‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 33 sur 65 · De regimine principum, Lib. I, cap. i · texte numérisé non relu

De regimine principum, Lib. I, cap. i

est un animal sociai cl politique l'ait pour la vie commune, » saint Thomas déduit immédiatement la nécessité d'une tête sociale cl d'un

gouvernement1!

Nous avons de cette nécessité mille exemples dans la nature, partout où un ensemble de forces et de fonctions concourent à un bien commun. Les oiseaux voyageurs suivent docilement le chef de leurs pérégrinations; les abeilles diligentes se groupent autour de leur reine. l)ans 1 nomme lui-même, qu'on a appelé un petit monde, la raison gouverne le peuple des appel its, l'âme dirige le corps, et chaque membre du corps demande à une force centrale, à une sorte de pouvoir public, la vie et le mouvement.

Tous ces groupes, si bien ordonnés, sont pour la société humaine une vivante leçon. S'il n'est pas bon que l'homme soit seul, il est encore moins bon qu'il se réunisse à ses sem-

1. Homo est animal sociale et polilicum |n multitudine vivons... Si naturalo est homini quod In soeietate multorum vivat, necesse est in hominibus esse per quod multitudo regatur. (Op. et loc. cit.)

blables sans être gouverné. Ceux qui révent la décapitation de la société y préparent le chaos ; car (( là où il n'y a pas de maître, le peuple s'écroule : Ubl non est gubernator, jjopulus corruet1. »

Je n'ai pas besoin d'insister devant vous, Messieurs, sur ces vérités de sens commun. Vous comprenez fort bien que le corps social doit avoir une tête et des membres, que par conséquent la vie sociale est l'ensemble des rapports actifs qui relient la tête aux membres, les membres à la tète, et les membres entre eux. Dans toute société, l'homme s'unissant à l'homme, les familles aux familles, il se fait un perpétuel échange des aspirations, des efforts et des services. Les forces intellectuelles se groupent en une gerbe lumineuse, dont le rayonnement s'accroît à mesure que le temps marche, et d'où l'on voit sortir les arts, les sciences, les lettres, les découvertes utiles et glorieuses, les sages et bienfaisantes institutions. Les volontés s'affermissent par le choc ou s'entraînent par l'émulation aux labo-

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