‹ Exposition du dogme catholique (volume 3)Chapitre 24 sur 48 · Tit. cap. πὶ, ὅ · texte numérisé non relu

Tit. cap. πὶ, ὅ

2. Bartisua ἡ ἀλεῖται rat φώτισμα. (ὃ. Chrysost.. 1 Catech. ad eos qui sunt illuminandi.)

Le saint docteur dit dans sa VIT homélie sur les Epiîtres aux Corinthiens : « Aussitôt que nous sommes baptisés, notre âme purifiée par l'Esprit est plus éclatante que le soleil, non seulement nous voyons dans la gloire de Dieu, mais nous en recevons un certain éclat. Telle qu’une lame d'argent poli lance elle-même les rayons qu’elle reçoit, moins par la force de sa propre nature que par celle de la lumière qui s'y réfléchit, l'âme, purifiée et devenue plus brillante que l'argent le plus pur, reçoit et renvoie la gloire de l'Esprit.

“Ομοῦ τε γὰρ βαπτιζόμεθα, χαὶ ὑπὲρ τὸν ἥλιον ἣ ψυχὴ λάμmet, τῷ Πνεύματι καθαρομένη * χαὶ οὐ μόνον ὁρῶμεν εἰς τὴν δόξαν τοῦ Θεοῦ, ἀλλὰ nat ἐχεῖθεν δεχόμεθα τινα αἴγλην.

ne

éblouis que celui qui, de l'obscurité profonde, passerait tout à coup aux clartés du jour.

« Dieu, dit lApôtre aux baptisés, vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière‘. Vousmèmes vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez donc comme des enfants de lumière : Æratis aliquando tenebræ,nunc autem lux in Domino. Ut ἰδὲ lucis ambulate* » |

C'est bien. Le Baptème illumine nos âmes, il éclaire la carrière des bonnes œuvres que nous devons parcourir. Mais, ces bonnes œuvres, à quel titre Les ferons-nous ? A titre d'individus, sans relations avec ceux que la grâce a régénérés et illuminés comme nous? — Non, Messieurs, le: chrétienvit et agitcomme membre d’une société sainte, d’un corps mystique dont Jésus-Christ est le chef, etoù se fait une opulente circulation,

καὶ αὐτὸς ἀκήϊνας ἐκπεμψεῖιεν, oùx ἀπὸ τῆς οἰκείας φύσξως μόνον, ἀλλὰ καὶ ἀπὸ τῆς λαμπηδόνος τῆς ἡλιακῆς" OÙ καὶ ἡ ψυχὴ καθαιρομένη, καὶ ἀργύρου λααπροθέρα γινομένη, δέχεθαι ἀκθῖυα ἀπὸ τῆς δόξης τοῦ [[Πνεὐμαῦος, καὶ ταύθην ἀ:θιπσέμσει.

1. De tenebris vos vocavit in adimirabile lumen suum (I Petr., cap. 9.) |

πῶς Ephes. ‘ei. v, 8.

un perpétuel échange de biens spirituels. I y a trop peu de temps que je vous ai expliqué ce mystère, pour qu'il soit nécessaire d'y revenir. Je le constate comme un principe qui appelle ici le plus profond et le plus persistant des effets du Baptème.

Membres d’une société, d’une famille spirituelle, nous devons en avoir la physionomie, c'est-à-dire une communauté de traits qui atteste notre commune origine dans le Christ. La nature imprime son sceau sur la face de ceux qu'elle engendre, et crée les ressemblances de famille et de nationalité, signes indélébiles qui, avant toute inscription aux registres de l'état civil, proclament nos droits à la participation des biens domestiques et sociaux. Or, Dieu ne veut pas que le principe générateur qui fait de nous des chrétiens soit moins puissant que la nature. Là où ce principe agit, il scelle son action par un signe, un caractère ineffaçable, qui donne aux baptisés une physionomie à laquelle ils seront éternellement reconnus.

