‹ Exposition du dogme catholique (volume 3)Chapitre 28 sur 48 · Cap. XITE · texte numérisé non relu

Cap. XITE

2. Cf. Summ. Theol., III P., quæst., 66, 8. 7,Utrum immersio in aqua sit de necess.tate baptisnu ?

3 Cf. Summ.Theol., III P., quæst. 67, a. 1, Utrum

mais, quand la nécessité s'impose, toutle monde peut baptiser. Entendez-vous? tout le monde : clercs ou laïques, hommes, femmes ou enfants, croyants, héritiques ou infidèles, pourvu que les intentions et les rites de l’Église, qui nous engendre au nom du Christ, soient religieusement gardés et accomplis. Partout, donc, l’élément régénérateur, et partout des ministres.

Quelle miséricordieuse bonté 1

Et, pourtant, si malgré toutes ces facilités

ad offieium diacont pertineat baptizare? et 8. 9, Utrum baptisare pertireat ad offieium presbyterorum ὃ

1. Ad misericordiam ejus qui vult omnes homines salvos fieri, pertinet ut in his quæ sunt de necessitate salutis, homo de facili remedium inveniat. Inter omnia autem sacramenta maximæ necessitatis est baptismus, qui est regeneratio hominis in vitam spiritualem : quia pueris aliter omnino subvenire non potest, et adulti non possunt aliter quam per baptismum plenam remissionem consequi et quantum ad culpam, et quantum ad pœnam. Et ideo ut homo circa remedium tam necessarium defectum pati non possit, institufum est ut et materia baptismi sit communis, scilicet aqua quæ a quolibet de facili haberi potest, et minister baptismi etiam sit quicumque non ordinatus, ne propter defectum baptismi homo salutis suæ dispendium patiatur. (Summ. Theol., 111 P., quæst. 67, ἃ ὃ, ο.) Cf. ibid ἃ 4. Utrum mulier possit baptizare? — a. 5. Utrum non baptisatus possit sacramentum bapthismi

conferret

providentielles le Baplème est impossible, l’homme ceriera-t-1l en vain : « J'ai été concu dans l'iniquité ef ma mère m'a enfanté dans le péché : Lavez-moi, Seigneur, purifiez-moi ! » — Non, Messieurs, là où le Baptême d’eau fait défaut, la bonté divine permet que d’autres Baplèmes le suppléent!.

Si c'est la volonté impie d'un tyran, qui inter- Gil les approches de la piscine sacrée, l’homme a dans son corps une source plus vive, plus féconde et plus précieuse que l’eau. Le glaive de la persécution la fait jaulir : c’est bien! Le martyr est baptisé, son sang appelle à lui tout le sang du calvaire, et le grand amour avec lequel 1l le répand, toute la vertu de l’Esprit- Saint. Sa mort n'est pas seulement une représentalion mystique de la mort du Christ, comme dans le Baptème d'eau, c’est une reproduction sanglante. En imitant le sacrifice rédempteur, elle s'en approprie les mérites. L'Esprit-Saint, qui meut le cœur du martyr, ne cache pas ses opérations dans les profondeurs d’une âme muolte; il fait jaillir l'amour dans le sang

1. Cf. Summ. Theol., 1Îl. P., quæst. 66, a. 11. Utrurn concenienter deseribantur #ria baptismata?

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répandu, dont chaque goutte dit à Dieu : Onne peut pas aimer davantage : Üajorem charitatem nemo habet. Cieux, retenez vos fertiles ondées; terre, cache tes sources; fleuves, cessez de couler. On n’a pas besoin d’eau, là où le sang coule !. |

Mais, le Baptème de sang n'appartient qu'aux héros. Dieu, qui connaît nos faiblesses, ne pouvait pas vouloir que notre salut fût, partout et en tout temps, le prix d’une sanglante tragédie. IL

