‹ Exposition du dogme catholique (volume 3)Chapitre 36 sur 48 · ET · texte numérisé non relu

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respect de l'enfance ; et, dans les milieux chrétiens, l'enfant de ceux-là mêmes qui ne venlent pas de ce sacrement bénéficie de ses divines influences.

Allons plus loin, Messieurs: précisons un autre droit qu'il faut revendiquer aujourd'hui plus hautement.

L'enfant chrétien a droit à ce qu’on prenne son Baptème comme point de départ et comme règle de son éducation. C'est, dit saint Thomas, une des raisons pour lesquelles l'Église ἃ jugé à propos de baptiser les enfants !. La vie chrétienne se développe plus aisément et s’affermit davantage , quand elle commence de bonne heure et n'est point précédée par une vie de péché. Les habitudes saintes que l'enfant reçoit au Baptème ne peuvent pas rester à l’état de puissances vides et nues ; elles suivent l’évolution de ses facultés naturelles. Dès que l’intelligence s’éveille, la foi demande l'aliment des

1. Fuit conveniens pueros baptizari, ut a pueritia putriti in his quæ sunt christianæ vitæ firmius in ea perseverent securdum 1illud (Proc. 22). « Adolescens juxta viam suam, etiam cum senuerit non recedet ab ea. » (Summ. Theol., III P., quæst 68, 4, 9.)

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vérités divines dont elle doit se nourrir. Dès que le désir réfléchi du bonheur commence à tourmenter l'âme avide de plénitude et d’éternité, l'espérance veut être fixée sur la félicité qu’elle doit attendre au terme de cette vie passagère. Dès que le cœur s'ouvre pour recevoir et épancher l'amour, la charité cherche le souverain bien auquel elle doit s'attacher. Sublime rendez-vous des opérations d’un Dieu trois fois saint, l'enfant baptisé a besoin de se mettre promptement en rapport avec lui par ses actes. Son âme va droit au devant de la Trinité par ses habitudes et ses grandeurs infuses ; 1l faut qu'il la rencontre au dehors aussitôt qu'il est capable de la reconnaître. Le Père qui l’adopte, il doit bénir son nom, dès que ses lèvres innocentes s'ouvrent pour parler. Le Christ dont il est membre, il doit rencontrer partout son image sacrée et y lire les mystères de salut qui l'ont transfiguré. L’Esprit-Saint dont 1] est le temple, il doit de bonne heure invoquer sa lumière et sa force, afin de mettre à profit la consécration intime qu'il en a reçue. Aimer οἱ servir le Dieu de son Baptème, c'est son premier devoir ; le connaître,c’est son droit le plus sa-

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cré; conserver et perfectionner sa vie chrétienne, commencée par le Baptême, c'est son devoir ; être préparé aux sacrements qui conservent et perfectionnent, c’est son droit: — Toute éducation qui contrarie ces droits ou n'en tient pas compte est une éducation fausse, criminelle, meurtrière, une éducation qui renouvelle, dans un ordre supérieur, l’abominable barbarie des mœurs païennes.

Qu'on ne s'étonne donc pas d'entendre l'Église revendiquer, de toute la force de son amour éploré, les droits de l'enfant qu'elle ἃ baptisé, contre toute mesure légale tendant à écarter la religion de son éducation. L'enfant lui appartient en vertu de son initiation baptismale, plus qu'il n'appartient aux sociétés humaines par la vertu des inscriptions et des contrats. Celles-ci n’ont d'action que sur sa vie extérieure, en tant qu'elle est engagée dans la vie publique ; l'Église est la suprème et infailhble gardienne des droits de sa conscience.

N'ayez peur qu'elle l'empêche jamais d’accomplir ses devoirs de citoyen, quel que soit le pouvoir qui les réclame. Mais, de ses mains tremblantes, elle couvre sa tête innocente et, d’une

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voix émue, elle crie aux législateurs et aux maitres impies : Ne touchez pas à ceux que Dieu a consacrés: Nolite tangere christos meos.

