Si quis dixerit, in tribus sacramentis, baptismo
Et maintenant, vous croyez peut-être que j'ai tout dit? Détrompez-vous, je n'ai rien dit encore, rien, du moins, d'intime et de profond, sur cette si grande chose que l’Église appelle le caractère sacramentel. Je l’ai considéré comme un signe indélébile qui modifie notre âme; ce n’est que l'écorce de l’enseignement théologique. Permettez-moi de déchirer cette écorce, et de vous mettre en présence de nouveaux mystères qu' pourront vous étonner, mais qui, bien entendus, auront, dans votre vie pratique, un salutaire retentissement. | Je savais bien que le caractère sacramentel est un signe indélébile qui modifie notre âme et atteste la prise de possession de notre maître Jésus-Christ. Mais, à ce compte, il suffit qu'un premier sacrement, celui qui nousenfante à la vie surnaturelle, grave en nos âmes le chiffre divin auquel on reconnaît la propriété du Christ. Or, comme trois sacrements : le Baptème, la Confirmation, l'Ordre, impriment un caractère, j'ai
scilicet, confirmatione, et ordine, non imprimi characterem in anima, hoc est signum quoddam spiritale, et mdelibile, unde etiterari non possunt, anathema git. (Conc. Trid., sess. vir, can. 9.)
demandé à saint Thomas, qui ne me trompe jamais, s'il n'y avait pas quelque chose de plus, et saint Thomas m'a répondu deux fois.
Une première fois : « Character est distinctio a charactere æterno impressa animæ rationali, secundum imaginem consignans trinitatem creatam trinitati creanti et recreanti, etdistinquens à non confiquratis" : Le caractère est une distinction imprimée dans l’âme raisonnable, configurant cette trinité créée à la Trinité créatrice et régénératrice, et la séparant de ceux qui ne sont pa: Ccnfigurés. »
Une seconde fois : « Character est spiritualis potestas perficiens hominem divinum et communicatorem divinorum, 1n quantum deputatur ad cultum Dei secundum rütum christianæ religionis ? : Le caractère est une puissance spirituelle, perfectionnant l’homme devenu divin et participant des choses divines, en tant qu'il est appliqué au culte de Dieu, selon le rite de I: religion chrétienne. »
Evidemment, Messieurs, en entendant ces ma gnifiques définitions, vous devez comprendre que