Aperiatur terra et germinet Salvatorem. (Ibid
5. Utinam dirumperes cœlos et descenderes! {Ibid, cap. lxiv, 1.)
68 \mkn DU si:ns RELIGIEUX.
espérances, n'attend plus celui qui doit venir, mais se tourne vers la conquête matérielle du
monde. Le judaïsme est devenu impuissant 6 diriger le sens religieux. Il faut chercher ailleurs.
Or, Messieurs, le rationalisme moderne croit avoir trouvé la véritable direction du sens religieux, et se flatte de satisfaire à ses exigences et aspirations : — Les religions positives ont fait leur temps, dit-il, il n'y a de vraie religion que la religion naturelle, dont la raison est à la fois l'oracle et le pontife. — « La raison est le divin intermédiaire qui nous rapproche de l'être des êtres1. » Elle nous le montre unique, nécessaire et parfait. « Infini dans sa substance, dans son entendement, dans sa bonté et clans sa puissance, car s'il n'était pas infiniment infini, c'est-à-dire parfait, il ne serait pas nécessaire, et, par conséquent, il ne
serait pas Quand nous le considérons dans
ses rapports avec le monde, nous disons qu'il en est le créateur, c'est-à-dire que sa volonté
1. Cousin, Du vrai, du beau et du bien, 2e édit. 1854, p. 132.
suffit pour expliquer l'existence de la substance et des phénomènes du monde; qu'il en est le roi, c'est-à-dire qu'il y dispose toutes choses avec une puissance absolue, et qu'il en est le père, car, se suffisant à lui-même, il ne peut se porter que par amour à produire une créature et à la gouverner1. » Ce Dieu, la raison dit qu'il faut l'adorer, lui rendre grâces et l'aimer, « car il est notre bienfaiteur, notre soutien et notre espérance et le meilleur moyen de lui exprimer l'amour et la reconnaissance qu'il inspire est de pratiquer le devoir8. » Moyennant quoi nous arriverons finalement à cet état dans lequel « tout notre être pacifié, réconcilié avec lui-même tendra de toutes ses forces vers la perfection absolue, qui est à la fois le vrai, le beau et le bien, c'est-àdire au triple et unique idéal vers lequel aspirent dès ce monde notre esprit, notre encur, notre volonté3. »
1. Jules Simon, Ln relirj ionnaturelle, première partie Nature de Dieu, chap. n.