‹ Exposition du dogme catholique (volume 3)Chapitre 38 sur 48 · Act: cap: vus · texte numérisé non relu

Act: cap: vus

2. Orabant apostoli ut Spiritus Sanctus in eos veniret, quibus manus imponebant, quem morem in suis præpositis seu Ep scopis etiam nunc servat Ecclesia. (August., Lib. XV De Trinitate, cap. 26.)

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fum. « Il faut, disent-ils, que lé baptisé s'incline sous la main de l’Évêque pour devenir un parfait chrétien. Sans ce signe, qui peut recevoir l'Esprit-Saint?? C'est par là qu'il descend sur chaque néophyte. — Les mains bénies de l’Évêque sont chargées d'huile sainte: chrême du salut qui confirme le sacrement de la foi et nous donne la force de la confesser ὁ ; qu'il appartient aux princes de l’Église de répandre sur le front des baptisés°. C’est pour nous comme

1. Omnes fideles per manus impositionem Episcoporum Spiritum Sanctum post baptismum accipere debent, ut pleni christiani inveniantur. (Urb. Pap. ÆEpist., cap. vi).

2. Le pape Corneille écrivait à Fabius d’Antioche, à propos de Vovatien : « Neque ab Episcopo consignatus. Hoc autem signaculo minime percepto, quo tandem modo Spiritum Sanctum potuit accipere? Oùre ἐσφραγὶσθη ὑπὸ τοῦ ἐπισκόπου" τούτο δὲ μὴ τυχὼν, πῶς ἄν τοῦ ἁγίον νεύματος ἕτυχε; (Apud Æuseb, Hist. eccl., τὰ ΕΗ 45}

3. Quod nunc in confirmandis neophytis manus impositio tribuit singulis, hoc tune Spiritus Sancti descensio in credentium populos donavit universis. (Melchiad. pap. ad Episcop. Hisp.)

4. Chrisma confirmatio est confessionis : Τὸ μύρον. βεξαίωσις τῆς ὁμολογίας. (Constitut. apostol., Lib. ΠῚ, cap. 17.)

μύρῳ. (Constitut. apostol., Lib. Π|, cap. 16.)

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16 feu qui descendit sur les Apôtres'. Son onction consomme en nous la grâce et nous donne l'Esprit de Dieu 5; c’est parce que nous l'avons reçu quon nous appelle définitivement chrétiens *. Merveilleuse opération de la puissance divine : notre chair est ointe,et notre âme est consacrée: notre chair est marquée d'unsigne, et notre âme est fortifiée: notre chair est ombragée par l'imposition des mains,et notre âme est inondée de la lumière de l’Esprit-Saint*, Et tout cela est un sacrement vénérable et sacro- . saint, comme le Baptème lui-même ?. »

1. Apostolis datum Spiritum Sanctum in forma ignis, nobis peroleum. (Damase, lib. 1v, De Fide orthodoxa.)

2. (Episcopus) per manuum impositionem et inspirationem unguenti gratiam inserit. Τῇ ἐπιθέσει τῶν χειρῶν, καὶ ἐμπνεύσει τοῦ μύρον χάριν ἐντίθηςιν. (Simon Thessal. Lib. De divino templo, in præf. n.2.)

3. Nos ideo christiani vocamur quod Dei oleo ungimur. Τοιγαροῦν ἡμεῖς τούτου ἕνεκεν καλούμεθα Χριστιανοὶ, ὅτι χριόμεθα ἐλαίω Θεοῦ, (Theophil. Antioch., Lib. I, ad. Antolycum.)

4. Caro ungitur, ut anima consecretur: Caro signasur, ut anima muniatur : Caro manus impositione obumbratur, ut anima Spiritu illuminetur. (Tertul., Lib. v. De Resurrectione carnis, cap. ὃ.)

5. In hoc unguento sacramentum chrismatis vult Petilianus interpretari : quod quidem in genere visibi-

Tel est, Messieurs, l’enseignement de la tradition, jusqu'aux temps où la possession de l'E glise est si évidente que l’hérésie la plus aveugle ne saurait la lui disputer. Le Concile de Trente a donc eu raison de répondre aux impudentes négations du protestantisme, par cette solennelle définition : « Si quelqu'un prétend que la Confirmation donnée aux baptisés n'est qu’une cérémonie oiseuse, et non pas un véritable et propre sacrement, qu'il soit anathèmet. »

N'insistons pas davantage sur cette vérité fondamentale et laissons de côté certaines questions discutées qui ne peuvent intéresser que les théologiens. Il est temps d'entrer dans les desseins de Dieu et de son Christ, et de leur demander ce qu’ils veulent en ajoutant,au sacrement de génération spirituelle, un sacrement de perfection.

lium signaculorum sacrosanctum est, sicut ipse bap= tismus. (August., Cont. Lt. Petilian, Lib. 2, cap. 101.

