‹ Exposition du dogme catholique (volume 3)Chapitre 8 sur 48 · CES (A · texte numérisé non relu

CES (A

Si vous avez la foi, Messieurs, pardonnez-moi ce langage, c'est celui de l’incrédulité qui vous assiège et vous tente par la redoutable perspeclive du ridicule. N’est-1l pas vrai que souvent vos oreilles chrétiennes ont été profanées par ces sottes et grossières protestations ?

Je les appelle sottes et grossières, et vous comprendrez mieux pourquoi Je me sers de mots si durs, lorsque, dans une prochaine conférence, je vous parlerai de l'harmonie de nos sacrements. Aujourd'hui, 1] s’agit de leur efficacité.

Cette efficacité ne serait pas un scandale pour le rationalisme, s’il se donnait la peine d’étudier notre théologie sacramentaire. Il y apprendrait que le contraste dont il triomphe pour nous écraser de ses sarcasmes n'est ridicule qu'autant que l’on attribue, à la nature même des cléments sacramentels, les merveilleux effets qu'ils produisent. Cette imeptie peut éclore dans la cervelle d’un libre penseur; mais le plus humble des chrétiens, pour peu qu'il sache son catéchisme, est incapable de l’imaginer, attendu que l'Église ne l’a jamais enseignée. Si elle nous dit, avec saint Paul, que Dieu se plait à

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choisir des choses infirmes pour confondre notre superbe, elle nous apprend, avec saint Thomas, qu'il faut rapprocher l'effet des sacrements de sa cause principale et non de sa cause immédiate, si l'on veut en avoir l'explication. L'effet du sacrement, c'est la grâce ; or, la grâce, similitude participée de la nature même de Dieu, ne peut être produite que par Dieu, comme la chaleur ne peut être produite que par le feu. Si le sacrement Imtervient entre la cause principale et son eflet, ce ne peut être que comme instrument chargé de la transmission d’un mouvement divin. Mais, qui donc peutrefuser à Dieu, maître

1. Duplex est causa agens, principalis et instrumentalis. Principalis quidem operatur per virtutem suæ formæ, cui assimilatur effectus, sicut ignis suo calore calefacit, et hoc modo nihil potest causare gratiam, nisi Deus, quia gratia nihil est aliud quam participata similitudo divinæ naturæ, secundum illud, IL. Petr. c. 4. Magna nobis, et preciosa promissa donavit, ut divinæ simus consortes naturæ. Causa vero instrumentalis non agit per virtutem suæ formæ, sed solum per motum quo movetur a principali agente. Unde effectus non assimilatur instrumento, sed principali agenti, sicut lectus non assimilatur securi, sed arti quæ est in mente artificis. Et hoc modo sacramenta novæ legis gratiam causant : adhibentur enim ex divina oxdinatione hominibus ad gratiam in eis

absolu de son action et de ses dons, le droit de faire par des instruments ce qu’il peut faire immédiatement? Et les admirables effets des sacrements sont-ils ridicules, dès qu’il est constant que Dieu les produit?

Voilà, Messieurs, la doctrine de l'Église, touchant l'efficacité des sacrements : ce sont des instruments agissants, maniés par une force infinie. La foi s'arrête là.

Comment ces causes instrumentales de la grâce opèrent-elles immédiatement? C’est une autre question, sur laquelle l’Église nous laisse libres de former nos opinions. Vous pouvez croire que les sacrements opèrent moralement ou physiquement, et, quoi que vous pensiez, je prétends que vos opinions sont, aussi bien que votre foi, à l'abri des railleries du rationalisme.

causandam. Unde Augustinus dic't ( XIV, Contra Faustum, cap. xvi, a med.), ως omnia, silicet sacramentalia, fiunt et transeunt; virtus tamen, scilicet Dei, quæ ista operatur, jugiter manet; Hoc autem proprie dicitur instrumentum, per quod aliquis operatur : unde et Tit. III. 5. dicitur : Salvos nos fecit per : lavacrum regenerationis. (Summ. Theol., ΠῚ P. quæst. 62. à. 1.)

