sa mort, le feu positiviste est incorporé, par un dernier discours, au nombre des hommes respectables dont la mémoire doit être honorée. L’incorporation estune canonisation égalitaire. L'administration de tous ces sacrements se fait par un discours, sans aucun symbole, sans cet appareil qui frappe l’esprit des foules et fait plus aisément des prosélytes que le meilleur exposé de la plus sage doctrine. FRITES

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même vie divine; et nous ne sommes parfaite ment un seul corps qu'autant que nous posstdons cetle vie. Or, comment saurai-je que vous la possédez, cette vie, puisque je ne vois pas, puisque je ne touche pas vos âmes? Comment saurai-je que Dieu est en vous, comme il est en moi, si je ne vois le signe par lequel sa vie vous est communiquée, comme elle m'est communiquée? Je vous entends prier et confesser 16 même Christ; c’est bien, je suis content; mais je saurai bien mieux que vous êtes mes frères, je serai bien plus disposé à vous respecter, à vous aimer, à me dévouer pour vous, si les signes sacramentels me donnent la certitude qu'une même vie divine nous anime, que vous et moi sommes Îles membres d’un même corps, pénétrés des mêmes influences bénies, et rattachés, par ces influences, à la même tête, qui est le Christ. — Honneur donc au sacrement!

C'est le drapeau de la fraternité chrétienne. Petite chose en apparence, grande chose par ce qu'elle signifie. Le drapeau n'est-1l pas le signe auquel se reconnaît une nalion ? Ses fastes historiques, ses institutions, ses lois, ses coutumes, sa vie, tout est là : là, dans ce morceau d’étoffe que

L'HARMONIE DRS SACREMENTS 83 les vents tourmentent ou quipend négligemment sur sa hampe. Il se lève, on se lève avec lui; il marche, on le suit; ils'agite dans la mêlée, on l'entoure, on le défend au péril de sa vie. Les sabres, les balles, la mitraille, se disputent ses lambeaux. Ce n’est plus qu'une guenille, et, devant cette guenille abreuvée de gloire, les tambours battent, les soldats présentent les armes. Debout, citoyens, voilà la France qui passe ! Vive la France !

Vous le voyez, Messieurs, ce signe est peu de chose, mais combien noble et auguste est la chose signifiée! De même le signe sacramentel. En soi, ce n’est rien ou presque rien, mais cest un drapeau, et partout où je le vois flotter, mon cœur chante un wvat au Christ et à la fraternité chrétienne. Encore une harmonie de Dieu!

J'en vois une autre dans les éléments infirmes que Dieu élève à la dignité de signes sacramentels.

La créature a reçu le contre-coup de la prévarication qui nous ἃ fait déchoir, et a été frappée, comme nous, dans sa vie, par une main vengeresse. Sa destination originelle était ἀν

nous rappeler les infinies perfections de son créateur et de nous élever jusqu'à lui. L’être, les mouvements, la vie du monde, marqués de ces deux caractères : l’ordre et le progrès, devaient nous rapprocher du type éternel de toute beauté créée. Mais, voilà que ce qui devait servir à nos religieuses élévations est devenu un piège, une amorce d'iniquité, une pierre d’achoppement et de scandale. Déflorée par le péché, la créature semble n'avoir conservé un reste de charmes que pour nous séduire, et nous en avons tellement besoin que nous oublions, dans ses usages, celui qui nous la donnée. Que dis-je? L'homme en a fait une arme contre son créateur, en abusant de ses services, jusqu'à l'employer aux plus honteuses superstitions. Elle méritait d'être frappée, de nouveau, d’une irrémédiable malédiction. Eh bien! non, Dieu l’a prise en pitié. Pour nous arracher à ses séductions et la réhabiliter à nos yeux, devenus plus clairvoyants depuis que nous avons reçu les enseignements de la foi, il en ἃ fait l'instrument de sa grâce, le conducteur de sa vie, nous invitant à venir chercher le remède dans la coupe où nous buvions le

poison; à nous servir, pour son culte, des éléments que nous avions profanés; à satisfaire, dans le contact et l'usage de ces éléments, le besoin de mêler à nos actes religieux la partie sensible de notre être; à accomplir, enfin, un grand acte de Justice.

Oui, Messieurs, un grand acte de justice. Le premier péché, qui nous sépara de Dieu, fut l'orgueilleuse prétention de nous égaler à lui. Dieu ne pouvait mieux nous le faire expier qu’en nous obligeant à nous humilier, à nous mettre à genoux devant de toutes petites choses et à leur demander la vie surnaturelle que nous avions perdue. L'homme n'est plus tenté d’être si fier, quand il se voit sous la dépendance de plus faible que lui; et il est souverainement juste que cette humiliation soit notre chemin de retour vers celui que nous avions fui sur le chemin de l’orgueil !,

1. Secunda ratio sumenda est ex statu hominis, qui peccando se subdidit per affectum corporalibus rebus. [01 autem debet medicinale remedium homini adhiberi ubi paritur morbum. Et ideo conveniens fuit ut Deus per quædam corporalia signa homini spiritualem medicinam adhiberet : nam si spiritualia nuda ei proponerentur, eis animus applicari non posset, cor-

poralibus deditus. Tertia autem ratio sumenda est ex studio actionis humanæ, quæ, præcipue circa

86 L'IARMONIE DES SACREMENTS

Miséricordieuse condescendance, justice, sagesse, admirable conformité aux lois de notre nature, divine harmonie, voilà, Messieurs, ce que nous voyons présentement dans les signes sacramentels eux-mêmes, et ce que nous allons voir, tout à l'heure, dans leurs effets, si vous voulez bien me prêter encore pendant quelque temps votre religieuse attention.

Pour mettre notre intelligence sur la trace de ses perfections, Dieu suit, dans toutes ses œuvres, une marche progressive. C'est une loi de son

corporalia versatur. Ne ergo esset homini durum, si totaliter a corporalibus actibus abstraheretur, proposita sunt ei corporalia exercitia in sacramentis, quibus salubriter exerceatur, ad evitanda superstitiosa exercitia, quæ consistunt in cultu dæmonum, vel qualitercumque noxia, quæ consistunt in actibus peccatorum. Sic igitur per sacramentorum institutionem homo convenienter suæ naturæ eruditur per sensibilia, humiliatur, se corporalibus subjectum cognoscens, dum sibi per corporalia subvenitur; præservatur etiam a noxiis actionibus per salubria exercitia sacramentorum. (Summ. Theol., III P., quæst. 01.8.1.

plan, que nous avons constatée, lorsque nous étudiions ensemble l'harmonie du monde physique. Elle n’est pas moins visible dans l’harmonie du monde religieux. Rappelez-vous les splendides préparations de l’Incarnation, c’est l'application de la loi du progrès, couronnée par un chef-d'œuvre de puissance, de sagesse, de justice et d'amour.

Or, dans la préparation de l’Incarnation, nous remarquons un ensemble de rites religieux ayant pour but de disposer les âmes à recevoir la grâce de Dieu; on les appelle les sacrements de l'ancienne loi. Ces sacrements étaient un progrès, relativement à la loi de nature; cependant, saint Paul les répudie, commedes «éléments infirmes etindigents : /n/irma et egena elementa’.» Pourquoi cela? Parce qu'ils n'étaient que la figure de nos sacrements, un dégré pour arriver à la parfaite efficacité que Dieu se proposait de communiquer aux instruments de la grâce, afin de les mettre en rapport, selon la pensée de saint Thomas, avec le progrès des théophanies, de la vérité et de la foi *.

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