1. Siquis dixerit confirmationem baptizatorum otio- ΄ sam cæremoniam esse, et non potius verumet proprium sacramentum ; aut olim nihil aliud fuisse quam catechesim quamdam, qua adolescentiæ proximi fidei suæ rationem coram Ecclesia exnonebant; anathema sit, (Sess. νι, De confirmatione, can. 1.)

«ΠΠ γ ἃ, dit saint Thomas, dans notre nature, outre le mouvement de la génération qui nous donne notre vie corporelle,un mouvement d’accroissement et de progrès qui nous pousse à l’âge parfait !», c'est-à-dire à la pleine possession de nos forces physiques. Quel travail actif, puissant, généreux, dans les jeunes plants de l’huraanité qui doivent remplacer les vieux arbres que la mort va bientôt coucher à terre ! Arrivés, pour la plupart, à la maturité de nos années, nous ne sentons plus ce travail, Messieurs. Nos forces fléchissent de jour en jour et, en interrogeant leurs défaillances, nous n'en recevons que des réponses de mort. L'enfance, au contraire, n'entend que des réponses de vie. Ses accroissements se précipitent, et, pour peu que nous la perdions de vue, nous sommes étonnés des transformations qu’elle ἃ subies. Les êtres fragiles que vous avez vus, 1] y ἃ vingt ans, essayer leurs pas incertains et bégayer de naïfs et touchants appels à ceux dont les mains

1. Præter motum generationis, quo aliquis recipit vitam corporalem, est motus augmenti, quo aliquis perducitur ad perfectam ætaiem. (Summ. Theol., quæst. 72, a. 1.)

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secourables se tendaient vers eux, comme ils sont changés aujourd'hui! Il faut qu'on vous les nomme, pour que vous les reconnaissiez dans les vigoureux et brillants jeunes gens dont la taille, le port, les mouvements, les traits, accusent la virilité. La nature ἃ bien travaillé.

Mais un travail plus profond et plus noble s’est accompli dans les facultés intellectuelles. Celui que vous avez vu tout petit semblait n’avoir que des instincts et des passions ; maintenant, 1l pense, 1l juge, il raisonne, 1] exprime ses pensées, ses jugements, ses ralsonnements. Il ya peut-être en lui l’étoffe d’un savant ou d’un artiste. Il en a conscience, et déjà il donne, en des œuvres remarquables, la mesure de son prochain avenir. Comment cela s'est-il fait, Messieurs? — L'enfant ἃ été mis en rapport avec un esprit supérieur, qui s’est emparé de ses dispositions natives, et a fait en elles un travail analogue à celui de la nature dans les membres et les organes qu'il accroît.

Or, entendez-le bien, les forces perfectives de la nature ne sont que de faibles et imparfaites images de la sublime force qui achève ici-bas les grandes œuvres de Dieu. « Ces œuvres doi-

vent être parfaites, dit l'Écriture : Dei perfecta sunt opera,» et cette perfection, Dieu l’obtient par l'harmonie des lois qui font marcher, du même pas et selon le même rhythme, la nature et la grâce, et fondent pratiquement l’ordre naturel et l’ordre surnaturel en un seul ordre. Nous avons déjà constaté cette harmonie ; revenons-y, nous ne l’admirerons Jamais assez.

Le Baptème est pour nous mofus generationis, le mouvement de génération qui nous donne une vie nouvelle, dont les germes ne peuvent rester stalionnaires. Nous sommes donc en droit d'attendre un mouvement de progrès qui les accroisse et les pousse à l’âge parfait: Motus augmenti quo aliquis perducitur ad perfectam ætatem. Ce mouvement, Messieurs, c'est la Confirmation. Mais, parce que notre vie nouvelle s’engendre, réside, se développe dans un milieu intellectuel. le mouvement de progrès doit venir d’un esprit supérieur; parce que notre vie nouvelle est une vie surnaturelle, l'esprit qui l’accroit doit être supérieur à tous les esprits: enfin, parce que cet esprit possède une pléni-

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