‹ Exposition du dogme catholique (volume 3)Chapitre 32 sur 48 · Summ. Theol., I 8611 2e P. quæst. 112. à. 1. c · texte numérisé non relu

Summ. Theol., I 8611 2e P. quæst. 112. à. 1. c

3. Videte qualem charitatem nobis dedit Pater, ut fil Dei nominemur et simus. (I. Joan. cap. ni.)

et l’on peut dire qu’il est, en cet ordre, notre Père d'office, car il n’y a que lui qui puisse nous donner l'être et nous le conserver. Toutes les attentions de sa Providence sont des actes de cette universelle paternité ; mais 11 n’y peut point mettre cette particulière bienveillance, cette intime et tendre complaisance qu'il a pour son Fils éternel. C’est afin de nous aimer comme il l'aime qu'il nous adopte, en nous rendant semblables à lui, par la communication de sa vie. Et voyez jusqu'où va son inclination à nous aimer. Les nobles gens qui adoptent des enfants ont peur de voir s’éteindre un grand nom et s'évanouir une grande fortune.

Dieu n’a point de ces craintes. L'immense majesté, le souverain bien qu'il est, sont impérissables comme son être. Il possède un fils, son héritier naturel, qui jouit et Jouira éternellement de toutes les grandeurs, de toutes les richesses, de toutes les béatitudes de son immortelle et infinie nature. Et l’on dirait que cela ne suffit pas à son amour. L'héritage de son Fils il veut le donner à d’autres, et c'est pour que nous puissions le voir un jour, le posséder, jouir de lui aussi profondément ef in-

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timement que son propre Fils, toute différence gardée entre sa nature infinie et la” nôtre, qu'il nous divinise ici-bas.

L'enfant baplisé est donc, par la grâce du Christ, fils de Dieu comme lui et son cohéritier. Admirables privilèges! Et pourtant, ce nest pas encore toute sa grandeur. Sa ressemblance avec le Verbe divin, qui ἃ daigné s’abaisser jusqu'à lui en prenant chair, n’est point une ressemblance séparée ; mais, si Je puis m'exprimer ainsi, une ressemblance conjointe, qui étend et complète le grand mystère de l’Incarnation. En- nous façonnant à l’image du Fils de Dieu, le Baptème nous incorpore à son humanité sainte et fait de nous ses membres vivants. Il est avec nous un seul corps, ΤΩ) corpus. Non pas un corps purement moral οἱ métaphorique, comme celui que forment ensemble les membres d’une même société, mais quelque chose de plus : ce corps réel et mystique dont je vous ai décrit la structure et les fonctions, et où nous avons vu circuler la vie divine avec tous les biens dont elle est le principe !, ce corps dans lequel tout notre

1. Cf. soix antième conférence : La Communion des saints, 15

être est engagé : notre âme, qui reçoit de son divin chef les influences célestes dont elle est surnaturellementviviliée, et fait rayonner autour d'elle ses mérites divinisés par les mérites du Christ : notre chair, mystérieusement travaillée par la chair sacrée du Sauveur qui l’abreuve de sa sève et la prépare à la résurrection.

Membres du Christ, nous appartenons à sa plénitude sociale, et lui nous communique sa plénitude personnelle. C’est le comble de notre srandeur baptismale.

La plénitude du Christ, Messieurs, c’est son Esprit. Non pas quelque chose d’idéal et d'abstrait et comme la quintessence de ses vertus; mais une personne subsistante et vivante que le Verbe respire éternellement avec son Père, et qui achève, dans les cieux,la vie divine: sur la terre, les communications de Dieu. « Nous sommes tous baptisés dans cet unique Esprit:

In uno Spiritu omnes nos baplizati sumus.

Nous en sommes tous abreuvés: Omnes in uno Spiritu potati sumus.» L’Apôtre relie ce mystère à celui de notre incorporation !. «Membres

1. Sicut enim corpus unum est, et membra habet multa, omnia autem membra corporis cum sint muilta, unum tamen corpus sunt :ita et Christus. Et-

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du Christ, nous ‘sommes les temples de son Esprit : Templum Dei estis οἱ Spiritus Dei habitat in vobis !. » Cet Esprit vivant, envahissant notre âme, réside là où elle réside, travaille et vivifie là où elle travaille et vivifie, c’est-àdire jusqu'aux extrémités de ces instruments de chair et d'os par lesquels se manifestent, aux veux des hommes, les mystères de notre vie intime. Nos membres, qui sont, par la grâce du Baptême, les membres vivants du Christ, « sont aussi les temples vivants de son Esprit-Saint: Membra vestra templum sunt Spiritus Sancti. » ? Temples consacrés par l'inscription de son caractère, Fonction de sa personne, l'illumination de ses dons, temples plus somplueux, plus grandioses, plus illustres, plus durables que les majestueux et solides édifices construits, par la piété des hommes, à la gloire de Dieu.

Vous comprenez maintenant, Messieurs, la

enim in uno Spiritu omnes nos 1n unum Corpus baptizati Sumus, sive judæi, sive gentiles, sive servi, sive hber1i : et omñes in uno Spiritu potati sumus. (1 Cor., cap. XII 12, 13.)

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