‹ Exposition du dogme catholique (volume 3)Chapitre 37 sur 48 · M5 Richard, archevêque de Larisse, coadjuteur de Paris · texte numérisé non relu

M5 Richard, archevêque de Larisse, coadjuteur de Paris

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par le Baptême, elle ἃ besoin de croître et de s'affermir, d'autant que celui qui la donne l’a mise dans une situation critique, enl’engageant dans une voie d'épreuves et de combats. « Ne croyez pas, dit-il, que je sois venu apporter la paix sur la terre; non, je suis venu apporter la guerre : Jon pacem, sed jladium. »᾽

Certes, il nous serait difficile de lui savoir bon gré d’une vie nouvelle si promptement menacée du ruine, s'il ne l'avait fortifiée contre toute puissance ennemie de son intégrité et de sa généreuse expansion. Mais sa bonté, dans l’œuvre de notre sanctification, n’est jamais en défaut. — Par un sacrement de plénitude et de force,il achève ce qu'il a commencé dans notre génération spirituelle. Ce sacrement, vous l'avez déjà nommé: c’est la Confirmation. Parcequ'il est moins nécessaire que le Baptême, vous êtes peut-être tenté de croire qu'il est moinsgrand.«Détrompez-vous,ditunsaint Pape, l'un et l’autre sont grands : Scitote utrumque magnum esse sacramentum *. » Et, à bien prendre, celui qui donne le plénitude est plus

1. Matth., cap. x, 34. 2. Epist. Melchiad Pap., ad Episcop. Hispañ.

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grand que celui qui ne donne que le commencement. |

Après avoir établi en peu de mots la vérité du sacrement de Confirmation, mon dessein, Messieurs, est de vous montrer, dans cette conférence, les effets de son action perfective,et de vous dire à quel office de la vie chrétienne ces effets sont ordonnés,

Le protestantisme imagina, pour le baptisé, une fausse grandeur qui le mettait au-dessus des lois de Dieu οἱ de l'Église, et lui conférait l'impeccabilité, pourvu qu'il conservât la foi. Dès lors, 1l n'avait plus besoin d'un sacrement de perfection; la Confirmation donnée par l'Église devenait une pure cérémonie, comme la bénédiction de l’eau, des cierges οἱ, autres choses. — Cette méprisante répudiation d'un de nos signes sacrés était ornée, comme à l'ordinaire, de grossiers monsonges, d’impudentes invectives et d'odieux blasphèmes.

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Toutefois, pour ne pas supprimer un mot depuis longtemps accrédilé par le langage chrétien, les pères de la réforme inventèrent une Confirmation à leur manière. C'était un examen de l'enfant arrivé à l’âge de discrétion, examen accompagné d'instructions, d'admonitions, d'exhortalions, et terminé par une prière à laquelle on pouvait joindre, pour plus de solennité, l'imposition des mains, en forme de bénédiction. lt c'était tout : de sacrement, de grace, de caractère sacramentel, 11 ne fallait pas parler.

Messieurs, nous avons mieux que cette Confirmation de fabrique humaine. Nous avons un véritable sacrement, institué par Jésus- Christ pour nous conférer une grâce de perfection qui complète, en nosâmes, les opérations initiales de l’Esprit-Saint.Cette grâce, Le Sauveur la promet à ses Apôtres, lorsqu'il leur dit: «Je m'en vais vers mon Père, mais je ne vous laisserai point orphelins. Mon Père vous enverra son Paraclet qui vous consolera, vous enseignera toute vérité et vous dictera les courageuses paroles que vous devrez répondre aux pouvoirs persécuteurs, lorsqu'ils vous. appel-

LA CONFIRMATION 241 leront devant leurs tribunaux'. Restez donc dans la ville sainte, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut ?. Quand vous aurez reçu la vertu de l’Esprit-Saint, vous serez mes témoins à Jérusalem, dans la Judée, à Samarie et jusqu'aux confins de la terre $. » — Au jour sacré de la Pentecôte, les voûtes du cénacle s’'ébranlent, et [65 Apôtres voient de leurs yeux et sentent s’accomplir, au fond de leur âme fortifiée, la promesse de leur Maître. Mais cette promesse n’a pas été faite pour eux seulement; l'Esprit-Saint qu'ils ont reçu doit demeurer éternellement dans l’Église du Christ : Ut maneat in ælernum *. Il ne faut donc pas le garder dans une âme avare et jalouse; mais le répandre, selon l’oracle du prophète, sur toute chair et sur toute âme régénérée. Aussi, voit-on

1. Joan., cap. xiv, 16, 18; cap. xvi, 13; Matth. cap. x, 19, 20.

?. Ego rnitto premissum Patris mei in vos: vos autem sedete in civitate, douce induamim virtute ex alto. (Luc., cap. xxiv, 49.)

ὃ. Accipietis virtutem supervenientis Spiritus Sancti in vos, et eritis mihi testes in Jerusalem et in omni Judæa, et Samaria et usque ad ultimum terræ. (Act. CAP. I, ὃ.)

4, Joan., cap, xiv, 16,

les mains des Apôtres se lever sur la tête des nouveaux baptisés, et ceux-e1 recevoir l’Espril- Saint: T'unc imponebant manus super illos et accipiebant Spiritum Sanctum". Auraient-ils le droit de commander à celui qui ne reçoit de mission que de ses éternels principes, si le Christ n'avait joint à sa promesse l'ordre exprès d’en assurer l'exécution par un sacrement? Ce sacrement, ils Le possèdent légitimement, 15 l'administrent, ils en proclament les merveilleux effets, et ils Le transmettent à ceux qui, revêlus comme eux de la plénitude du sacerdoce, doivent leur succéder au gouvernement de l'Église.

L'imposition des mains, évocation de l'Esprit-Saint, entre donc dans la tradition des pouvoirs et des signes sacrés ?. Bientôt, on voit s y joindre l’huile embaumée, dont le perpétuel cantique des apologistes et des saints docteurs célèbre la vertu fortifiante et 16 salutaire pa*-

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