Certains théologiens, pour épargner à la raison des mystères qui contrarient son désir d'avoir le dernier mot de toutes choses, ont imaginé un système à la lumière duquel les difficultés ieur semblent s’évanouir. Je ne les en blâme pas, c'était leur droit. Le sacrement, disent-ils, opère infaillhiblement, mais son eflet se produit en vertu d'une concomitance nécessaire de l’action de Dieu et de l’application des signes. Quand [a matière est unie aux paroles, Île sacrement est fait, et Dieu, par la force d'une convention sacrée dont il 8 lui-même établi les termes et garanti les effets, se trouve engagé à nous conférer la grâce, ce qu’il ne manque pas de faire, parce qu'il est jaloux de son honneur plus que qui que se soit. D'où il suit, Messieurs, que le sacrement est comme la signature de Dieu, et vous connaissez la puissance d’une signature. Je fais un billet par lequel vous vous engagez à me payer, à une époque fixe, la somme de dix mille francs; je vous le présente, vous le signez. Si vous êtes majeur, sain d'esprit, maître de votre volonté, ce billet vaut dix mille francs. Il importe peu, vous compre-

nez bien, que votre signature soit un chetὃν

d'œuvre de calligraphie ou qu'elle se compose de jambages informes; vous avez signé, c'est tout ce qu'il me faut. Et voilà le sacrement! Avec quelque chose de bien autrement solennel et touchant; car cette lettre de créance, payable par Dieu, est signée du sang d’un Dieu. « Le Christ, dit saint Augustin, ἃ empourpré le sacrement de son sang !. » Il y ἃ mis tous les mérites de sa douloureuse Passion. D'où une telle grandeur, une telle digmité, une telle excellence, une telle force pour exiger la grâce, que Dieu ne peut la refuser là où le sacrement lui est présenté,

Cette grave opinion, Messieurs, ne prête point à l'ironie; et la raison n'eût elle que cela pour s'expliquer l'opération des éléments sacrementels, elle pourrait parfaitement s’en contenter.

Cependant, 1] a semblé à des esprits éminents que le sacrement, réduit au rôle d'une lettre de créance, ne sort pas assez de ia catégorie des signes pour entrer dans la catégorie des

1. Unde rubet baptismus Christ, nisi Christi sanguine consecratur. (S. August., Tract. 11. In Joan. n° 4.)

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causes !. Ils lui attribuent donc une efficacité plus directe et plus prochaine, quoique toujours soumise à la cause principale; une efficacité qu’ils comparent à celle des instruments naturels, et qu'ils appellent physique 5. Cette opinion, plus générale, plus ancienne, plus tra-

1. Illa pactio nihil dat sacramentis de ratione causæ, sed solum de ratione signi.(S. Thom.,in 4 Dust. 1, quæst. a. 4.)

Si quis recte consideret, iste modus non transcendit rationem signi... secundum hoc sacramenta no- væ legis nihil plus essent quam signa gratiæ; cum tamen ex multis sanctorum auctoritatibus habeatur quod sacramenta novæ legis non solum significant sed causant gratiam.(Summ. Theol., III P., quæst.62, a. 1.)

2. Instrumentum habet duas actiones ; unam instrumentalem, secundum quod operatur non in virtute propria, sed virtute principalis agentis; aliam autem habet actionem propriam, quæ competit sibi secundum propriam formam, sicut securi competit scin« dere ratione suæ acuitatis, facere autem lectum, inquantum est instrumentum artis, non autem perficit instrumeptalem actionem, nisi exercendo actionem propriam, scindendo enim facit lectum. Et similiter sacramenta corporalia per propriam operationem, quam exercent circa corpus, quod tangunt, efficiunt operationem instrumentalem ex virtute divina circa animam ; sicut aqua baptismi abluendo,corpus secundum propriam virtutem,abluit animam, inquantum est instrumentum virtutis divinæ; nam ex anima,

ditionnelle, me paraît plus en harmonie avec le plan de Dieu, qui a glorifié toute la nature en son Fils ; plus conforme à la dignité des sacrements, qu’elle exalte; plus redoutable à l’hérésie, qui s'efforce d'en diminuer l'importance. Si le rationalisme n'y veut voir qu’une exagération superstitieuse de la virtualité de nos signes sacrés et se permet d'en rire, je me permets de lui dire que son rire est une sottise, dont la nature nous venge avec éclat.

C'est une ‘prétention assez commune chez ceux qui étudient les phénomènes et les lois du monde physique de croire qu'ils se donnent, par le travail et l'observation, le dernier mot de toutes choses, et qu'ils sont payés de leurs veilles, de leurs expériences et du luxe de leur instrumentation par des certitudes au delà desquelles il n’est plus permis de placer un point d’interrogation. Et, pourtant,cette terrible petite chose qu’on appelle un point d'interrogation va plus vie que nos investigations; si nous avions de bons yeux, nous la verrions se dresser au

et corpore unum fit. Et hoc est quod Augustinus dicit : ‘loc. sup. cit.)quod corpus tangil, et cor abluit.(Summ. Theol., IT P., quæst. 62. a. 1. ad 2,)