Messieurs, l'Église protectrice des droits de l'enfance, ce n’est pas seulement la sainte hiérarchie que Dieu a préposée aux gouvernement des âmes; l'Église, c'est vous. Vous êtes l'autorité prochaine et immédiate à qui Dieu a confié la garde des chers petits qu'il a adoptés et incorporés à la famille de son Christ. Non contents de leur avoir donné la vie de la nature, vous avez demandé pour eux la vie de la grâce, complétant ainsi votre paternité par la puissance génératrice du Baptème. Ce sacrement vous impose, avec le devoir de les élever chrétiennement, l'obligation de veiller à ce que leurs droits soient respectés dans tout le cours de leur éducation. Un jour, maîtres d’euxmêmes et aveuglés par leurs passions, ils renonceront peut-être à ce droit, et vous n'aurez plus qu’à gémir et à pleurer sur leur apostasie ; mais, autant qu'il est en vous, il faut travailler à prévenir cette catastrophe. Prenez donc le Baptême de vos enfants comme point de départ et comme règle de leur éducation. Faites-

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leur connaître de bonne heure le Dieu à qui ils sont redevables de leurgrandeur surnaturelle, afin que, de bonne heure, ils puissent l'aimer et le servir.Préparez-les vous-mêmes aux fonctions et aux développements de la vie chrétienne.

Cherchez pour eux des maîtres qui continuent, dans l’école, les enseignements et les préparations du foyer domestique. Ne vous fiez pas aux promesses de neutralité par lesquelles on cherche à apaiser les troubles de votre conscience et à abuser votre bonne foi; les faits disent assez haut que toute école sans Dieu devient fatalement une école contre Dieu. — Les fils de votre sang et de votre foi sont à vous, avant d’être à l'État; on ne peut les soustraire à votre direction, sans outrager en vous l'autorité paternelle, type et source de toute autorité sociale. Sachez donc vous montrer les maîtres, que vous êtes, et dire à quiconque prétend élever vos enfants sans jamais leur parler ni de l'honneur que Dieu leur a fait, ni des obligations qu'ils ont contractées par léur naissance spirituelle : « Von possumus, nous ne pouvons pas vous les donner. En vain, vous invoquez, pour nous séduire et nous contraindre,

l'obligation du savoir, la nécessité du progrès, les devoirs du citoyen. Le savoir est une belle chose; mais nous estimons qu'il devient pernicieux et funeste, s’il n’est réglé et vivifié par la science des choses divines. Le progrès est une loi de notre nature ; mais nous estimons que le plus nécessaire de tousles progrès est celui de la vie religieuse, qui arrête l’âme, trop violemment saisie par le mouvement scientifique, sur les pentes du matérialisme. Autant et plus que qui que se soit, nous voulons que nos enfants soient d'honnêtes et utiles citoyens; mais nous estimons qu'ils le seront d'autant mieux qu’on aura commencé par en faire de bons chrétiens. Mettez-vous d'accord avec nous, si vous voulez que nous consentions au partage de notre inviolable autorité. »

Voilà votre devoir, Messieurs; accomplissezle courageusement, en chrétiens convaincus, en pères éclairés et en citoyens toujours respec- {ueux du pouvoir et dévoués à votre pays. Il dépend de vous de faire comprendre à qui de droit, par votre noble et ferme attitude, que, dans toute nation chrétienne, ily a un Baptème

LE BAPTISÉ 233 dont la loi doit tenir compte, sous peine de compromettre le bien public, la chose publique, la République,

SOIXANTE-SIXIÈME CONFÉRENCE

SOIXANTE-SIXIÈME CONFÉRENCE

Monseigneur !, Messieurs,

La vie surnaturelle nous est donnée, dans le Baptème, au nom des trois personnes divines qui, selon la promesse du Sauveur, honorent, de leur présence et de leur action, notre âme régénérée. Nous sommes les fils adopüfs de Dieu, les membres du Christ, les temples du l’'Esprit-Saint : sublime commencement qui annonce une plus haute perfection.

Toute vie nouvelle tend à sa plénitude, et appelle à soi d’autres forces pour aider sa croissance et s'établir dans l’âge parfait, où se font, au déhors, les grandes dépenses d'activité. [l en est de même de la vie surnaturelle. Engendrée

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