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LI; BAlPILÈME Aer 153
Tels sont, Messieurs, les premiers effels du Baptême. Le prophète les avait annoncés, lorsqu'il disait : « Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez lavés de toutes vos souillures !, » Et l’apôtre saint Paul, dans son énergique langage, les signale aux fidèles qu'il a régénérés : « Ne vous y trompez pas, dit-il, le royaume de Dieu n'est pas pour les pécheurs.
Ni les fornicateurs, ni les serviteurs des idoles, ni les adultères, ni ceux qui s’abandonnent à la mollesse de leur sens réprouvé, ni ceux qui commettent des crimes contre nature, ni les voleurs, ni les avares, ni les gourmands, ni les médisants, ni les ravisseurs, ne possèderont le royaume des cieux. Vous avez été tout cela : 271 hæc quidam fuistis ; maïs, de tout cela, vous avez été purifiés et sanctifiés et juslifiés, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ et dans l'Esprit de notre Dieu : Sed abluti estis, sed sancthificati estis, sed justificati estis in nomine Domini nostni Jesu Christi, et in Spiritu Dei onstr®. » — Le
1. Effundam super vos aquam mundam et mundabimini ab omnibus iniquinamentis vestris. (Ezech., cap. XXXVI,- 20).
2%. 1 Cor., cap. vi, 9-11
Baptème, dit saint Augustin, est la grande indulgence qui paie toutes nos dettes, et celles que nous avons contractées par la nature, et celles que nous y avons ajoutées par notre volonté .— Tous les péchés, grands ou petits, sont effacés? ; el, pour les peines,amnistie générale. Pourquoi cela? Saint Thomas va nous le dire : « L'homme pécheur est enseveli, par le Baptème, dans la Passion et la mort du Christ; c’est comme s’il souffrait et mourait lui-même des souffrances et de la mort de son Sauveur. Et, parce que les souffrances et la mort du Sauveur ont le pouvoir de satisfaire pour le péché et pour toutes les dettes du péché, l'ame que le Baptême associe à cette satisfaction ne doit plus rien à la justice divine ÿ. »
1. Magnam indulgentiam in qua solvatur omnis reatus, et ingeneratus, et additus. (5. Aug. ἐπ Enchiridion. cap. 64.)
2. In baptismo fit renovatio remissione omnium peccatorum, neque enim vel unum quantulumeumque remanet, quod non remittatur. (Zd., lib. XIV, De Trinitate, cap. 17.)
Cf Summ. Theol., III P., quæst. 69, 4. 1. Utrum per baptismum tollantur omnia peccata?
3. Per baptismum aliquis incorporatur passioni, et morti Christi, secundum illud Rom., vi, 8. δὲ mortui
LE BAPTÊME β 155
Plus rien ! Et cependant, Messieurs, vous me faites remarquer que l’inexorable justice de Dieu pèse toujours sur notre vie déchue. La concupiscence, qui se taisait dans les entrailles de notre premier père, ne cesse pas de nous tourmenter ; et, chaque jour, la douleur, par ses austères visites, vient nous rappeler que nous sommes passibles et mortels. Pourquoi Dieu n'a-t-il donc pas donné au sacrement de notre régénération une vertu plénière, qui nous affranchît de toutes les misères dues au péché?
Vous croyez donc qu'il manque quelque chose à la puissance régénératrice du Baptème ? — Eh bien! détrompez-vous. — Saint Thomas nous apprend que ce sacrement ἃ la vertu de nous délivrer de toutes les peines de la vie présente. Mais, pour l'honneur du Christ, dans
sumus cum Christo, eredimus quia simul etiam vivemus cum 60. Ex quo patet quod omni baptizato communicatur passio Christi ad remedium, ac si ipse pas- : sus, et mortuus esset. Passio autem Christi, sicut dictum est (quæst. ΧΥΠΙῚ, ari. 5) est sufficiens satisfactio pro omnibus peccatis omnium hominum. Et ideo ille qui baptizatur, liberatur à reatu totius pœnæ sibi debit&æ pro peccatis, ac si ipse sufficienter satisfecisset pro omnibus peccatis suis. (Summ. Theol VII P.,. quæst. 09, à, 2. 6.)
op pd τ l'intérêt de notre propre gloire, et par respect pour le sacrement lui-même, cette vertu est suspendue jusqu’au jour où notre régénération sera éternellement consommée. « Il convient, dit l'angélique docteur, que l’homme régénéré soit assimilé à Celui qui est le principe de sa nouvelle vie. Or, le Christ innocent a voulu que la douleur fût l'instrument de sa gloire ; pourquoi serions-nous mieux traités que lui? Cohéritiers du Sauveur, nous serons glorifiés avec lui , si nous avons souffert comme lui :
Cohæredes Chresti si tamen compatimur ut et simul conglorificemur. Est-ce que la gloire n’est pas plus douce à un cœur généreux, quand elle est le prix d’un grand combat? Et ne serons-nous pas plus fiers de notre résurrection, si nous avons nous-mêmes détruit notre COrps de péché? Les appétits nous tourmentent ; tant mieux : nous les dompterons. La douleur nous accable ; tant mieux : nous la ferons mériter. C’est bien assez que nous soyons présentement délivrés du péché et des peines de l’autre monde. Diiu n'a pas voulu nous exposer ff la honteuse tentation de ne désirer le Baptème que pour ses avantages lemporels, et au péril de
dvenir ainsi les plus misérables des hommes.