1. Effusio sanguinis pro Christo, et operatio interior Spiritus Sancti dicuntur baptismata, inquantum efficiunt effectum baptismi aquæ. Baptismus autem aquæ efficaciam habet a passione Christi, et a Spiritu Sancto, ut dictum est (art. præc.). Quæ quidem duæ causæ operantur in quolibet horum trium baptismatum; excellentissime tamen in baptismo sanguinis : nam passio Christi operatur quidem in baptismo aquæ per quamdam figuralem representationem; in baptismo autem flaminis, vel pœnitentiæ, per quamdam affectionem ; sed in baptismo sanguinis per imitationem operis.

Similiter etiam virtus Spiritus Sancti operatur in baptismo aquæ per quamdam virtutem latentem; in baptismo autem pœnitentiæ per cordis commotionem; sed in baptismo sanguinis per potissimum dilectionis, : et affectionis fervorem, secundum illud Joan., XV, 13. Majorem hace dilectionem nemo habet quam ut animam suam ponatquis pro amicis suis. (Summ. Theol., ΠῚ P., quæst 66, a. 12, c.)

a donc permis que le Baptème d’eau, devenu impossible, ful suppléé par le Baptème de désir Oui, Messieurs, le simple désir du sacrement, dans un cœur qui, sous l’impulsion du Saint- Esprit, produit un acte de charité parfaite, suffit à la rémission de tous les péchés et à la régénération de l'âme !. Encore, n'est-il pas nécessaire que le désir du sacrement soit explicite. Il est contenu dans l’amoureuse volonté de ceux qui, ignorant la vertu et même l'existence du Baptème, sont disposés à faire tout ce qu'il faut pour être justifiés. Où sont ces mystérieux baptisés ἢ Combien sont-ils? C’est le secret de Dieu; 1] nous le fera connaître un jour. — En altendant cette suprême révélation, croyons que, dans le

1. Potest sacramentum baptismi alicui deesse re, sed non voto; sicut cum aliquis baptizari desiderat, sed aliquo casu prævenitur morte, antequam baptismum suscipiat; et talis sine baptismo actuali salutem consequi potest, propter desiderium baptismi, quod procedit ex fide per dilectionem operante, per quam Deus interius hominem sanctificat,cujus potentia sacramentis visibilibus non alligatur. Unde Ambrosius dicit (in Lib. de obitu Valentin. aliquant. a med.) de Valentiniano, qui catechumenus mortuus fuit : Que regeneraturus eram, amisi; verumtamen tlle gratiam, quam poposceit, non amisit. (Summ. Theol., 111 P., quæst. GS, ἃ. 2, 6.)

martyre et dans la flainme amoureuse du désir, les causes qui opèrent sont les mêmes que dans le Baptème d’eau : c’est-à-dire, le sang de Iésus- Christ et l’Esprit-Saint, et que, par conséquent, il n'y a qu’un seul Baptème, comme il n’y a qu'une seule ἴοι". Croyons que la bonté de Dieu. dans l'institution du sacremeut indispensable, a marché du même pas que sa sagesse.

᾿ς Vous en doutez encore, Messieurs, j'en suis persuadé, et votre raison me prépare une objection à laquelle j'ai déjà répondu et qu’il faut entièrement liquider aujourd'hui®. Il s’agit des enfants qui, ne pouvant former aucun désir et n'ayant pas d'autre péché que celui de leur origine, sont surpris par la mort avant que le sacrement les ait régénérés. S'ils sont tués en haine du Christ, le martyre les sauve, et l'Église peut saluer, avecattendrissement, dans les cieux, les tendres fleurs que la persécution ἃ moisson-. nées. Mais, ils sont rares, parmi les enfants, ces

1. Alia duo baptismata (seilicet sanguinis et flaminis), includentur in baptismo aquæ, qui efficaciam habet et ex passione Christi et ex Spiritu Sancto. Et ideo per hoc non tollitur unitas baptismatis.

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