LA NATURE DES SACREMENTS 40 bout de toutes nos recherches. Nous croyons, par exemple, connaître à fond le mystère des forces naturelles, parce que nous les soumettons à des calculs précis. Nous nous trompons étrangement ; et, quand nous avons éta- ὉΠ ces propositions : Telle force augmente ou diminue en raison directe ou inverse du carré des distances ; telle force augmente ou diminue comme la pression qu'on lui fait subir, etc... le point d'interrogation se tord insolemment devant nous et nous dit : Qu'est-ce qu'une force? As-tu pu la saisir avec tes instruments? L’as-tu vue? Nos yeux et nos instruments ne nous livrent que des corps, des mouvements, des phénomènes ; notre esprit fait des calculs et des inductions ; mais la causalité intrinsèque du plus petit des atomes nous fuit avec une ironique persévérance. Nous ne voyons pas les forces. Allons-nous pour cela briser nos instruments, abandonner nos travaux et bouder la nature? Non, Messieurs. Nous acceptons comme un bienfait ce qui tombe sous nos sens, nous employons les corps et les mouvements aux usages de la vie. Mais, prenez-y garde! les corps sont les sacrements d’une force qui se révèle par le

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mouvement. Du moment que vous en usez, vous n'avez pas le droit d'arrêter Dieu aux portes de la création et de l'empêcher de dépenser, à travers le mystère des substances, un peu moins ou un peu plus de son universelle et toute-puissante causalité.

Non-seulement, Messieurs, vous croyez à l'existence occulte des forces dont les corps ne sont que les instruments; mais, appliquant le principe de la pénétration, vous faites vousmêmes des sacrements naturels; c’est-à-dire que, mettant une substance en rapport avec une force, vous faites de l’une l'instrument de l'autre. Qu'est-ce que l’eau dormant dans un vase d’airain? Un liquide vulgaire, dans lequel vous pourrez laver vos mains et votre linge. Mais, bouchez le vase, approchez-le du feu, et faites pénétrer Le calorique dans le fluide endormi, le voilà mal à l'aise, 1] se tourmente, il se dilate, et ses impétueux mouvements, réglés par votre génie, font voler des légions de chars sur les routes que vous leur avez préparées. — Qu'est-ce que ces fils de fer qu'on voit s’allonger sur le. bord des grands chemins?

Des perchoirs disgracieux, sur lesquels viennent,

de temps à autre, se reposer les oiseaux.

Mettez-les en rapport avec une pile électrique, le fer frémit et va porter votre pensée et votre parole jusqu'au bout du monde. Les résultats sont prodigieux; mais il n’y aurait rien, si l'eau et le fer n'étaient les instruments d’une force.

Cela se comprend, dites-vous. Il ne me serait peut-être pas difficile de vous démontrer que vous n'y comprenez pas grand chose, et de planter encore le terrible petit crochet, le point d'interrogation, au bout de vos explications. — Mais, je vous écoute: vous dites qu'entre l'effet produit et les forces dont je parlais tout à l'heure, si mystérieuses qu'elles soient, il y ἃ proportion. C’est la nature qui agit dans sa sphère, c'est la matière qui opère sur la matière. — Mais, dans les sacrements, quelle proportion ? — La matière opère sur l'esprit, la nature agit dans la surnature, cela se peut-il ? Et vous croyez être quittes envers nos signes sacrés, et même avoir le droit de les mépriser, parce que vous invoquez contre eux les proportions et les accusez d’en manquer, Je vous trouve trop osés, Messieurs,

et je puis, sans sortir de vous-mêmes, prendre une facile revanche.

Voici, d’un coté, un magnifique tableau: d’un autre coté,un pinceau et des couleurs. Lesfigures du tableau, c’est le pinceau qui les ἃ tracées et Jeur a donné l'expression qui vous ravit. Quelle proportion entre le pinceau et ce chef-d'œuvre? Mais, le pinceau était conduit par une main.

Quelle proportion entre une main et l'effet produit? Mettez ce pinceau entre les doigts d’un singe et même entre les doigts d’un enfant, vous aurez quelque chose de monstrueux. Mais, la main qui conduisait le pinceau était la main d’un artiste. Quelle proportion entre la main d'un artiste et son ouvrage ? Pensez-vous que l’idéale beauté qu'il représente soit dans la masse de chair et d'os qu'il remue ? Mais, la main de l'artiste est conduite par son âme. C’est là que vit le chefd'œuvre avant de passer sur la toile, c’est là qu'il faut chercher la proportion. Très bien. Mais, quelle proportion entre l’âme d’un artiste et sa main ? Je sais que l’âme de l'artiste dirige les évolutions de sa main, je sais que la main rend compte à l’âme de l'artiste de ses sensalions et de ses mouvements ; mais, comment