« Je le remercie donc d’avoir suspendu la puissante virtualité du Baptême, et il me suffit d'être un jour convaincu de sa plénitude. C’est grâce à mon Baptème que je serai affranchi, dans ma nature glorifiée, des convoitises qui, aujourd’hui, me tourmentent et me fatiguent, et que mon âme, reprenant sur toutes les puissances inférieures un empire absolu, jouira du privilège d'une éternelle impeccabilité. C'est grâce à mon baptême que ma chair, lumineuse et incorruptible, bravera , pendant les siècles des siècles, toutes les forces ennemies de son intégrité et de son repos. Les gloires de ma résurrection me feront enfin comprendre jusqu'à quel point le Baptême est un sacrement régénérateur !. »
1. Baptismus habet virtutem auferendi pœnalitates præsentis vitæ, non tamen eas aufert in præsenti vita, sed ejus virtute auferentur a justis in resurrectione quando, mortale hoe induet ee ut dicitur I Cor., xv, 54.
Et hoc rationabiliter. Primo ue quia per baptismum homo incorporatur Christo, et efficitur membrum ejus. Et ideo conveniens est ut id agatur in membro incorporato quod est actum in capite;, Christus autem à principio suæ conceptionis fuit plenus gratia, et veritate ; habuit tamen corpus passibile, quod post pas=
Entendez bien, Messieurs, cette régénération : ce n’est pas un simple décret d’amnistie que Dieu signe du sang de son Fils, une sorte de brevet d’innocence et de justice qu’il nous délivre pour l'avenir, comme le veulent les protestants : « C’est l’infusion d’une vie nouvelle, qui nous transforme en d’autres êtres, « dit saint Jean
sionem, et mortem est ad vitam gloriosam resuscitatum. Unde et Christianus in baptismo gratiam consequitur quantum ad animam ; habet tamen corpus passibile, in quo pro Christo possit pati; sed tandem resuscitabitur ad impassibilem vitam. Unde apostolus dicit.Rom. VIII, 11. Qui suseitavit Jesum Chrisium a mortuis, vivificabit et mortalia corpora vestra, propter inhabitantem spiritum ejus in vobis : etinfra 17. Aæredes quidem Dei, cohæredes autem Christi: si tamen compatimur, ut et simul glorificemur. Secundo hoc est conveniens propter spirituale exercitium, ut videlicet contra concupiscentiam, et alias passibilitates pugnans homo, victoriæ coronam acciperet. Unde super illud Rom, VI. Uf destruatur corpus peccati dicit Glossa. (August. lib. I. de peccaior. merit. et remiss. Cap. ult. a princ.) « Si post baptismum vixerit » homo, in carne, habet concupiscentiam, cum qua » pugnet, eamque adjuvante Deo superet. » In cujus figuram dicitur Judic, III, 1. Ææ sunt gentes, quas Dominus dereliquit, ut erudiret in eis Israelem, et postea discerent fit eorum certare cum hostibus, et habere consuetudinem præliandi. Tertio hoc fuit con-
ae
Chrysostôme!. » Dieu entre en nous par la grâce et nous rend participants de sa nature infinie. Nous sommes véritablement engendrés dans l’ordre surnaturel, et les anges du ciel chantent cette naissance mystique, comme nos parents ont chanté notre naissance charnelle. « Il y a donc pour nous deux naissances, s’écrie saint Augustin : l’une de la terre, l’autre ἀπ 016]; l’une de la chair, l’autre de l’esprit ; l’une d’un principe mortel, l’autre d'un principe éternel ; l’une de l’homme et de la femme, l’autre de Dieu et de son Église. L'une fait de nous des fils de la chair, l’autre des fils de l'esprit, l’une des fils du mort, l’autre des fils de résurrection; l’une des fils du siècle, l’autre des fils de Dieu; l’une des fils de colère, l’autre des fils de dilection : l’une nous enchaîne au péché origine, l’autre nous délivre des liens de tout péché?. »
ter impassibilitatem præsentis vitæ, et non propter gloriam νὴ! æternæ: unde et Apostolus dicit Ι Corinth., XV, 19. St in hace vita tantum sperantes sumus in Christo, miserabiliores sumus omnibus homintbus. (Summ. Theol., VIT P., quæst. 69, ἃ. 8 ec.)
1. Ours y29 μεγάλη τοῦ βαπΊήίσματος ἡ δὺνχμις᾽ ἄλλους avr ἀλλῶν moisi τοὺς μεασχόντας τῆς Cwpeäs, (Hom. XXII, in Act. Apost.)