Mais, il y a plus. Pour être membres d'un corps social, il faut y entrer par l'initiation, et, plus le corps social tend à l'unité de vie et

d'action, plus l'initiation doit être profondément et fortement scellée. C'était par des initiations qu'on entrait jadis dans les sociétés religieuses qui avaient la prétention de célébrer, mieux que partout ailleurs, les mystères divins. C’est par des initiations que les sectes ténébreuses qui veulent donner aux conspirations l’unité de dessein, de force et d'action, s'emparent de leurs adhérents. Serments, diplômes, insignes, autant de liens qui les enchainent à la même iniquité, J'ai lu dernièrement, dans une feuille publique , qu’un professeur naïf ou quelque peu charlatan attribuait,aux serments, aux diplômes, à la buffleterie et à la quincaillerie mystique des loges maçonniques, le pouvoir de conférer un caractère indélébile". Il se rappelait, sans doute, son baptème ; mais il appliquait mal son catechisme. Les initiations humaines, quelque importance qu'on y attache, ne sont que des signes extérieurs, dont on peut se débarrasser à loisir. Il n’en est pas de même de l'initiation sacramentelle qui nous engage dans la société des enfants de

|, Univers, samedi 20 octobre 1882.

Dieu. Cette initiation est une insertion au corps mystique du Sauveur, dont nous devenons les membres, et cette insertion est scellée, comme est scellée l'insertion de la greffe sur le trône où elle doit puiser la sève. Rien n’en peut faire disparaître l’éternelle et glorieuse cicatrice. C'est là que sont consignés tous nos droits au développement, au perfectionnement de notre vie surnaturelle ; c’est par là que passent toutes les grâces et tous les biens spiri- tuels que nous recevons comme membre d'um même corps; c'est là que se rencontrent , à notre bénéfice, les salutaires influences du Christ et de son Église; et par là que nous écoulons, dans le corps mystique où nous sommes insérés, le trop plein de notre vie chrétienne. Finalement, notre sigillation baptismale est, dans les desseins de Dieu, l'indispensable complément de notre régénération et de notre illunation. |

Maintenant, Messieurs, vous comprendrez 81sément, qu'on ait appelé le Baptême : « apertio regni cœælestis : l'ouverture du royaume des cieux. » Le péché nous en fermait les portes : le Baptème le détruit. Les peines dues à la jus-

Lei

tice divine nous condamnaient à languir loin de notre bienheureux terme ; le Baptême nous en délivre‘. La vie de la grâce est le nécessaire prélude de la vie de la gloire : le Baptème nous la donne. Ce sont les vertus et les bonnes œuvres que Dieu couronne dans les cieux : le Baptême en dépose les germes sacrés dans nos âmes, munies, par lui, d’un organisme surnaturel, et illuminées par la présence et les dons de l'Esprit-Saint ?. C’est l'Église terrestre qui doil devenir l’Église céleste : le Baptême nous y introduit. C’est son corps mystique que 16 Christ

appelle dans la gloire pour y posséder éternellement sa plénitude : le Baptème nous insère à ce corps et fait de nous ses membres. Régénération, illumination, sigillation, tout est ordonné

1. Aperire januam regni cœlestis est amovere impedimentum. quo quis iImpediturreguum cœleste introire. Hoc autem impedimentum est culpa et reatus pæœnæ.…. per baptismum omnis culpa et omnis reatus pœnæ tollitur. Unde consequens est quod effectus baptismi sit apertio januæ regni cœlestis. Summ. (Theol..IIl P, quæst. 69, a. 7.)

2. Cf. Summ Theol., IIT P., quæst. 69, a. Utrum per baptismum conferantur homint gratiæ et virtutes ? et ἃ. 5. Utrum conventienter attribuantur baptismo qrudam actus virtutum ἢ

à notre fin dernière, au royaume des cieux. — Donc, Messieurs, sans le Baptême, point de surnaturelle et éternelle béatitude. point de salut, point de ciel. Jésus-Christ l’a dit : « Celui-là seul sera sauvé qui croira et sera baptisé : « Qui crediderit et baptizatus fuerit salvus erit!.» Si l’homme ne renaît de l'eau et de l’Esprit-Saint, il n'entrera point dans le royaume de Dieu :

Nisi quis renatus fuerit ex aqua et Spiritu Sancto non introibit in regnum Dei? , » Ses paroles sont claires : « Il n’excepte personne, dit saint Ambroise: nullum excipit*. »

M'objecterez-vous que la foi suffisait aux générations qui ont précédé l’avènement du Sauveur, et que notre état ne doit pas être pire que le leur? Messieurs, nous n'avons pas à discuter avec Dieu les conditions de notre salut. Il est le maître absolu deses dons, et, puisqu'il daigne nous offrir sa miséricorde, nous devons la prendre où il l’a mise, Sans doute, 1] n’y ἃ jamais eu de salut que dans le Christ, et la bonté de Dieu a su pourvoir aux besoins spirituels des

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