cela se fait-il ? La main est de la matière, l'âme est un esprit. Quelle proportion entre ces deux choses si disparates? Mille esprits ne feront jamais le plus petit des atomes. Vous aurez beau quintessencier toute la matière créée, vous n’en ferez jamais un esprit. Entre l'esprit et la matière, il y ἃ des abîimes. Comment ces abîmes peuvent-ils être franchis ? Vous n’en savez abso- [ument rien. Et, pourtant, l'esprit agit sur la ma- tière, la matière sur l'esprit. Faut-il donc dire que l'artiste est un être disproportionné ? Eh ! non, Messieurs. Il faut tout simplement dire que la souveraine puissance de Dieu sait, quand cela est nécessaire, proportionner les choses les plus dissemblables; que la matière peut devenir l'instrument d'une force supérieure et d'autre nature qu’elle-même, comme la main de l'artiste devient l'instrument de son âme ; que le corps, instrument conjoint d’un esprit, peut faire passer la virtualité de cet esprit dans un instrument séparé, comme la main fait passer dans le pinceau le mouvement qu’elle reçoit de de l'âme l'artiste ; que l'instrument séparé, si grossier qu'il soit, peut, à son tour, exprimer dans un effet la virtualité qu’il contient, comme

le pinceau trace les figures, distribue et nuance les couleurs et fait vivre la toile !.

Grâce à l'application de ces principes, les opérations sacramentelles cessent de nous paraître disproportionnées. Notre âme est la toile docile que doit transformer en un chef-d'œuvre surnaturel, cette expression vivante de la similitude divine qu’on appelle la justice, la samnteté. Pour être transformée, elle s'offre, par le ministère du corps auquel elle est unie, à l’action instrumentale du sacrement. Le sacrement opère sous l'influence de l’'humamité sainte du Christ, que le Verbe a remplie de mérites divins et des effluves de sa toute-puissance. Cause ministérielle des miracles, pourquoi ne serait-elle pas la cause ministérielle de notre sanctification par la grâce, comme la main de l'artiste est la cause ministérielle des chefs-d'œuvre qu'il

1. Virtus spiritualis non potest esse in re corporea per modum virtutis permanentis, et completæ, sicut ratio probat. Nihil tamen prohibet in corpore esse virtutem spiritualem instrumentaliter, inquantum seilicet corpus potest moveri ab aliqua substantia spirituali ad aliquem effectum spiritualem inducendum; sicut et ipsa voce sensibili est quædam vis spiritualis

ad excitandum intellectum hominis, inquantum procedit a conceptione mentis. Et hoc modo vis spiritua:

produit ? Mais, la grâce sanctifiante, c’est du Verbe qu’elle découle comme de sa source première; c’est en Lui et dans les personnes divines, avec lesquelles il n’a qu’une seule et même action, qu'il faut chercher définitivement la proportion entre l'effet et la cause des opérations sacramentelles. Je ne prétends pas que cette explication supprime toutes les difficultés ; mails, puisqu'il y ἃ tant de mystères dans la nature, nous pouvons bien en accepter quelques-uns dans l’ordre surnaturel. Bien loin de déparer les sacrements, 115 en relèvent la beauté et la grandeur.

J'ai dit, Messieurs. Vous voilà en présence des sources divines de la grâce et de la sainteté. Si vous avez soif d’une vie meilleure et plus noble que celle de la nature, approchez-vous : Omnes sitientes venite ad aquas. Ne croyez pas, cependant, qu'il sufflise d'approcher, il faut encore ouvrir son âme. L'infaillible efficacité des sacrements ne nous dispense pas de nous préparer à

lis est in sacramentis, inquantum ordinantur a Deo ad effectum spiritualem. (Summ. Theol., 111 P., quæst,

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leur action, et cette action est d'autant plus profonde et plus vaste que notre âme est plus ouverte et plus dilatée par la pureté de nos intentions et la ferveur de nos désirs. Mais, quelle que soit la mesure des grâces que vous receviez des sacrements, c’est par ces signes augustes, sachez-le bien, que vous devenez des êtres sacrés: Sans CUX, Vous ne serez Jamais que des profanes.

SOIXANTE-DEUXIÈME CONFÉRENCE

SOIXANTE-DEUXIÈME CONFÉRENCE

Monseigneur ‘, Messieurs,

Le sacrement est un signe certain, parce que Dieu l’a déterminé lui-même. La tradition nous fait entendre le bruit des cataractes vivifiantes qui, de la divinité, ont passé par lhumanité sainte du Christ; de l'humanité du Christ, dans les humbles instruments qu'ila choisis pour répandre en nos âmes les grâces de la rédemption. Le sacrement est un signe sacré, parce qu il nous rappelle la Passion du Sauveur, cause de notre sanctfication ; nous indique la transformation sacrosainte qui se fait en nous; et prophétise notre gloire future. Le sacrement est un signe efficace, parce qu'il opère réellement et directement ce qu'il signifie, en vertu de la

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